mercredi 28 octobre 2015

Joanna Flatau, peintre



Née à Varsovie (Pologne), Joanna Flatau est une artiste peintre figurative, graphiste installée à Paris depuis 1971. Ancienne coopérative viticole de Montolieu, la Coopérative-Collection Cérès Franco - Cérès  Franco était une « historienne de l’art, commissaire d’expositions", directrice fondatrice de la galerie L’œil de Bœuf-Paris, "femme érudite, dotée d'une forte personnalité » - présente une exposition inaugurale collective « En Grand Format », avec notamment des tableaux de Joanna Flatau.


Adolescente, elle se destine à devenir réalisatrice. « Vous avez 17 ans. Il faut vivre pour être metteur en scène. Suivez d’autres études, par exemple l’histoire de l’art », lui conseille le directeur de l’Ecole de cinéma de Lodz.

Joanna Flatau accompagne son père chez un ami peintre qui lui demande, pour déterminer si elle a du talent, de dessiner une bouilloire. Elle réussit ce test. Elle s’oriente donc vers le dessin. Elle entre dans l’atelier de Henryk Tomaszewski, affichiste renommé plein d’humour, et suit des cours de peinture.

Diplômée d’histoire de l’art de l’Université et de l’Académie des Beaux-Arts de Varsovie en 1969, elle commence une carrière de graphiste.

En 1971, elle rejoint à Paris sa grand-tante, une des premières étudiantes en physique, une chercheur auprès de Marie Curie, et son époux, professeur de physique à la Sorbonne.

Elle travaille comme graphiste pour des livres, affiches de cinéma, etc.

13 décembre 1981, le général Jaruzelski proclame l'état de guerre en Pologne. Joanna Flatau participe à une exposition de solidarité avec ses compatriotes intitulée « Banque d’images pour la Pologne ». Elle peint des pastels dont elle aime le contact, le côté tendre de la matière, la subtilité des coloris et l’immédiatement du travail. Cette première expérience picturale marque le tournant artistique de sa vie.

Si elle rêve d’abstraction – « En Pologne, l’abstraction était interdite », se souvient-elle -, elle demeure figurative. Elle évolue vers des acryliques mais songe à retourner vers des pastels.

Se succèdent des séries sombres – pastels sur fond noir avec nuances de beige – dont « L’Avenir », un pastel montrant un couple de personnes âgées se serrant l’un contre l’autre, est sélectionné au Musée d’art moderne, les œuvres inspirées de ses lectures des textes de « Freud ».

Puis, ce sont des « Portraits imaginaires », « Les gens d’ici », noirs sur des fonds beiges, jeu entre l’ombre et la lumière, « L’Opéra ».

Joanna Flatau alterne le noir – « la plus belle des couleurs. On peut voir toutes les couleurs dans le noir » - et les couleurs, « Apparitions », puis des encres (sépia, brun), brut de noir.

Elle expose en Pologne, Grande-Bretagne, France et Suisse. Ses œuvres font partie de la collection du Fonds National d’Art Contemporain, de la Collection Cérès Franco et de plusieurs collections privées.


En 2003, c’est sa deuxième exposition individuelle intitulée Entre Noir et blanc 2 dans la galerie Idée d’artistes du Marais (Paris), après celle intitulée « Tombées des nues » (automne 2002) où elle y avait montré d’étranges femmes nues.

« Joanna Flatau ne cesse de chercher la face cachée des choses qu’elle donne à voir au travers de sa création. C’est avec le papier pelure d’ognons, l’aquarelle et quelques rehauts de pastels gras que l’artiste commence en 2001 une série intitulée « Tombée des nues » dont l’unique sujet est la face et le torse nu de la femme. Une autre série, « Apparitions », réalisée avec une palette de couleurs plus restreinte - bruns, ocres, beiges - met en scène des anges. Androgynes comme il se doit, à quelques exceptions près (certains sont représentés avec des seins), ces personnages, qui ont marqué si fortement l’histoire de l’art, réapparaissent ici sous une allure insoupçonnée. Avec leurs yeux en forme d’amande, certains d’entre eux rappellent les icônes de l’art byzantin tout en gardant leur singularité. Femmes et anges étaient réunis à la galerie Idées d’artistes donnant à voir une expression picturale inouïe », a écrit Jacqueline Roche-Mérédith.

Autres créations de Joanna Flatau : des papiers de sa série « Les Apparitions » (2002-2003).

Le style de cette artiste est suggestif, figuratif, fin, léger, et allie collages de pages de livres, dessins à l’encre de Chine, et juxtapositions de couleurs chaudes : rouille, marrons, etc.

Les thèmes de certaines œuvres ? Solitude, misère d’êtres, « petites joies ».

Un art évoquant un expressionnisme sombre, tragique.

« Ce qui m’intéresse le plus dans le corps, c’est l’esprit »

« Ce qui m’intéresse le plus dans le corps, c’est l’esprit. Cela ne m’intéresse pas de faire des portraits en soi. Je cherche à montrer la vie intérieure de mes personnages. Ma seule ambition, c’est de transmettre de l’émotion », a expliqué l’artiste.

En 2004, Joanna Flatau a ouvert la Saison polonaise en France (« Nowa Polska ») à la galerie Idées d’artistes avec l’exposition « Tête-à-tête », soit une vingtaine de techniques mixtes.

« Depuis bien longtemps Joanna Flatau n’en fait qu’à sa tête. Elle nous revient avec une nouvelle série de têtes, des belles, des moches, des vieilles, des mortes, des rupestres, parfois langoureuses, parfois amoureuses, souvent tendres. Mais, dans leurs têtes toutes ces têtes grincent. Pourquoi ? On pourrait les croire sociables toutes ces têtes ? Mais vite leur image se brouille et il ne reste que l’envers de la tête. Tête-à-tête immobile, impossible, la conversation s’étiole… Où Joanna Flatau va-t-elle donc chercher toutes ces têtes ? Dans sa tête justement, dans sa petite tête agile, perspicace, qui décide de pénétrer dans la tête des autres et qui parfois s’y retrouve ou s’y égare. Mais qu’importe, toutes ces têtes, petites ou grandes, sont là et nous renvoient à nos têtes à nous », précise cette galerie.


Sujets principaux de ces œuvres expressionnistes sombres : des têtes, des portraits de coquettes, des masques, des femmes sexy au regard triste. Joanna Flatau peint avec énergie, directement sur la toile, sans se soucier de rendre délicat son trait. Elle commence avec des œuvres colorées, vives, pures, et affectionne le noir. Les pigments humanisent les acryliques. Tout est mat avec un peu de doré. Elle rend hommage aux femmes de Goya.

Des crânes souriants. La magie égyptienne. Une danse de vie autour de la mort. Une ronde de bêtes autour du crâne sur fond violet. Des coquettes dont la frivolité se révèle par des colifichets, des boucles d’oreilles qui signent aussi leur suffisance. Un clin d’œil de vanité. Des regards pensifs, interrogatifs, soulignés de noir et blanc. Des fonds gris-vert ou violet. Les béliers ? Des symboles de renaissance, de renouvellement de la vie.

En 2012, la Galerie Roi doré a présenté l’exposition éponyme, « Etats d’âme », de Joanna Flatau. Une œuvre centrée sur les visages d’êtres humains seuls. Une création picturale scrutant la vérité humaine.


« Historienne de l'art, commissaire d'expositions, galeriste, femme érudite, dotée d'une forte personnalité, Cérès Franco  a consacré près de 25 ans dans sa galerie L’œil de Bœuf-Paris, à découvrir et à promouvoir des artistes dont les œuvres allaient à l'encontre des tendances de son époque » : Pouget, Rustin Nitkowski, Michel Macréau, Grinberg, Chaïbia, Corneille, Hadad, Kabakov, Komet, Lucebert, Paella Chimicos, Christine Sefolosha, etc. Elle a aussi constitué « une collection audacieuse d'environ 1500 œuvres », présentée pendant plus de vingt ans dans le village de Lagrasse (Aude), et désormais au musée des Beaux-arts de Carcassonne. La dernière section de l'exposition réunit des photos d'ambiance de la collection et quelques portraits de Cérès Franco réalisés par ses amis artistes : Roland Cabot, Danubio, Joanna Flatau, Mao, Roman Cieslewicz, Jean-Louis Bilweis, Jaber, G. G. Netto... Des « portraits qui attestent des liens d'amitié forts et des échanges complices et fructueux de ces passionnés de l'art ». 

Le 25 juin 2014, le conseil municipal de Carcassonne récemment élu a informé Dominique Polad-Hardouin, galeriste et fille de Cérès Franco, qu'elle annulait "le Parcours d'art contemporain 2014 consacré aux œuvres du fonds Franco et refusait la donation de 1 500 œuvres d'art brut, naïf et populaire patiemment rassemblées pendant des décennies par la collectionneuse et galeriste brésilienne. Un cadeau évalué à 4 millions d'euros". « Le premier argument a été économique : les finances sont exsangues. Le second est que ces œuvres ne les intéressent pas. Leur projet culturel consiste à mettre en valeur les réserves du musée des Beaux-Arts », a expliqué Dominique Polad-Hardouin.
  
Réhabilitée en 2008 en centre d’art, l’ancienne coopérative viticole de Montolieu accueille et présente la Collection Cérès Franco. Son but : "présenter de manière permanente le fonds de la collection et organiser des expositions temporaires en résonance avec ce fonds et d’engager un dialogue avec d’autres artistes de la scène internationale. L’ensemble de ses activités s’inscrira aussi dans la dynamique culturelle de Montolieu Village du Livre et en liaison avec la Fabrique des Arts de Carcassonne Agglo. La création de « La Coopérative-Collection Cérès Franco » est le fruit d’une amitié entre Henri Foch, le nouveau propriétaire du lieu, Cérès Franco et sa fille Dominique Polad-Hardouin. Ils se sont regroupés au sein de l’Association pour la Valorisation de la Collection Cérès Franco (AVCCF) qui s’est rapprochée de Carcassonne Agglo pour constituer un partenariat public-privé dans la durée et qui devrait conduire - à terme - à la donation du bâtiment et d’une partie significative de la collection".

L'exposition inaugurale  « En Grand Format » permet de découvrir sur près de 1000 m², près de 500 œuvres de 80 artistes, pièces emblématiques de la Collection Cérès Franco. Dans leur grande diversité l’œuvre de tous ces artistes forme un tout. Ils dialoguent et sont témoins d’une époque".

« Joanna Flatau, Tête à tête ». Galerie Idées d’artistes, 2004.


Jusqu'au 31 octobre 2015
Route d’Alzonne 
11170 Montolieu
Tél :  + 33 (0)4 68 76 12 54


Du mardi au dimanche de 14 h à 19 h

Du 28 septembre 2013 au 28 septembre 2014
Au
musée des Beaux-arts de Carcassonne
1, rue de Verdun, 11000 Carcassonne
Tél. : 04 68 77 73 70
Du 15 septembre au 15 juin, du mardi au samedi, de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h et le premier dimanche du mois de 14 h 30 à 17 h 30. Fermé les dimanches, lundi et jours fériés.
Du 15 juin au 15 septembre, tous les jours de 10 h à 18 h. Fermé les jours fériés.
Vernissage le 27 septembre 2013

Jusqu’au 14 avril 2012
6, rue Sainte Anastase, 75003 Paris
Tél. : + 33 1 42 78 54 42
Du mardi au vendredi de 12 h à 19 h. Samedi de 13 h à 20 h. Dimanche sur rendez-vous
Finissage le samedi 14 avril 2012 de 18 h à 21 h

Visuels : Copyright Galerie Roi doré
Affiche
« Amy »
Technique mixte sur toile
100 x 80 cm
2012

« Rictus »
Technique mixte sur toile
130 x 97 cm
2012

« Divine »
Technique mixte sur toile
146 x 114 cm
1990

« L'attente »
 Technique mixte sur toile
146 x 114 cm
 2012
 
Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 3 avril 2012, puis les 25 septembre 2013 et 21 septembre 2014. Il avait été publié en une version plus concise par Actualité juive. Il  a été modifié le 24 septembre 2013

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