Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 15 février 2021

John Sturges (1910-1992)

John Sturges (1910-1992) était un réalisateur américain et amateur de pêche en haute mer. De sa filmographie émergent :
Règlements de comptes à OK Corral, Les Sept Mercenaires, et Un homme est passé. Arte diffusera le 15 février 2021 « L'aigle s'est envolé  » de John Sturges.

John Sturges (1910-1992) débute à Hollywood dans les années 1930. Il est recruté par la RKO pour contribuer aux décors et à la post-production de films. Assistant du producteur David O. Selznick, il est mobilisé par l'Armée de l'Air durant la Deuxième Guerre mondiale. Il réalise des documentaires. 

Puis il devient assistant réalisateur à la Columbia. En 1948, il réalise des séries B, tels Le Signe du Bélier avec Susan Peters, puis Les Aventuriers du désert, son premier western (1949). Il dirige des stars : Barbara Stanwyck, Spencer Tracy ou Robert Taylor. Son premier succès : Fort Bravo, un western dont l'action se déroule durant la guerre de sécession avec William Holden (1953).

En 1955, pour Un homme est passé, il est nommé à l'Oscar du meilleur réalisateur. Son interprète principal, Spencer Tracy, reçoit le Prix de l'interprétation masculine au festival de Cannes. 

En 1957 qu'il accède à la gloire internationale avec un western resté célèbre : Règlements de comptes à OK Corral, nouvelle version de l'histoire de Wyatt Earp (interprété par Burt Lancaster) et de Doc Holliday (joué par Kirk Douglas).

Citons ses principaux films, dont de nombreux succès : Le Trésor du pendu, Le Vieil Homme et la mer d'après Ernest Hemingway et avec Spencer Tracy, Le Dernier Train de Gun Hill avec Kirk Douglas et Anthony Quinn, Les Sept Mercenaires, remake du film d'Akira Kurosawa Les sept samouraïs, La Grande Évasion (The Great Escape) avec Steve McQueen, James Coburn et Charles Bronson (1963), Sept secondes en enfer avec Jason Robards (Doc Holliday) et James Garner (Wyatt Earp), Les Naufragés de l'espace avec Gregory Peck, Joe Kidd avec Clint Eastwood, Chino avec Charles Bronson, Un silencieux au bout du canon avec John Wayne et L'aigle s'est envolé (1976).

En 1992, il est distingué par le Golden Boot Award pour sa contribution aux westerns

"Règlement de comptes à OK Corral"
Règlement de comptes à OK Corral (
Gunfight at the O.K. Corral) est un western de John Sturges produit par Hal Wallis (1957, 2 h), sur un scénario de Georges Scullin et Leon Uris, avec Burt Lancaster, Kirk Douglas, Jo Van Fleet, Rhonda Fleming, John Ireland, Lyle Bettger, Frank Faylen, Earl Holliman.

"À la poursuite de deux hors-la-loi, Wyatt Earp, le shérif de Dodge City, se heurte à un confrère désabusé qui, par faiblesse, a laissé filer les truands. Au saloon, Wyatt retrouve Doc Holliday, un ancien dentiste miné par la tuberculose et l’alcool. Menacé par un vieil ennemi venu le tuer, Doc dégaine plus vite que son agresseur et l’abat. Jeté en prison et promis à un lynchage en règle, il n’échappe à la mort que grâce à l’intervention de Wyatt Earp, qui le fait évader… Aidé de Doc Holliday, un joueur professionnel, le shérif Wyatt Earp affronte la bande des frères Clanton. Trois frères et un dentiste, alcoolique mais fine gâchette, débarrassent Dodge City d'une bande de tueurs lors d'un sanglant règlement de comptes. Fort d'une superbe interprétation, un magnifique remake de "La Poursuite infernale" de John Ford, avec une scène finale de duel qui reste gravée dans les annales du genre".

"
Un grand classique du western américain, célèbre pour sa scène de fusillade minutieusement chorégraphiée, qui a nécessité quatre jours de tournage".

Le personnage de Wyatt Earp a inspiré Frontier Marshall d'Allan Dwan en 1939 et La poursuite infernale de John Ford en 1946.

"Le Dernier Train de Gun Hill"
"Le dernier train de Gun Hill" est un western de John Sturges. "Dans les règles de l’art, un duel au sommet entre Kirk Douglas (le bon) et Anthony Quinn (le méchant)."

"Lancé à la poursuite des deux hommes qui ont violé et tué sa femme indienne, le shérif Matt Morgan arrive à Gun Hill, une bourgade sur laquelle règne son vieil ami Craig Belden. L'un de ceux qu’il recherche est le propre fils de Belden et, pour obtenir justice, il lui faudra affronter toute la ville…" 

"Mâchoires serrées et fossette en berne, Kirk Douglas affronte Anthony Quinn, très convaincant en potentat décidé à protéger sa progéniture. Le maître John Sturges orchestre avec efficacité ce duel à suspense du bien contre le mal, rythmé par le va-et-vient des trains à vapeur dans la gare locale. Pour emmener le fils Belden, qu’il a réussi à faire prisonnier, le shérif doit en effet le faire monter à bord de l’un des rares convois qui desservent la petite ville. Outre cette touche ferroviaire, tous les ingrédients du genre sont respectés, y compris la saloon girl au grand cœur qui prend le parti du héros seul contre tous." 

"Le Dernier Train de Gun Hill" (Last Train from Gun Hill, 1959) de John Sturges avec Kirk Douglas et Anthony Quinn "brasse plusieurs thèmes majeurs du western américain : la vengeance, le racisme, le conflit entre les liens du sang et la loi, l’affrontement viril entre deux anciens amis… Le shérif Matt Morgan (Kirk Douglas) s’est juré de retrouver les assassins de sa femme, une Indienne violée et tuée par deux jeunes cow-boys sous les yeux de leur fils. Cette scène d’ouverture place d’emblée le film sous le sceau de la violence la plus brutale, qui fera plusieurs fois sa réapparition au cour du récit", a observé Olivier Père.

Et Olivier Père poursuit : "La selle abandonnée sur les lieux du crime permet à Morgan de découvrir que l’un des deux agresseurs est le fils de son vieil ami Craig Belden (Anthony Quinn) qu’il n’a pas revu depuis des années et qui est devenu un propriétaire puissant et redouté faisant régner sa loi sur la ville de Gun Hill. Belden est un patriarche veuf et autoritaire mais qui n’a pas réussi à faire de son fils, misérable voyou, un homme. Mais Belden, attaché à son clan davantage qu’aux lois de la communauté, refuse de livrer son enfant à Morgan. Une lutte sans merci s’engage entre les deux hommes, et Morgan est contraint de se barricader dans une chambre d’hôtel avec son prisonnier en attendant de pouvoir quitter la ville par le dernier train.

"On aura reconnu dans le scénario plusieurs emprunts à des classiques western réalisés quelques années plus tôt, principalement Le train sifflera trois fois – un homme de loi seul contre la lâcheté de toute une ville – et 3h10 pour Yuma – un shérif chargé de convoyer un dangereux hors-la-loi est obligé d’attendre l’arrivée du train dans un hôtel. La production du film fut engagée par Hal B. Wallis avec la même équipe que Règlement de comptes à O.K. Corral en espérant réitérer l’immense succès de ce film. Le Dernier Train de Gun Hill bénéficie de la mise en scène solide et carrée de John Sturges, spécialiste du western et du film d’action qui signa quelques modèles du genre comme Fort Bravo et Un homme est passé, sans oublier ses triomphes au box-office Les Sept Mercenaires et La Grande Evasion avec Steve McQueen. Le Dernier Train de Gun Hill, l’un des derniers westerns notables des années 50 est surtout appréciable pour le duel entre deux formidables acteurs qu’on a toujours plaisir à retrouver dans un film, Kirk Douglas et Anthony Quinn, surtout quand ils sont bien énervés", a conclu Olivier Père.

« Les sept mercenaires » 
« Les sept mercenaires  » (Die glorreichen Sieben) est réalisé par de John Sturges en 1960. « Victimes d’une bande de hors-la-loi, des villageois mexicains engagent de fines gâchettes pour s’en débarrasser... Avec un casting "sept" étoiles, de Yul Brynner à Charles Bronson et Steve McQueen, un western de légende de John Sturges, remake des "Sept samouraïs" d'Akira Kurosawa ».

« Un village mexicain subit les incessantes attaques d’une bande de voleurs dirigés par le redoutable Calvera. Alors que les prochains mois s’annoncent difficiles après le pillage par le gang d’une grande partie des récoltes, trois villageois, déterminés à mettre fin à ces exactions, se rendent dans la ville frontalière la plus proche pour acheter des armes. Ils y rencontrent Chris Adams, un ancien soldat qui leur conseille plutôt de faire appel à des mercenaires pour affronter les recrues sans scrupules de Calvera. En leur promettant six semaines de gîte et de couvert et une prime de 20 dollars, Chris convainc six pistoleros aux profils contrastés d’accepter la mission : son ami Harry Luck, qui en espère un profit plus juteux, le flambeur Vin Tanner, Bernardo O'Reilly, un fermier aux poches trouées, l’impulsif Lee, Britt, fin tireur réputé, et Chico, le benjamin en quête d'aventure… »

« Remake des Sept samouraïs d’Akira Kurosawa, chef-d’œuvre dont Yul Brynner, séduit à sa sortie six ans plus tôt, avait racheté les droits, The Magnificent Seven est entré au panthéon des westerns de légende ».

« S’appuyant sur un étincelant casting – Steve McQueen, Charles Bronson, Yul Brynner, Robert Vaughn, James Coburn –, John Sturges (La grande évasion) orchestre un grand spectacle à la vibrante fibre humaniste, qui porte la voix des opprimés (femmes, Afro-Américains, Indiens, Mexicains) tout en respectant les mythes fondateurs de l’Ouest américain : amitié virile et droit de se rendre justice soi-même, armes à la main ». 

« Sur une bande originale mémorable composée par Elmer Bernstein, Les sept mercenaires ménage aussi, entre deux coups de sang ou de feu, des instants plus mélancoliques d’intimité où les héros livrent leurs blessures passées et, pour le plus jeune d’entre eux (Chico, interprété par Horst Buchholz), son expérience des prémices de l’amour et de ses émois ». 

« Amorçant le passage d’un genre hollywoodien à son crépuscule au western spaghetti, un classique indémodable. »

« L'aigle s'est envolé »
« L'aigle s'est envolé » (Der Adler ist gelandet ; The Eagle Has Landed), film de guerre réalisé par John Sturges réunit en 1976 un pléiade d’acteurs.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, un commando allemand est envoyé en Angleterre pour enlever Winston Churchill... John Sturges ("Les sept mercenaires") orchestre un suspense efficace avec un casting d’exception : Michael Caine, Donald Sutherland, Robert Duvall et Donald Pleasence. » 

« Novembre 1943. Après la défaite de Stalingrad et l’invasion alliée en Sicile, Hitler, encouragé par la récente exfiltration de Mussolini d’Italie, veut forcer Winston Churchill à entamer des négociations avec le IIIe Reich. Secondé par Liam Devlin, un militant de l’IRA, le colonel Kurt Steiner est chargé de diriger une opération secrète". 

"Déguisés en soldats polonais, ses parachutistes doivent débarquer sur la côte britannique, rejoindre le petit village de Sudley, où le Premier ministre britannique est attendu, l’enlever et le ramener à Berlin. Sur place, ils bénéficient de l’appui de Joanna Grey, une agente dévouée à la cause nazie. Mais un membre du commando est démasqué… »

« Dans son dernier film, ce grand faiseur de film d’aventures que fut John Sturges (La grande évasion, Les sept mercenaires) réunit une fois encore un brillant casting, de Michael Caine à Donald Sutherland en passant par Robert Duvall et Donald Pleasence, qu’il lance dans une opération commando imaginée par le romancier britannique Jack Higgins ». 

Pressenti pour jouer le rôle de Devlin, Michael Caine préfère interpréter le personnage de Steiner. Finalement, le rôle échoit à Donald Sutherland.

Déborah Kerr décline la proposition d'interpréter le personnage incarné sur l'écran par Jean Marsh.

Michael Caine a déploré que John Sturges soit parti définitivement après le tournage, sans contribuer aux phases de la post-production.

« S'octroyant quelques libertés avec le best-seller (notamment dans son dénouement), le cinéaste orchestre un suspense efficace mené du point de vue allemand, original contre-pied au presque homonyme Quand les aigles attaquent, dans lequel un commando anglais cherchait à libérer un général américain d’une prison nazie ». 

« Prenant le temps de dessiner la personnalité des protagonistes au travers des préparatifs de leur mission, Sturges fait habilement dialoguer action et tension pour raconter cette mission impossible en terrain ennemi. » 


Etats-Unis, 1957, 2 h
Producteur : Hal Wallis
Scénario de Georges Scullin et Leon Uris
Photographie : Charles Lang (en VistaVision et Technicolor)
Musique : Dimitri Tiomkin
Chanteur : Frankie Laine
Montage : Warren Low
Décors : Sam Comer et Arthur Krams
Avec Burt Lancaster, Kirk Douglas, Jo Van Fleet, Rhonda Fleming, John Ireland, Lyle Bettger, Frank Faylen, Earl Holliman

Etats-Unis, 1959, 94 minutes
Scénario : James Poe, d'après une histoire de Les Crutchfield
Production : Hal B. Wallis
Société de production : Bryna Productions
Musique : Dimitri Tiomkin
Photographie : Charles Lang
Direction artistique : Hal Pereira et Walter H. Tyler
Décors de plateau : Sam Comer et Ray Moyer
Costumes : Edith Head
Image : Charles B. Lang
Montage : Warren Low
Avec Kirk Douglas (Matt Morgan), Anthony Quinn (Craig Belden), Earl Holliman (Rick Belden), Carolyn Jones (Linda), Brian G. Hutton (Lee Smithers), Ziva Rodann (Catherine Morgan), Brad Dexter (Beero), Bing Russell (Skag), Val Avery (Steve)

« Les sept mercenaires  » de John Sturges
Etats-Unis, 1960, 123 min
Scénario : William Roberts
Production : The Mirisch Company, Alpha Productions
Producteur : John Sturges
Image : Charles Lang Jr.
Montage : Ferris Webster
Musique : Elmer Bernstein
Avec Yul Brynner (Chris), Eli Wallach (Calvera), Steve McQueen (Vin), Charles Bronson (O'Reilly), Robert Vaughn (Lee), Horst Buchholz (Chico), James Coburn (Britt), Brad Dexter (Harry Luck)
Sur Arte le lundi 14 décembre 2020 à 13 h 35

« L'aigle s'est envolé » de John Sturges
Royaume-Uni, 1976
Auteur : Jack Higgins
Scénario : Tom Mankiewicz
Production : Associated General Films
Producteurs : David Niven Jr., Jack Wiener
Image : Anthony B. Richmond
Montage : Anne V. Coates
Musique : Lalo Schifrin
Avec Michael Caine (lieutenant-colonel Kurt Steiner), Donald Sutherland (Liam Devlin), Robert Duvall (colonel Max Radl), Tim Barlow (George Wilde), Jenny Agutter (Molly Prior), Donald Pleasence (Heinrich Himmler), Anthony Quayle (amiral Wilhelm Canaris), Jean Marsh (Joanna Grey), Siegfried Rauch (Brandt), Joachim Hansen, Sven-Bertil Taube (capitaine von Neustadt), Leigh Dilley (Churchill)
Sur Arte le 15 février 2021 à 20 h 55
Disponible du 15/02/2021 au 16/03/2021
Visuels :
Robert Duvall est le colonel Max Radl dans le film de John Sturges " l' aigle s' est envolé"
Donald Sutherland (Liam Devlin) et Jenny Agutter( Molly Prior) dans " l' aigle s' est envolé " de John Sturges
Michaël Caine joue le rôle du lieutenant-colonel Kurt Steiner dans le film de John Sturges " L' aigle s' est envolé"
© Carlton International Media Lt

Aucun commentaire:

Publier un commentaire