mercredi 25 janvier 2017

Alberto Giacometti (1901-1966)


Le musée Picasso présente l'exposition « Picasso-Giacometti »Alberto Giacometti (1901-1966) était un talentueux sculpteur, peintre, dessinateur et créateur d'objets mobiliers suisse. 


« Seule la vie m’intéresse. Je regarde et tout me dépasseL’aventure, la grande aventure, c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu, chaque jour dans le même visage. C’est plus grand que tous les voyages du monde », observait Alberto Giacometti, artiste formé à l’Ecole des Beaux-Arts de Genève et à l’Académie de la Grande Chaumière de Montparnasse à Paris.

Le musée de Grenoble a présenté une exposition d’œuvres d’Alberto Giacometti (1901-1966), sculpteur, peintre, dessinateur et créateur d'objets mobiliers suisse. Plus de soixante-dix sculptures, peintures, œuvres graphiques et photographies autour des « questions de la représentation de l'espace, du rôle du socle, de la relation de la figure à l'espace ainsi que celle des figures entre elles ». 

En 2007, c’est la première exposition consacrée à cet artiste ex-surréaliste par la galerie Patrice Trigano réalisant ainsi un vœu remontant au début des années 1970.

Cette galerie a présenté vingt pièces, dont sept sculptures en bronze et deux huiles majeures (« La tête noire », portrait de Diego présenté à la Biennale de Venise en 1962, « Tête d’homme de face ») – datant de la période dite misérabiliste de cet artiste suisse, des années 1940 à la fin de sa vie.


Les sujets d’inspiration ? Ses proches : son frère Diego, sa mère, son épouse Annette. Son atelier parisien de la rue Hippolyte Maindron. Un moment suspendu (« Homme qui pointe », « Homme qui marche de face »). La fragilité (« Petit buste sur double socle »), la densité et l’assurance humaines ainsi que le mystère d’êtres (« Tête noire ») aux silhouettes minces, aux membres étirés (« Buste d’homme »).

« On ne parviendra jamais à représenter un regard, un regard en train de regarder », se désolait Alberto Giacometti qui s’efforçait de montrer « cet unique mystère du Réel ».


« Métaphysicien et poète, il pensait que la pupille est le trou de serrure qui donne accès à l’infini : pas un infini extérieur à l’homme, mais intérieur », observe son ami Alain Jouffroy.

Un catalogue, avec un texte de Louis Clayeux, a été édité à l'occasion de cette exposition. Réalisé avec la précieuse collaboration de la Fondation Alberto et Annette Giacometti, cet ouvrage est le quatrième publié par la Galerie Claude Bernard, après ceux des expositions de 1969, 1975 et 1985.

Histoire diffusera les 9, 15, 21 et 27 avril 2015 le numéro des Heures chaudes de Montparnasse de Jean-Marie Drot intitulé La Fureur de vivre des années 20 et évoquant notamment Giacometti, Delaunay, Man Ray, Brassaï. "En 1960-61, avant que l'ancien quartier du Montparnasse ne disparaisse, Jean-Marie Drot prend sa caméra et part recueillir les témoignages des derniers "monstres sacrés" de la grande époque des heures chaudes de Montparnasse. Apparaissent tour à tour, ressuscités par la magie de l'audiovisuel, les artistes qui fondèrent l'art occidental du XXème siècle. Parmi ces illustres cubistes, dadaïstes et surréalistes, on écoute et on admire Man Ray, Giacometti, Delaunay, Cocteau, Brassaï... pour ne citer que quelques uns des cent cinquante artistes présents".

En 2012-2013, la galerie Claude Bernard a présenté une exposition de dessins d'Alberto Giacometti (1901-1966), dans le cadre d'un hommage à Claude Pompidou. « Portraits, nus, paysages, et natures mortes, cet ensemble exceptionnel réunit plus de soixante œuvres datant de 1917 à 1963 ».


Le musée de Grenoble a acquis le premier, en 1952, une œuvre d'après-guerre du sculpteur Alberto Giacometti : La Cage. « Œuvre singulière et essentielle qui s'appuie sur la juxtaposition dans un même espace, "la cage", d'un nu féminin debout et d'un buste masculin, elle synthétise nombre de préoccupations de l'artiste. Elle pose notamment les questions de la représentation de l'espace, du rôle du socle, de la relation de la figure à l'espace ainsi que celle des figures entre elles… Autour de ces thèmes et grâce à un ensemble de plus de soixante-dix sculptures, peintures, œuvres graphiques et photographies provenant pour l'essentiel de la Fondation Alberto et Annette Giacometti mais aussi de collections publiques et privées, françaises et étrangères, cette exposition proposera une approche précise et didactique de la démarche de l'artiste, tout en s'attachant par une mise en espace rigoureuse à restituer à chaque œuvre toute sa part de mystère et son pouvoir de fascination ».

Le 11 mai 2015, lors d'une vente aux enchères de Christie's à New York, la statue L'Homme au doigt (Pointing Man), bronze patiné et peint par l'artiste en 1947, d'1,77 m de hauteur, dont six moulages existent dans le monde, de Giacometti a été adjugée 141,28 millions de dollars ; elle avait été estimée à 130 millions de dollars. Un record mondial pour une sculpture. En 2010, L'homme qui marche, de Giacometti avait été adjugé 65 millions de livres (103,93 millions de dollars) chez Sotheby's à Londres. 

Le Fonds Hélène & Edouard Leclerc pour la culture a présenté une "exposition inédite sur cet artiste majeur du XXe siècle". "En co-production avec la Fondation Giacometti, Paris, sous la direction de Catherine Grenier, commissaire de l’exposition (commissaire associé : Christian Alandete), ce projet rassemble plus de 150 œuvres. Ce très large ensemble de sculptures, peintures, dessins et lithographies, issus de la collection de la Fondation, permet d’embrasser toute la diversité du travail de l’artiste. Des œuvres de la période présurréaliste et surréaliste à celles de la maturité, puis jusqu’aux œuvres ultimes, l’exposition déroule l’ensemble d’une carrière artistique prolifique, produite dans l’espace mythique de l’atelier de Giacometti à Montparnasse. Organisé autour de la reconstitution scénographiée de l’atelier, le parcours de l’exposition, à la fois chronologique et thématique, propose en une dizaine de sections une relecture des grands axes qui traversent l’œuvre. Les questionnements esthétiques: rencontre de l’artiste avec le mouvement surréaliste, retour au travail d’après nature, crise de la représentation le menant aux limites de la sculpture, question du socle ; mais aussi les questionnements humains : la rencontre avec la mort, la relation à la nature, l’humanité en marche ; et enfin, les liens de l’artiste avec les grands intellectuels de son temps, constituent autant de clefs d’appréhension d’une œuvre éminemment complexe et pourtant universelle. À coté des œuvres les plus emblématiques de chaque période, comme Boule suspendue, Objet désagréable, Le Nez, La Cage, ou Homme qui marche, sont présentés des plâtres rares et des œuvres inédites. L’exposition comprend ainsi une figurine parmi les plus petites de l’histoire de la sculpture, correspondant à la période de guerre, une série méconnue de peintures noires,ou encore un rare ensemble de dessins réalisé « en pensant à Paul Éluard ». Sont aussi présentés Homme (Apollon), chef d’œuvre de la première période récemment acquis par la Fondation, et Fleur en Danger, rendue exposable dans son intégralité par une restauration récente. Dans le cadre d’un partenariat exceptionnel entre la Fondation Giacometti et le Fonds Hélène & Édouard Leclerc, deux œuvres majeures en plâtre peint, de la série des Femmes de Venise, ont pu être restaurées avec des techniques de pointe, permettant pour la première fois leur présentation au public dans leur état originel". 

La National Portrait Gallery a montré l'exposition Giacometti. Pure Presence (15 octobre 2015-10 janvier 2016). "Alberto Giacometti is widely regarded as one of the most important and distinctive artists of the 20th century. This major exhibition is the first to focus on his portraiture and includes over sixty paintings, sculptures and drawings from international public and private collections. Throughout his career Giacometti was fascinated by the artistic complexities of evoking a human presence. His portraits are characterised by an intense scrutiny of his models, during which he endeavoured to record his constantly changing perceptions. The resulting images are among Giacometti’s most enigmatic and personal, central to his reputation as one of the giants of modern art".
Le musée Mohammed VI a présenté la première rétrospective Giacometti en Afrique. Pour évoquer 65 ans de vie, il a réuni 46 sculptures, 19 peintures, 30 dessins ainsi que des œuvres d'art décoratif, des photographies. Elle s'articule en "trois sections chronologiques : les œuvres pré-surréalistes et surréalistes, le retour au travail d'après nature et les problématiques liées à la représentation humaine, la question du placement de la figure dans l'espace". Elle souligne l'influence des arts africains dans l'oeuvre de Giacometti. 


« Je fais certainement de la peinture et de la sculpture et cela depuis toujours, depuis la première fois que j’ai dessiné ou peint, pour mordre sur la réalité, pour me défendre, pour me nourrir, pour grossir ; grossir pour mieux me défendre, pour mieux attaquer, pour accrocher, pour avancer le plus possible sur tous les plans, dans toutes les directions, pour me défendre contre la faim, contre le froid, contre la mort, pour être le plus libre possible : le plus libre possible pour tâcher – avec les moyens qui me sont aujourd’hui les plus propres – de mieux voir, de mieux comprendre ce qui m’entoure, de mieux comprendre pour être le plus libre, le plus gros possible, pour dépenser, pour me dépenser le plus possible dans ce que je fais, pour courir mon aventure, pour découvrir de nouveaux mondes, pour faire ma guerre, pour le plaisir ? pour la joie ? de la guerre, pour le plaisir de gagner et de perdre » (Alberto Giacometti, Écrits. Ed. Hermann, 1997).

Picasso et Giacometti
Du 4 octobre 2016 au 5 février 2017, le musée Picasso présente « Picasso-Giacometti », la toute première exposition consacrée à l’œuvre de deux des plus grands artistes du XXe siècle : Pablo Picasso (1881-1973) et Alberto Giacometti (1901-1966).

"Grâce à un prêt exceptionnel de la Fondation Giacometti, cette exposition inédite, qui occupera le rez-de-chaussée et le premier étage de l’hôtel Salé, réunit plus de 200 œuvres des deux maîtres provenant des riches collections du Musée Picasso et de la Fondation Giacometti, ainsi que des prêts de collections françaises et étrangères".

"Un important travail de recherche, mené en commun dans les fonds d’archives du Musée Picasso et de la Fondation Giacometti, a permis de révéler des documents inédits, esquisses, carnets et annotations significatives. Ceux-ci éclairent les relations méconnues entre les deux artistes, relations à la fois amicales et formelles, et l’intérêt mutuel qu’ils se sont porté à des moments clefs de leurs carrières, en dépit de vingt ans de différence d’âge".

"Dotés de tempéraments différents, mais caractérisés tous deux par une grande liberté d’esprit et d’invention, Picasso et Giacometti partagent une fascination pour le lien entre Éros et Thanatos, comme pour le déplacement des limites de la représentation. De leur rencontre au début des années 1930 à leurs dialogues nourris dans l’après-guerre autour des querelles du retour au réalisme, les deux artistes n’ont cessé d’échanger sur leur création. Comme l’exposition le révèle, de nombreuses similitudes formelles et thématiques rapprochent leurs œuvres de la période surréaliste. À partir de la fin des années 1930, tous deux vont transformer leur pratique et partager des questionnements sur l’art et sa relation au réel, auxquels le peintre-sculpteur et le sculpteur-peintre répondent par des solutions formelles différentes".

Articulée autour de huit sections, l’exposition "propose un parcours à la fois chronologique et thématique présentant les différents aspects de leur production artistique dans tous les médiums : peinture, sculpture, dessin. Après avoir évoqué le cheminement des deux artistes de leurs œuvres de jeunesse jusqu’aux créations modernistes, elle montre les correspondances entre leurs œuvres, de l’influence des arts extra-occidentaux ou de celle du mouvement surréaliste au renouveau du réalisme dans la période d’après-guerre".

"À côté d’œuvres emblématiques de chacun des artistes comme Paul en Arlequin (1924), Femme assise au fauteuil rouge (1932) et La Chèvre (1950) de Picasso ou Femme qui marche (1932), Cube (1933-1934) et Homme qui marche (1960) de Giacometti, sont présentés des plâtres rares et fragiles, des dessins dont certains inédits, et de nombreuses archives dévoilées pour la première fois".



"1901 - 1966
Photo : Annette Giacometti - Collection Fondation Giacometti, Paris
1901
Né le 10 octobre à Borgonovo (Stampa), un petit village de la Suisse italienne. Son père, Giovanni Giacometti (1868-1933), est un peintre néo-impressionniste suisse renommé. Giovanni Giacometti et Annetta Stampa ont trois autres enfants : Diego (1902-1985), Ottilia (1904-1937) et Bruno (1907-2012). Les peintres Cuno Amiet et Ferdinand Hodler sont les parrains d’Alberto et de Bruno.
1904
La famille déménage dans une maison à Stampa où Giovanni installe son atelier.
Vers 1910
Giovanni acquiert une maison d’été à Maloja, au bord du lac de Sils, où il installe un second atelier. Alberto apporte la touche finale d’un buste de son père réalisé par Niederhausen-Rodo en le peignant. Première tentative de fusion entre la sculpture et la peinture. Il réalise ses premières copies d’après des gravures de Dürer.
1914-1915
Alberto Giacometti passe son enfance à Stampa. Il s’initie très jeune auprès de son père au dessin et à la peinture. En décembre 1914, il réalise sa première sculpture : un buste de son frère Diego qui deviendra son principal modèle. En 1915, il réalise une première peinture à l’huile Nature morte aux pommes. Il conservera toute sa vie ces premières oeuvres dans son atelier parisien. Son frère Bruno, sa soeur Ottilia et sa mère posent également pour lui.
1915-1919
Études au collège protestant de Schiers, près de Coire.
1919-1920
Il arrête ses études et s’inscrit à l’école des Beaux-arts, puis à l’école des Arts et Métiers de Genève. Sous l’influence de son père, il réalise plusieurs peintures de style néo-impressionniste.
1920
Il quitte l’école et accompagne son père à Venise, alors représentant officiel pour la Suisse à la Biennale. Il découvre Le Tintoret puis visite Padoue où il découvre les fresques de Giotto. En novembre, il visite Florence, où il découvre l’art égyptien, puis Rome. L’influence de la sculpture égyptienne sera déterminante dans l’évolution de son oeuvre.
1921
Il s’installe à Rome chez un cousin de son père puis dans un petit atelier sur la Via di Ripetta. Il voyage à Naples et Pompei avant de retourner passer l’été à Maloja. Pendant cette période, il réalise de nombreuses copies des maîtres anciens. Le 3 septembre, il accompagne en voyage Pieter van Meurs qui décède deux jours plus tard sous ses yeux. Cette expérience traumatisante de la mort reviendra à de nombreuses reprises dans son travail.
1922
Il s’installe en janvier à Paris pour étudier la sculpture dans la classe d’Antoine Bourdelle à l’Académie de la Grande Chaumière. Il y reste jusqu’en 1927. Ses sculptures de l’époque évoluent entre le post-cubisme et le primitivisme.
1925
Il loue un petit atelier près du cimetière Montparnasse, où son frère Diego le rejoint. Il rencontre Pierre Matisse, fils du peintre Henri Matisse, qui le représentera dans sa galerie à New York. Il sculpte et peint le portrait de Flora Mayo, Américaine rencontrée à la Grande Chaumière. Première participation au Salon des Tuileries et première commande du collectionneur d’art d’Afrique Josef Müller.
1926
Il s’installe le 1er décembre dans l’atelier du 46 rue Hippolyte-Maindron où il restera jusqu’à sa mort.
1927
Il expose une seconde fois au Salon des Tuileries avec la Femme cuillère et Le Couple, dans la salle des avant-gardes aux côtés de Brancusi et de Zadkine.
1928
Il réalise ses premières « plaques » : des figures plates, dont la Tête qui regarde, qu’il présente à l’exposition « Les artistes italiens de Paris ».
1929
Grâce à Jeanne Bucher qui l’expose dans sa galerie, il rencontre Jean Cocteau, les Noailles et André Masson, qui l’introduisent dans les milieux d’avant-garde. Il rencontre Louis Aragon et Georges Bataille. Premier article enthousiaste sur Giacometti par Michel Leiris dans la revue Documents. Une version de la Tête qui regarde est achetée par une collectionneuse d’Argentine, Elvira de Alvear, et une autre par le Vicomte de Noailles. Il signe un contrat d’un an avec la galerie Pierre.
1930
Man Ray le présente au décorateur Jean-Michel Frank, pour lequel il réalise ses premiers objets d’art décoratif. Il expose, à la galerie Pierre Loeb, la Boule Suspendue que Salvador Dalí qualifiera de prototype des « objets à fonctionnement symbolique ».
1931
Il devient officiellement membre du groupe surréaliste d’André Breton et participe aux activités du groupe.
1932
Première exposition personnelle à Paris à la galerie Pierre Colle. Christian Zervos lui consacre un article dans Cahiers d’art illustré de photos prises par Man Ray dans l’atelier.
1933
Première estampe pour l’illustration d’un livre : Les Pieds dans le plat, de René Crevel. Il publie plusieurs textes dans la revue Le Surréalisme au service de la révolution et, à la demande de Tériade, dans la revue Minotaure. Il participe à l’exposition surréaliste à la galerie Pierre Colle où il vend aux Noailles La Table (surréaliste). L’oeuvre entre par donation au Musée national d’art moderne en 1951. Son père meurt quelques jours plus tard (le 25 juin).
1934
Les mois qui suivent, Giacometti réalise une Tête-crâne, l’Objet invisible (Mains tenant le vide) et Le Cube, comme un ultime portrait de son père. Il commence à prendre ses distances avec le mouvement surréaliste en revenant au travail d’après nature. En décembre, la galerie Julien Levy lui consacre sa première exposition personnelle à New York.
1935
Séparation avec le groupe surréaliste. Le 14 février, il est exclu du mouvement mais continuera à exposer avec eux ses œuvres surréalistes. Il commence une recherche solitaire sur les têtes prenant pour modèles Diego et la jeune Rita Gueyfier qui posent à tour de rôle pendant plusieurs mois. Il fréquente Balthus, Grüber, Tal-Coat. À la fin de l’année il rencontre Isabel Nicholas qui deviendra son amie et modèle.
1936
Il confie à Pierre Matisse la représentation de son oeuvre aux États-Unis. Le Palais à 4 heures du matin entre dans les collections du Museum of Modern Art de New York, sa première oeuvre dans un musée. À Paris, l’importante rétrospective Cézanne au musée de l’Orangerie lui confirme l’importance de remettre en cause la vision de la réalité.
1937
Giacometti devient ami avec Samuel Beckett avec lequel il traîne la nuit dans Montparnasse. Il visite Picasso dans son atelier des Grands-Augustins où il travaille à son oeuvre Guernica. Sa soeur Ottilia meurt en accouchant de son premier enfant Silvio.
1938
Il est renversé par une voiture. Il conservera de cet accident une légère claudication.
1939
Il rencontre Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir avec qui il restera très lié.
1941
En décembre, il se rend en Suisse, où il restera pour la durée de la guerre. Il y rencontre l’éditeur Albert Skira et réalise de nombreux portraits de Silvio.
1943
Il rencontre Annette Arm qui deviendra son épouse en 1949 et l’un de ses modèles favoris.
1945
Il rentre à Paris en septembre, où Diego a pu lui conserver son atelier dans l’état où il l’avait laissé. Retrouve le milieu littéraire parisien.
1946
Il réalise une série de portraits de personnalités des arts et lettres : Marie-Laure de Noailles, Simone de Beauvoir, Georges Bataille et une tête du résistant communiste Rol-Tanguy à la demande d’Aragon. Il publie « Le Rêve, le Sphinx et la mort de T. » dans la revue Labyrinthe.
1947
Annette Arm emménage rue Hippolyte-Maindron.
1948
Première exposition monographique de ses oeuvres depuis 1934, à la galerie Pierre Matisse à New York. Sartre écrit La recherche de l’absolu pour la préface du catalogue. La galerie lui consacrera des expositions personnelles en 1950, 1958, 1961 et 1964.
1949
Achat de l’Homme qui pointe par la Tate Gallery, première oeuvre acquise par un musée européen. Il continue sa série de portraits d’intellectuels : Jean-Paul Sartre, Tristan Tzara. Il épouse Annette Arm, le 19 juillet.
1951
Première exposition à la galerie Maeght à Paris, où se succéderont d’autres expositions en 1954, 1957 et 1961. Premières lithographies.
1952
Le musée de Grenoble achète La Cage, première oeuvre de la production d’après-guerre à entrer dans les collections publiques françaises. Don de La Table au Musée national d’art moderne par les Noailles, première oeuvre surréaliste dans les collections nationales.
1954
Première exposition monographique dans un musée, à Santa Barbara en Californie. Projet de médaille à Henri Matisse. Il réalise ses premiers portraits de Jean Genet qui posera jusqu’en 1958.
1955
Premières rétrospectives dans des musées à New York, à Londres et en Allemagne.
1956
Il représente la France à la Biennale de Venise où il expose un groupe de sculptures : les Femmes de Venise. Il dessine la couverture du livre Le Balcon de Jean Genet. Rencontre Isaku Yanaihara qui reviendra plusieurs étés poser pour lui (en 1957, 1959, 1960 et 1961).
1957
Jean Genet écrit « L’Atelier d’Alberto Giacometti », qui paraît dans la revue Derrière le miroir, puis sous forme de livre illustré de photographies d’Ernst Scheidegger en 1963.
1958
Première exposition monographique au Japon. Il rencontre Caroline, qui devient sa maîtresse et son modèle jusqu’en 1965.
1959
Il commence le livre de lithographies Paris sans fin, qui sera publié en 1969. Il est invité à participer au concours pour le monument pour la place de la Chase Manhattan Bank à New York, mais le projet ne sera jamais achevé.
1962
Invité de la Biennale de Venise avec une exposition personnelle, il remporte le Grand prix de sculpture. Grande rétrospective au Kunsthaus de Zürich.
1964
Il reçoit le prix Guggenheim International de peinture et en 1965 le Grand prix national des arts de France. Inauguration de la salle et de la cour Giacometti à la Fondation Maeght à Saint-Paul-de-Vence. Il y installe les pièces projetées pour la Chase Manhattan Bank : deux hommes qui marchent, deux grandes femmes et une grande tête. Il réalise aussi un ensemble de Femmes de Venise en bronze. Sa mère meurt le 25 janvier.
1965
Trois rétrospectives se tiennent à Londres, New York et Copenhague, auxquelles il se rend. Il participe activement à celle de Londres, à la Tate Gallery. Création de la Fondation Alberto Giacometti de Zürich, par achat d’une partie de la collection Thompson.
1966
Il meurt brusquement à l’hôpital de Coire le 11 janvier. Il est enterré le 15 janvier dans le cimetière de Borgonovo.


Alberto Giacometti, texte d’Alain Jouffroy. Galerie Patrice Trigano. Paris, 2007


Jusqu’au 9 juin 2013
5, place de Lavalette. 38010 Grenoble Cedex 1
Téléphone : 04 76 63 44 44
Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 18 h 30

Du 13 décembre 2012 au 16 février 2013
7/9 rue des Beaux-Arts, 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 97 07
Du mardi au samedi de  9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30
Vernissage le jeudi 13 décembre 2012 de 18 h à 22 h, entrée à 10 euros, et le catalogue sera remis gracieusement.

Visuels :
[Tête d'homme sur socle], vers 1949-1951. Plâtre peint Collection Fondation Giacometti

Alberto Giacometti travaillant dans on atelier. Collection Fondation Giacometti, Paris. 
Succession Giacometi (Fondation Giacometti + ADAGP). Paris 2016


Alberto Giacometti (1901-1966)
Autoportrait
1921
Huile sur toile, 82,5 x 72 cm
Kunsthaus Zürich, Alberto Giacometti Stiftung
Inv. GS 62
© Succession Giacometti (Fondation Giacometti + ADAGP) Paris, 2016

Pablo Picasso (1881-1973)
Autoportrait
Paris, fin 1901
Huile sur toile, 81 x 60 cm
Musée national Picasso-Paris
Dation Pablo Picasso, 1979. MP4
© Succession Picasso 2016

Pablo Picasso (1881-1973)
La Chèvre
Vallauris, 1950
Original en plâtre, panier dosier, pots en céramique, feuille de palmier, métal, bois, carton, 120,5 x 72 x 144 cm
Musée national Picasso-Paris
Dation Pablo Picasso, 1979. MP339
© Succession Picasso 2016

Pablo Picasso (1881-1973)
Paul en Arlequin
Paris, 1924
Huile sur toile, 130 x 97,5 cm
Musée national Picasso-Paris
Dation Pablo Picasso, 1979. MP83
© Succession Picasso 2016

Alberto Giacometti (1901-1966)
Le Chien
1951
Bronze
Fondation Marguerite et Aimé Maeght, Saint-Paul, France
Inv. 319

© Succession Giacometti (Fondation Giacometti + ADAGP) Paris, 2016


Articles sur ce blog concernant :
Cet article a été publié  en une version concise par L'Arche en 2007, et sur ce blog le:
-  4 novembre 2012 à l'approche de la vente d'art impressionniste et moderne - Giacometti, Lipchitz, Caillebotte, Pissarro - par Christie's New York le 7 novembre 2012 ;
- 13 février, 3 septembre 2013, 7 avril 2015. Histoire diffusait les 10 septembre 2013, 9, 15, 21 et 27 avril 2015 le numéro des Heures chaudes de Montparnasse de Jean-Marie Drot intitulé La Fureur de vivre des années 20 et évoquant notamment Giacometti, Delaunay, Man Ray, Brassaï ; 
- 23 septembre 2013, 7 juillet 2014 et 7 avril 2015. Histoire présenta Un homme parmi les hommes : Alberto Giacometti, et La Fureur de vivre des années 20 et évoquant notamment Giacometti, Delaunay, Man Ray, Brassaï de Jean-Marie Drot, les 24 septembre et 9 octobre 2013, 8 et 14 juillet 2014. "Giacometti, le dernier grand Montparno, un artiste solitaire, sauvage presque, dont l'insatiable et épuisante recherche est douloureusement analysée par lui-même au cours de ces longs entretiens qu'il nous a, pour la seule et unique fois, accordés dans son atelier de la rue Hyppolite Maindron, puis au Kunsthaus de Zürich à l'occasion de sa grande exposition de 1963. Dans son bloc-notes, François Mauriac écrivait en 1963 : "Je l'aurais écouté toute la nuit" ;
- 7 avril et 14 octobre 2015, 10 janvier et 25 août 2016.

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