dimanche 29 janvier 2017

« Ellis Island, une histoire du rêve américain”, de Michaël Prazan

 
« Porte d’entrée au Nouveau monde », Ellis Island a accueilli de 1892 à 1954, plus de 12 millions d’immigrants fuyant, pour des raisons diverses l’Ancien monde. Un lieu de transit et d’examens, notamment médicaux, dont l’histoire retrace celle du “melting pot” et du rêve américains. « Ellis Island, une histoire du rêve américain” (2013) est un documentaire écrit et réalisé par Michaël Prazan. Le 29 janvier 2017 , à 17 h 30, la Maison de la Culture Juive de Nogent-sur-Marne présentera "Ellis Island", mise en voix du texte de Georges Perec interprété par Yael Dyens, comédienne, dans une mise en scène de Margot Simonnet. "Ellis Island, surnommée L’île des larmes, devint à partir de 1892 le point de passage obligé pour rentrer en Amérique. Perec décrit l’histoire de ce lieu qui met progressivement en place une gestion rationalisée des flux migratoires de masse. Parti d’un lieu réel, et issu d’un documentaire, le texte se tourne vers un lieu intérieur, biographique, et c’est ce qui lui fait prendre une force extraordinaire. Perec, en s’imaginant le destin de tous ces immigrés, se retrouve sur celles de son propre exil. Cette confrontation de l’écrivain à Ellis Island, un lieu réel qui aurait pu faire partie de son histoire, mais aussi lieu de l’exil, fait écho avec force à son rapport à la judéité. Mais aussi au statut de tout immigré, arraché de gré ou de force à ses racines".


En 1979, sensibles aux thèmes de l’exil et de ses lieux, le romancier Georges Perec et le réalisateur et écrivain Robert Bober ont réalisé le documentaire  Récits d’Ellis Island, histoires d’errance et d’espoir. En 1980, le texte de Georges Perec sur Ellis Island est publié. Extrait  : « A partir de la première moitié du XIXe siècle, un formidable espoir secoue l'Europe : pour tous les peuples écrasés, opprimés, oppressés, asservis, massacrés, pour toutes les classes exploitées, affamées, ravagées par les épidémies, décimées par des années de disette et de famine, une terre promise se met à exister : l'Amérique, une terre vierge ouverte à tous, une terre libre et généreuse où les damnés du vieux continent pourront devenir les pionniers d'un nouveau monde, les bâtisseurs d'une société sans injustice et sans préjugés ».

Dans son documentaire nourri d’archives émouvantes et d’interviews d’historiens, Michaël Prazan offre sa vision d’Ellis Island pour évoquer le « rêve américain » au travers de la “mémoire complexe du melting-pot américain”.

« Porte d’entrée au Nouveau monde »
Longtemps, l’immigration aux Etats-Unis a pu se faire sans aucune restriction, sans la nécessité de présenter un passeport ou un visa d’entrée. Cependant, l’immigrant devait bénéficier d’une bonne santé.

De 1892 à 1954, plus de 12 millions d’immigrants sont arrivés aux Etats-Unis par Ellis Island, îlot du port de New York, à l’ombre de la Statue de la Liberté, face à Manhattan. Au fil des années, cette “porte d’entrée du Nouveau monde” a vu sa superficie passer de 3,3 acres à 27,5 acres (13 351,8 m² à 111 265 m²). De 1794 à 1890, cette minuscule ile a joué un rôle militaire dans l'histoire américaine, notamment lors de la guerre d'Indépendance (1775-1783).

De 1910 à 1940, la Angel Island Immigration Station dans la baie de San Francisco a traité environ un million d'immigrants asiatiques entrant aux Etats-Unis, ce qui l'a fait être désignée comme "l'Ellis Island de l'Ouest". En raison aux restrictions du Chinese Exclusion Act (1882), de nombreux immigrants ont passé plusieurs années sur cette ile, dans l'attente de l'autorisation d'entrée.

En 1892, Ellis Island  située dans la partie haute de la baie de New York, s’impose comme la principale porte d’entrée aux États-Unis pour les immigrants arrivant en nombre croissant et massivement d’Europe. Un immense centre d’accueil et d’examens des immigrés fuyant la misère, la faim et les persécutions antisémites ou politiques, est inauguré en 1900, après un incendie qui a ravagé les anciens bâtiments. Avant-poste des services américains de l’immigration newyorkais, c’est l’ultime étape avant de fouler le sol américain.

L’actrice Pola Negri et selon la légende le producteur de cinéma Sam Goldwyn - celui-ci a en fait traversé la frontière canado-américaine -, tous deux venus de Pologne, l’écrivain tchèque George Voskovec, l’enfant sicilien Salvatore Lucania, qui deviendra le chef de la mafia surnommé Lucky Luciano, l’Irlandais William O'Dwyer, futur maire de New York, le grand-père adolescent du chanteur Joe Dassin, Elia Kazan encore enfant et bien d’autres “ont traversé l'Atlantique pour fuir une existence misérable, persécutée ou incertaine en Europe, vers une nouvelle Terre promise qui ne les accueille pas toujours à bras ouverts”. Ils ont découvert “les larges avenues de New York, les lucratifs tripots de Brooklyn » ou fondent et deviennent des stars à Hollywood.

Ce documentairemontre combien, face aux drames européens de la première moitié du XXe siècle, l’Amérique fut ambivalente. Mais il explique aussi pourquoi ces parias irlandais, juifs et italiens brocardés par les xénophobes vont renouveler et incarner le “rêve américain”.

« Durant ces heures décisives, où le destin des immigrants ne leur appartient pas, où les inspecteurs des services de l’immigration déterminent qui peut entrer sur le territoire américain et qui doit être refoulé » pour des raisons médicales ou pour éviter de futurs assistés, « s’invente le melting pot américain, alimenté par les soubresauts du Vieux Continent ».

Ces vagues successives d’immigration vont renouveler, incarner et représenter dans la littérature ou le cinéma le « rêve américain ».

“Lieu de mémoire” pour tant d’Américains, Ellis Island est devenu sous la présidence de Ronald Reagan un musée d'histoire de l'immigration.

Le 29 janvier 2017 , à 17 h 30, la Maison de la Culture Juive présentera "Ellis Island", mise en voix du texte de Georges Perec interprété par Yael Dyens, comédienne, dans une mise en scène de Margot Simonnet. "Ellis Island, surnommée L’île des larmes, devint à partir de 1892 le point de passage obligé pour rentrer en Amérique. Perec décrit l’histoire de ce lieu qui met progressivement en place une gestion rationalisée des flux migratoires de masse. Parti d’un lieu réel, et issu d’un documentaire, le texte se tourne vers un lieu intérieur, biographique, et c’est ce qui lui fait prendre une force extraordinaire. Perec, en s’imaginant le destin de tous ces immigrés, se retrouve sur celles de son propre exil. Cette confrontation de l’écrivain à Ellis Island, un lieu réel qui aurait pu faire partie de son histoire, mais aussi lieu de l’exil, fait écho avec force à son rapport à la judéité. Mais aussi au statut de tout immigré, arraché de gré ou de force à ses racines".

« Ellis Island, une histoire du rêve américain”, de Michaël Prazan
Films d’un jour, arte France, Histoire, RSI, CNC et Procirep-Angoa, 2013, 105 minutes
Diffusions :
- sur Arte les 11 mars à 20 h 50, 13 mars à 9 h et 29 mars 2014 à 10 h 40, 28 décembre 2015 à 0 h 35 et 13 janvier 2016 à 1 h 05 ;
- sur lchaîne Histoire les 27 et 29 octobre 2014les 21 et 23 février 201517 août à 20 h 40, 21 août à 17 h 15, 25 août à 22 h 55, 28 août à 0 h 40, 1er septembre à 8 h 20, septembre à 2 h et 12 septembre 2016 à 1 h 40 ;
- au Luminor Hôtel de Ville, dans le cadre du Festival des Cultures Juivesle 12 juin 2015, à 14 h.

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Les citations sont extraites du communiqué de presse.
Cet article a été publié les 11 mars et 26 octobre 2014, 20 février, 11 juin et 27 décembre 2015, 21 août 2016.

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