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samedi 14 mars 2020

« Transatlantiques » de Mathias Haentjes


Arte diffusera le 15 mars 2020 « Transatlantiques » (Ozeanriesen), série documentaire en deux parties – « La course des nations » (Wettlauf der Nationen), « L’âge d’or des paquebots » (Goldene Jahre) - de Mathias Haentjes. « Pendant un peu plus d'un siècle, les paquebots ont fait traverser l'Atlantique dans les deux sens à des milliers de passagers. Retour sur une fabuleuse aventure maritime ».
      

« Entrés dans l'histoire, ils ont porté des noms devenus mythiques : Titanic, Normandie, Queen Mary ou encore France. Pendant près d'un siècle, du milieu du XIXe à la mise en service de lignes aériennes régulières, les paquebots à vapeur ont fait traverser l'Atlantique dans les deux sens à des milliers de passagers. Pour retracer cette formidable épopée, Mathias Haentjes s'intéresse autant aux prouesses techniques qu'à la course au prestige des grandes nations, aux vagues migratoires successives qu'au faste des premières classes, aux records de vitesse, salués par le fameux Ruban bleu, qu'aux catastrophes. Ponctué d'éclairages de spécialistes (historiens, conservateurs de musée) et illustré par d'émouvantes archives, un fabuleux voyage dans le passé ».

1ère partie - « La course des nations »
« Pendant quatre siècles, le bateau a été l'unique moyen de transport entre l'Europe et les Amériques ».

« Entassés à l'entrepont des cargos à voiles, les migrants, chassés de l'Ancien Continent par la misère, les persécutions religieuses ou politiques, ont longtemps voyagé dans d'épouvantables conditions ».

« Les améliorations apportées à la machine à vapeur au début du XIXe siècle vont faire entrer les liaisons transatlantiques dans une nouvelle ère ».

« En 1843, 80 000 curieux assistent dans le port de Bristol au lancement du SS Great Britain, un navire révolutionnaire avec sa coque en fer et son hélice immergée ».

« De Southampton à Cherbourg, du Havre à Brême en passant par Hambourg, Belfast ou Saint-Nazaire, les armateurs européens font sortir des chantiers navals des géants de haute mer de plus en plus rapides et sûrs. En 1897, le Kaiser Wilhelm der Grosse de la Norddeutscher Lloyd rallie New York en cinq jours et dix-sept heures : un record  ».

« La course que se livrent les nations occidentales met sur les flots des paquebots de plus en plus impressionnants. Parmi les plus prestigieux, le RMS Titanic de la White Star Line. Son tragique naufrage en 1912 ne sera pas le seul à endeuiller l'histoire des transatlantiques ».

A bord du Titanic, Benjamin Guggenheim (1865-1912), cinquième des huit fils de Meyer Guggenheim (1828-1905), magnat juif américain de l'industrie minière, s'assure que sa compagne, la chanteuse de cabaret Léontine Aubart, a embarqué dans un canot de sauvetage. Il décide de laisser sa place sur des canots à un autre passager et de mourir à bord du Titanic avec son valet, Victor Giglio. Il dit : « Nous nous sommes habillés de notre mieux et nous sommes prêts à mourir comme des gentlemen. »

Autres richissimes juifs américains philanthropes décédés lors du naufrage du Titanic : Isidor Straus (1845-1912), propriétaire avec son frère Nathan Strauss (1848-1931) des grands magasins Macy’set son épouse Ida Strauss qui a refusé de quitter le navire pour rester auprès de son mari chéri. Tous deux rentraient d'un séjour en Eretz Israël.

Mais la plupart des centaines de passagers juifs du Titanic étaient pauvres et voyageaient en troisième classe. Leur nombre demeure inconnu.

« En 1915, le torpillage par un sous-marin allemand du Lusitania bouleverse l'Amérique ».

« Pendant un peu plus d'un siècle, les paquebots ont fait traverser l'Atlantique dans les deux sens à des milliers de passagers. Après la Première Guerre mondiale, l'aventure transatlantique reprend des couleurs. Alors que l'Amérique restreint l’accueil de migrants venus d'Europe, les grandes compagnies maritimes partent à l'assaut d'une clientèle haut de gamme ».

« Décoration fastueuse, cuisine fine et orchestres agrémentent désormais les traversées des vedettes de cinéma, des personnalités en vue ou des riches touristes ».

« Avec des fleurons comme le Paris, qui effectue sa première croisière en 1921, ou, à partir de 1935, le Normandie, sur lequel plus d'un tiers des passagers voyagent en première classe, la Compagnie générale transatlantique s'illustre par ses palaces flottants ».

Le 13 mai 1939, 937 Juifs allemands embarquent sur le paquebot allemand Saint-Louis de la compagnie Hapag, qui était affecté à la ligne Hambourg-Amérique. Ces réfugiés fuient l'Allemagne nazie, et espèrent rejoindre La Havane (Cuba). Interdits d'entrée dans l'île, puis aux Etats-Unis, ces Juifs retournent en Europe. Le 17 juin 1939, le bateau arrive à Anvers. Finalement, la France accueille près de 200 passagers arrivés à Boulogne-sur-Mer le Royaume-Uni 282 à Southampton, 200 par la Belgique et autant par les Pays-Bas. Ceux n'ayant pas trouvé de pays d'accueil périssent dans la Shoah.

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, les rotations, qui se poursuivent à un rythme moins soutenu, connaissent aussi leurs drames ».

« En 1942, les États-Unis, entrés dans le conflit, retiennent le Normandie, paquebot transatlantique de la Compagnie générale transatlantique. Rebaptisé USS Lafayette, le luxueux paquebot français doit être affecté au transport des troupes. Mais lors des travaux pour son réaménagement, un incendie le fait sombrer dans le port de New York ».

Romanciers (Une ville flottante de Jules Verne, Le Naufrage du Titan de Morgan Robertson), cinéastes (Titanic), journalistes... Fascinés par ces transatlantiques, ils ont situé l'intrigue de leurs oeuvres sur ces bateaux associant luxe et pauvreté, première et deuxième classes, modernité et tradition, vitesse et langueur, oisifs et immigrés rêvant de l'Amérique.

Parmi les admirateurs de ces paquebots : la star Marlene Dietrich qui apprécie particulièrement le Normandie, et le scénariste René Goscinny.

"L’Art déco, un art de vivre. Le paquebot Île-de-France"
Le musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt a présenté l'exposition "L’Art déco, un art de vivre. Le paquebot Île-de-France" dont les partenaires sont FrenchLines, l'Ecomusée de St-Nazaire, la DRAC, Savencia et la Région Île-de-France. Elle a retracé "l’épopée de ce navire de légende, fleuron de l'art déco, symbole d’un art de vivre à la française inégalé, héros de guerre et renaissant dans les Années 50. Plus de 25 000 visiteurs l'ont déjà plébiscitée ! "Découvrez le paquebot, les décors confiés aux plus grands artistes de l’époque, les équipements novateurs dont il fut doté (dont... un hydravion !) Peintures, mobilier, objets : le navire est une vitrine de l’Art déco et de l’art du voyage, alors très sophistiqué : le "style paquebot".


"Imaginé et conçu pendant une période de prospérité de la Compagnie Générale Transatlantique sous la direction inspirée de John Dal Piaz, le paquebot Île-de-France, mis en service en 1927 et affecté à la célèbre French Line reliant Le Havre à New York, conjugue rapidité et régularité, des qualités essentielles pour creuser confortablement sa route à travers l’Atlantique Nord. Sa première classe, spacieuse et raffinée, est une synthèse de la création artistique française au sortir de l’Exposition des Arts Décoratifs de Paris de 1925. Ambassadeur de l’art de vivre et du savoir-faire national, Île-de-France offre à ses passagers un service de qualité assuré par un personnel empli de tact et de prévenance pour un voyage inoubliable, le tout sous le commandement d’un grand marin doublé d’un homme du monde, le commandant Blancart. L'Ile-de-France se distingue par une vie exceptionnelle : il est pendant 32 ans au service de l’image de la Nation en temps de paix comme en temps de guerre et obéit au principe séculaire de secours en mer en venant en aide à plusieurs reprises à des navires en détresse, prenant à son bord leurs passagers. Décoré pour la bravoure de son équipage, le navire prendra même le surnom de « Saint Bernard des mers ».



"Embarquez pour une journée à bord et visitez les lieux : cabines, salons, espaces de distraction (avec passage par les cuisines !). Découvrez les différentes activités pratiquées et leurs lieux dédiés : salons de lecture, de beauté, de correspondance, fumoir, salle de spectacle et même un hôpital, qui a connu des opérations et des accouchements… Les espaces pour les enfants et le quotidien de l’équipage sont aussi évoqués, tout comme l’impressionnante salle des machines. De nombreuses célébrités ont voyagé sur Île-de-France ; on se rencontre, on pose pour les photographes, on s’y marie, comme l’aviateur boulonnais Esnault-Pelterie."


"Toutes les vies du paquebot sont racontées, ses décorations, ses sauvetages et sa fin, racheté par une société japonaise pour le démanteler. Il servira néanmoins de décor pour le tournage du film américain « Panique à bord ». Ce sera la dernière apparition du navire, sabordé pour l’occasion, issue qui suscita un grand émoi en France."


"Dans cet entre-deux-guerres foisonnant, où le monde change si vite, où les voyages se multiplient, le paquebot devient un mode de transport synonyme d’art de vivre, élitiste mais sûr. Parmi les grands bâtiments lancés dès les années 1920, Île-de-France prend très vite une place à part grâce à son luxe et son décor, et suscite un attachement international qui durera tout au long d’une carrière mouvementée. Construit par la Compagnie générale transatlantique, il répond à un besoin de redorer son blason et de faire face avec éclat à la concurrence d’autres compagnies, comme la Cunard ou la White Star Line. Mission largement accomplie dès son lancement en 1927 !"

"Ce géant des mers incarne l’excellence de l’art français, tant y est somptueuse la décoration due aux meilleurs ensembliers et artistes. On danse et on s’amuse beaucoup à bord et, surtout, on y mange royalement : la gastronomie, cet art français inimitable, y est déployée par les plus grands chefs. Île-de-France jouit d’une renommée exceptionnelle pendant ses premières années de service, assumant le nom de « Paris aristocratique » ou encore de « plus beau seau à champagne du monde ».


"La guerre de 1939-45 lui donne une affectation loin de sa destination d’origine. Il devient trooper sous pavillon britannique, transporte autour du monde des troupes australiennes, africaines ou anglaises, et rapatrie en métropole des Français d’Indochine et d’Afrique du Nord. Il y gagne la croix de guerre et le privilège de ne pas partir à la casse, comme une grande partie de ses congénères d’avant-guerre trop lourds, trop chers, trop anciens… Ses armateurs lui redonnent une nouvelle vie : deux ans de travaux le transforment, il perd une cheminée sur les trois à l’origine. Remis à l’eau en 1949, il vogue toujours vers New York mais aussi vers les Antilles. Les codes sociaux et les habitudes ayant changé, la répartition entre les classes est modifiée : il y a moins de passagers, moins de cérémonial, mais le label « qualité française » demeure. Les stars européennes ou américaines sont toujours là et posent sur le pont."


"Aux surnoms admiratifs accordés par la presse internationale dans les années 30 viendront bientôt s’en ajouter d’autres, comme ceux de « chevalier de l’océan » ou « saint-bernard des mers », nés de sauvetages mouvementés où ses interventions sont décisives, comme celui du cargo Greenville en 1953 et du paquebot Andrea Doria en 1956. C’est à cette occasion qu’Île-de-France reçoit, outre les décorations et les félicitations des gouvernements impliqués, l’hommage exceptionnel de l’Amérique, la parade de la remontée de l’Hudson, dans le vacarme réservé aux héros. Deux ans allaient encore s'écouler avant son dernier voyage, du 1er au 17 novembre 1958. En un peu plus de 30 ans, Île-de-France a transporté plus de 900.000 passagers et parcouru environ 3 millions de miles marins."


Publié par In Fine, un superbe catalogue, sous la direction de Gabrielle Soullier de Roincé et Dorian Dallongeville, accompagne l'exposition. Fleuron de la Compagnie générale transatlantique sur la ligne Le Havre-New York, le paquebot Île-de-France, mis en service en 1927, porte sur les flots la grandeur de l’Art déco. Novateur dans sa technique, équipé provisoirement d’un spectaculaire hydravion postal, fier représentant de la gastronomie et de l’art de vivre à la française, Île-de-France connaît une destinée brillante jusqu’à la Seconde Guerre mondiale. Rallié à la France libre, converti en transport de troupes, il sort indemne mais exsangue d’une décennie de service qui lui vaut la croix de guerre. Refondu, repensé dans sa silhouette et son décor, il fait un retour triomphal en 1949, et connaît une nouvelle décennie de traversées transatlantiques, marquée notamment par son rôle héroïque dans de mémorables sauvetages. Île-de-France est finalement vendu en 1959 pour démantèlement à une société japonaise qui, avant sa destruction finale, le loue pour le tournage d’un film catastrophe, The Last Voyage (Panique à bord). Cet ouvrage revient sur l’épopée de ce navire né pendant les Années folles : l’histoire d’une société, d’une invitation à embarquer, d’un art du voyage…"



Du 16 octobre 2019-15 mars 2020
Au  musée des Années 30 de Boulogne-Billancourt 
28 avenue André Morizet. 92100 Boulogne-Billancourt
Tél. : 01 55 18 46 42
Du mardi au dimanche de 11 h à 18 h
Visuels :
Albert Sébille (1874-1952), affiche « Compagnie générale transatlantique » représentant Île-de France, vers 1927, Papier, carton. Le Havre, French Lines & Compagnies, LH 1995.002.0098.

Condé, Dining-room of the Île de France, dans la brochure de présentation en anglais "The longest Gangplank in the world. Weekly Express Service between New York, London and Paris". Entre 1927 et 1939, Impression sur papier, Saint-Nazaire, Collection Saint-Nazaire Agglomération Tourisme - Ecomusée © Collection Saint-Nazaire Agglomération Tourisme - Ecomusée - DR

« Transatlantiques  » de Mathias Haentjes
Allemagne, 2018
Sur Arte :
1ère partie : le 15 mars 2020 à 16 h 15
2e partie : le 15 mars 2020 à 17 h 10

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Les citations sur le documentaire sont d'Arte.

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