Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mercredi 7 octobre 2020

La Flandre et la mer


Le musée départemental de Flandre à Cassel a présenté l’exposition La Flandre et la mer. consacrée à la représentation de la mer dans l'art flamand des XVIe et XVIIe siècles. « Si la marine est considérée comme une spécialité de la peinture hollandaise, l’exposition rappelle que ce sont les artistes flamands qui en sont les véritables inventeurs ». Manquent une chronologie, une carte et l’évocation du rôle des Juifs, dans la cartographie, etc. Arte diffusera le 7 octobre 2020 « Histoires de la mer du Nord » (Mythos Nordsee) de Martin Papirowski.


Le musée départemental de Flandre à Cassel présente une exposition dédiée à la représentation de la mer dans l'art flamand des XVIe et XVIIe siècles, ère d’intenses échanges commerciaux entre la péninsule hispanique et la Baltique au travers de ports tel Anvers. En témoignent des scènes de marchés avec des étals de poissons et de légumes – ceux-ci résultent des « mérites de l’Homme qui parvient par son travail à rendre fertile la terre », et ceux-là révèlent la variété et « les richesses du monde marin, de la mer nourricière, illustration de la grandeur divine » -, natures mortes… Dans ces étals, des phoques voisinent avec des « homards, des anguilles, des crabes, des raies énormes, des brochets, des poissons de mer et de rivière ».

Environ quatre-vingt peintures, dessins et gravures ainsi que trois maquettes de bateaux prêtés par des musées européens et américains retracent   cette relation privilégiée de la Flandre (Pays-Bas méridionaux) avec la mer – voie d’expansion commerciale, espace riche de ressources halieutiques dessinées dans des bestiaires marins édités avec succès, lieu explorable grâce aux progrès de la cartographie, source alimentant l’imaginaire oscillant entre peur, curiosité et désir de voyage, sujet biblique traité en particulier par des tempêtes/punitions divines -, « l’univers envoûtant des marines flamandes et hollandaises des XVIe et XVIIe siècles », un goût des Hollandais pour les sujets simples, et leur représentation picturale de Pieter l’Ancien à Jan Brueghel de Velours. Emerge alors le genre pictural de la marine, notamment par l’apparition du navire de guerre.

« Si la marine est considérée comme une spécialité de la peinture hollandaise, l’exposition rappelle que ce sont les artistes flamands qui en sont les véritables inventeurs. En effet, c’est à Pieter Bruegel l'Ancien que l'on doit les premières scènes en pleine mer ».

Peintures flamande et hollandaise
La « façade maritime de la Flandre qui court de Dunkerque à Anvers ouvre à l’aube du XVe siècle des perspectives de développement à cette puissance économique en pleine expansion. Certes, au Moyen âge, les voies navigables sont privilégiées mais le transport maritime par cabotage c’est-à-dire le long des côtes se développe. Les marins craignent encore de s’aventurer en pleine mer et préfèrent la navigation par cabotage même si elle n’est pas exempte de risques. On a donc recours à des bateaux à fond plat utilisés pour les rivières, les « pleit », pour éviter au maximum de heurter des rochers, les fonds marins étant peu profonds près des rivages. Dès le XVIe siècle, profitant de l’ensablement de Bruges, le port d’Anvers devient une des plaques tournantes du commerce maritime établissant des liaisons de plus en plus intenses entre l’Espagne, le Portugal et la Baltique : on échange le vin de Porto contre du bois de la Baltique ou encore les fameux draps de lin des Flamands ». Au cours du XVIIe siècle, « les vues portuaires deviennent fantaisistes et se chargent de détails aux accents pittoresques, qui s’inscrivent selon certains historiens dans l’« esprit pré-rococo », comme en témoigne l’oeuvre de Hendrik van Mindehout (1632-1696) ».

En 1492, la découverte de l’Amérique par Christophe Colomb bouleverse la perception du monde. Portulans, mappemondes représentent avec force détails les villes, les ports… « Si Anvers et par la même son port ont été souvent représentés c’est justement car la rive de l’Escaut permettait d’embrasser dans un seul panorama la cité scaldienne. La représentation des ports est dépendante de la situation géographique et des angles de vue possibles à partir de la côte ».

À la charnière des XVIe siècle et XVIIe siècles, s’affirme en Europe une « nouvelle puissance politique, économique et religieuse : les Pays-Bas, République de confession calviniste avec une économie en plein développement fondée sur le commerce maritime ». La « mer faisant partie de leur quotidien, les peintres hollandais n’hésitent donc plus à embarquer sur des navires pour avoir un point de vue réaliste depuis la mer. L’exemple le plus connu est celui de C. Hendrick Vroom à cause de son célèbre naufrage au large des côtes portugaises vers 1590 ».

Peintures flamande et hollandaise se distinguent par leur « choix des sujets : pour les peintres flamands, la représentation des batailles navales sert avant tout de moyen de propagande à un État ou à l’Église. Ils s’attachent plutôt à peindre des combats illustrant la victoire de la Chrétienté sur l’Islam. Ainsi, ils s’intéressent toujours au XVIIe siècle à la Bataille de Lépante, qui s’est déroulée le 7 octobre 1571 dans le golfe de Patras en Grèce. Les Hollandais en revanche privilégient la représentation des batailles contemporaines, qui témoignent des rivalités politiques entre les Espagnols et les Hollandais associés aux Anglais. L’explication de ce point de vue divergeant » réside « dans la perception du genre et la destination des tableaux : les Hollandais, qui considèrent la marine comme le genre majeur, sont soucieux d’asseoir la renommée de leur jeune État. Tandis que pour les Flamands, les batailles navales sont essentiellement commanditées par l’Église, dans le but de glorifier la religion ».

Nulle surprise « de trouver dans l’Œuvre d’Andries Van Eertveld, né à Anvers en 1590, pas moins de quatre tableaux montrant » la Bataille de Lépante (actuelle Grèce), le 7 octobre 1571 qui se conclut par la défaite de la puissante marine ottomane, dirigée par Selim II (1524-1574), 11e sultan ottoman, fils et successeur de Soliman le Magnifique et de son épouse Roxelane, vaincue par une flotte chrétienne constituée d’escadres vénitiennes et espagnoles ainsi que de galères génoises, pontificales, maltaises et savoyardes, agissant pour la Sainte Ligue créée à l'initiative du pape Pie V. « Le plus célèbre d’entre eux n’est autre que celui conservé par le musée des Beaux-Arts de Gand. Sur une mer tumultueuse, qui se démarque à peine en termes de coloris d’un ciel tout aussi agité, les vaisseaux et les hommes sont en pleine tourmente. L’inscription portée sur le pont d’avant du navire situé à gauche renforce la portée religieuse du sujet : « God sij met on allen » ou « Dieu soit avec nous ».

Pour la première fois, est montrée hors d’Italie Bataille navale dans le golfe de Naples, chef d’œuvre de Pieter Bruegel l’Ancien conservé à la galerie Pamphilj de Rome.

La « tempête séduit les peintres maniéristes flamands à l’instar de Frederick van Valckenborch ou de Paul Bril par les effets irréalistes de la lumière et du mouvement qu’elle incite. La tempête, sujet à haute consonance dramatique, est représentée comme une punition divine, comme un moyen de montrer la grandeur de Dieu et de la Nature face à l’homme. C’est pourquoi elle est associée dans un premier temps à une scène religieuse ou mythologique. Ainsi Jonas et la baleine est considéré comme l’un des premiers sujets qui permit aux peintres flamands d’exprimer le déchaînement des éléments en pleine mer » animée par des monstres supposés.

Au vu du succès - plus  de 25 000 visiteurs ont vu cette exposition -, les plages horaires d'ouverture du musée ont été élargies.

« Histoires de la mer du Nord »
Arte diffusera le 7 octobre 2020 « Histoires de la mer du Nord » (Mythos Nordsee) de Martin Papirowski. « Paysages à couper le souffle, richesse des ressources naturelles, et pourtant danger permanent pour les riverains : découverte de la mer du Nord, lieu de tous les contrastes ». 

"En mer du Nord, les contraires s’attirent : avec une superficie comparable à celle de la France, elle ne représente que 0,2 % de la surface totale des mers du globe. Pourtant, elle constitue un point stratégique tant pour la circulation navale mondiale que pour les ressources naturelles, comme le poisson ou le pétrole. Depuis sa formation lors de la dernière ère glaciaire, elle joue un rôle capital dans l'histoire et le développement de l'Europe. Si, au fil de dix mille ans d’histoire, elle n’a jamais cessé d’inspirer les contes et légendes de marins, ses dangers restent bien réels pour les 80 millions d'habitants peuplant son littoral. Digues, barrages, buttes : depuis des millénaires, tout est mis en œuvre pour protéger les populations et les villes, plus particulièrement après les raz-de-marée meurtriers des années 1950-1960. Grâce à des plans aériens et aquatiques somptueux, ce documentaire offre une plongée fascinante dans l’histoire d’une mer aussi belle que meurtrière". 


« Histoires de la mer du Nord » de Martin Papirowski
Allemagne, 2020, 88 min
Sur Arte le 7 octobre 2020 à 15 h 00
Disponible du 25/09/2020 au 25/10/2020
Visuels : © men@work Media Services 2020

Du 4 avril au 12 juillet 2015
26, Grand’Place - BP 38 - 59 670 CASSEL FRANCE
Tél. : 00 33(0) 3.59.73.45.59
Tous les jours de 10 h à 18 h.

Visuels
Affiche
Pieter Bruegel l’Ancien (1528-1569)
Vue sur la baie de Naples
Huile sur bois
Rome, Galleria DoriaPamphilj
© Galleria Doria Pamphilj, Rome,Italy Giraudon/Bridgeman Images

Joachim Beuckelaer (Anvers, ca. 1530 – ca. 1575)
Marché aux poissons
Huile sur toile, 174,5 x 239,5 cm
Ferens Art Gallery, Hull Museums, UK, inv. KINCM 2005.4745
© Ferens Art Gallery, Hull Museums, UK

Pieter Bruegel l’Ancien, attribué à (Breda ?, 1525/1530 – Bruxelles, 1569)
Gravé par Frans Huys (Anvers, 1522 - 1562)
Combat naval dans le détroit de Messine
Gravure au burin, 42,5 x 71,5 cm Louvain-la-Neuve,
Musée de Louvain-la- Neuve, inv. n° ES 97 (Fonds Suzanne Lenoir, donation E. Rouir).
© Jean-Pierre Bougnet Musée de Louvain-la-Neuve

Simon de Vlieger (Rotterdam, 1601 – Weesp, 1653)
Dunes avec pêcheurs par temps de pluie (Scheveningen ?)
Huile sur bois, 37,8 x 53,1 cm
Amiens, musée de Picardie, inv. M.P.Lav.1894-59
© Marc Jeanneteau - Musée de Picardie

Gillis Neyts (Grand, 1623 – Anvers, 1687)
Une Vue d’Anvers au-delà de l’Escaut 1680
Plume et encre indienne sur vélin, 249 x 348 mm
Cambridge, The Fitzwilliam museum, inv. PD. 513.1963
© Fitzwilliam Museum, Cambridge

Pieter Bruegel l’Ancien, attribué à (Breda ?, 1525/1530 – Bruxelles, 1569)
Gravé par Frans Huys (Anvers, 1522 - 1562)
Navire marchand hollandais à trois mâts
Gravure au burin, 23,8 x 19,2 cm Liège,
Collections artistiques de l’Université, inv. 26872
􂡋 Collections artistiques de l’Université de Liège

Jan Peeters (Anvers, 1624 - ?, 1677)
Combat de vaisseaux hollandais contre des galères turques
Huile sur toile, 107 x 210 cm
Valenciennes, musée des Beaux-Arts, inv. P.46.1.129
©  Musée des Beaux-Arts de Valenciennes /
Photo C. Thériez

Pieter Bruegel l’Ancien, attribué à (Breda ?, 1525/1530 – Bruxelles, 1569)
Bataille navale dans le golfe de Naples
Huile sur bois, 41 x 70 cm
Rome, Palazzo Doria-Pamphilj, inv. fc 546
© Trust Doria Pamphilj

Paul Bril (Anvers, 1554 – Rome, 1626), d’après
Gravé par Justus Sadeler (Anvers, ca. 1583 – Venise, 1620)
Jonas et la baleine
Gravure, 21,3 x 27,4 cm
Cassel, musée départemental de Flandre, inv. 2014.2.1
© Cassel, musée départemental de Flandre

Aert Anthonisz (Anvers, ca.1579/1580 – Amsterdam, 1620)
Embarcations à IJselmonde
1617
Huile sur bois, 42,2 x 80 cm
Amsterdam, Rijksmuseum, inv. SK-A-1446
© Amsterdam, Rijksmuseum

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Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 14 juillet 2015.

mardi 6 octobre 2020

« Le libéralisme, la loi du plus fort ? » de Philippe Truffault

Arte diffusera le 10 octobre 2020, dans le cadre de « Philosophie », « Le libéralisme, la loi du plus fort ? » (Liberalismus, das Gesetz des Stärkeren?) de Philippe Truffault. Un mouvement d'idées politiques et économiques, décliné dans d'autres secteurs telle la culture, et injustement vilipendé.

« Le libéralisme, la loi du plus fort ?  » de Philippe Truffault

« Ni Dieu ni Maître - Une histoire de l'anarchisme » par Tancrède Ramonet

« Le Temps des ouvriers » de Stan Neumann 

Né en Europe, le libéralisme est un courant de pensée fondé sur la défense des droits individuels, la liberté économique et politique, la propriété privée. Jadis perçu comme une avancée car il mettait au centre de l'action l'individu. Après avoir été négligé en faveur du marxisme puis du keynésianisme, le libéralisme a connu de nouveau une faveur dans les années 1980, avec la vogue du thatchérisme, des Reaganomics. des politiques de l'offre, d'analyses confiant à l'Etat ses fonctions régaliennes et favorisant la dérégulation, la suppression des entraves à la libre entreprise.

A noter que le terme "liberal" désigne aux Etats-Unis une personne aux convictions politiques situées à gauche, voire à l'extrême-gauche. 

En France, ce vocable est souvent utilisé comme une injure, ou sans être préalablement défini. Ainsi, la politique initiée par le Président de la République Emmanuel Macron n'est pas libérale : elle conserve un Etat omnipotent sans être efficace comme l'a révélé la gestion de la pandémie de coronavirus, à la bureaucratie produisant des réglementations jugulant souvent l'initiative privée absorbée par des actions administratives chronophages, des taxes et impôts réduisant le pouvoir d'achat, etc.

« Inégalités extrêmes, destruction de l’environnement, loi du plus fort… Le libéralisme est-il responsable des maux qu’on lui attribue ? Peut-il se réformer ? En quoi diffère-t-il du capitalisme ? » 

« Raphaël Enthoven s’entretient avec le philosophe, essayiste et romancier Gaspard Koenig, défenseur du libéralisme et auteur, notamment, de "Voyages d'un philosophe aux pays des libertés", et la députée communiste Elsa Faucillon ».

« Et toutes ces belles idées sur la liberté, elles sont appliquées quelque part ?

Ensemble, non. Mais par petits bouts, oui. Enfin, je crois.

Hé bien, tu n'as qu à aller voir. »

Gaspard Koenig

Né en 1982, Gaspard Koenig est normalien, philosophe, romancier et essayiste. En 2009, il entre à la Banque européenne de restructuration et de développement (BERD). Quatre ans plus tard, il met un terme à sa carrière au sein de la fonction publique. Il crée le think-tank Génération libre. Tout en enseignant la philosophie, notamment la philosophie libérale à Sciences-Po Paris et à la SKEMA Business School, il est chroniqueur dans Les Échos, et depuis 2016 est l'auteur de reportages sur « les Aventuriers de la liberté » publiés par Le Point. En 2013, il a créé Génération libre, think-tank prônant un « jacobinisme libéral ». Il est membre de la promotion 2017 des « Young Leaders » de la French-American Foundation. 

En 2018, les Editions de l'Observatoire ont publié "Voyages d'un philosophe aux pays des libertés". de Gaspard Koenig. "C'est ainsi que je fus arraché à la torpeur de ma bibliothèque. Depuis lors, je voyage à travers le monde avec une ambition simple : étudier les thèmes de philosophie politique qui me sont chers là où ils sont mis en oeuvre. Faire apparaître derrière les concepts des histoires, des visages. Pour comprendre la tolérance religieuse, j'ai parcouru le Kerala, en Inde, où les grands monothéismes coexistent depuis la nuit des temps. Pour me faire une opinion sur le libre-échange, j'ai suivi dans son quotidien le directeur de l'Organisation mondiale du commerce. Pour tester la libéralisation des drogues, j'ai côtoyé les entrepreneurs de la marijuana au Colorado. Pour mieux saisir les enjeux du revenu universel, j'ai enquêté dans les villages brésiliens où il est expérimenté. Pour apprécier la réalité du microcrédit, j'ai sillonné les bidonvilles de Lima. Et pour m'assurer des vertus de la liberté, j'ai rencontré ceux qui en sont privés, dans les « prisons ouvertes » finlandaises. Chemin faisant, j'ai perdu certains préjugés, découvert de nouvelles idées, croisé des auteurs insoupçonnés. Et j'ai acquis une conviction : les problèmes posés par la liberté se résolvent par... davantage de liberté".

Elsa Faucillon
Née en 1981, Elsa Faucillon a étudié l'histoire de l'Art. En 2006, elle a adhéré au Parti communiste français (PCF). Deux ans plus tard, elle s'établit à Gennevilliers. Salariée du PCF, elle était chargée de communication du Parti. Edile depuis 2014, elle entre en 2016 au comité de rédaction de la revue Regards. Avec  Clémentine Autain, elle est depuis l'été 2018 co-directrice de la société d'édition. Et cette "médiatrice culturelle" a été élue en 2015 conseillère départementale des Hauts-de-Seine et en 2017 députée de ce département. Bref, une carrière professionnelle d'apparatchik du PCF et d'élue rémunérée par l'Etat ou une collectivité locale.

Si Elsa Faucillon a soutenu la tribune Ensemble, défendons la liberté lancée par l'hebdomadaire Charlie hebdo, elle a fustigé les récentes déclarations du journaliste et essayiste Eric Zemmour les "mineurs étrangers isolés".

Elsa Faucillon 
a soutenu la flottille visant à forcer le blocus naval israélien de la bande de Gaza. Elle a milité en faveur de Salah Hamouri, terroriste franco-palestinien non repenti. En novembre 2017, Elsa Faucillon a organisé avec Patrice Leclerc, Maire de Gennevilliers, animateur du réseau des prisonniers politiques palestiniens, une conférence de presse à l'Assemblée nationale en "vue d'un séjour en Israël et en Palestine". Elle a "intégré le groupe d'amitié France-Israël pour faire entendre une autre voix"...


« Le libéralisme, la loi du plus fort ?  » de Philippe Truffault

Invités : Gaspard Koenig et Elsa Faucillon

Présentation : Raphaël Enthoven

France, 2020, 27 min

Sur Arte le 10 octobre 2020 à 23 h 15

Disponible du 03/10/2020 au 08/12/2020

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Les citations proviennent d'Arte.

vendredi 2 octobre 2020

« Zero Dark Thirty » de Kathryn Bigelow

Arte diffusera le 4 octobre 2020 « Zero Dark Thirty » (Zero Dark Thirty - Die Jagd auf Osama bin Laden) de Kathryn Bigelow. « Des premiers interrogatoires, torture à appui, à l’assaut final au Pakistan, le récit magistral de la traque de Ben Laden par les services secrets américains... Après l'Irak de "Démineurs", Kathryn Bigelow retrouve les guerres contemporaines de l’Amérique et réalise un thriller ultraréaliste porté par une formidable Jessica Chastain. »

L’intégrisme islamiste et le terrorisme

« Après les attaques du 11 septembre 2001, les services secrets américains tentent par tous les moyens, la torture y compris, de débusquer le cerveau des attentats, le chef d’Al-Qaïda Oussama ben Laden, pour l’éliminer ». 

« Jeune analyste à la CIA, Maya est dépêchée au Pakistan au sein d’une unité spécialisée dans l’interrogatoire des djihadistes ». 

« Pendant dix ans, elle participe à une traque clandestine semée d’embûches, d’errements et de pertes humaines. Malgré le machisme ambiant et le scepticisme de ses supérieurs, la jeune femme, qui a fait de cette chasse à l'homme le combat de sa vie, se fie plus à sa connaissance du terrain et à son flair qu'à la brutalité ». 

« De fait, elle finit par repérer la maison de Peshawar où Ben Laden se cache avec les siens ».

« Après l'Irak de Démineurs (2008), qu'ARTE diffuse le 28 septembre, Kathryn Bigelow retrouve les guerres contemporaines de l’Amérique pour retracer, de l’Afghanistan au Pakistan, la longue traque menée par la CIA pour exécuter Ben Laden, y compris ses dessous les moins reluisants ». 

« Extrêmement documenté, le scénario, écrit par l’ancien journaliste d’investigation Mark Boal, nous plonge dans les rouages de l’enquête à la recherche du document, de l’image ou de l’aveu décisif ». 

« Durant plus de deux heures trente, la mise en scène sous haute tension se met au service du réalisme, jusqu’à l’hallucinante reconstitution de l’assaut final, le 1er mai 2011 ». 

« Hissé en tête du box-office américain dès sa première semaine de sortie, le film déclenche aussi la controverse, certains l’accusant de glorifier la torture, d’autres, dont Michael Moore, dénonçant un procès injuste ». 

« Menée par Jessica Chastain en enquêtrice entêtée et bagarreuse, une œuvre aussi nerveuse que brillante, entre film de guerre et thriller d’espionnage ».  

« Après Démineurs et avant Detroit, la cinéaste puise son inspiration dans l’histoire contemporaine des États-Unis, en s’emparant d’un sujet à l’actualité encore chaude au moment de la sortie du film. Zero Dark Thirty relate la longue traque d’Oussama Ben Laden par la CIA, qui débute au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 et va durer près de dix ans. L’agent Maya, interprété par Jessica Chastain, remonte à force d’obstination et parfois au péril de sa vie la filière djihadiste, jusqu’à la découverte de la cache du chef terroriste à Abbottābād, au Pakistan. Spécialiste des ambiances viriles, Kathryn Bigelow dresse le portrait d’une femme déterminée et impliquée sur le terrain des opérations, qui avance sans crainte dans un univers d’hommes, capable d’inspirer le respect à des agents du renseignement ou des militaires. Au-delà de son professionnalisme à toute épreuve, Maya est une héroïne qui transforme sa mission en croisade personnelle et obsessionnelle, à la poursuite d’une chimère qui la hante. Bigelow et son scénariste Mark Boal devaient commencer le tournage d’un film sur la bataille de Tora Bora en décembre 2001 et l’échec de la capture de Ben Laden en Afghanistan. L’annonce de sa mort le 2 mai 2011 les obligea à revoir entièrement leur projet. Le film ne cache rien des méthodes réelles de la CIA pour retrouver Ben Laden, y compris l’utilisation de la torture dans les camps de prisonniers. La reconstitution de la prise d’assaut nocturne de la maison fortifiée, par un commando des forces spéciales de la marine de guerre des États-Unis, est filmée en temps réel, soit 45 minutes environ. Ce morceau de bravoure vient clore un film sous haute tension, remarquablement mis en scène », a analysé Olivier Père.


« Zero Dark Thirty » de Kathryn Bigelow 

Etats-Unis, 2012

Scénario : Mark Boal

Production : Annapurna Pictures

Producteur/-trice : Kathryn Bigelow, Mark Boal, Megan Ellison

Image : Greig Fraser

Montage : William Goldenberg, Dylan Tichenor

Musique : Alexandre Desplat

Avec Jessica Chastain (Maya), Chris Pratt (Justin), Joel Edgerton (Patrick), Frank Grillo (Commandant escadron), Edgar Ramírez (Larry), Mark Duplass (Steve), Fares Fares (Hakim)

Sur Arte le 4 octobre 2020 à 20 h 55

Visuels :

Jessica Chastain joue un membre de l' équipe d' élite des espions et des agents militaires qui se sont secrètement consacrés à la recherche d' Oussama Ben Laden dans le film de Kathryn Bigelow " Zeo Dark Thirty"

Chris Pratt (au centre) et Joel Edgerton (à droite) jouent le rôle des six soldats de l' équipe du SEAL qui font une descente dans l' enceinte d' Oussama Ben Laden dans le nouveau thriller d' action de Kathryn Bigelow " Zéro Dark Thirty"

Chris Pratt (à gauche) et Joel Edgerton (à droite) jouent le rôle des six soldats de l' équipe du SEAL qui font une descente dans l' enceinte d' Oussama Ben Laden dans le nouveau thriller d' action de Kathryn Bigelow " Zéro Dark Thirty"

James Gandolini joue Leon Panetta, directeur de la CIA dans le film de Kathryn Bigelow " Zero Dark Thirty"

© 2012 Zero Dark Thirty, LLC.

jeudi 1 octobre 2020

Sammy Davis Jr. (1925-1990)


Sammy Davis Jr. (1925-1990) était un chanteur, danseur, acteur, imitateur, musicien – il jouait du vibraphone, de la trompette, de la batterie - juif, sioniste, américain qui excellait dans le jazz, le swing, la pop rock. Un "entertainer" qui a milité pour les droits civiques. Arte rediffusera le 4 octobre 2020  « Les nombreuses vies de Sammy Davis Jr. » (Die vielen Leben des Sammy Davis Jr.) par Sam Pollard. Sioniste, « noir, juif et Portoricain : un mélange détonant dans l’Amérique du XXe siècle. Portrait d’un artiste aux multiples talents, Sammy Davis Jr., connu pour avoir bravé la ségrégation raciale ».

Billy Wilder (1906-2002)

« Je vais faire en sorte que les gens m’adorent en tant qu’artiste, même s’ils me détestent en tant que Noir », disait Sammy Davis Jr. (1925-1990), chanteur, danseur, acteur, imitateur, musicien – il jouait du vibraphone, de la trompette, de la batterie - qui excellait dans le jazz, le swing, la pop rock.

Né à Harlem, à New York, « en 1925 de parents artistes : sa mère Elvera Sanchez est danseuse catholique d'origine portoricaine, son père Sammy Davis Sr. un artiste protestant afro-américain aux multiples talents. Trois ans après, ses parents divorcent, et Sammy Davis Jr. est emmené en tournée avec et par son père. Il n'ira pas un seul jour à l'école.

Sammy Davis Jr. "est propulsé très tôt dans le show-business. Excellent danseur de claquettes", cet enfant prodige "se produit aux côtés de son père au sein du Will Mastin Trio". Ces deux adultes le protègent du racisme.

En 1933, il tourne dans des courts métrages : Seasoned Greetings et Rufus Jones for President.

"Pendant la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il sert dans l’armée, Sammy Davis Jr. découvre le racisme, et prend conscience du pouvoir de l’humour pour l’affronter ». Il oeuvre dans une unité de divertissement.

Son ami Jerry Lewis lui offre un appareil photographique. Et Sammy Davis Jr. photographie ses amis artistes, les militants célèbres, sa famille, etc.

En 1954, il enregistre son premier disque "Starring Sammy Davis Jr.", puis en 1955 son deuxième album "Just for lovers".

« Sa carrière décolle au milieu des années 1950, lorsqu’il décroche un second rôle dans la comédie musicale Mr. Wonderful, à Broadway ».  Il y triomphe aux côtés de son père et de Will Mastin.

L'histoire d'amour entre Kim Novak et lui s'achèvera par des menaces à son encontre. Une idylle inacceptable à Hollywood, dans l'Amérique des années 1950.

"Juif et fier de l'être"
Le 19 novembre 1954, Sammy Davis Jr. est victime d'un grave accident de voiture à San Bernardino (Californie). Il devait enregistrer le générique du film La Police était au rendez-vous (Six Bridges to Cross) de Joseph Pevney, avec Tony Curtis. Il perd l'usage de son œil gauche, et porte désormais un œil de verre. Ses amis viennent le réconforter à l'hôpital. Eddie Cantor lui avait donné l'année précédente une mezouza que Sammy Davis Jr. portait autour du cou en pendentif porte-bonheur, sauf le soir de l'accident. Eddie Cantor évoque des points communs entre la condition des Noirs américains et celle du peuple Juif. Davis se convertit au judaïsme en 1961 après la lecture de "A History of The Jews" livre d'Abram L. Sachar sur l'histoire des Juifs. Il est particulièrement impressionné par ce passage : « Les Juifs ne peuvent pas disparaître. Trois millénaires d'enseignement prophétique les ont résignés, et ont fait naître en eux un désir de vivre qu'aucune tragédie ne pourrait anéantir. »

Le judaïsme a donné des réponses à "une vie pleine de confusion et d'incertitude", a déclaré cet entertainment au magazine Ebony en février 1960. Et d'expliquer : "Je suis devenu juif car cela m'a donné une force intérieure et c'était la réponse à une curiosité qui m'a animé pendant de nombreuses années".

The Rat Pack
Sammy Davis Jr. devient membre du Rat Pack (Club des rats) qui réunit Frank Sinatra, Dean Martin et Peter Lawford. le Rat Pack joue en 1960 dans "L'Inconnu de Las Vegas" (Ocean's Eleven)  et en 1964 "Les Sept Voleurs de Chicago" (Robin and the Seven Hoods). Il se produit aussi dans des spectacles.

Admirateur du pasteur Martin Luther King Jr - il participe à la marche de Washington -, « engagé dans le mouvement des droits civiques, Sammy Davis Jr. refuse de jouer dans les salles qui pratiquent la ségrégation et déclenche la polémique en se mariant en 1960 avec l’actrice suédoise May Britt, alors que trente et un États américains interdisent encore les mariages entre Blancs et Noirs. » Le couple a une fille, Tracey, et adopte deux autres enfants : Jeff et Mark. Il divorce en 1968 en raison des infidélités de Sammy Davis Jr., "un nomade".

En 1969, ce fervent sioniste s'est rendu en Israël. Il s'est recueilli au Kotel, a rencontré des soldats. Il a déclaré : "Like every Jew, my feelings at the Wall were deep and personal. This is my religious home. It’s great here. A great thrill. It is a kind of oneness I have with Israel and the Jewish people." ("Comme tout Juif, mes sentiments envers le Kotel sont profonds et personnels. C'est le foyer de ma religion. C'est grand ici. Une grande émotion. C'est une sorte d'unité que j'ai avec Israël et le peuple Juif).

Sammy Davis Jr. soutient les candidats John F. Kennedy et Robert Kennedy, puis le candidat républicain Richard Nixon "qui voulait rassembler". En 1960, il est désinvité de la soirée d'inauguration du président Kennedy organisée par Frank Sinatra. Et ce, à la demande du président. Une blessure pour l'artiste. Sous l'administration Nixon, Sammy Davis Jr. se rend auprès des soldats se battant au Vietnam.

En 1970, Sammy Davis Jr. épouse Altovise Gore, danseuse. La cérémonie est célébrée par le révérend Jesse Jackson. En 1989, le couple adopte un garçon, Manny.

Sammy Davis Jr. a été le premier Afroaméricain à avoir son talk show télévisé : "Sammy and Company".

Parmi les succès de Sammy Davis Jr. : "I've Gotta Be Me", "Mr. Bojangles" qu'il interprète avec distinction, émotion et classe, "The Candy Man" (1972).

Sammy Davis Jr a aussi multiplié les apparitions en "guest star" dans des séries télévisées américaines.

Ce grand fumeur décède d'un cancer à la gorge. 

« Ce passionnant documentaire revient sur la vie mouvementée de cet artiste multifacettes, à la fois chanteur, acteur, danseur et imitateur. À travers une foule d’archives et les témoignages du récemment disparu Jerry Lewis, de Whoopi Goldberg et de Quincy Jones, le film déroule le chemin chaotique que ce frondeur a dû parcourir pour arriver au sommet, sur fond de bataille pour les droits civiques ». 

« Une histoire qui est aussi, pour le meilleur et pour le pire, celle de l’Amérique ».

Paramount prépare un biopic sur Sammy Davis Jr.


« Les nombreuses vies de Sammy Davis Jr. » par Sam Pollard
Etats-Unis, 2017, 53 min
Sur Arte les 24 juin 2018 à 22 h 40, 30 juin et 7 juillet 2018, 4 octobre 2020 à 9 h 30 
Disponible du 25/03/2020 au 29/09/2021
Visuels :
© LaMont Hamilton Photographic
© Joshua

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 22 juin 2018.