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jeudi 28 janvier 2021

« Le plan Marshall a sauvé l'Amérique » de Bernard George

Le plan Marshall, ou « Programme de rétablissement européen » (European Recovery Program, ou ERP), était un programme américain de prêts accordés, durant la Guerre froide, à des États européens afin de les aider à reconstruire des villes en partie détruites par les bombardements alliés durant la Deuxième Guerre mondiale. Arte diffusera le 29 janvier 2021, dans le cadre de la série « Les coulisses de l’histoire » (Geschehen, neu gesehen. - "Wahre Geschichte"), « Le plan Marshall a sauvé l'Amérique » (Marshallplan. Die USA retten sich selbst) de Bernard George.


« L'Histoire n'est pas une science exacte. Dans cette collection unique, un nouveau regard sur les grands événements du XXe siècle. »

« Avec le temps, les travaux des chercheurs révèlent une réalité souvent plus nuancée que les idées communément admises. De l’imposture militaire d’Hitler aux lourdes contreparties du plan Marshall, des motifs oubliés de la capitulation japonaise, au lendemain des bombardements atomiques d'Hiroshima et Nagasaki, au mythe erroné d’un Mao Zedong artisan de la modernisation de la Chine, cette  passionnante collection documentaire se penche sur de grands personnages et des événements charnières de l’histoire du XXe siècle. Elle en propose une lecture revue et corrigée, portée par un récit limpide tissé de saisissantes archives. »

« De son regard d'historien neutre et distancié, Olivier Wieviorka revient sur quatre grands épisodes historiques pour en rétablir toute la complexité. » 

« De la dénazification de l’Allemagne à la neutralité orientée de la Suisse, de la décolonisation britannique au débarquement du 6 juin 1944, de Jean-Paul II à Ronald Reagan, cette nouvelle série des « Coulisses de l'histoire », passionnante collection documentaire, propose des sujets inédits, se penche sur de grands personnages et des événements charnières de l’histoire du XXe siècle pour en proposer une lecture revue et corrigée»

« Porté par un récit limpide tissé de saisissantes archives, un nouveau regard sur notre passé récent. »

« Le plan Marshall a sauvé l'Amérique »

Arte diffusera le 29 janvier 2021, dans le cadre de la série « Les coulisses de l’histoire » (Geschehen, neu gesehen. - "Wahre Geschichte"), « Le plan Marshall a sauvé l'Amérique » (Marshallplan. Die USA retten sich selbst) de Bernard George.

« Loin d'être une entreprise philanthropique, le plan Marshall a magistralement servi les intérêts politiques et économiques des États-Unis... » 

« Cette passionnante collection documentaire nuance certaines idées ancrées dans la mémoire collective, en les restituant dans toute leur complexité. 

« Généralement perçu comme un acte de générosité pour sauver une Europe dévastée par la Seconde Guerre mondiale, le plan Marshall a magistralement servi les intérêts politiques et économiques des États-Unis ». 

« Le 12 mars 1947, le président Harry S. Truman sonne  l’alerte : le communisme menace, il se propage comme une épidémie, il faut endiguer le fléau, préserver le monde libre de la contamination… Dans la nouvelle guerre qui s’annonce, tous les moyens sont bons pour contrer l’ennemi même les plus inattendus. Il présente au Congrès sa doctrine d’endiguement du communisme ». 

« Moins de trois mois plus tard, le secrétaire d’État George Marshall dévoile à Harvard les grandes lignes de son plan d’aide, qui répond au double objectif d'enrayer la misère sur laquelle prospère l’idéologie ennemie et d’ouvrir un vaste marché pour la florissante production états-unienne ».

Le général George Marshall avait exprimé, durant un discours à l'université Harvard le 5 juin 1947, le souhait de l’administration Truman de contribuer au rétablissement de l'Europe. Il a déclaré :

« Il est logique que les États-Unis fassent tout pour aider à rétablir la santé économique du monde, sans laquelle il ne peut y avoir aucune stabilité politique et aucune paix assurée. »

Lors de la conférence de Paris sont fixées les modalités du plan qui est finalement signé par 16 pays, dont la France, le 20 septembre 1947.

Le 3 avril 1948l le Président Truman signe l'acte octroyant à des Etats européens 6 milliards de dollars, soit 1800 milliards de francs 1948.

Le plan Marshall, ou « Programme de rétablissement européen » (European Recovery Program, ou ERP), était un programme américain de prêts accordés à des États européens afin de les aider à reconstruire des villes en partie détruites par les bombardements alliés durant la Deuxième Guerre mondiale. 

« Sous la pression de Staline, les pays inféodés à Moscou refusent les dollars américains, dessinant ainsi la frontière entre bloc de l’Est et bloc de l’Ouest ». 

Les Etats bénéficiaires de ces prêts - 16,5 milliards de dollars (environ 173 milliards de dollars en 2020) - devaient importer pour un montant équivalent d'équipements et de produits américains.

L’administration américaine du Président démocrate Truman privilégia le Plan Marshall au plan Morgenthau qui souhaitait que l'Allemagne payât, comme après la Première Guerre mondiale, des réparations. 

« Le Plan Marshall a ainsi sauvé́ l’Europe de la misère et du chaos légués par la Seconde Guerre mondiale et a contribué au redressement matériel et moral du vieux continent, mais à quel prix ? »

« Dans les États bénéficiaires – dont la future République fédérale d’Allemagne –, les populations retrouvent foi en l’avenir et les industries se relèvent, tandis qu’une redoutable machine de contrôle et de propagande se met en place pour imposer la mondialisation économique et l’American way of life au rang de modèles universels ».

« Avec le temps, les travaux des chercheurs révèlent une réalité souvent plus nuancée que les idées communément admises ».

"Le XXe siècle révisé"

"Avec six nouveaux volets, la collection documentaire Les coulisses de l'histoire continue à questionner les mythologies de notre mémoire collective. Entretien avec son directeur éditorial, l’historien Olivier Wieviorka. Propos recueillis par Raphaël Badache".  

Quel objectif poursuivez-vous avec ces six nouveaux épisodes ? 

Olivier Wieviorka : Il s'agit de continuer à revisiter le XXe siècle en questionnant les idées reçues et les omissions. Par exemple, l'un des documentaires est consacré à Jean-Paul II, que l'on présente comme un ami des libertés. Oui, le pape a incontestablement œuvré pour l'affranchissement des pays de l'Est. Mais l'on connaît moins son inertie face aux dictatures en Amérique latine.  

Avez-vous déniché des archives inédites ? 

Très souvent, et certaines s’avèrent saisissantes, notamment dans l’épisode sur la décolonisation britannique. L'idée communément admise est que si la France a mal décolonisé, le Royaume-Uni, qui n'a connu ni la guerre d'Algérie ni celle d'Indochine, s'en est bien mieux sorti. La réalité se révèle autrement plus complexe. On le découvre à travers l’entreprise de répression des Mau Mau au Kenya ou la folie militariste à Aden, au Yémen, dont nous montrons des images absolument incroyables. 

Le premier volet est consacré à la dénazification. Pourquoi ? 

Nous avons dans l’idée que l’Allemagne a affronté courageusement son passé après 1945. Or le ménage n'a pas été fait. Ni à l'Est, où le parti communiste a accueilli nombre d'anciens nazis, malgré de grands procès ; ni à l'Ouest, où les anciennes élites du IIIe Reich ont composé jusqu'à 77 % des personnels des ministères de la Défense et de l'Économie. En réalité, la dénazification ne pouvait être qu'extrêmement compliquée à mener car le nazisme avait intoxiqué toute une génération – celle, pour aller vite, née au début des années 1920. Il aurait fallu une purge d'une ampleur inimaginable.  

Est-ce que le procès de Nuremberg, finalement, n'a pas été un moyen d'expédier le processus ?

La volonté de créer une justice internationale a été réelle. Mais il est clair également que ce procès a permis aux Allemands ordinaires d'éviter leur examen de conscience. Juger les figures du nazisme, châtier les responsables les plus éminents, c'est aussi une manière d'exonérer les masses, les suiveurs, les subalternes. C’est la génération de leurs enfants, sur fond de 1968, qui est parvenue à faire bouger les lignes, en questionnant les actes de ses aînés.    

Le deuxième documentaire nous plonge dans la Suisse de la Seconde Guerre mondiale. Quel en est le fil directeur ? 

Nous avons souhaité poser la question de la neutralité dans une telle période. La Suisse, officiellement neutre, a en fait favorisé les puissances de l'Axe. En continuant à commercer avec le IIIe Reich, en menant d'importantes opérations financières et bancaires à son profit, elle a soutenu l'effort de guerre allemand. Parallèlement, le pays a joué un rôle majeur dans l'aide humanitaire, notamment pour les prisonniers de guerre, à travers le comité international de la Croix-Rouge. Son président, le Suisse Max Huber, incarnait toute cette ambivalence : il était également un industriel de l'armement.  

On découvre des images ahurissantes d'une Suisse où la vie semble douce… 

Non seulement la Suisse a su tirer profit économiquement de sa neutralité, mais elle a traversé cette guerre tel un paradis au cœur d'une Europe dévastée, comme le montrent des archives du 1er janvier 1942, où les ambassadeurs du monde entier se retrouvent à Berne, ou celles d'un match de football opposant l'équipe helvète à celle d’Allemagne."


« Le plan Marshall a sauvé l'Amérique » de Bernard George 

France, Cinétévé, 2017, 53 min

Sur Arte le 29 janvier 2021 à 11 h 10

Disponible du 01/01/2021 au 05/05/2021

Visuels

© Ateliers des archives
© Périscope

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Les citations sont d'Arte et de Cinétévé.

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