lundi 22 août 2016

Turner et la couleur


L'Hôtel de Caumont Centre d’Art à Aix-en-Provence met à l’honneur l’oeuvre de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), figure majeure de la peinture anglaise du XIXe siècle, dans l'exposition Turner et la couleur. Elle réunit plus de 120 aquarelles, gouaches et huiles sur toile provenant de prestigieux musées, et s'intéresse à l'évolution de la palette du peintre.

« Étudiez donc les œuvres des grands maîtres pour toujours. Étudiez-les d'aussi près que vous le pouvez, à la manière et selon les principes qui les ont eux-mêmes guidés. Étudiez la nature attentivement, mais toujours en compagnie de ces grands maîtres. Considérez-les à la fois comme des modèles à imiter et comme des rivaux à combattre »
Sir Joshua Reynolds (1723-1702), Discours, VI, 1774.

A la satisfaction du public, de nombreux musées ont récemment consacré des expositions aux liens et influences entre deux artistes célèbres : Picasso/Cézanne, Matisse/Picasso ou Manet-Velázquez.

En 2010, dans l'exposition Turner et ses peintres, le Grand Palais (Galeries nationales) a évoqué la carrière de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), aux nombreuses rencontres, « fortuites ou provoquées, mais toujours opportunes et fécondes », dans l'exposition Turner et ses peintres. Environ 100 tableaux et œuvres graphiques (aquarelles, gravures) révèlent comment Turner explore les genres : « aquarelles topographiques, marines, paysages classiques, scènes fantastiques, voire scènes de genre ou peintures d’histoire ». Turner est considéré comme « le plus grand peintre de paysage britannique du XIXe siècle, le rénovateur du genre notamment dans ses œuvres ultimes où s’opère un dépassement de la tradition par la dilution des formes dans la lumière et l’inspirateur de l’impressionnisme (voire de la peinture abstraite) ». A une époque où se développe la « scène artistique à Londres avec la création des premiers musées, l’essor des expositions publiques et du marché de l’art ».

Ce musée s’est intéressé au dialogue « souvent inquiet, appliqué, volontiers compétitif mais toujours fécond » entre le peintre britannique paysagiste Turner et ses contemporains - Thomas Girtin (1775-1802) – ainsi que ses maîtres anciens, classiques ou néo-classiques - Claude Gellée dit le Lorrain (1600-1682), Jean-Antoine Watteau (1684-1721), Nicolas Poussin (1594-1665) - voire éloignés de la tradition académique.

Ce dialogue, Turner le poursuit, avec hardiesse, toute sa vie. Sa gamme chromatique y gagne en sophistication, son art de la composition en complexité, son style en liberté.

Une quête artistique
Né en 1774 dans une famille londonienne modeste, Turner entre en 1789 à l’école de la Royal Academy of Arts créée en 1768. Cette prestigieuse école fonde son enseignement sur « la copie d’après les « maîtres », à savoir un petit nombre de peintres de la Renaissance ou du XVIIe siècle, considérés comme la quintessence du « Grand Style ».

Après des voyages d’études en Angleterre et en Ecosse (1792), Turner montre sa première peinture à l’huile à la Royal Academy, dont il devient un exposant régulier, un membre associé élu en 1799, puis le président intérimaire en 1845-1846.

A la fin du XVIIIe siècle, les paysagistes britanniques se sont spécialisés dans l’aquarelle. Intéressé par l’architecture, Turner débute comme aquarelliste topographe. Dans la collection de Sir Richard Colt Hoare (1758-1838), « un de ses premiers mécènes, il découvre les sombres et inquiétantes gravures d’architecture de l’italien Giambattista Piranesi (1720-1778) et les aquarelles du Suisse Ducros (1748-1810) qui vont inspirer ses premières vues aquarellées d’architectures gothiques ».

Dès 1795, Turner excelle dans l’aquarelle, et ambitionne de maîtriser une autre technique : la peinture à l’huile.

La peinture de paysage devient très prisée en Angleterre grâce au gallois Richard Wilson (1714-1782), influencé par le paysage classique italien. A la fin des années 1790, Turner se lance dans ce genre, sous l’influence et en hommage à cet artiste.

A la fin du XVIIIe siècle, les peintures flamandes et hollandaises du XVIIe siècle étaient très recherchées par les collectionneurs anglais, ce qui incitait des artistes britanniques à aborder le goût « nordique ». Les « écoles du Nord » étaient « surtout réputées dans les genres jugés inférieurs : les représentations de la vie quotidienne (« la peinture de genre ») et le paysage. Elles étaient en outre peu estimées des théoriciens, en raison d’un certain caractère réaliste dans la représentation », mais les amateurs percevaient la virtuosité des artistes du Nord. Prévaut alors une hiérarchie des genres artistiques : de la plus modeste à la plus prestigieuse, la nature morte, le paysage, le portrait, la peinture d’histoire.

Outre « ses pastiches et variations inspirées des marines hollandaises du XVIIe siècle » et au succès constant, Turner décline avec succès la veine humble et réaliste des paysages campagnards inspirés de Jacob van Ruisdael (1628/29-1682), voire de Rubens (1577-1640).

Dès les années 1790, Turner découvre l’art de Rembrandt (1606-1669) qui l’impressionne. Il est « fasciné par la puissance des clairs-obscurs de ses paysages, capables, comme dans Le Moulin, de transcender les sites les plus triviaux. A l’opposé des lumières vaporeuses de Claude Lorrain, le maître hollandais semble apprendre à Turner la valeur dramatique des forts contrastes lumineux ». Vers 1830, dans les peintures bibliques de Turner, « la pénombre, opposée au jaune pur, ne lui sert plus à distinguer les masses comme naguère mais à les fondre de façon quasi surnaturelle ».

En 1802, profitant de la paix d’Amiens, Turner visite pour la première fois la France et l’Italie. Ses voyages en Europe – Allemagne, Danemark, Italie (Rome, Venise), etc. - seront récurrents dès 1817.

Au musée du Louvre, Turner copie et annote dans son carnet des chefs d’œuvres : paysages, « peintures d’histoire », religieuses ou mythologiques. Turner visite le « Salon », exposition publique d’œuvres d’artistes vivants. A Paris, centre artistique brillant et dynamique, la peinture de paysage est prisée. Le « paysage historique » est issu de la « tradition classique des paysages idéaux de Nicolas Poussin et Claude Lorrain avec le souci d’intégrer la représentation d’actions humaines exaltant les valeurs morales ». De l’art harmonieux de Claude le Lorrain, le Grand Palais montre le Paysage avec Moïse sauvé des eaux (1639), et Paysage avec Jacob, Laban et ses filles (1654), que Turner admire à Petworth et dont il réalise deux pendants en 1814 et en 1828. Grâce au Lorrain « poète de la lumière », Turner apprend « l’art d’agencer des paysages harmonieux, où tout est équilibre dans une nature idéale digne des dieux antiques ».

Bien que Turner reproche à l’école française son affectation, il peint pendant une dizaine d’années des paysages historiques « à l’antique » ordonnés. Les Deux Cousines (1716) - une « jeune élégante détournée à la lisière d’un parc pour offrir le spectacle de sa nuque et dissimuler celui de ses émotions » - de Watteau lui inspire une scène intime d’une délicate poésie, What you will ! (Ce que vous voudrez !), inspirée d’une comédie éponyme (autre titre : La nuit des rois) de Shakespeare de 1601-02.

Inspirées de Titien (vers 1490-1576), dont Turner apprécie « le chaud coloris », les premières peintures d’histoire de Turner ne rencontrent pas le succès.

En 1804, Turner ouvre une galerie sans fenêtre, avec un « éclairage zénithal filtré » et des murs tendus de rouge. Contigüe à son domicile, cette galerie est réaménagée en 1822. Evoquée par le Grand Palais, elle est reconstituée virtuellement par La Tate.

De 1807 à 1828, Turner enseigne la perspective à la Royal Académie. Célèbre, il y expose des tableaux mettant en scène de grands peintres : Watteau représenté en 1831 dans un atelier désordonné qui ressemble au sien (Une étude de Watteau d’après les principes de Dufresnoy, 1831) et Antonio Canaletto (1697-1768) peint en 1833 au travail. Avec Port Ruysdael (1827), Turner peint un motif familier de Jacob van Ruisdael (1628/29-1682) : une embouchure maritime sous la tempête.

En 1847, grâce au legs de Robert Vernon, une peinture de Turner entre pour la première fois à la National Gallery.

Depuis le traité A Philosophical Enquiry into the Origin of Our Ideas of the Sublime and Beautiful (1757) du philosophe irlandais Edmund Burke (1729-1797), le « Sublime » est une « puissante source d’inspiration des artistes britanniques. Cette notion s’oppose au beau harmonieux prôné par la doctrine académique et porte sur le frisson particulier causé par la crainte, l’horreur de l’homme confronté à ce qui le dépasse et l’anéantit ». Au début du XIXe siècle, avec sa représentation du Déluge inspirée par Poussin, Turner introduit cette notion dans sa peinture. L’inspiration fantastique est une autre veine du « sublime ».

Les relations entre Turner, artiste réputé, et les artistes britanniques contemporains trouvent pour cadres les expositions publiques en plein essor au début du XIXe siècle : présentations annuelles de la Royal Academy, expositions publiques à partir de 1805 de la British Institution, association d’amateurs privés où les créateurs vivants entrent en compétition entre eux et avec les maîtres du passé. L’exposition publique est un lieu désiré, redouté, de rivalité où chaque peintre se mesure à ses contemporains. Comment attire-t-il l’attention ? Par le choix de « sujets spectaculaires ou de couleurs franches ». C’est dans ce contexte qu’est ouvert, en 1824, la National Gallery, premier musée national de Beaux-arts à Londres.

Dans les années 1830, Clarkson Stanfield (1793-1867) s’impose comme peintre anglais de Venise (Le Canal de la Giudecca et l’Église des Gesuati, à Venise, 1836). Giudecca, en référence à la communauté juive vénitienne ? Profitant de cette vogue, Turner peint ses toiles vénitiennes.

Lors de ses deux dernières décennies d’activité, Turner s’inspire du classicisme Claudien et des marines hollandaises, qu’il va raffiner dans « ses œuvres les plus radicales de facture et de composition, aux confins de la vision et de l’impression, comme dans le Regulus (1828-1837). La touche de Turner se fait soit plus voyante et tourmentée, insolemment, comme dans le magistral Tempête de neige au large d’un port (1842) soit au contraire à peine visible et estompée comme dans la série des paysages d’inspiration Claudienne vers 1845, inachevés ».

Turner décède en 1851. Il lègue à la nation britannique les œuvres restant dans son atelier et qui rejoignent la Tate et la National Gallery.

La Tate Gallery a présenté l'exposition Late Turner - Painting Set Free (10 septembre 2014-25 janvier 2015).

L'Hôtel de Caumont Centre d’Art à Aix-en-Provence met à l’honneur l’oeuvre de Joseph Mallord William Turner (1775-1851), figure majeure de la peinture anglaise du XIXe siècle, dans l'exposition Turner et la couleur. Elle réunit plus de 120 aquarelles, gouaches et huiles sur toile provenant de prestigieux musées, et s'intéresse à l'évolution de la palette du peintre.

"Plaçant au cœur de son parcours la couleur, essence même de la création de Turner, cette exposition invite à redécouvrir la vie et l’oeuvre de ce grand artiste sous un angle nouveau, jusqu’à présent inexploré dans les rétrospectives qui lui ont été dédiées. Dans un parcours à la fois chronologique, thématique et géographique, le public est invité à suivre les évolutions de la palette de Turner".

Les "premières toiles et aquarelles montrent comment le jeune peintre autodidacte s’est confronté aux grands coloristes du passé, de Rembrandt à Poussin, de Titien à Claude Lorrain, avant de perfectionner une technique très personnelle grâce à l’observation aiguë des phénomènes naturels et de leurs variations chromatiques inépuisables, saisies sur le vif, en plein air".

Une "salle de l’exposition, recréant l’atmosphère de l’atelier de l’artiste, permet de comprendre sa manière de travailler à travers ses palettes, ses pigments, ses outils. L’intérêt de Turner pour les théories scientifiques et philosophiques sur la couleur, de Newton à Goethe, est largement illustré dans cette salle, ainsi que son emploi tout à fait avant-gardiste de pigments et techniques inédites. Ses expérimentations audacieuses ont valu à l’artiste les critiques les plus féroces de ses contemporains, mais aussi toute l’admiration des plus fins connaisseurs de l’époque".

Une "importante section du parcours, consacrée aux voyages du peintre à travers l’Europe, permet d’admirer la variété et le lyrisme de ses couchers de soleil dorés, de ses marines bleutées et des paysages éblouissants si typiques de son oeuvre. Si Venise offre un sujet incontournable, grâce aux reflets lumineux dans l’eau de la lagune, la Provence n’est pas moins fascinante aux yeux de Turner. Séduit par la lumière chaude et les ciels bleus de cette région, il immortalise ses paysages dans un ensemble d’aquarelles et esquisses qui trouve à juste titre une place de choix dans cette exposition aixoise".

Des "tons délicats qui teintent ses croquis de voyage aux tonalités puissantes qui envahissent les plus célèbres toiles de la maturité, la couleur de Turner nous dévoile ainsi, salle après salle, le visage public et privé d’un artiste controversé, d’un homme mystérieux et d’un aventurier amant de tous les défis. Le public retiendra surtout les qualités de ce coloriste prodigieux et subtil connaisseur des effets optiques et émotifs de la couleur, dont Claude Monet aurait dit qu’il savait « peindre les yeux ouverts ». L’impact de son oeuvre est en effet incontestable sur les générations d’artistes qui ont donné vie, quelques décennies plus tard, à l’impressionnisme".

"En plus des multiples voyages du peintre, une partie de l’exposition est consacrée aux œuvres qu’il réalise à Margate, sur la côte du Kent, en Angleterre. Vers la fin de sa vie, Turner a passé beaucoup de temps dans ce petit village côtier, attiré par sa lumière toute particulière. C’est à Margate, où Turner a réalisé quelques-unes de ses plus belles expérimentations picturales, que cette même exposition sera présentée du 8 octobre 2016 au 8 janvier 2017, au Turner Contemporary".

Du 4 mai au 18 septembre 2016
A l'Hôtel de Caumont Centre d’Art
3, rue Joseph Cabassol. 13100 Aix-en-Provence
Tél. : 04 42 20 70 01
Tous les jours de 10 h à 19 h

Du 8 octobre 2016 au 8 janvier 2017
Au Turner Contemporary

Jusqu’au 24 mai 2010
Aux Galeries nationales, Grand Palais
3 avenue du Général Eisenhower, 75008 Paris (entrée Square Jean-Perrin)
Du vendredi au lundi de 9h à 22h, le mardi de 9h à 14h, le mercredi de 10h à 22h et le jeudi de 10h à 20h
Parcours virtuel de l'exposition

Après avoir été présentée à la Tate, Londres du 23 septembre 2009 au 31 janvier 2010. Elle sera présentée au musée du Prado, Madrid du 22 juin au 19 septembre 2010.

Visuels de haut en bas :
Affiches
La Plage de Calais, à marée basse, des poissardes récoltant des appâts
Joseph Mallord William Turner
Bury Art Gallery and Museum
© Bury Art Gallery, Museum & Archives, Lancashire / Photo © Tate Photography
huile sur toile, 1830
73 x 107 cm

Paysage avec Jacob, Laban et ses filles
Claude Gellée dit Claude Lorrain
The National Trust, Petworth
© NTPL/Derrick E. Witty
Huile sur toile, 1654
143,5 x 251,5 cm

Les Deux Cousines
Jean- Antoine Watteau
Musée du Louvre, Paris
© Rmn/ Hervé Lewandowski
Huile sur toie, vers 1716
31 x 36 cm

Ce que vous voudrez !
Joseph Mallord William Turner
Williamstown, Massachusetts, États-Unis, Sterling and Francine Clark Institute, Manton collection
© 2009 Sterling & Francine Clark Art institute, all rights reserved
Huile sur toile, 1822
48,2 x 52 cm

Une étude de Watteau d’après les principes de Dufresnoy
Joseph Mallord William Turner
Londres, Tate Britain Britain
© Tate Photography
Huile sur panneau de chêne, 1831
40 x 69,2 cm

L’hiver ou le Déluge
Nicolas Poussin
Musée du Louvre, Paris
© Rmn/ DR
Huile sur toile, 1660-1664
118 x 160 cm

Le Déluge
Joseph Mallord William Turner
Londres, Tate Britain Britain
Photo © Tate
Huile sur toile, 1805
142,9 x 235,6 cm

Tempête de neige
Joseph Mallord William Turner
Londres, Tate Britain
© Tate Photography
Huile sur toile, 1842
91,4 x 121,9 cm

TURNER William (1775 - 1851) Le Château de Kilgarren sur la Twyvey, lever de soleil brumeux avant une journée chaude et lourde
Exposé à la Royal Academy en 1799 - Huile sur toile - 89 x 119,7 cm - The National Trust, Cragside. Légué par lady Mildred Murray, lady Fitzgerald (1878-1969) © National Trust Images

TURNER William (1775 - 1851) Le Canal de Chichester, vers 1827-1828 - Huile sur toile - 65,4 x 134,6 cm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner en 1856 © Tate, Londres 2015

TURNER William (1775 - 1851) Lumière et couleur (théorie de Goethe) – le matin après le Déluge, Moïse écrivant le Livre de la Genèse
Exposé en 1843 - Huile sur toile - 78,7 x 78,7 cm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner en 1856 © Tate, Londres 2015

TURNER William (1775 - 1851) Les Tours vermillon : étude à Marseille, vers 1838 - Aquarelle et gouache sur papier gris - 14,4 x 18,8 cm - Tate. Accepté par la nation dans le cadre du legs Turner en 1856 © Tate, Londres 2015

TURNER William (1775 - 1851) Grange : intérieur du réfectoire en ruine du prieuré de Saint-Martin, Douvres, vers 1793 - Aquarelle avec mine de plomb sur papier - 24,8 x 17,2 cm - Victoria and Albert Museum, Londres. Don d’Edith, lady Powell, 1934 © Victoria and Albert Museum, Londres

TURNER William (1775 - 1851) Navire approchant du port de Margate par grosse mer (anciennement connu sous le titre Plage de Yarmouth), 1840 - Mine de plomb, aquarelle et grattage - 24,8 x 36,5 cm - Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection, New Haven
© Yale Center for British Art, Paul Mellon Collection

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English

Les citations proviennent des panneaux de l’exposition.
Cet article a été publié le 15 mai 2010, puis les 10 septembre 2014 et 22 janvier 2015.

1 commentaire:

  1. il manque la bataille de trafalgar que turner a réaliser entre 1822 et 1824

    RépondreSupprimer