jeudi 16 mars 2017

« New York Trees, Rocks & Clouds » de Mitch Epstein


La Galerie Les Filles du Calvaire présentera l'exposition « New York Trees, Rocks & Clouds » du photographe documentariste américain Juif Mitch Epstein dont l'œuvre, souvent primée, est centrée sur la relation entre l'homme et le paysage. Vernissage le 16 mars 2017 vers 18 h. Rencontre avec Michel Guérin le 18 mars 2017 à 15 h.


"Nous avons créé une culture qui dépend de l'énergie. Il n'y a pas de solution parfaite en matière d'énergies. Nous devons nous interroger sur le développement de l'Amérique pour le penser en des termes différents. C'est notre responsabilité. Le modèle américain de croissance n'est plus viable : il est fondé sur des énergies illimitées... Comme photographe, je ne cherche pas l'universel, mais à saisir ce qui est local, spécifique", nous confiait le 3 mai 2011 Mitch Epstein qui se définit comme un "Juif non religieux. Etre juif, c'est une position morale dans le monde".

Un documentariste primé
Mitch Epstein est né à Holyoke (Massachusetts) en 1952 dans une région industrielle (fabrication de papier, soie). Issu d'une famille d'émigrants Juifs, attaché à la communauté juive, son père y est un commerçant aisé qui possède le magasin de meubles le plus important de la Nouvelle Angleterre et est honoré comme Businessman de l'année en 1970 par la Chambre de commerce.

Dans les années 1970, la région reçoit de nouveaux immigrants, hispanophones, souvent de Porto-Rico, dont "l'assimilation paraît plus problématique que celle de leurs prédécesseurs", m'a précisé Mitch Epstein. Parallèlement, le centre de gravité économique se déplace de la ville vers sa périphérie où s'installent des centres commerciaux. "Mon père n'a pas voulu ou pas pu s'y adapter", m'a expliqué Mitch Epstein.

A la Rhode Island School of Design de Providence, Mitch Epstein étudie la photographie et suit les cours d’Aaron Siskind et Harry Callahan en 1971-1972. A New-York, il parachève sa formation à The Cooper Union (1972-1974) où il suit les cours de Garry Winogrand.

Dans les années 1970 et 1980, il photographie des personnes gens dans leur environnement public (Common Practice) : aux Etats-Unis (Recreation), en Europe, dans le monde caribéen, au Moyen-Orient, en Inde.

En 1978, il découvre l'Inde, où il séjourne à plusieurs reprises avec Mira Nair, sa première épouse. Tous deux "réalisent plusieurs documentaires et longs-métrages dont So Far From India, Indian Cabaret et Salaam Bombay !" Ses photos sur l'Inde sont réunies dans In Pursuit of India (1987). Mitch Epstein perçoit une bourse du National Endowment for the Arts.

En 1979, la Light Gallery de New York présente la première exposition individuelle de Mitch Epstein


En 1996, parait In Vietnam : A Book of Changes (1996), synthèse de ses six voyages au Vietnam (1992-1995). Une société paradoxale dans son ouverture au capitalisme sous un régime communiste, et qui se reconstruit après des guerres sur plusieurs décennies.

Dans The City (2001), Mitch Epstein explore les limites de la vie privée et publique dans la ville de New York (1995-1999) à une époque de grande liberté pour photographier des passants. Il y manifeste son goût pour la banalité et le mythe.

De 2000 à 2003, il réalise le projet Family Business composé de photos réunies par Steidl en 2003 - livre primé par le Kraszna-Krausz Photography Book Award - et de vidéos inspirés par la "faillite commerciale de son père" à la suite d'un incendie provoqué par deux adolescents en août 1999. Le feu détruit un immeuble à habitation possédé par le père de Mitch Epstein à Holyoke, puis une église catholique du XIXe siècle. L'église réclame au père de Mitch Epstein 15 millions de dollars en dommages et intérêts. Ce qui menace de ruiner ce commerçant. La fin du rêve américain. Mitch Epstein montre le déclin parallèle d'une ville industrielle de la Nouvelle Angleterre transformée en capitale du trafic de drogue.

En 2002, Mitch Epstein reçoit une bourse de la John Simon Guggenheim Memorial Foundation " récompensant les artistes ayant fait preuve d’un talent remarquable dans leur domaine".

Pour le New York Times, Mitch Epstein réalise en 2003 un reportage photo à Cheshire (Ohio). La pollution du sol causée par l'American Electric Power (AEP) contraint toute la population d'un village à le fuir. Des maisons sont détruites par des bulldozers. Cette société verse des dommages et intérêts aux habitants à la condition qu'ils fuient leur ville, renoncent à toute action en justice contre l'AEP s'ils sont affectés par une maladie liée aux produits toxiques relâchés dans la nature par la centrale de l'AEP, et à se plaindre auprès des médias. Seule Beulah Hern (ou Boots), une charmante octogénaire, refuse de vendre sa maison et se protège par des caméras de surveillance et son arme rangée dans la poche latérale de son fauteuil relax. Nul doute que les faits familiaux dramatiques ont sensibilisé l'artiste pour ce travail à Cheshire.

Pendant six ans (2003-2009), Mitch Epstein se consacre à American Power. Une réflexion sur la production et la consommation d'énergie aux Etats-Unis. Ce projet est présenté aux Rencontres d'Arles en 2004, à la galerie Sikkema Jenkins & Co (New York) et à la galerie Thomas Zander (Cologne, Allemagne) en 2007 - année où il expose American Work au Foam-Fotografiemuseum d’Amsterdam - et dès mai 2011 à la Tate Modern de Londres.

En 2008, l'American Academy de Berlin lui remet le Berlin Prize in Arts and Letters. Pendant son séjour de six mois dans la ville allemande, Mitch Epstein, dont une partie de la famille a été assassinée lors de la Shoah, photographie des sites historiques : le camp de concentration Sachsenhausen, les panneaux d'affichage à la mode au Checkpoint Charlie, le Mémorial Juif de la Potsdammer Platz, le Dalaï Lama parlant à la porte de Brandenburg. Des photos réunies dans un livre publié par Steidl en 2011.

En 2010-2011, le Kunstmuseum de Bonn (Allemagne) présente l'exposition State of the Union.

En quelques décennies, Mitch Epstein, souvent primé, s'est imposé comme l'un des meilleurs documentariste couleurs contemporains, dont l'œuvre est exposée dans des lieux prestigieux, tel le Metropolitan de New York.
Un "tourisme de l'énergie"
La fondation Henri Cartier-Bresson a présenté l'exposition « American Power » du photographe documentariste américain Juif Mitch Epstein.

Une soixantaine de clichés sur "l'énergie et le pouvoir américain". Une interrogation sur "la mainmise de l’homme sur la nature, sa conquête à n’importe quel prix" selon leur auteur.

Le reportage à Cheshire affecte profondément Mitch Epstein qui initie alors le projet American Power, "un tour photographique des États-Unis avec pour ligne conductrice l’énergie - son mode de production, son utilisation, et ses doubles ramifications". Le vocable "power" signifie pouvoir et puissance.

De 2003 à 2008, Mitch Epstein, "touriste de l'énergie", arpente les Etats-Unis pour photographier les "sites de production énergétiques - charbon, pétrole, gaz naturel, nucléaire, hydroélectrique, pile à combustible, éolien et solaire - ou leurs environs et leur impact sur le paysage et la société d’un pays avec la plus forte production d’énergie nucléaire. Il y a 104 réacteurs nucléaires en activité aux États-Unis, situés dans leur grande majorité dans la partie Est du pays. L’électricité d’origine nucléaire représente 20% de l’électricité produite dans ce pays".
Dès le printemps 2004, Mitch Epstein photographie "la production et la consommation d’énergie à travers les États-Unis" car il veut "photographier la relation qui existe entre la société américaine et le paysage américain, l’énergie étant le maillon central" : " son mode de production, son utilisation, et ses doubles ramifications".

Le but ? "Faire prendre conscience de l’interaction qui existe entre la production et la consommation d’énergie, entre le corporatisme industriel et la problématique de l’environnement".

Mitch Epstein "s’interroge sur la mainmise de l’homme sur la nature, sa conquête à n’importe quel prix" : "Je crois sincèrement que ce projet doit générer une discussion plus profonde et doit faire réfléchir les gens sur leur relation à l’énergie".

Afin de préparer son "tourisme de l'énergie", Mitch Epstein affiche une carte géante des Etats-Unis dans son atelier. Il la pique de punaises multicolores : "rouges pour le charbon, bleues pour le nucléaire, vertes pour l’éolien, jaunes pour « déjà vu »". Avec son assistant Ryan Spencer, il prépare son périple en obtenant les autorisations de photographier auprès des "chargés de communication, directeurs de centrales, bureaux fédéraux, personnes domiciliées dans des trous perdus qui produisaient du biocarburant, assistants d’élus, et motels miteux". Cette préparation soigneuse n'excluait pas le hasard et préparait à l'inattendu.

Mitch Epstein est très attaché au droit de "photographier dans l'espace public" érodé par des mesures de sécurité et de surveillance, la méfiance et la vigilance après les attentats terroristes islamistes du 11 septembre 2001.

Il se dit victime d'un "harcèlement systématique" par la police et le FBI lors de son reportage. Il réalise ses photos "la peur au ventre" : "mes intentions contrecarraient les intérêts de l’industrie, lesquels étaient soutenus par le département de la Sécurité intérieure. Je voulais rendre le dossier de l’énergie plus transparent, tandis que les grosses sociétés qui produisaient l’énergie et leurs interlocuteurs gouvernementaux s’enveloppaient d’une atmosphère de secret".

A l'automne 2004, dans l'Ohio River Valley, à Poca (Virginie Occidentale), Mitch Epstein subit "la loi antiterrorisme baptisée Patriot Act" : les forces de la police l'interrogent car elles craignent que la centrale nucléaire Amos, photographiée par Mitch Epstein, soit visée par un éventuel attentat terroriste. Fan de Mitch Epstein, l'officier chargé de la communication de la centrale thermique d'Amos l'autorise cependant à photographier l'intérieur de la centrale.

Ce projet s'avère donc difficile à mener non seulement en raison des "nombreuses réticences, des menaces et des contrôles de la part des autorités américaines", mais aussi à cause des aléas climatiques, comme l'ouragan/tempête Katrina qui dévaste la Louisiane, la Nouvelle-Orléans et la plate-forme pétrolière off-shore du Golfe du Mexique en août-septembre 2005. "Déjà, avant l’ouragan, les scientifiques avaient démontré la corrélation entre la production d’énergie, le changement climatique et l’augmentation du nombre des catastrophes naturelles. Katrina était l’ultime symbole de notre échec en tant que société, de la rapacité de notre culture dont l’excès d’avidité avait conduit au désastre. La plate-forme que je photographiai sur Dauphin Island en Alabama était un enchevêtrement à la dérive d’acier tordu et brisé. Elle évoquait ces mastodontes préhistoriques qui ont fini écrasés par plus grands qu’eux", note Mitch Epstein.

Il saisit "les répercussions sur le paysage de l’expansionnisme vers l’ouest. Dans les montagnes, les fleuves et les déserts avaient poussé des barrages, des centrales électriques, des autoroutes, des derricks et, çà et là, un champ de panneaux solaires ou d’éoliennes. Les prouesses techniques humaines avaient imprimé leurs marques dans la splendeur naturelle". Mais "les pionniers n’imaginaient pas que leur rêve américain de confort matériel finirait par exiger plus d’énergie que le pays n’en pouvait fournir".

De plus, le Hoover Dam, " chef-d'œuvre de l’ingénierie hydro-électrique des années trente, est aujourd’hui devenu l’emblème de la désertification". "Quand on regarde la photo que j’ai prise du barrage, il est difficile de ne pas admirer la façon dont une société a voulu dompter l’indomptable, exploiter l’eau afin de permettre la croissance de l’Ouest américain. L’orgueil est manifeste dans la majestueuse architecture du barrage. Mais l’image du triomphe humain montre également la diminution du niveau du Lake Mead, ce qu’on a baptisé « le tartre dans la baignoire ». Ces traces blanches sont le résultat de dix années de sécheresse et de siphonnage de l’eau destinée aux hôtels de luxe et aux parcours de golf de Las Vegas".

Ses découvertes des cicatrices, meurtrissures, dommages dans les paysages américains incitent Mitch Epstein à "reconsidérer à la fois mon sens de la légitimité et l’idéologie américaine de la Destinée manifeste". Mitch Epstein invite le visiteur à " tenir compte de nos devoirs envers la nature et envers les autres hommes, et pas seulement de nos droits individuels".

Curieusement, au quartier général du secrétariat à l’Énergie, il photographie une tête nucléaire et, au Pentagone, des panneaux solaires. Et il se voit interdire l'entrée des conventions des partis républicain au Xcel Energy Center de St Paul et démocrate - celle-ci censée être financée par l'industrie "du charbon propre" - à Denver à l'été 2008.
Mitch Epstein souligne la profonde intrication entre pouvoir (power est un terme polysémique en américain) et énergie : "En ouvrant l’énergie électrique, je découvrais le pouvoir politique ; en ouvrant le pouvoir politique, je découvrais le pouvoir industriel ; à l’intérieur de l’industrie, je trouvais le consommateur ; à l’intérieur du consommateur, le citoyen ; à l’intérieur du citoyen, le religieux, et ainsi de suite, un type de pouvoir engendrant l’autre", déclare en 2009 Mitch Epstein dont on peut ne pas partager les convictions sur le "changement ou dérèglement climatique".

Ses photos soulignent la proximité entre les maisons, des jardinets proprets, des stades emplis de footballeurs, ces rives verdoyantes pour d'agréables promenades, et les lieux de production d'énergie visibles au fond de l'image.

La quiétude émanant de ces clichés est rompue par une menace sourde, une présence lointaine, familière, surplombante, un immeuble à l'architecture novatrice, froide, humanisée parfois par le drapeau américain cachant une façade métallique.

« New York Trees, Rocks & Clouds » 
Dans le cadre du Mois de la photo du Grand Paris - Avril 2017, la Galerie Les Filles du Calvaire présentera l'exposition « New York Trees, Rocks & Clouds ». Une "une trilogie d’ampleur présentée pour la première fois en France"

"Le rapport que l’homme entretient avec son milieu, ses semblables et sa modernité constituent la trame d’un grand récit mené depuis plus de quarante ans par Mitch Epstein, tant aux Etats-Unis, qu’en Europe, en Inde et au Viêt Nam. Commencée dans les années 70 par l’observation de la culture américaine et de ses paysages, la série Recreation envisageait la façon dont les américains occupaient leur temps libre, dans un traitement libre de tout jugement critique ou didactique. S’en suit alors un travail photographique reprenant, toujours en couleur, ces différents thèmes : The City (1995-98) et la relation ténue entre espace public et privé, Family Business (2000-02) et la réalité plus nuancée du rêve américain qu’il documente à travers la fermeture du commerce de son père. Plus tard, avec le vaste projet American Power (2003-08) salué par le Prix Pictet, Mitch Epstein entreprendra cette fois de mesurer l’impact de la production énergétique sur les modes de vie et son empreinte laissée sur le paysage. Posture rare chez ses contemporains américains, il développe une critique politique en questionnant les symboles du concept d’américanité et en observant l’impact des enjeux économiques sur la société et l’environnement. Ses expériences à l’étranger sont autant d’occasions d’exporter les problématiques observées en occident. En Inde où il vécut et réalisa des films avec sa première femme indienne dans les années 80, il compose des images hors de tout exotisme, inspirées par le quotidien et l’intime qu’il vit directement. Avec le Viet Nam (1993-95), dont les images sont rassemblées dans une superbe monographie , il nous offre le poignant aperçu d’une modernité imposée. Ce thème, comme celui d’une partition, donne à son travail une remarquable constance", a écrit Sébastien Borderie.

Et d'analyser : "Avec ces trois derniers corpus présentés à la galerie, Mitch Epstein poursuit et déplace ses recherches vers un inventaire de motifs, fruit d’un long travail de repérage. Une fois inventoriés, ces portions de nature résonnent avec une conception originale du paysage: il ne s’agit pas seulement d’objets isolés formellement mais d’un témoignage manifeste de la relation entre l’homme et la nature. En effet, lorsqu’il saisit le ciel tourbillonnant au-dessus du verre et du béton, ou la ramure tortueuse d’un arbre se déployant en ville, Mitch Epstein interroge surtout l’étendue de la conquête de l’homme sur la nature et leurs tentatives de cohabitation".

Sébastien Borderie observe : "Dans les années 70, et plus d’un siècle après la création de Central Park par le paysagiste Frederick Law Olmsted, l’artiste américain Robert Smithson concentre sa réflexion sur la confrontation de la nature à l’urbanité, y voyant là une possible « earth sculpture ». Nous appelant à imaginer « Central Park il y a un million d’années », il souligne combien « l’œil de l’appareil photo remet en question la notion de parc comme entité statique […] terrain de rencontre du hasard et de la nécessité ». Ce hasard naturel et cette nécessité urbaine forment une énergie qui n’échappe pas non plus à Mitch Epstein. Bien qu’il place son regard sur ce créneau de contradictions, ces photographies transcendent la simple opposition entre nature et culture en laissant le choc du sublime intervenir ou non. Au-delà de Central Park, c’est la ville entière de New York et ses Boroughs qui devient le terrain d’une réelle entreprise de cartographie, scandée par les trois motifs. L’efficacité du noir et blanc (nouveau dans son travail), tout comme l’infinité des gris, accentuent la vigueur formelle et insoupçonnée des motifs choisis : les mers de nuages, le branchage audacieux des arbres ou les strates anarchiques de la roche. En éteignant partiellement les couleurs de la ville, Mitch Epstein concentre notre regard sur l’essentiel. En choisissant le ciel, la roche et les arbres il mêle à son ambition documentaire certains effets du pittoresque, remettant en jeu ses éléments traditionnels. Son modèle esthétique, soutenu par ce traitement, se base sur une approche contemplative du temps qui combine dans une même image des temporalités différentes. La série New York Abor, menée entre 2011 et 2012, offre une galerie de portraits des arbres peuplant la ville. Ces gardiens silencieux, souvent multiséculaires et pourtant oubliés, sont assurément les observateurs privilégiés de l’expansion urbaine et des générations humaines se succédant pour la faire vivre. Ici, l’échelle géologique, infinie et patiente, rappelle la toute jeunesse de l’homme".

Et d'ajouter : "Avec sa dernière série Rocks and Clouds (2014 – 205), l’artiste continue ses recherches new-yorkaises en cartographiant les rochers et en reconnaissant chez eux, bien que fortuites, leurs évidentes qualités sculpturales. Ces mêmes qualités qu’Olmsted avait exploitées un siècle et demi plus tôt en utilisant la pierre comme le témoignage d’un passé insondable. Au contact de ses traces historiques, déplacées et mises en scène depuis les amérindiens, Epstein nous révèle ainsi le façonnage humain et la manipulation du paysage".

"Epstein reconnait dans l’imprévisibilité et la fugacité des nuages, le pouvoir d’élargir son champ méditatif sur une observation plus proche de l’expérience, plus ancrée dans le présent. En levant son objectif vers le ciel en mouvement et tout en l’opposant au hiératisme moderne de l’architecture, il retourne ainsi son étude vers un instant vécu. A la manière d’un chercheur, Mitch Epstein extrait du ciel et des corps organiques, peu bavards, une matière indicielle. En somme, cette trilogie constitue une exceptionnelle étude documentaire, non seulement sur le paysage New-Yorkais mais aussi sur l’histoire entretenue par les hommes dans leurs désirs d’appropriation de la nature", conclut Sébastien Borderie.

CITATIONS

"Mes rochers et nuages, comme mes arbres dans New York Arbor, existent photographiquement dans leur relation à l’entreprise humaine. Je ne suis pas un photographe de la nature. Ce qui m’intéresse c’est l’inextricabilité de la société humaine et de la nature".

"J’ai choisi les nuages comme une opposition aux rochers. Je pensais confronter le temps ancien et le temps contemporain"


Du 17 mars 2017 au 6 mai 2017
A la Galerie Les Filles du Calvaire 
17 rue des Filles-du-Calvaire, 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 42 74 47 05
Du mardi au samedi de 11 h à 18 h 30

Jusqu'au 24 juillet 2011
2, impasse Lebouis, 75014 Paris
Tél :  +33 1 56 80 27 03
Du mardi au dimanche de 13 h à 18 h 30, le samedi de 11 h à 18 h 45, nocturne le mercredi jusqu'à 20 h 30

Visuels de haut en bas :
Affiche
Centrale thermique de Gavin
Cheshire, Ohio, 2003
Lycée de Poca et centrale thermique d'Amos
Virginie occidentale, 2004
Centrale thermique d'Amos
Raymond City, Virginie Occidentale, 2004

Affiche
Mitch Epstein
New York Trees
Courtesy Galerie Les filles du calvaire

Mitch Epstein
American Elm, Eastern Parkway, Brooklyn, 2012
Clouds #94, New York City, 2015
Clouds #95, New York City, 2015
Rockaway, Queens, 2014
Weeping Beech, Woodlawn Cemetery, Bronx, 2012
Courtesy Galerie Les filles du calvaire

Articles sur ce blog concernant :
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Les citations de Mitch Epstein, traduites de l’américain par Elisabeth Peellaert, sont extraites du dossier de presse de l'exposition à la FHCB.
Les autres citations proviennent du dossier de presse de la galerie.
Cet article a été publié pour la première fois le 14 juillet 2011, puis le :
 - 13 novembre 2012, à l'approche de la vente par le département Photographies de Christie's à Paris, le 16 novembre 2012, de 55 photos de la collection de Bruce et Nancy Berman, qui contient notamment des photographies de Mitch Epstein et Martin Parr.

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