mercredi 11 octobre 2017

Will Eisner. Génie de la bande dessinée américaine


Le musée de la Bande dessinée présente l’exposition Will Eisner. Génie de la bande dessinée américaine. Fils d’immigrants juifs, pionnier des bandes dessinées ou comics, Will Eisner (1917-2005) a créé la série The Spirit (1940–1952). En 1978, il a rendu populaire le vocable « roman graphique » en publiant son livre A Contract with God.

« Né le 16 mars 1917, fils d’immigrants juifs autrichiens et roumains, William Erwin - Will Eisner - mène une enfance pauvre dans le quartier de Brooklyn à New York ». 

Il « admire les planches de Milton Caniff, d’Alex Raymond et George Herriman qu’il découvre dans les journaux qu’il vend dans les rues de Wall Street. Il aime aussi la littérature de Maupassant et d’Ambrose Bierce, les dessins et peintures de Daumier et Vélasquez ».

« Encouragé par son père, peintre contrarié qui se consacre à des travaux peu créatifs, Will se lance dans l’illustration et la bande dessinée, publiant son premier dessin à l’âge de 16 ans ». 

« Avec un associé, Jerry Iger, il ouvre un studio proposant aux éditeurs de comic books des séries « clés en main » et employant des auteurs promus eux aussi à un brillant avenir dans les comics, comme Bob Kane, Bob Powell ou Jack Kirby ».

« A l’âge de 23 ans, il crée une série policière originale : The Spirit, qui paraît de manière hebdomadaire dans les journaux. Elle rencontre un grand succès et sa parution, de 1941 à 1944, devient quotidienne, ce qui oblige Will Eisner à engager des assistants, lesquels assureront la continuité de la série en son absence ». 

« En effet, Will Eisner est mobilisé en mai 1942 par l’US armée. Il met son talent graphique au service de publications militaires ».

En 1945, Will Eisner « revient à la vie civile et se consacre à nouveau au Spirit ». 

« En 1948, il créée une maison d’édition dont les deux premiers titres - autour d’un détective nommé John Law - font un flop, ce qui met un terme rapide à l’aventure éditoriale ». 

Il « abandonne le Spirit en 1952, et fonde l’American Visuals Corporation, société de communication visuelle travaillant pour l’armée et d’autres clients, comme la maison de disque RCA ou encore une équipe de football américain ».

Dans les années 1960, Will Eisner « a conscience que la bande dessinée a changé, avec notamment l’apparition de l’underground. Il s’oriente alors vers ce qu’il n’était encore pas courant d’appeler le « roman graphique » - terme dont il popularisera l’emploi -, et inaugure en 1978 avec A Contract with God la publication d’une vingtaine de récits en noir et blanc au format roman. Il y met en scène des gens ordinaires confrontés à des drames urbains, histoires souvent tissées d’éléments autobiographiques ». 

En février 2002, Will Eisner déclarait au Nouvel Observateur : « Je suis un écrivain qui dessine et un observateur de la condition humaine ». Dans les romans graphiques de Will Eisner, l’ambition littéraire est manifeste. La réception publique et critique sera enthousiaste ».

Dans l’émission 1 livre, 1 jour du 12 juin 2002, Olivier Barrot présentait depuis l’Arizona, La valse des alliances, roman graphique à tendance autobiographique. (Delcourt).

Will Eisner est lauréat de nombreuses récompenses, dont à plusieurs reprises celle des Eisner Awards (prix décernés aux Etats-Unis depuis 1988 aux meilleures bandes dessinées). En 1975, il est Grand Prix de la Ville d’Angoulême.

« Tout en créant ses romans graphiques, Will Eisner enseigne à la School of Visual Arts de New York, expérience qui donnera lieu à trois ouvrages pédagogiques sur l’art de réaliser des bandes dessinées. Ces ouvrages font encore aujourd’hui référence. Will Eisner a non seulement influencé toute une génération d’auteurs mais aussi formé, à une époque où la démarche était loin d’être courante, des étudiants à la narration séquentielle ».

Will Eisner « adapte aussi des classiques littéraires, comme Moby Dick de Melville ainsi qu’un récit inspiré de Dickens, Fagin le juif. Particulièrement sensible à la question de l’antisémitisme, Will Eisner publie sa dernière œuvre en 2005 avec The Plot : The Secret Story of the Protocols of the Elders of Zion, où il raconte l’histoire des Protocoles des Sages de Sion, célèbre faux manuscrit qui se présente comme un plan de conquête des sociétés occidentales par les juifs et les francs-maçons ».

Il décède en 2005 à l’âge de 88 ans.

« Foisonnante tant du point de vue scénaristique que visuelle, l’œuvre d’Eisner rayonne encore et toujours. Signe qu’il était et reste un précurseur, un inventeur. Son graphisme réaliste, certains diront classique, cache une originalité tous azimuts au service d’un vrai regard sur le monde... »

« On ne saurait parler de Will Eisner sans évoquer l’utilisation si particulière qu’il fait de l’ombre et de la lumière. Chez lui, elles sont immédiatement actrices, créant un climat caractéristique. La mélancolie, une certaine inquiétude soufflent dans ses images. Son univers, sombre et ironique à la fois, trouve sa forme graphique et quasi symbolique dans l’ombre portée... »

Les « ambiances sombres d’Eisner plongent notre imaginaire dans l’encre du polar la plus pure, mais elles sont aussi habitées par l’humour et le décalage. Des ombres ou des rais de lumière réels côtoient et chevauchent d’autres, dessinés ou peints, car Eisner aimait se jouer des codes et de leurs illusions ».

Du 26 janvier au 15 octobre 2017
Au musée de la Bande dessinée et de l’image 
Cité internationale de la bande dessinée
121, rue de Bordeaux. BP 72308. F-16023 Angoulême Cedex
Téléphone : +33 5 45 38 65 65
Du mardi au vendredi de 10h à 18h, samedi, dimanche et jours fériés de 14h à 18h

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Les citations sont extraites du dossier de presse.

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