mercredi 3 janvier 2018

René Goscinny (1926-1977). Au-delà du rire


Le musée d’art et d’histoire du Judaïsme présente l’exposition remarquable « René Goscinny (1926-1977). Au-delà du rire », assortie d'un catalogue passionnant. Le parcours exceptionnel de ce fils d’émigrés juifs originaires de Pologne et d’Ukraine, né à Paris en 1926, ayant grandi en Argentine, et travaillé notamment aux Etats-Unis en se liant avec l’avant-garde de la bande dessinée. Polyglotte et cultivé, pudique et loyal, cet admirateur de Walt Disney s’est illustré dans la presse, au cinéma ainsi qu’à la télévision, a combattu pour le respect des droits d’auteur, et a jeté les bases de l’enseignement de l’animation en France. Un moraliste.


Dans les années soixante, à leur domicile parisien, la mère de René Goscinny a demandé à son fils : « Qui est cet Astérix dont tout le monde parle ? ». Et René Goscinny lui a répondu affectueusement : « C’est celui qui nous fait vivre, Maman ».


Pour commémorer les quarante ans de la disparition de ce génie, deux expositions passionnantes, et complémentaires, en partenariat avec l’Institut René Goscinny, et avec un commissaire associé commun - Aymar du Chatenet - sont proposées à Paris. 

La Cinémathèque française et la Cité internationale de la bande dessinée et de l’image (Angoulême) rendent hommage « en concevant une grande exposition Goscinny et le cinéma consacrée aux influences du cinéma sur son travail, ainsi qu’à sa propre œuvre cinématographique. « 40 ans après la mort de leur démiurge, les personnages de Goscinny continuent de nourrir la culture populaire internationale. Astérix et Obélix, Lucky Luke ou Le Petit Nicolas sont devenus des personnages de cinéma à part entière. Et Goscinny mérite plus que jamais le surnom affectueux que lui avait donné son ami Gotlib : « Walt Goscinny ». 

Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, le mahJ présente « la première rétrospective consacrée au co-créateur d’Astérix et du Petit Nicolas ». Réunissant « plus de 200 œuvres, dont des planches et scénarios originaux, et de nombreux documents inédits issus des archives Goscinny, conjuguant approches chronologique et thématique, cette exposition retrace le parcours de ce fils d’émigrés juifs originaires de Pologne et d’Ukraine, né à Paris en 1926 ». Un génie qui a excellé dans des registres divers - humour poétique, comique burlesque ou de situation, calembours, etc. -, en observateur ironique, caustique, de la société française des années 1960 et 1970 parcourue de mouvements d'émancipation, du "tout-se-vaut", et visant des publics enfantins, adolescents et adultes. Et en atteignant l'universel comme en témoigne un succès commercial dans quasi le monde entier.

« Cinq cents millions de livres et d’albums vendus dans le monde, des œuvres traduites en cent cinquante langues, une centaine d’adaptations cinématographiques… Malgré les chiffres impressionnants du succès de Goscinny, l'envergure de l'homme et l’ampleur de son œuvre sont encore relativement méconnues. L’exposition met ainsi en lumière la créativité géniale de celui qui a offert à la culture française l’une de ses plus belles révolutions culturelles, qui fit passer la bande dessinée du statut de « publication destinée à la jeunesse » au rang de « neuvième art ». Un auteur qui, malgré ses talents de dessinateur, a eu la lucidité, la modestie, de s'effacer comme dessinateur doué pour collaborer comme scénariste brillant avec des dessinateurs plus talentueux que lui.

« Parodies, calembours et traits d’union métaphysiques forment le versant le plus célèbre du style d’un écrivain pour lequel l’histoire, la langue française et l’enfance ont été des sources d’inspiration et des moteurs de création constants. Mais au-delà du rire fédérateur, l'exposition montre à quel point la culture goscinnyenne, héritière du judaïsme d’Europe orientale, s’est enrichie au croisement des exils argentin et nord-américain, sans jamais cesser d’être nourrie par le pur classicisme de la tradition française ». 

L’exposition s’articule autour de neuf thèmes : le phénomène Goscinny, les Beresniak et les Goscinny, une enfance et une adolescence argentines (1930-1940), les échos de la guerre (1940-1944), survivre à New York (1945-1951), la première vie d'un scénariste (1951-1959), les piliers d'une œuvre, Pilote, laboratoire et journal idéal (1959-1974) et le zetser et le philosophe. 

Le commissariat de l’exposition est assuré par Anne Hélène Hoog, conservatrice au mahJ avec Virginie Michel. Les conseillers scientifiques sont Aymar du Chatenet, Institut René Goscinny, et Didier Pasamonik, éditeur et journaliste, historien de la bande dessinée.

L’exposition est accompagnée de conférences et de rencontres, ainsi que d’un programme pédagogique. 

Son catalogue passionnant est co-édité avec les éditions Hazan.
      
Le phénomène Goscinny
« Si le nom de René Goscinny est présent depuis longtemps dans la culture populaire francophone, la dimension même de cette personnalité géniale, l’ampleur de son œuvre et de son succès sont relativement méconnues ». 

« Pour prendre la mesure de l’œuvre et de son importance dans le monde de la bande dessinée et de la littérature contemporaine, rien ne vaut le rappel de quelques chiffres : cinq cents millions de livres et d’albums vendus dans le monde, dont deux cents millions pour Lucky Luke (Goscinny-Morris), trois cents vingt millions pour Astérix (Goscinny-Uderzo) et quinze millions pour Le Petit Nicolas (Goscinny-Sempé) ». 

Les « œuvres de Goscinny ont été traduites en cent cinquante langues, dont Astérix en cent vingt langues, Iznogoud (Goscinny-Tabary) et Lucky Luke en une quarantaine de langues », dont l’hébreu. 

« Le Petit Nicolas est aujourd’hui intégré dans les programmes scolaires ». 

« Le film d’animation et le cinéma ont rendu leurs hommages à Goscinny et à ses co-auteurs : les adaptations cinématographiques de Lucky Luke, Iznogoud ou du Petit Nicolas appartiennent à la culture populaire contemporaine. Quant à Astérix, les chiffres parlent d’eux-mêmes : ainsi Astérix et Obélix : Mission Cléopâtre, réalisé par Alain Chabat en 2002, a attiré plus de quatorze millions et demi de spectateurs en France ».

« Évoquer René Goscinny oblige à traiter d’un phénomène culturel mondial, d’un auteur clé de la littérature et de l’avènement du neuvième art ».

Les Beresniak et les Goscinny
René Goscinny  « naît le 14 août 1926 au sein d’une famille d’immigrés juifs originaires d’Europe orientale ».

« Sa mère, Anna Beresniak, née en 1889, est l’une des neuf enfants du maître d’école Abraham Lazare Beresniak et de son épouse Feyge Garber. Originaire de la province de Kiev, la famille s'installe à Paris en 1905 et Abraham y fonde l’imprimerie Beresniak & fils en 1912. Son catalogue témoigne d’un éclectisme tant linguistique – il imprime en yiddish, hébreu, français, russe et polonais –, que politique – avec des publications sionistes et bundistes ».

« Le père de René, Stanislas Goscinny est né en 1887 à Varsovie, troisième enfant d’Abraham Goscinny et Helena Silberblick. Maurice, le fils aîné, étudia la médecine et Stanislas la chimie appliquée. Les deux frères choisirent de poursuivre leurs études en France, en 1905 pour le premier et en 1906 pour le second ».

« Stanislas se marie avec Anna Beresniak en 1919 ; Claude naît en 1919 et René en 1926 ».

« En 1923, Stanislas tente une aventure au Nicaragua dans la production agricole ».

« Revenu à Paris où il est naturalisé français comme Anna en 1926, il monte une entreprise de fabrication de matières plastiques avec Léon Beresniak, un frère d’Anna ».

Une enfance et une adolescence argentines (1930-1940)
« À partir de 1927, Stanislas Goscinny est employé par la Jewish Colonization Association (JCA) ». 

« Fondée en 1891 par le banquier philanthrope Maurice de Hirsch, l’institution permet à des juifs d’Europe orientale, soumis aux statuts iniques de l’Empire russe et victimes de pogroms récurrents, de s’émanciper en s’établissant dans des colonies agricoles au Brésil, en Argentine, au Canada et en Palestine ». 

« C’est en tant que cadre de cette fondation que, en 1927, Stanislas Goscinny, ingénieur chimiste spécialiste de l'agriculture dans les climats chauds, est envoyé à Buenos Aires où il s’installe avec sa famille ». 

René « est scolarisé au Colegio francés (collège français) où l'on enseigne la culture française la plus classique ; celle-ci est à l’origine des traits marquants de l’œuvre goscinnyenne ». 

« Entre 1944 et 1945, le jeune Goscinny contribue à la rédaction et à l'illustration de Notre Voix, la revue des élèves ». 

« De 1945 à 1947, il poursuivra cette activité avec la revue Quartier Latin publiée par les anciens élèves de collège ».

Les échos de la guerre (1940-1944)
« Dès août 1940, Stanislas Goscinny adhère au comité de Gaulle, qui refuse la défaite ».

« Quant à René, il remplit des carnets de dessins, croquant tant son entourage que les personnalités politiques des actualités, et s’essaye déjà à la caricature ». 

La « situation des membres des familles Beresniak et Goscinny demeurés en Europe inquiète vivement Stanislas et Anna qui cherchent à les aider par des envois d’argent et de vivres ».

« On ne sait rien sur le sort des Goscinny restés en Pologne. Quant aux Beresniak, Lazare meurt en zone libre en 1942. Son fils Serge échappe à la déportation, mais Léon, Maurice et Volodya sont déportés et assassinés à Auschwitz en 1942 ».

« En 1943, le décès brutal de Stanislas à Buenos Aires fait basculer la famille dans la précarité. Anna et René trouvent du travail. Ce dernier occupe d’abord un poste de comptable dans une fabrique de pneus puis devient dessinateur dans une agence publicitaire. Claude poursuit ses études ». 

« En 1945, Boris Beresniak, un frère d’Anna, les incite à quitter Buenos Aires pour New York. Anna et René partent aux États-Unis tandis que Claude reste en Argentine ; il ne rentrera en France qu’en 1956 ».

Survivre à New York (1945-1951)
« Résolu à tenter une carrière de dessinateur dans le cinéma d’animation, René entre en apprentissage dans une agence publicitaire ». 

« En 1946, il effectue son service militaire en France dans un bataillon de l’infanterie alpine stationné à Aubagne ».

« De retour à New York en 1947, il travaille comme illustrateur de livres. Durant quatre ans, il peine à survivre ». 

Il « rencontre cependant le dessinateur Harvey Kurtzman, futur créateur du magazine Mad, qui lui présente Will Elder, John Severin et Jack Davis qui seront avec Kurtzman les dessinateurs des publications de genres aventurier et fantastique publiés par EC Comics et DC Comics des années 1950 à 1980 ». 

« Avec Kurtzman, Goscinny illustre pour Kunen Publishing quatre livres pour enfants ».

« Kurtzman, Elder et Severin l’initient au monde de la production et de l’art du comic book, mais il ne peut s’y faire une place ».

Goscinny « fait la connaissance de Jijé, pilier de l'hebdomadaire Spirou, qui s’est installé dans le Connecticut en 1947 et qui lui présente le jeune dessinateur belge Morris, avec lequel il sera amené plus tard à collaborer ».

La première vie d’un scénariste (1951-1959)
En 1951, Goscinny « quitte New York pour Paris. Il contacte l’éditeur belge Georges Troisfontaines dont l’agence, World Press, fournit Spirou et d’autres titres des éditions Dupuis ». 

« Engagé, Goscinny réalise des textes et des illustrations destinés à divers périodiques (La Libre Junior, Bonnes Soirées, Le Moustique, Les Belles histoires de l’oncle Paul, Spirou, Risque-Tout) et fait la connaissance de Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo ». 

« De nombreuses collaborations s’amorcent dans les années 1953-1955 mettant à contribution ses talents de scénariste ».

De « novembre 1952 à février 1953, il dirige le magazine TV Family que Dupuis veut implanter à New York. Après l’échec de l’entreprise, il revient à l’agence parisienne ». 

En 1955-1956, il « publie les dernières bandes dessinées de sa seule facture, Capitaine Bibobu et Dick Dicks ». 

« Scénariste demandé, Goscinny défend les droits des auteurs avec Charlier ». 

« Licencié de la World Press, il entre au Journal de Tintin, travaille avec nombre de dessinateurs et intensifie sa collaboration avec Uderzo et Morris ».

Les piliers d’une œuvre
Les « collaborations avec Uderzo, Morris, Sempé et Tabary au dessin ont eu une importance considérable dans la carrière de Goscinny ». 

« Avec son complice Uderzo, de 1951 à 1958, Goscinny explore les champs de la narration de manière éclectique avant d’aboutir à Oumpah-Pah (1958) et surtout Astérix (un succès planétaire pour les 24 albums réalisés entre 1959 et 1977) qui s’empare de l’histoire de France pour la parodier ».

« En 1955, Morris demande à Goscinny de lui fournir des scénarios pour sa bande dessinée Lucky Luke, créée en 1946. Commencée avec Des rails sur la prairie, l’association de ces deux auteurs marqués par la culture nord-américaine, tant du point de vue du traitement de l’histoire que de la parodie des films de western, se révèle fructueuse. C’est avec Goscinny que le « poor lonesome cow-boy » devient « l’homme qui tire plus vite que son ombre ». De 1955 à 1977, la publication de quarante et une histoires complètes leur vaudra un succès international ».

« En 1959, Goscinny et Jean-Jacques Sempé, partageant leurs souvenirs personnels, retravaillent ensemble pour créer les histoires du Petit Nicolas. Entre 1959 et 1964, quatorze volumes d'histoires totaliseront quinze millions d’exemplaires vendus et traduits en de nombreuses langues étrangères et régionales ».

« L’ignoble Iznogoud, grand-vizir du calife Haroun El-Poussah fait son apparition en 1962. Fruit des imaginations conjuguées de Goscinny et de Jean Tabary, la série Iznogoud, dont l’anti-héros est un vil personnage rêvant de « devenir calife à la place du calife », connaît un vif succès populaire dans les pays francophones avec quatorze albums signés des deux auteurs ».

« Portés à l’écran sous forme de films d’animation ou de longs métrages, traduits en de nombreuses langues étrangères, ces piliers de l’œuvre goscinnyenne ont été créés dans un processus d’étroite symbiose nourrie par un fructueux échange d’idées, un humour finement élaboré et propre à chacun des duos formés par Goscinny et le dessinateur de la série ».

Pilote, laboratoire et journal idéal (1959-1974)
« En 1959, François Clauteaux, Raymond Joly, Jean Hébrard, René Goscinny, Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo créent Pilote, un hebdomadaire pour les jeunes associant bandes dessinées et sujets d’actualité. Son lancement est un véritable succès. La bande dessinée y occupe une place importante, mais moindre que le rédactionnel. Certaines comme Astérix, Barbe-Rouge, Tanguy et Laverdure marqueront le neuvième art ».

« Dès 1963, Goscinny et Charlier, devenus rédacteurs en chefs, donnent la priorité à la bande dessinée et ouvrent le journal à une nouvelle génération d’auteurs : Giraud, Greg, Cabu, Gotlib, Fred, Mandryka, Bretécher, Gébé, Reiser, Géri, Christin et Mézières et bien d’autres talents ».

« À la fin des années 1960, Giraud, Mandryka, Brétécher, Gotlib, Alexis, Druillet, qui ont nourri la modernité des pages du périodique, vont radicaliser leur critique puis s’éloigner de Pilote pour publier dans des titres contestataires et satiriques tels que L’Écho des savanes, Métal hurlant, Fluide glacial et Charlie-Hebdo successeurs de Hara-Kiri, interdit en 1966 ». 

« En 1974, Goscinny quitte Pilote ».

Le zetser et le philosophe
« Génie comique, écrivain exigeant, créateur frénétique, René Goscinny a accompli une révolution culturelle en dissolvant la ligne qui séparait la culture savante de la culture populaire, l’humour des élites de celui des classes laborieuses. Mais comment travaillait-il ? Au-delà du rire, que trouvons-nous dans son univers qui confirme l’originalité de l’écrivain et de l’homme ? »

« En suivant le philosophe Henri Bergson dans son étude intitulée Le Rire. Essai sur la signification du comique, on peut comprendre comment l’écrivain « rit » et fait preuve, très tôt, d’une formidable maîtrise des « procédés de fabrication du comique ». 

La « plongée au cœur de la mécanique de l’écrivain, et la prise en compte de sa connaissance intime de l’imprimerie et surtout du geste du typographe (le zetser en yiddish), nous permettent de discerner les ressorts cachés de son inspiration, ses thèmes de prédilection (l’histoire, le sens de l’absurde et l’humour noir, l’attachement au monde de l’enfance et à la langue française) qui trament son œuvre, et son observation de la nature humaine ». 

« Derrière l’auteur comique se révèlent à nous l’âme du moraliste et l’esprit du philosophe ».



1926 « Naissance à Paris de René Goscinny, fils cadet de Stanislas et Anna Goscinny, née Beresniak.
1928 La famille Goscinny rejoint Stanislas à Buenos Aires, où il a été nommé secrétaire général de la Jewish Colonization Association (JCA) ; René est scolarisé au Colegio francés (collège français) ; il étudie dans les écoles françaises de la ville.
1939-1941 Lazare Beresniak, grand-père maternel de René Goscinny, publie, sous le pseudonyme de « Abaq » (« poussière » en hébreu), Milon idi-‘ivri male (« Dictionnaire complet yiddish-hébreu »), ouvrage très érudit en deux volumes.
1941 « Aryanisation » de l’imprimerie Beresniak, fondée en 1912 ; arrestation de Léon Beresniak et de ses frères, également employés à l’imprimerie, par la Feldgendarmerie, la police militaire allemande, lors de la rafle dite « des notables » qui toucha 1 043 avocats, médecins, hommes politiques et industriels juifs.
1942 Déportation et assassinat à Auschwitz de Léon, Volodya et Maurice Beresniak ; René Goscinny réalise des caricatures de Mussolini, Hitler et Staline dans ses carnets de croquis.
1943 Baccalauréat à Buenos Aires ; décès brutal de Stanislas Goscinny ; la famille connaît une grande précarité.
1944-1947 René Goscinny publie ses premiers textes et dessins dans les revues d’élèves Notre Voix et Quartier Latin.
1944 René Goscinny occupe un poste de comptable adjoint dans une entreprise de pneumatiques, puis de dessinateur pour une agence de publicité.
1945 Installation d'Anna et de René Goscinny à New York.
1946 Service militaire en France dans un bataillon de l’infanterie alpine stationné à Aubagne.
1947 Retour à New York ; Goscinny frappe en vain aux portes des éditeurs, agences de presse et studios de création ; il traverse la période la plus difficile de sa vie ; il reste un an et demi sans emploi, vivant aux crochets de sa mère.
1948 Goscinny propose ses dessins au New Yorker dont il ne recevra jamais de réponse ; il intègre une agence de publicité ; il rencontre Harvey Kurtzman, futur fondateur du magazine Mad, John Severin et Will Elder.
1949 Rencontre Jijé (Joseph Gillain) pilier du journal Spirou, installé dans le Connecticut, puis Morris, élève de ce dernier et auteur de la série Lucky Luke ; Goscinny publie des livres pour enfants avec Harvey Kurtzman.
1950 Par l'intermédiaire de Jijé, il rencontre Georges Troisfontaines, directeur de la World Press Agency, qui travaille en étroite collaboration avec les éditions Dupuis.
1951 René Goscinny s'installe à Paris ; il trouve un emploi au sein de l’antenne de la World Press ; il y rencontre Jean-Michel Charlier et Albert Uderzo ; avec ce dernier, il commence à produire des histoires pour l'hebdomadaire féminin belge Bonnes Soirées ; leur bande dessinée Oumpah-Pah est refusé par le Journal de Spirou.
1952 Goscinny est missionné par les éditions Dupuis pour lancer à New York un journal de programmes de télévision TV Family ; il y reste six mois puis rentre à Paris.
1954 Goscinny rencontre Sempé ; il travaille pour Le Moustique ; c’est dans cet hebdomadaire belge que paraissent les premiers dessins de Sempé représentant un petit garçon facétieux, Nicolas.
1955 Début de la collaboration entre Morris et Goscinny sur la série Lucky Luke : parution de la première planche de Des rails sur la prairie dans le n° 906 du Journal de Spirou ; Goscinny, Jean-Michel Charlier et Uderzo défendent les droits des auteurs au sein de la World Press.
1956 Goscinny est licencié de la World Press ; il entre au Journal de Tintin.
1958 Goscinny démarre la série Strapontin avec Berck et relance Oumpah-Pah avec Uderzo.
1959 Goscinny et Sempé reprennent le personnage de Nicolas ; Le Petit Nicolas devient un feuilleton hebdomadaire pendant six ans ; création du magazine Pilote, racheté l'année suivante par Dargaud ; dans la première édition, lancement d’Astérix avec Albert Uderzo.
1961 Parution du premier album d’Astérix, Astérix le Gaulois.
1962 Avec Tabary, création d’Iznogoud dans le magazine Record.
1963 Goscinny partage la rédaction en chef de Pilote avec Charlier, jusqu’en 1974 ; il écrit Les Aventures du facteur Rhésus illustrées par Bretécher et créé avec Cabu La Potachologie dans Pilote.
1965-1967 Avec Gotlib, parution dans Pilote de la série des « Dingodossiers ».
1967 Goscinny épouse Gilberte Pollaro-Millo ; leur fille Anne naît l’année suivante.
1968 Crise au journal Pilote : une poignée de dessinateurs remettent en cause le fonctionnement de l’hebdomadaire ; Goscinny quitte son poste de rédacteur en chef pour celui de directeur du journal.
1970 Goscinny et Uderzo réalisent Astérix et Cléopâtre avec la collaboration de Pierre Tchernia.
1971 Morris et Goscinny réalisent Daisy Town, premier long métrage d’animation mettant en scène Lucky Luke ; adaptation de l’album Le Juge en 1971, avec Robert Hossein et Pierre Perret
1972 Goscinny est nommé directeur général de Pilote et vice-président de Dargaud ; sortie du film Le Viager de Tchernia et Goscinny.
1973 L’imprimerie Beresniak imprime en russe la première édition originale de L’Archipel du Goulag d’Alexandre Soljenitsyne.
1974 Fondation du Studio Idéfix avec Uderzo et Dargaud ; réalisation de deux dessins animés, Les Douze Travaux d’Astérix (sortie en salle en 1976) et La Ballade des Dalton (sortie en salle en 1978) ; lancement du mensuel Lucky Luke dont Goscinny et Morris sont respectivement directeur de la publication et directeur artistique ; Goscinny quitte le magazine Pilote.
1975 Fermeture de l’imprimerie Beresniak.
1976 L’album Obélix et compagnie atteint les 1,3 millions d’exemplaires.
1977 Dernier album de Lucky Luke : Le Fil qui chante ; Goscinny achève le scénario d’Astérix chez les Belges mais en conflit avec son éditeur, il demande à Uderzo de cesser la réalisation du dessin ; le 5 novembre, il est victime d’une crise cardiaque, lors d'un test de routine chez son cardiologue ; il meurt à l’âge de 51 ans ; il est enterré au carré juif du cimetière du Château, à Nice.
1978 Goscinny reçoit un césar posthume pour l’ensemble de son oeuvre cinématographique
1979 Parution du dernier album d’Astérix dont le scénario est signé Goscinny : Astérix chez les Belges. Ce sera également le dernier publié chez Dargaud ; création des éditions Albert René ».


« Mon père au musée. C’est curieux comme phrase, ça sonne comme une formule, comme le titre d’un livre de dessins d’humour. Mon père au musée d’art et d’histoire. Quand s’invitent l’art et l’histoire, mon père se rapproche. Féru de l’un, détournant l’autre, je le vois qui sourit. Mon père au musée d’art et d’histoire du Judaïsme. Là, il ôte son pardessus, s’assied dans un Chesterfield, prend une cigarette, l’allume et la savoure. Il est heureux de l’instant, je le sais. Je vais prendre dans ma main la mémoire de la sienne et le guider, lui raconter ce qu’il sait et l’écouter se souvenir. Le timbre de sa voix, quarante ans après s’être éteint, résonne encore, résonne toujours. Cette exposition consacrée à mon père est une promesse de voyage au long cours au cœur de sa propre histoire. Lui qui aimait tant naviguer, il embarquera avec moi sur ce navire-là. Main dans la main, nous nous préparons à appareiller, direction l’Ukraine, la Pologne, l’Argentine, New York, Paris. Il se réjouit de cette traversée à venir, se réjouit d’entendre à nouveau cette langue, le yiddish. Ses yeux brillent, ses fossettes se creusent de plaisir. Dans ce pays qui est le sien depuis quarante ans, dans ce pays qu’on nomme en profane l’éternité, l’instant s’étire ou s’éteint. « Ce shtetl est le nôtre », me dit-il. « Viens mon amour, viens mon enfant, regarde ma grand-mère allumer les bougies. » Il se tait, suspendu au coeur de ce temps qui ne compte pas ses heures. Il se tait et prie. Il connaît l’histoire, il sait qu’un jour, bientôt, les flammes des bougies de shabbat ne danseront plus.
Ici, notre voyage fait une escale. Un dictionnaire yiddish-hébreu, quelques livres où figure la mention « Imprimerie Beresniak », les gestes précis d’Abraham, son grandpère. 
Mon père ému regarde les signes de plomb de l’imprimerie, s’arrête sur deux d’entre eux, l’obèle et l’astérisque, et, amusé, murmure : « On se retrouvera ! »
La traversée reprend. Nous voilà à Buenos Aires. Là, entre son immeuble et la boutique qui vend des empanadas, il fait du patin à roulettes. À la course, Virgilio est bien plus fort que lui, mais mon père à cet instant précis caresse avec ferveur la couverture de son prix d’excellence, Les Mondes connus et inconnus de Jules Verne. 
Le bateau tangue, la mer, grosse et sans pitié, regarde passer l’Histoire qui jette ses enfants au feu. Et mon père s’accroche au bastingage, malade de douleur, malade au coeur. Plus tard, bien plus tard, il comprendra, réalisera, mettra sur le drame des mots et des larmes. Ses oncles, ses cousins, de Paris à Varsovie, n’auront de sépulture que sa mémoire.
On accoste à New York : Ellis Island, terre de promesses. Mon père s’arrête devant une photo. Un cow-boy et son cheval blanc, quatre bandits aussi stupides qu’attachants, un chien qui ne reconnaît pas son maître. Une parodie du Far-West est née et, sous la plume de mon père, vit les plus belles pages de son histoire.
Sur ce bateau, il n’est pas seul. Anna, sa mère, l’accompagne. Il est l’amour de la vie de cette femme, sa raison d’être, son trésor [...]. « Et si on jetait l’ancre à Paris, katzele [mon chaton] », demande Anna ? « Let’s go, vamos ! », répond le fils. C’est ici, en France, que les deux rencontres déterminantes de sa vie auront lieu. De l’une d’elles, je suis issue. Ma menotte nichée toujours au creux de la sienne perçoit, de paume à paume, une émotion. Mon père vient encore de s’arrêter et regarde une photo d’Albert Uderzo.
« C’est lui, l’ami comme on n’en a qu’un », précise-t-il, ému. De cette complicité naîtra un mythe français. « Je le sais », lui dis-je. « Un jour, ajoute-t-il, je te parlerai du bonheur d’être parfaitement compris par celui que l’on veut faire rire avant les autres. » [...]
Je sens la veine du poignet de mon père battre. Il vient d’apercevoir une photo de Gilberte, sa femme. Lui, si loquace, se tait. Je respecte son silence. Ils sont aujourd’hui sur le même continent mais il avait peut-être oublié comme, dans cette vie-ci, elle était belle.
La visite se termine, ce n’était qu’une escale. Nous n’accosterons définitivement que lorsque nous aurons fini de rire. « Alors, nous avons du temps », conclut mon père, en tassant sa Pall Mall ».


« Après « De Superman au Chat du rabbin » en 2007, « Les Mondes de Gotlib » en 2014 et « Ô vous, frères humains. Luz dessine Albert Cohen » en 2016, le musée d’art et d’histoire du Judaïsme revient à l’art de la bande dessinée en consacrant une importante exposition à la vie et à l’oeuvre de René Goscinny (1926-1977). Ce choix a surpris : qu’y aurait-il de « juif » dans l’oeuvre du créateur d’Oumpah-Pah, d’Astérix, du Petit Nicolas et d’Iznogoud, dans le scénariste de Lucky Luke, ou dans celle du directeur de l’hebdomadaire Pilote ? Aucune allusion à la judéité de l’auteur – que de nombreux visiteurs découvriront –, aucun thème relatif au judaïsme ni comme religion ni comme fait culturel, ni même comme donnée historique. Pas de Chanson aigre-douce relatant l’enfance cachée d’un Marcel Gotlieb, point de Manuscrit pour les générations futures, où Gotlib transpose dans les halles de Baltard en ruines le récit de la destruction du ghetto de Varsovie par un vieux rat barbu, avatar muridé de l’historien polonais Emanuel Ringelblum. Pas de chat nazi ni de souris juive comme dans le Maus d’Art Spiegelman. Pas non plus de félin talmudiste (sympathique celui-là) comme dans Le Chat du rabbin de Joann Sfar. Nul Golem libérateur comme chez Steve Niles (Breath of Bones. A Tale of the Golem)… Pour ne citer que quelques auteurs désormais classiques dont l’oeuvre aborde le destin des juifs au XXe siècle.
Ce qui frappe précisément chez Goscinny, c’est l’écart entre les origines, l’enfance, la jeunesse – profondément marquées par le cosmopolitisme juif et une existence véritablement diasporique – et une oeuvre parfaitement laïque, emblématique de la France des Trente Glorieuses, au point que certains, à raison, vont jusqu’à en faire un « lieu de mémoire » contemporain. […]
Cet écart […] a les caractères d’un certain rapport des juifs à la nation, celui d’un groupe placé dans une position marginale qui exprime néanmoins un fervent attachement patriotique. Déraciné et polyglotte mais pétri de culture française dès l’enfance, adhérant aux valeurs de la République, nourri à l’enseignement du Colegio francés de Buenos Aires, Goscinny fait sien cet héritage et le restitue à la manière des émigrés, dans ces marges où les derniers entrants trouvent leur place. Ce faisant, ils sont souvent les inventeurs de genres jusque-là inexplorés. […]
On ne cherchera donc pas de shtetl dans le village gaulois qui résiste à l’envahisseur. Ni de figure héroïque, ni de personnage d’opprimé dans l’oeuvre de Goscinny. Chez lui, le rire prime sur la dénonciation, dans une tradition de dérision où le judaïsme atteint à l’universel. Pour autant, […] il est indispensable de mettre en évidence ce que Goscinny doit à cette culture de l’édition, héritée de l’imprimerie Beresniak, où l’on sait « naturellement » ce que sont l’obèle et l’astérisque. Et comment ne pas s’intéresser à cette tribu ukraino-polonaise […] qui parle et imprime à Paris en hébreu, yiddish, russe, polonais, français, maîtrisant au moins cinq langues et trois alphabets. […]
Sur l’abjecte affiche d’Adolphe Léon Willette, « candidat antisémite » aux élections de 1889, que conserve le mahJ, un Gaulois casqué, torse nu, brise un Talmud en forme de tables de la Loi en proférant : « Le Judaïsme, voilà l’ennemi ! » Chez Goscinny, le mythe gaulois devient contestataire et joyeux, mais signe une profonde passion pour la France. Goscinny a été façonné par les manuels d’histoire de la Troisième République, dans lesquels il puisera la matière première d’Astérix. […] il est à la fois le fils d’Anna et Stanislas et le fils spirituel de Malet et Isaac. Mais son histoire personnelle et le destin tragique de la famille Beresniak lui permettent de traiter « nos ancêtres les Gaulois » avec l’humour et la distance qui conviennent aux mythes que l’on révère mais dont on n’est pas dupe. Ainsi, l’on ne comprend Goscinny et son humour décalé, qui n’est en rien tributaire de l’almanach Vermot mais doit beaucoup à sa judéité, que si l’on prend en compte ce décentrement. Goscinny n’est pas un excentrique, c’est un excentré. […] »


Albert Uderzo (dessinateur ; né en 1927)
« Héritier revendiqué de Walt Disney et d’Edmond-François Calvo, Uderzo travaille d’abord pour la presse quotidienne, aussi bien dans le registre réaliste qu’humoristique. En 1951, sa rencontre avec Goscinny à l’agence World Press, grâce à Charlier, décide de son destin. Ses premiers travaux aux côtés de Goscinny annoncent Astérix : Jehan Pistolet (1952) et Luc Junior (1954) pour le quotidien belge La Libre Belgique, puis Oumpah-Pah pour l’hebdomadaire Tintin (1958). En 1959, Charlier, Goscinny et Uderzo lancent l’hebdomadaire Pilote, qui va révolutionner la bande dessinée francophone et mondiale. Avec Goscinny, Uderzo crée Astérix, et avec Charlier Tanguy et Laverdure. Astérix devient rapidement un succès mondial. Le talent d’Uderzo est dans la droite ligne de l’école franco-belge. Sous l’influence de Franquin notamment, son dessin se fait plus réaliste à mesure qu’il abandonne ses autres séries, Oumpah-Pah et Tanguy et Laverdure. Après le décès de Goscinny en 1977, Uderzo assure seul les scénarios d’Astérix et fonde avec Gilberte Goscinny la maison d’édition Albert-René, aujourd’hui propriété du groupe Hachette. En 2013, paraît Astérix chez les Pictes, avec de nouveaux auteurs ».

Morris (Maurice de Bevere, dessinateur ; 1923-2001)
« Avant de se consacrer exclusivement aux aventures de Lucky Luke, Morris travaille pour le studio d’animation Compagnie belge d’actualités – où il rencontre Franquin, Peyo et Eddy Paape – et publie des dessins d’humour dans la presse flamande, ainsi que dans l’hebdomadaire Le Moustique des éditions Dupuis. Il crée les aventures de Lucky Luke pour Spirou en 1946. De 1948 à 1954, il réside aux États-Unis où il a suivi Jijé ; il y rencontre Goscinny durant l’été 1950. Celui-ci lui présente de jeunes dessinateurs américains, dont Harvey Kurtzman, Jack Davis, John Severin… Son dessin y gagne une touche graphique qui vient enrichir l’hebdomadaire Spirou et contribue à son rayonnement. Acquis outre Atlantique, la vision du métier et le professionnalisme de Goscinny et de Morris tranchent avec ceux de la plupart de leurs collègues européens. En 1955, la neuvième histoire des aventures de Lucky Luke, Des rails sur la prairie, paraît dans Spirou. Scénarisée par Goscinny, elle amorce une collaboration qui durera jusqu’à la mort de ce dernier en 1977 ».

Sempé (Jean-Jacques Sempé, dessinateur ; né en 1932)
« Entré à quatorze ans dans la vie active, c’est sans la moindre formation artistique que Sempé publie ses premiers dessins dans Sud-Ouest, encouragé par le dessinateur Chaval. Ses vrais débuts, il les doit à la revue Le Moustique des éditions Dupuis, dont le directeur artistique repère un personnage de petit garçon et le pousse à en faire une bande dessinée que Goscinny scénarise. Les vingt-huit premières planches du Petit Nicolas sont publiées dans Le Moustique en 1954. Mais Sempé préfère le domaine de l’illustration et travaille ensuite pour Le Rire, Noir et blanc, Ici Paris, Paris Match, et pour les journaux britanniques Punch et Esquire. Les aventures du Petit Nicolas reparaissent dans Sud-Ouest sous la forme d’un feuilleton illustré écrit par Goscinny en 1956, puis dans Pilote à partir de 1960. Sempé publie ensuite dans L’Express, Le Figaro, Le Nouvel Observateur et Télérama, tandis que ses ouvrages sont des succès de librairie. En 1978, il figure en couverture du New Yorker – la première d’une longue série qui fait de Sempé l’illustrateur français parmi les plus appréciés dans le monde ».

Tabary (Jean Tabary, dessinateur ; 1930-2011)
Tabary « publie Richard et Charlie dans le journal Vaillant à partir de 1956. En 1958, il conçoit l’un de ses personnages les plus marquants, Totoche (Corinne et Jeannot, les personnages secondaires, vont connaître des aventures parallèles), et imagine le duo comique Grabadu et Gabaliouchtou. En 1960, Goscinny le recrute pour Pilote. Ensemble, ils créent Valentin le vagabond puis, en 1962, pour la revue Record, Les Aventures du calife Haroun el Poussah, qui deviendra la série Iznogoud, dont le héros se rend célèbre par la formule : « Je veux être calife à la place du calife. » La série se poursuit dans Pilote à partir de 1968 ; elle sera adaptée en dessin animé pour la télévision (cinquante-deux épisodes de treize minutes), puis en long métrage. En 1974, Le Journal du dimanche lui demande de commenter l’actualité. À la disparition de Goscinny, Tabary fonde sa propre maison d’édition (les éditions de la Séguinière qui deviendront les éditions Tabary), dirigée par sa femme et ses enfants. En 2012, IMAV devient le nouvel éditeur d’Iznogoud, dessiné par Nicolas Tabary, fils de Jean et de nouveaux scénaristes ».


« Lucky Luke
avec Morris
paru de 1955 à 1977 dans Spirou, puis dans Pilote
38 albums

Modeste et Pompon
avec André Franquin
paru de 1955 à 1958 dans Le Journal de Tintin
2 albums

Prudence Petitpas
avec Maurice Maréchal
paru de 1957 à 1959 dans Le Journal de Tintin

Signor Spaghetti
avec Dino Attanasio
paru de 1957 à 1965 dans Le Journal de Tintin
15 albums

Oumpah-pah
avec Albert Uderzo
paru de 1958 à 1962 dans Le Journal de Tintin
3 albums

Strapontin
avec Berck
paru de 1958 à 1964 dans Le Journal de Tintin
4 albums

Astérix
avec Albert Uderzo
paru de 1959 à 1977 dans Pilote
24 albums

Le Petit Nicolas
avec Sempé
paru de 1959 à 1965 dans Sud-Ouest Dimanche
14 volumes

Iznogoud
avec Jean Tabary
paru de 1962 à 1977 dans Record, puis dans Pilote
14 albums

Les Dingodossiers
avec Gotlib
paru de 1965 à 1967 dans Pilote
3 albums »


Ouvrage collectif sous la direction d'Anne Hélène Hoog, René Goscinny. Au-delà du rire. Préfaces par Paul Salmona, directeur du mahJ, et par Anne Goscinny. Coédition mahJ – Hazan. 240 pages ; 200 illustrations ; format 215 x 285 cm. 35 €

Du 27 septembre 2017 au 4 mars 2018
Au Musée d’art et d’histoire du Judaïsme
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple, 75003 Paris
Tél. : 01 53 01 86 65
Mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18 h. Mercredi de 11 h à 21 h. Samedi et dimanche de 10 h à 19 h

Visuels :
René Goscinny à sa table de dessin
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

Albert Uderzo
Oumpah-Pah le Peau rouge
Maquette complète de couverture pour l’édition originale de l’album
1961
Crayon, encre de Chine et aquarelle
OUMPAH-PAH® / © 2017 LES EDITIONS ALBERT RENE / GOSCINNY – UDERZO

Stanislas, Anna, Claude et René Goscinny
Paris, 12 février 1927 (photo Simonet)
Photographie, 23,5 x
14,7 cm
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

René Goscinny
Famille Mueller
vers 1943 (ou 1945 ?)
Encre de Chine et mine de plomb sur carton
18 x 26 cm
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

Autoportrait à la table à dessins
1948
Encre de Chine noire, gouache grise sur papier,
19,7 x 16,5 cm
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

Albert Uderzo et René Goscinny
Années 1970 ?
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

René Goscinny (scénario) et Albert Uderzo (dessin)
Astérix le Gaulois
planche n° 1
1961
ASTERIX® - OBELIX® / © 2017 LES EDITIONS ALBERT RENE / GOSCINNY – UDERZO

René Goscinny (scénario) et Morris (dess.), avec un assistant de Morris (dess.)
Lucky Luke : La Ballade des Dalton, 1978
pl. n°105-108 (détail)
Encre de Chine sur papier
© Lucky Comics, 2017

Jean-Jacques Sempé
Dessin pour Le Petit Nicolas – Le ballon et autres histoires inédites
2009
Encre et aquarelle sur papier
© IMAV éditions / Goscinny – Sempé

Iznogoud menaçant la ville de Bagdad
Dessin pour la couverture de Pilote n°446 du 9 mai
1968
Gouache, encres de couleur et encre de Chine
© IMAV éditions / Goscinny – Tabary

L'équipe de Pilote (dont René Goscinny, Claire Bretécher, Albert Uderzo, Cabu et Marcel Gotlieb), fin des années 1960
© Anne Goscinny. Prêt de l’institut René Goscinny

Les citations sont du mahJ.

1 commentaire:

  1. Merci à Véronique Chemla pour cet article qui m'a appris beaucoup de choses intéressantes que j'ignorais.

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