mercredi 15 avril 2015

« Max Windmüller, histoire d’un résistant Juif » d’Eike Besuden


Arte a diffusé « Max Windmüller, histoire d'un résistant Juif » film émouvant d’Eike Besuden qui associe témoignages et scènes de reconstitution pour évoquer Max Windmüller (1920-1945). Réfugié aux Pays-Bas en 1933, ce jeune Juif allemand, appelé Cor dans la résistance contre les Nazis, a contribué à sauver environ 400 personnes, aux Pays-Bas et en France, avant d’être arrêté à Paris, puis déporté vers Buchenwald et abattu par un Nazi lors d’une marche de la mort. Cet article est republié à l'approche de Yom HaShoah 2015.


Max Windmüller est né en 1920 à Emden, ville portuaire de Basse Saxe bordée par le fleuve Ems, dans une famille Juive de cinq enfants. Son père Moritz est boucher dans ce centre de négoce de Frise orientale que ses habitants appellent « Venise du Nord ».

La rue des Juifs (Judenstraße) d’Embden est bordée par la synagogue, brûlée par les Nazis lors de la nuit de Cristal le 9 novembre 1938, et l’école Juive fréquentée par Max.

Gustel et Sophie Nussbaum gardent le souvenir de la bar-mitzva de leur cousin Max.


Après l’arrivée d’Hitler au pouvoir, les Nazis retirent la patente au père de Max. Toute la famille Windmüller se réfugie en juillet 1933 aux Pays-Bas où vit la tante maternelle de Max.

Une jeunesse sioniste
A Groningen (Frise occidentale), Max fait partie d’un mouvement Juif sioniste préparant de jeunes Juifs à leur future vie de pionniers en Palestine mandataire, les formant à des métiers utiles en Eretz Israël : travaux agricoles dans une ferme près d’Assen. A 18 ans, ce jeune homme est décrit comme sociable et amusant, mais fait plus âgé sur les photos.

Face à la montée des périls, nombre de familles Juives allemandes envoient leurs enfants aux Pays-Bas où tous ces jeunes sont hébergés dans des foyers près d’Amsterdam.

La guerre touche les Pays-Bas le 10 mai 1940. Par une attaque rapide, l’armée du IIIe Reich occupe les Pays-Bas.

Une résistance précoce
Sous le nom de Cornelius (Cor) Andringa, Max Windmüller combat dans et avec divers réseaux de résistance, notamment l’OJC (Organisation juive de combat) et le groupe Westerweel, dont les membres étaient Juifs et non-Juifs comme son fondateur néerlandais Joop Westerweel.

Ces résistants trouvent des caches et conçoivent des filières d’évacuation pour les Juifs, notamment les enfants et adolescents Juifs, vers la Belgique et la France, puis vers la Suisse, et quand celle-ci ferme ses frontières, vers l’Espagne.

Max Windmüller est arrêté en août 1943, et interné au camp de Westerbork (Drenthe), qui devient en 1942 un camp de transit dirigé par les Allemands. Ceux-ci tournent un film de propagande montrant des Juifs portant l’étoile de David sur leurs vêtements et travaillant dans une forge, dans une buanderie, etc. Un Conseil Juif est constitué à Amsterdam. La plupart des 100 000 Juifs des Pays-Bas sont déportés, par convois hebdomadaires dès février 1943 à partir du camp de Westerbork vers Auschwitz, parfois vers Sobibor, Bergen Belsen et Terezin.

Max Windmüller parvient à s’en évader et reprend ses activités de résistance à Bruxelles, Paris, Lyon et Toulouse : trouver des planques et faire fabriquer des faux papiers (passeports, laissez-passer).

Début 1944, Max Windmüller s’installe à Paris avec sa compagne Metta Lande.

En 1944, il est dénoncé par Lydia et Charles, des agents doubles français qui prétendent le mettre en contact avec l’Intelligent Service britannique et travaillent pour les Allemands.

Arrêté le 18 juillet 1944, Max Windmüller est transféré au camp de Drancy, déporté dans le dernier convoi pour Buchenwald rattaché au train emmenant les gardes et le chef, Aloïs Brunner, de ce camp… Jacques Lazarus, membre l’Armée juive qui réunit environ 200 résistants, rencontre alors Max Windmüller et parvient à s’échapper.

A Buchenwald, Max Windmüller porte l’étoile jaune et le triangle rouge des prisonniers politiques.

Redoutant l’avancée des Alliés, les gardiens du camp évacuent une partie du camp et contraignent des déportés, dont Max Windmüller, à une marche de la mort. Au 4e jour de marche forcée, Max Windmüller épuisé, fiévreux, se penche pour boire dans une flaque d’eau. Un gardien lui ordonne de se relever, puis l’abat le 21 avril 1945. Max Windmüller meurt un jour avant la libération des déportés.


En 1946, Max Windmüller est distingué à titre posthume de la médaille de la Résistance française. Il a contribué à sauver environ 400 personnes.  Son nom est inscrit dans le Mur des noms des Juifs déportés de France, au Mémorial de la Shoah à Paris.

Les « Hollandais » résistants se retrouvent chaque année dans une forêt du souvenir Westerweel, près de Haïfa, où un monument rend hommage à Joop Westerweel, Max Windmüller et leurs camarades. Depuis 1988, une rue d’Emden porte le nom de Max Windmüller.

Ce documentaire émouvant alterne témoignages et scènes reconstituées avec réalisme, mais n'informe pas sur la destinée des parents, frère et soeurs de Max Windmüller. Il souligne le rôle actif et héroïque des Juifs dans la résistance, Juive et non Juive, au nazisme, la prise de conscience précoce chez de nombreux Juifs allemands des dangers du nazisme et leurs stratégies – enfants confiés dans des pays d’accueil, exils dans des pays européens limitrophes, tentatives pour faire leur aliyah, etc. -, ainsi que la participation des non-Juifs, dont les Justes parmi les nations distingués par Yad Vashem, au sauvetage des Juifs lors de la Shoah (Holocaust). 

Curieusement, aucune photo de Max Windmüller ou de ses camarades n’est disponible pour les médias.

d’Eike Besuden
Allemagne, 2011, 52 mn
Diffusions les 23 mars 2011 à 21 h 35 et 29 mars 2011 à 11h

Visuels de haut en bas : © DR

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Cet article a été modifié les 22 mars et 26 juin 2011.

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