dimanche 21 mai 2017

« Mehitza. Ce que femme voit » de Myriam Tangi


Le Musée d’art et d’histoire du Judaïsme (MAHJ) présenta l’exposition éponyme. Une sélection de photographies, généralement en noir et blanc, de la mehitza, espace réservé aux femmes dans une synagogue, prises par Myriam Tangi, peintre, poète et photographe, en Europe, en Russie et en Israël. Le 21 mai 2017, la Maison d’Etude Juive au Féminin (MEJF) organisera à la grande synagogue de la Victoire, un après-midi de réflexion sur le thème de la Mehitza.


« Et si l’exil de la femme dans la synagogue n’était pas le concentré de l’exil d’Israël de l’exil de la synagogue et de l’exil de la présence divine dans ce monde-ci » , a déclaré Shmuel Trigano le 28 mai 2015.

Dans « Ce que femme voit  », Myriam Tangi  « explore, à travers une cinquantaine de photographies , la séparation opérée dans la synagogue entre l’espace réservé aux hommes et celui réservé aux femmes, soit en hébreu la mehitza (division) ». 

Avec « un regard résolument subjectif, cet essai photographique retrace l’expérience féminine au sein des différentes communautés du judaïsme contemporain (orthodoxes, traditionnelles, massorti, libérales...), et s’interroge plus largement sur les territoires masculin et féminin dans le monde Juif ».

« Traditionnellement reléguées derrière des voiles, des claustras, des parois translucides, ou surplombant l’espace liturgique depuis un balcon situé à l’étage, les femmes ont un accès indirect au rituel synagogal ». 

Cette « distance contrainte, Myriam Tangi s’en empare, non pour dénoncer une discrimination, mais pour construire une vision différenciée et un projet artistique où se conjuguent ses recherches formelles et un récit puisant aux sources du judaïsme ».

« Si la séparation est une nécessité, que vient-elle nous enseigner lorsqu’elle sépare les hommes et les femmes ? Si la séparation n’est pas une ségrégation, mais est synonyme de liberté, elle ne doit pas rimer avec relégation : cette place peut et doit être repensée. J’ai donc été amenée à diviser la problématique de la mehitza en deux : séparation et place. D’où la nécessité également de repenser la notion d’“égalité” ».

Peintre, photographe, poète, Myriam Tangi a été distingué par de nombreux Prix, dont un prix de l’Académie française et un autre de la fondation de la Vocation. Ses œuvres ont été montrées dans de nombreux pays.

Vers le milieu des années 2000, lors d’une cérémonie a eu lieu dans une célèbre synagogue de la rive droite parisienne, des fidèles Juives, souvent quinquagénaires ou sexagénaires, ont délaissé les sièges qui leur étaient affectés au premier étage, et en raison de la faible assistance, se sont assises dans l’espace du rez-de-chaussée. Devant l’afflux croissant, elles ont été priées de se lever pour monter au premier étage. Tollé ! Refus. « J’y suis, j’y reste ». Les dirigeants de la synagogue n’en revenaient pas. Ils ne comprenaient pas que ces femmes refusent de monter les marches d’un escalier étroit pour rejoindre « leur » espace. Finalement, ils ont respecté leur choix.

Certaines synagogues, notamment celle de la rue Buffault, n’ont pas de mehitza. D’autres affectent un étage aux femmes qui peuvent suivre l’office, sans entrave sous forme de rideaux ou de grillages.

Cette séparation s’effectue selon diverses modalités. La « néo-orthodoxie » (Shmuel Trigano) organise une opacité notamment par des vitrages.



Le 21 mai 2017, la Maison d’Etude Juive au Féminin (MEJF) organisera à la grande synagogue de la Victoire, un après-midi de réflexion sur le thème de la Mehitza.


Jusqu’au 24 janvier 2016
Hôtel de Saint-Aignan
71, rue du Temple. 75003 Paris
Lundi, mardi, jeudi, vendredi de 11 h à 18 h, dimanche de 10 h à 18 h, mercredi de 11 h à 21 h

Visuels : @ Myriam Tangi
Affiche
Jérusalem, 1991

Paris, 2007

Maroc, 1985

Paris, 2004

Paris, 2008

Jérusalem, 2010

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Les citations sont extraites du dossier de presse. Cet article a été publié le 24 janvier 2016.

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