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mercredi 24 février 2021

« Honour » de Richard Laxton

Arte diffusera le 26 février 2021 « Honour » (Die Ehre Der Familie) de Richard Laxton. « Après la disparition d’une jeune femme d’origine kurde, l’inspecteur en chef Caroline Goode mène l’enquête. Cette haletante fiction retrace un tragique fait divers qui a secoué la Grande-Bretagne en 2006 » : le "crime d'honneur" dont a été victime 
Banaz Mahmod.

« Les crimes d'honneur ne sont pas réservés aux provinces reculées du Pakistan, de la Turquie ou de l'Inde. En Europe occidentale aussi, des jeunes femmes sont torturées et tuées par des membres de leur famille à cause de leurs fréquentations, de leur façon de s'habiller ou de leur refus de se soumettre à un mariage forcé. En clair, parce que leur attitude laisse planer un doute sur leur virginité. C'est le constat de la fondation suisse Surgir, spécialisée dans la lutte contre les violences faites aux femmes » (Le Monde, 15 novembre 2011).

Et le quotidien de poursuivre : « Très prudent dans sa volonté de ne "stigmatiser" aucune communauté, le rapport publié par Surgir établit  un lien direct entre ces assassinats et l'immigration, tout en soulignant que, "majoritairement pratiqué au sein des communautés musulmanes, le crime d'honneur l'est aussi par les communautés sikhs, hindoues et chrétiennes… Aux Pays-Bas, la police estime que treize meurtres ont été commis en 2009 au nom de l'honneur ; au Royaume-Uni, une douzaine de cas sont recensés chaque année ; en Allemagne, soixante-douze jeunes filles ont été tuées en dix ans ; en France, depuis 1993, une dizaine de cas ont été évoqués dans les médias, en grande majorité dans les communautés indiennes, pakistanaises, sri-lankaises, kurdes et turques… » 

« Le Parlement européen et le Conseil de l'Europe ont avancé pour la première fois en 2003 des recommandations d'ordre général. Mais seuls les Pays-Bas et le Royaume-Uni ont adopté un dispositif complet, alliant prévention auprès des associations d'immigrés, protection des témoins, formation des policiers et création d'unités spéciales. Dans les textes britanniques, le mot "honneur" est, à la demande explicite du gouvernement, précédé de la mention "so called" ("prétendu")… La fondation Surgir appelle les autres Etats européens à prendre des mesures – le code pénal italien prévoit notamment une réduction de la peine pour les crimes commis sur fond de "traditions culturelles" – tout en soulignant qu'un durcissement des législations entraîne systématiquement une hausse des suicides maquillés et pousse les familles à désigner un meurtrier mineur qui sera moins sévèrement jugé » (Le Monde, 15 novembre 2011).

Professeur émérite de psychologie et d'études sur les femmes, Phyllis Chesler a souligné les différences entre crimes passionnels ou violences domestiques et « crimes d’honneur » (honor killings). Si ceux-ci sont des « conspirations familiales » louées par la société – l’assassin est considéré comme un héros ayant « lavé l’honneur sali de la famille » - et non sanctionnées par la justice, les crimes passionnels suscitent la réprobation générale et sont punis par des peines d’emprisonnement. Elle a distingué aussi les « crimes d’honneur » islamiques des crimes familiaux hindous ou sikhs, localisés dans le nord de l’Inde « vraisemblablement le produit d’un clash entre valeurs traditionnelles et modernes, intensifiées par une croissance économique élevée et une mobilité sociale croissante ». Elle a souligné que l’Inde a agi contre ces crimes dits « d’honneur » et que « les millions d’Hindous ou de Sikhs ne les amènent pas avec eux dans les pays occidentaux où ils immigrent ».

« Honour » (Die Ehre Der Familie) de Richard Laxton évoque un « crime d’honneur » dont a été victime Banaz Mahmod (1985-2006), Irakienne kurde arrivée à l'âge de dix ans en Grande-Bretagne et vivant à Mitcham, au sud de Londres (Angleterre), et tuée - un assassinat décidé en conseil de famille - parce qu'elle avait mis fin à un mariage forcé conclu lorsqu'elle était adolescente - elle avait été battue et violée par son mari originaire, comme sa famille, de Qaladiza - et avait débuté une relation avec un homme qu'elle avait choisi, Rahmat Sulemani. Elle avait eu connaissance du complot, visant son ami et elle, en écoutant une conversation téléphonique entre sa mère et son frère. Elle a été violée, puis tuée. Son père, son oncle et ses trois cousins - deux avaient fui en Kurdistan irakien, puis en avaient été extradés en 2009 - ont été condamnés à des peines d'emprisonnement pour meurtre. 

"Son père, Mahmod Babakir Mahmod, a été reconnu coupable de son meurtre et emprisonné pendant 20 ans tandis que son oncle, Mahmod Babakir Mahmod, a également été reconnu coupable de l’avoir tuée et condamné à 23 ans. Mohamad Marid Hama, l’un des hommes qui ont tué Banaz après l’avoir soumise à des heures de torture et de viol, a également été reconnu coupable de son meurtre et condamné à 17 ans de prison. Lors d’un deuxième procès pour meurtre, Mohammed Saleh Ali et Omar Hussain ont également été reconnus coupables du meurtre de Banaz et emprisonnés respectivement 20 et 21 ans".

« Depuis trois semaines, Rahmat Suleimani est sans nouvelles de sa petite amie, Banaz Mahmod, 20 ans, récemment divorcée ». 

« Rongé par l’angoisse, le jeune homme demande l’ouverture d’une enquête pour disparition inquiétante ». 

« Chargée de l’affaire, l’inspectrice en chef Caroline Goode commence par interroger les parents de la disparue, des Kurdes originaires d’Irak ». 

« Tandis que la mère demeure mutique, son père assure que leur fille n’a pas disparu et qu’elle mène sa vie comme elle l’entend ». 

« Après avoir retrouvé Bahkal, la sœur aînée de Banaz qui a, elle aussi, fui sa famille, les enquêteurs orientent leurs soupçons vers Mohamed Hama, un lointain cousin ». 

« Recherché comme témoin clé dans l’affaire, il se présente au commissariat en clamant son innocence, mais est interpellé à l'issue de son interrogatoire et placé en détention provisoire ». 

« L'équipe de Caroline obtient alors l’autorisation d’enregistrer ses appels téléphoniques en prison et découvre, grâce au concours d’un traducteur, qu'il se vante auprès de ses interlocuteurs d’avoir participé à l’assassinat de la jeune femme… »

« S’appuyant sur l’enquête opiniâtre conduite et racontée dans un livre (Honour) par la véritable Caroline Goode (décorée de la Queen’s Police Medal, plus haute distinction pour service rendu dans la police au Royaume-Uni), ce haletant polar s’empare d’un tragique fait divers qui a secoué la Grande-Bretagne en 2006 ». 

« Écrit par Gwyneth Hughes (La foire aux vanités), le scénario pointe tout à la fois les carences de l’institution policière qui, à cinq reprises, n’a pas pris au sérieux les menaces visant la jeune Banaz, et les règles d’un code d’honneur patriarcal appliqué par des membres de la communauté kurde ». 

« Débutant comme une course contre la montre pour retrouver vivante la jeune disparue, l’intrigue se mue au fil des interrogatoires et des indices réunis en une quête obstinée pour confondre ses bourreaux et les traduire en justice. »

Si le film a été loué par la critique, certains médias, dont The Daily Telegraph, ont reproché au film de se concentrer plus sur Caroline Goode et son enquête policière que sur Banaz Mahmod.


« Honour » de Richard Laxton
Royaume-Uni, 2020, 89 min
Production : Hera Pictures, en association avec Buddy Club Production et Britbox/BBC & ITV
Scénario : Gwyneth Hughes, d'après le livre éponyme de Caroline Goode
Production : Hera Pictures
Productrice : Alliea Nazar
Producteurs exécutifs : Peter Kosminsky, Liza Marshall, Gwyneth Hughes, Keeley Hawes
Image : Laurens De Geyter
Montage : David Blackmore
Musique : Matthew Herbert
Costumes : Lauren Miller
Décors de film : Christina Moore
Chargé(e) de programme : Virginie Padilla
Son : Grant Bridgeman
Avec Keeley Hawes (Caroline Goode), Buket Komur (Banaz Mahmod), Michael Jibson (Stuart Reeves), Mark Stanley (Andy Craig), Moe Bar-El (Rahmat Suleimani), Rhianne Barreto (Bekhal Mahmod), Ahd (Diana)
Sur Arte le 26 février 2021 à 20 h 55
Disponible du 19/02/2021 au 27/03/2021
Visuels : © Itv Global Entertainment Limited

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