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mardi 15 mars 2016

Résistance en région parisienne


A l’occasion du 70e anniversaire de la création du Conseil national de la Résistance et du Comité parisien de la Libération, le Musée de la Résistance nationale de Champigny-sur Marne et le  Comité d’Histoire de la Ville de Paris ont présenté l’exposition éponyme. L’histoire complexe et héroïque de la Résistance, notamment Juive, dans la capitale française et dans sa région lors de la Deuxième Guerre mondiale, le rôle de l’Hôtel de Ville de Paris dans la Libération et l’influence de la Résistance après la Libération. Affiches, photographies, témoignages vidéos… Le Mémorial de la Shoah présente l'exposition Femmes en résistance.


« Oriana Fallaci », par Marco Turco
Régine Stépha Skurnik, ancienne combattante volontaire de la Résistance
Rose Valland (1898-1980)
Femmes et résistance
Résistance en région parisienne
Destinations Auschwitz. Convois des déportés tatoués

« Je vous salue vous qui dormez après le dur travail clandestin, imprimeurs, porteurs de bombes, déboulonneurs de rails, incendiaires, distributeurs de tracts, contrebandiers, porteurs de messages… », a écrit le poète Robert Desnos (1900-1945) dans Le Veilleur du Pont au change. Un poète déporté au camp de concentration de Theresienstadt ou Terezin, en Tchécoslovaquie.
Juillet 1940 : « deux étudiants jettent des tracts anti allemands dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne. Le 11 novembre, des lycéens et des étudiants manifestent près de la tombe du Soldat inconnu, sur les Champs Elysées ». Deux dates, deux événements symboles des débuts de la Résistance à Paris.

Cette exposition retrace l’histoire complexe des mouvements résistants à Paris et dans le département de la Seine (actuelle petite couronne) ».

Evoquant notamment la résistance Juive, elle « suit le parcours des résistants de la région parisienne des débuts de l’Occupation jusqu’à l’après-guerre. Le visiteur est invité à ressentir la Résistance comme une expérience, à réfléchir au sens et aux moyens de l’engagement résistant, dans le contexte particulier de l’Île-de-France, cœur de la France occupée. La démarche est inédite tant les spécificités de la Résistance parisienne n’ont jamais été étudiées en tant que telles ».

L’exposition  « explore les multiples formes qu’a pris la Résistance en région parisienne (manifestations contre l’occupant, création de journaux, de réseaux et de mouvements, lutte armée, solidarité avec les personnes pourchassées notamment). Elle retrace la vie clandestine de ces femmes et de ces hommes ».

Elle « explique comment la Résistance, mouvement pluriel par essence, s’est organisée, est coordonnée et unie – la naissance du Conseil national de la Résistance (CNR) puis d’un Comité parisien de la Libération (CPL) en 1943 chargé de préparer l’insurrection en témoignent. Originalité de l’exposition, elle ne s’arrête pas à la Libération mais interroge également le passage au grand jour de la Résistance et la réorganisation de la vie publique qu’elle opère en région parisienne (épurer, ravitailler, reconstruire, terminer la guerre) ».

Enfin, elle « questionne la mémoire de la Résistance et ce qui perdure aujourd’hui de cette histoire ».

Grâce à « près de 400 documents d’archives et objets – reproductions ou originaux –, photographies en particulier du stand de tir de Balard (15e) - le lieu a été utilisé par les Allemands pour exécuter plus d'une centaine de résistants -, courriers officiels, tracts, affiches, ouvrages, journaux, bijoux, trois reconstitutions (une imprimerie clandestine, un établi de faussaire, un intérieur avec poste émetteur à ondes moyennes utilisé en août 1944 symbolise le retour de la radio libre dans un studio d'essai installé rue de l'Université), de nombreux témoignages de résistants - cahier d'un plan d'évasion de ceux emprisonnés -, films d’époque et des surprises scéniques, le visiteur découvre une histoire méconnue et passionnante, se replonge dans l'atmosphère de la clandestinité ».

« Chaque visiteur se voit aussi remettre une fausse carte d'identité (une réplique de la carte d'identité de l'époque) : au fil du parcours, entre ombres et lumières, il pourra la faire tamponner après chaque chapitre de l'exposition ».

La résistance au quotidien
« Nous souhaitions retracer la résistance au quotidien. Par exemple, comment tirait-on un tract dans la clandestinité, comment fabriquait-on de faux papier », explique Charles Riondet, chercheur et commissaire de l’exposition.

"Imprimeurs, porteurs de bombes, déboulonneurs de rails, incendiaires..." Les « résistants parisiens ont eu de multiples parcours dès les débuts de l'Occupation et au-delà de la fin de la guerre. Il y a 70 ans, la Résistance, mouvement pluriel par essence, tente de s’organiser et s’efforce à l’unité et à la coordination : la réunification de la CGT au Perreux le 17 avril 1943, la réunion du Conseil national de la Résistance le 27 mai 1943, la naissance du Comité Parisien de la Libération, qui regroupe les mouvements de résistance au niveau parisien à partir de l'automne 1943, en sont quelques symboles ».

Des résistances multiformes sous contraintes
« Protéger, avertir, contester, lutter, construire »... Tels sont les objectifs de la Résistance.

« Manifester à la Sorbonne, revendiquer un meilleur salaire à l'usine, diffuser des tracts dans les marchés, soigner des clandestins malades dans les hôpitaux ... La Résistance à Paris et dans sa banlieue est composée d'une multitude d'actions dans des lieux divers, parfois inattendus, comme chez le célèbre joailler Cartier ».

Les « aspects quotidiens et pratiques du « vivre résistant », le problème de l'identité, les questions de sécurité, des rendez-vous, contacts et liaisons sont la préoccupation principale et journalière des résistants ». Le problème de l'identité se pose avec une gravité particulière pour les Juifs, français ou étrangers, titulaires de documents mentionnant leur judéité ou de faux papiers leur assurant une protection aléatoire selon la qualité du faussaire...

La Résistance parisienne « se développe aussi dans des lieux typiquement parisiens : l'Hôtel de Ville, l'Assistance publique, la préfecture de Police ».

La « région parisienne est le théâtre de nombreux processus de coordination et d'unification de la Résistance ».

Dès le Débarquement des Alliés en Normandie en juin 1944, l'ensemble de la Résistance parisienne converge sur l’impératif de l'insurrection à Paris, et concentre ses efforts vers cet objectif, malgré des opinions divergentes.

Les aspirations des résistants
Grâce à des « archives exceptionnelles », l’exposition évoque la multiplicité des mouvements de résistance, « détaille également le long chemin vers l'insurrection » d’août 1944 et « la Libération de la capitale, puis la participation des résistants à la reconstruction de la République ».

L’insurrection, c’est le « passage au grand jour de la Résistance. De la prise des bâtiments publics — symboles du pouvoir parisien et national — jusqu'aux barricades, la semaine de la Libération est nécessairement le temps fort de l'exposition. »

L’exposition souligne des « aspects plus méconnus, comme le travail des agents de la préfecture de la Seine dans les combats, ou comment les actions en banlieue parisienne ont joué un rôle primordial dans la victoire de la Résistance ».

Après la Libération, les résistants « doivent réorganiser la vie dans la Seine libérée, marquée par les douleurs de la guerre : épurer, ravitailler, reconstruire, terminer la guerre ».

La « mémoire de la Résistance parisienne et de la Libération se construit dès la fin de l’insurrection, par l'intermédiaire de très nombreuses manifestations, expositions et publications. Ces productions cristallisent pour longtemps la mémoire, dans un mouvement à la fois spontané et réfléchi politiquement ».

A la Libération, les « combattants poursuivent leur engagement. Beaucoup participent activement au retour de la République et à la reconstruction du pays. Retour des élections libres, premier vote pour les femmes et premières élues : l'expo revient aussi sur cette nouvelle ère démocratique ».

L’exposition vise à montrer « comment l'insurrection est le début d’une ère nouvelle. Les résistants dirigent alors la reconstruction, dans un contexte très difficile, marqué par les traumatismes de la guerre ».

« Simultanément, la mémoire de la Résistance parisienne, qui se confond généralement avec la mémoire de l'insurrection, se constitue grâce à de très nombreuses manifestations, expositions et publications, en relation ou en opposition avec la vie politique parisienne et nationale ».

   
Jusqu’au 25 avril 2013
A l’Hôtel de Ville

Salle des Prévôts. Entrée sur le parvis. 75004 Paris
Tous les jours de 10 h à 19 h

Visuels :
Affiche
Lecture du journal Libération sur une des barricades du carrefour Saint Michel – Saint Germain, photographie de Robert Doisneau, 22 août 1944
© Atelier Robert Doisneau


Croix de Lorraine et « V » gravés sur un arbre de l'avenue des Champs Élysées, à côté d'une affiche de l'exposition « Le Bolchevisme contre l'Europe ».1942
Coll. Musée de la Résistance nationale © MRN


Étoile de David en or, commandée en septembre 1942 à la Maison Cartier par Mme Françoise Leclercq, en réaction à la rafle du Vél’ d’Hiv’
Coll. Irène Danon © Danon


Moitié de carte postale, utilisée comme signe de reconnaissance par des résistants lors de rendez-vous, quand les deux protagonistes ne se connaissaient pas de vue. Munis à l'avance d'une moitié de carte, chacun était ainsi assuré qu'il s'agissait de la bonne personne.
Ce morceau de carte a été saisi par la Police au domicile de Roger Payen résistant parisien responsable de la diffusion de nombreuses publications clandestines.
Coll. Musée de la Résistance nationale © MRN


Les combattants de l'Hôtel de Ville dans le bureau du préfet de la Seine. 19-24 août 1944
Coll. Musée du Général Leclerc et de la Libération de Paris -Musée Jean Moulin © ML


Machine à écrire en caractère hébraïques utilisée à des impressions clandestines par Adam Rayski, résistant au sein de la section juive de la Main-d'œuvre immigrée (MOI).
© Musée de la Résistance nationale – Champigny.

Sous l'Arc de Triomphe, le Général Eisenhower remet à André Tollet, président du Comité parisien de la Libération, le blason du Grand Quartier général allié, en hommage à la Résistance parisienne, 8 septembre 1944, Coll. Musée de la Résistance nationale © MRN

L'arrivée de la 2e Division blindée à Paris. Extrait de La Bête est morte ! Quand la bête est terrassée, Calvo (illustrations) et Victor Dancette, Paris, Éditions GP, 1945.
Coll. Franck Laborey. © Gallimard /Franck Laborey



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Les citations proviennent du dossier de presse. Cet article a été publié le 25 avril 2013.

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