lundi 6 novembre 2017

« Ben Gourion, testament politique » par Yariv Mozer


« Ben Gourion, testament politique » (Ben-Gurion, Epilogue ; Ben Gurions Vermächtnis) est un documentaire réalisé par Yariv Mozer. Le montage d’une interview filmée de six heures de David Ben Gourion (1886-1973), ancien Premier ministre travailliste israélien, en 1968. Un représentant de la génération fondamentale de l’épopée sioniste au XXe siècle. Le Keren Hayessod et l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM) organisent une projection exceptionnelle du documentaire « Ben Gourion – Epilogue » de Yariv Mozer à Paris, le 6 novembre 2017 à 20 h au Cinéma Publicis, à Paris, et le 7 novembre 2017 à 19 h 30 au Cinéma Le Chambord  à Marseille. Les projections seront suivies d’un débat : « le Néguev, un enjeu pour le développement d’Israël » avec la participation exceptionnelle de Michaël Bitton, maire de Yérouham, ville du Néguev en pleine expansion et de son adjointe, Tal Ohana, et d'un apéritif cocktail.


En 1968, David Ben Gourion (1886-1973), « le père fondateur de l’État juif, retiré dans le kibboutz de Sde Boker depuis sa démission du gouvernement cinq ans plus tôt, accepte de se confier lors d’un entretien au long cours ».

A son intervieweur, jeune Juif américain, qui privilégie sa foi en lui et refuse toute croyance en Dieu, Ben Gourion répond : « Parler de la sorte c’est nier l’existence de Dieu. Et il n’y a rien dans ce monde sans Dieu ! »

Sioniste
Deux heures durant ; pendant trois jours consécutifs, il répond, souvent en anglais, aux questions posées sous l’objectif de la caméra.

Ces images inédites « ont été retrouvées dans les tiroirs de la fondation Spielberg, à l’université de Jérusalem, tandis que les bandes sonores se dissimulaient aux archives Ben-Gourion ». Yael Perlov les a découvertes tandis qu’elle assurait la restauration des œuvres de son père et documentariste David Perlov. Membre de l'Académie européenne du cinéma, du Forum israélien des réalisateurs de films documentaires et de l'Académie israélienne du cinéma et de télévision, Yariv Mozer a été « le premier Israélien à être intégré au programme européen des entrepreneurs de l'audiovisuel EAVE. « Les hommes invisibles », son film sur les homosexuels palestiniens a reçu le premier prix du Festival de cinéma LGBT de San Francisco, et Le Jardin des arbres morts a été projeté lors du festival international du film LGBT de Tel-Aviv.

En 1968, l’ancien Premier ministre israélien « y évoque son enfance en Pologne et son arrivée en Palestine » - non, en Eretz Israël -, « en 1906, son amour profond pour Paula, sa femme américaine et anarchiste, décédée quatre mois plus tôt – « Depuis que Paula est décédée, je suis seul. La moitié de moi-même » -, sa retraite paisible dédiée à l’écriture, à la marche et aux travaux communautaires, mais aussi son rapport à l’exercice du pouvoir et au projet sioniste » : « Un homme politique qui ne pense qu'à sa popularité et pas aux choses qui doivent être faites, qu'elles soient plaisantes ou non, est un homme dangereux », peut-on l'entendre dire. Ou encore : « Il vaut mieux se tromper en démocratie que d'adopter une autre conception ».

« Éloigné de la vie politique, David Ben Gourion analyse avec recul l’histoire de l’État hébreu, ses fondements et ses faillites (« Israël ne peut pas encore se vanter d’être une nation exemplaire », dit-il) ». Quelle nation est exemplaire ? En fait, Ben Gourion croyait que la mission de l’Etat consistait à accomplir l’idée biblique d’« am segulah » (Israël, bien propre de Dieu), nation exemplaire aux vertus élevées, chérie par Dieu. Interrogé pour savoir si l’Etat d’Israël a rempli cette mission, Ben Gourion répondit : « Pas encore ».

Associant des extraits de cet entretien et des archives variées - photographies, journaux télévisés, rencontres avec ses homologues, discours à la Knesset, fêtes pour ses anniversaires -, ce film Ben-Gurion, Epilogue fait « entendre la voix d’un leader dont les réflexions trouvent un puissant écho aujourd’hui, alors que le futur du conflit israélo-palestinien reste chargé de menaces ». Non, c’est un conflit né du refus islamique d’un Etat Juif.

A noter que la propagande arabe palestinienne a repris les mots et les maux du peuple juif pour les retourner contre Israël. Ben Gourion était surnommé gentiment « le vieux » (The Old Man). Arafat a posé lui aussi en « vieux sage ».

Le Keren Hayessod et l’Organisation Sioniste Mondiale (OSM) organisent une projection exceptionnelle du documentaire « Ben Gourion – Epilogue » de Yariv Mozer à Paris, le 6 novembre 2017 à 20 h au Cinéma Publicis, à Paris, et le 7 novembre 2017 à 19 h 30 au Cinéma Le Chambord  à Marseille. Les projections seront suivies d’un débat : « le Néguev, un enjeu pour le développement d’Israël » avec la participation exceptionnelle de Michaël Bitton, maire de Yérouham, ville du Néguev en pleine expansion et de son adjointe, Tal Ohana, et d'un apéritif cocktail.

"David Ben Gourion parle à bâtons rompus dans un entretien récemment retrouvé dans les archives Steven Spielberg du film juif, à Jérusalem. Cinq ans avant sa mort, en 1968, David Ben-Gourion accordait une interview à une équipe israélo-britannique qui voulait faire un film sur sa vie. L’ancien homme d’Etat, âgé de 82 ans, vivait alors reclus dans sa maisonnette de Sde Boqer dans le désert du Néguev, loin de la vie politique. Cet entretien a été retrouvé par Yael Perlov, monteuse et productrice du film, dans les archives Steven Spielberg de films juifs à Jérusalem alors qu’elle restaurait les films de son père, le cinéaste documentaire David Perlov. Le Premier ministre d’Israël, fondateur de Tsahal, y parle avec une franchise surprenante à la fois de sujets personnels, comme sa nostalgie pour sa femme Paula, décédée 4 mois auparavant, ses relations avec son père, ou encore son attirance pour le bouddhisme, et de son rôle dans l’histoire du peuple juif, ainsi que de ses angoisses quant à l’avenir de l’Etat qu’il a créé. À la fin de l’entretien, lorsqu’on lui demande s’il a peur pour Israël, Ben Gourion répond : « J’ai toujours eu peur. Ça ne date pas d’aujourd’hui. Cet État n’existe pas encore ».



« History is not moral ». L'Histoire n'est pas morale.

« God is everywhere ». Dieu est partout.

Eprouve-t-il des craintes pour son pays, Israël ? « Oh, I always feared. I always. Not just now… [I fear that] the state does not yet exist. It’s a beginning only. » Oh, je les toujours éprouvées. Toujours. Pas seulement maintenant. Je crains que l''tat n'existe pas encore. C'est seulement le début.

Sur le prophète Jérémie qu’il admire : « I have the feeling that what he was saying is true. He understood politics more than the kings,” Ben-Gurion said. “But he was unpopular ». Je sens que ce qu'il disait était vrai. Il a compris la politique plus que les rois... Mais il était impopulaire.

Sur les pionniers sionistes : « We wanted to create a new life, not the life that exists... I believed that we had a right to this country. Not taking away from others, but recreating it. » Nous voulions créer une nouvelle vie, pas la vie qui existe... Je croyais que nous avions le droit à ce pays. Pas prendre à d'autres, mais le recréer.

Notre avenir ne dépend pas de ce que d'autres nations disent, notre avenir dépend de ce que les Juifs font. Le Jour de l'Indépendance, 27 avril 1955.

      
« Ben Gourion, testament politique » par Yariv Mozer
Mozer Films, Arte, Radio Canada et la chaine 8 de la télévision israélienne, NDR, la Fondation Rabinovitch pour les Arts, la Fondation Makor, la Fondation Gesher, la Fondation Avi Chai, l'Institut Ben-Gurion Heritage, l'Institut Ben-Gourion pour l'étude du sionisme et le Fonds national juif, 2016, 54 min
Sur Arte le 23 mai 2017 à 22 h 40

Visuels
Dans les archives de la fondation Spielberg à l’université de Jérusalem ont été retrouvées des bobines de film contenant 6 heures d’une interview inédite de David Ben Gourion, l’une des principales icônes du mouvement sioniste et l’un des plus grands dirigeants de l’époque moderne. Nous sommes en 1968, il a 82 ans, cinq ans après avoir démissionné du gouvernement, cinq ans avant que le fondateur d’Israël et premier dirigeant du pays ne meure. Il vit dans sa maison isolée dans le désert du Néguev, symbole de son attachement à cette terre du sud d’Israël
© Courtesy of David Marks

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Les citations proviennent d'Arte et du documentaire. Cet article a été publié le 22 mai 2017.

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