Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

lundi 3 août 2020

« Une ère nouvelle - La Renaissance » par Martin Papirowski


Arte rediffusera le 4 août 2020 « Une ère nouvelle - La Renaissance » (Zeitenwende - Die Renaissance), documentaire par Martin Papirowski. « L'explosion des connaissances qui se produit, en Europe, à partir du XVe siècle, est le fruit d'une conjonction d'événements historiques, de la chute de Constantinople, en 1453, à l'invention par Gutenberg de l'imprimerie en 1455 ». 

Enluminures du Moyen Âge et de la Renaissance. La peinture mise en page 
« Une ère nouvelle - La Renaissance » par Martin Papirowski 
« Trois villes à la conquête du monde : Amsterdam, Londres, New York » par Frédéric Wilner 
« Luther, la Réforme et le Pape », par Thomas Furch
La fabrique des saintes images. Rome-Paris, 1580-1660
Cranach et son temps 
« Un âge de fer - La Guerre de Trente Ans » par Philippe Bérenger et Henrike Sandner  

"Période de renouveau artistique, littéraire et scientifique, la Renaissance débute au XIVe siècle en Italie du Nord. Véritable révolution de la pensée et de tous les champs artistiques, ce mouvement diffuse rapidement ses modèles dans toute l’Europe, où il domine jusqu’à la fin du XVIe siècle. Il transforme radicalement l’art occidental, mais plus profondément, au-delà des modes de représentation, il s’infiltre jusque dans le rapport de l’homme à la nature, au monde, à Dieu, à l’autre.
Le mot Renaissance est employé pour la première fois au XVIe siècle par Giorgio Vasari, père fondateur de l’histoire de l’art des Temps modernes, dans le célèbre recueil Vies des plus célèbres peintres, sculpteurs et architectes, pour évoquer le courant artistique apparu en Italie deux siècles plus tôt."

"La Renaissance s’épanouit sur près de trois siècles, en trois périodes successives : le Trecento (XIVe siècle), le Quattrocento (XVe siècle) et le Cinquecento (XVIe siècle). Dans son ouvrage, Vasari parle de trois âges : celui des précurseurs, Cimabue et Giotto, celui des initiateurs, Masaccio, Brunelleschi et Donatello, et enfin celui des maîtres accomplis, Bramante, Vinci, Raphaël et Michel-Ange, qui selon Vasari égalent et même dépassent ceux de l’Antiquité. Il faudra attendre le XIXe siècle pour que les historiens Michelet et Burckhardt étendent le concept de Renaissance à l’ensemble d’une civilisation."

"La Renaissance artistique succède à l’esthétique médiévale, dont il remet en cause les codes et les canons. Cette nouvelle forme de culture se caractérise en premier lieu par le regard porté sur l’Antiquité. Sa singularité tient à la restauration d’une grandeur passée, à la recherche de la leçon antique. Dès le Trecento, les hommes de lettres italiens Pétrarque et Boccace expriment une aspiration à la renovatio : cette reconquête trouve à Florence ses premières formes artistiques (voir la partie « Au cœur de la Renaissance : Florence »).

Cette série documentaire en deux volets relate « de manière pédagogique et vivante les grandes heures de la Renaissance ». 

Les « travaux et les chefs-d'œuvre des génies de la Renaissance ont révolutionné les connaissances dans de multiples domaines : architecture, sculpture, peinture, ingénierie, mais aussi mécanique, anatomie, astronomie, navigation et même comptabilité ». 

« Dans ce documentaire en deux parties, Martin Papirowski brosse aussi bien les portraits de ces hommes clés que des courants majeurs qui irriguent la société européenne. Enrichi par de nombreux zooms sur les monuments érigés à cette époque et des œuvres représentatives (tableaux, sculptures…), il donne à voir la Renaissance dans toute son incroyable modernité ».

Première partie
La profusion des connaissances qui survient, en Europe, dès le XVe siècle, résulte d'une « conjonction d'événements historiques ».

En 1453, la chute de Constantinople après un mois de siège par les troupes menées par Mehmed II, septième sultan de l'Empire ottoman, signe la fin de l’Empire romain d'Orient, dénommé aussi Empire byzantin, et sa disparition définitive comme entité politique et juridique. Elle cause la « fuite des érudits avec de précieux manuscrits vers l'Italie, à Rome et à Florence notamment ». 

« L'invention par Gutenberg de l'imprimerie à caractères mobiles en 1455, donne, quant à elle, une impulsion nouvelle à la diffusion des savoirs, aux débats d'idées et au développement du sens critique chez un grand nombre d'artistes et d'ingénieurs ».

C’est oublier en 1492 l’achèvement de la Reconquista (Reconquête) de l’Espagne par les rois catholiques, l’expulsion des Juifs de ce royaume hispanique…


La Peste noire décime l'Europe, et influe sur les mentalités. De nouvelles familles fortunées émergent.

Le David de Donatello est nu, grandeur nature. Il "est un jeune homme à la beauté presque féminine, d'un réalisme fascinant". Il se tient en contrapposto, ou hanchement. Une posture connue des sculpteurs antiques, et que se réapproprient les artistes de la Renaissance. Donatello a étudié le mouvement, en disposant d'une connaissance intime de l'anatomie, du système locomoteur : il sculpte un David en "une posture idéale, sans besoin de se raidir pour être droit ou se grandir". Cet "artiste-savant" a du disséquer occasionnellement des cadavres.

"Haut de cinq mètres, à la prestance imposante", le David de Michel-Ange illustre la perception de l'Homme à cette époque".

Au Moyen-âge, le taux d'analphabétisation s'élevait à 90%. Les "ecclésiastiques produisent des manuscrits protégés comme un trésor, et pouvaient parfois modifier le texte. Un copiste fabriquait 10 à 15 livres dans son existence". Le coût d'un livre ? Une ferme. Une "Bible nécessite l'abattage d'un troupeau de moutons. Progressivement, l'écrit devient plus accessible. Une partie croissante de la population peut participer aux débats, et devient plus sensible à la vérité, à la beauté des texte"s. Mayence, 1450 : Gutenberg réunit des systèmes d'impression, et recourt au moule, nécessaire aux caractères. Environ 400 éditions de la Bible paraissent dans les années qui suivent. "L'homme de la Renaissance se sent proche de Dieu, divin. Il se sent créé par Dieu à son image". Connaissant un grand succès, rapides à imprimer, les feuilles volantes, dont les tracts, couvrent trois thématiques : les histoires insolites, les enseignements religieux, la propagande politique et militaires. Les premières caricatures apparaissent.

A Murano, le miroir en verre est perfectionné, et offre un reflet moins déformé, plus net. 

Deuxième partie
Ce second volet « revient sur les hommes marquants de cette époque foisonnante, de Michel-Ange et Léonard de Vinci à Copernic et Cosme de Médicis, en passant par Charles Quint et Christophe Colomb ».

Ce « casting de rêve représente cette incroyable période que fut la Renaissance ? Tout s'imbrique alors : les causes, les conséquences, les inventeurs et les visionnaires qui vont favoriser l'expansion du savoir humain ».

Ces personnages historiques « reprennent vie sous les traits d'acteurs dans des reconstitutions formidablement vivantes ».

Curieux, passionné par la mécanique, Leonard de Vinci est peintre, sculpteur, inventeur, ingénieur... Il crée des rouages mystérieux. 1495: il est ordonnateur des fêtes chez les Sforza. Il y présente un chevalier mécanique, un automate disposant de systèmes de poulies et de câbles.


Les horloges sont les créations les plus sophistiquées à l'époque. Gagner de l'argent avec le temps demeure un tabou. La Bible "interdit le prêt à intérêt : le temps appartient à Dieu. Or, l'économie a besoin d'argent frais". Au XVIe siècle, des ordonnances autorisent le prêt à intérêt, mais à taux faible. Dès 1419, Zurich crée des bureaux de change qui accordent des crédits.


La mesure du temps est indissociable de l'examen des planètes et du Soleil. Certains savants affirment que le Soleil ne tourne pas autour de la Terre qui n'est pas le centre du monde. Copernic s'oppose à Ptolémée, au modèle géocentrique. Il est convaincu que le Soleil est au centre de l'Univers, et de la rotation de la Terre. Il refuse de publier ses thèses, par peur de se ridiculiser. Martin Luther critique Copernic, et le traite de "fou". Au XVIIe siècle, Galilée confirme les idées de Copernic.

Le bâton de Jacob permet aux navigateurs de se localiser, d'évaluer la latitude par des calculs astronomiques.


Pour Luther, le Vatican est une "nouvelle Babylone".


Le pape Jules II, surnommé "le Terrible" confie à Michel-Ange la décoration de la basilique Saint-Pierre qu'il fait décorer de fresques. Il fait abattre des monuments, modifie l'urbanisme.


Juifs
Alessandro Guetta est l’auteur du livre « Les Juifs d'Italie à la Renaissance  ». « Présente depuis l’époque de l’Empire romain, la communauté juive d’Italie est riche d’une histoire pluri-millénaire. À la Renaissance, elle a pleinement participé à cette formidable aventure culturelle que nous fait revivre Alessandro Guetta. Les études bibliques, talmudiques, la philosophie et la kabbale, mais aussi la linguistique, la poésie, le théâtre, connaissent une effervescence sans pareille, avant et après l’institution des ghettos. Pendant cent cinquante ans, les Juifs d’Italie ont su développer une culture à la fois fidèle à leur tradition et ouverte aux nouveautés de l’époque : en un mot, une culture juive « moderne ».
 
Art décrypté
Histoire diffusa les 1er novembre 2019 à 11 h 30 et 13 novembre 2019 à 11 h 45 "La Renaissance, revue et corrigée ! Soie, sexe et scandales", documentaire réalisé par Waldemar Januszczak (Grande-Bretagne, ZCZ FILMS LIMITED production, 2016). "Moderne, passionné et plein d’humour, le célèbre critique d'art britannique Waldemar Januczack décrypte cette fois-ci l’art du courant Renaissance, des peintres flamands aux grands maîtres italiens."

  
« Une ère nouvelle - La Renaissance » par Martin Papirowski
Allemagne, Italie, France, 2015
1er volet  : les 5 août 2017 à 20 h 50, 6 août 2017 à 16 h 35, 4 août 2020 à 09 h 25 (53 Min)
2e volet  : les 5 août à 21 h 45, 6 août 2017 à 17 h 25,  4 août 2020 à 10 h 20 (53 Min)

Visuels
Avec la chute de la ville de Constantinople, les élites ont fui à l'ouest et ont pu promouvoir le progrès dans l'Europe
La première pop star : Léonard de Vinci incarne l'artiste type de la star idéale
Le banquier et mécène Cosme de Médicis (au centre) a donné des millions pour les arts. Il va être connu dans l'histoire comme le plus grand mécène de la Renaissance
Michel-Ange, super génie de la Renaissance
Le premier architecte Filippo Brunelleschi a découvert la perspective centrale et à ouvert la voie à des dessins en trois dimensions. Il a révolutionné l'industrie de la construction à la Renaissance
Léonard de Vinci incarne l'image de l'artiste excentrique comme aucun autre dans la Renaissance 
A la Renaissance, les premières entreprises internationales commencent à émerger
Jacob Fugger était le banquier le plus célèbre de la famille Fugger. Du temps de son vivant, il devient l'homme le plus riche d'Europe
L'erreur de Christophe Colomb : Christophe Colomb a sous-estimé la taille de la Terre et a osé rechercher une route occidentale vers l'Inde
© Filmproduktion Stein

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sont extraites d'Arte et de l'éditeur. Cet article a été publié le 4 août 2017, puis le 2 novembre 2019.

Aucun commentaire:

Publier un commentaire