Citations

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mardi 17 mars 2020

La route de la soie



La "route de la soie" désigne un réseau remontant à l'Antiquité de voies commerciales, terrestres et maritimes, entre l'Asie et l'Europe, reliant des villes européennes ou arabes à la ville de Chang'an (actuelle Xi'an) en Chine, via Antioche, en Syrie médiévale (actuellement en Turquie). Les Juifs ont joué un rôle dans le commerce de la soie. "La Ceinture et la Route" est un vaste projet commercial et d'infrastructures, à visée géopolitique, reliant l'Asie à l'Europe et l'Afrique, proposé par la Chine. Dès le 16 mars 2020, Arte rediffusera la série documentaire La Route de la soie et autres merveilles (Abenteuer Seidenstraße)


La route de la soie était un faisceau de pistes par lesquelles transitaient de nombreuses marchandises, et qui monopolisa les échanges Est-Ouest pendant des siècles.

Comme le coton ou le lin, la soie est une fibre textile. Et particulièrement précieuse en raison de ses qualités : résistance, etc.

Sériciculture
L’origine de la soie diffère de celle du coton ou du lin : c’est un animal – araignée, chenille de papillons - qui la produit.

La soie de culture provient du cocon fabriqué par la chenille, ou ver à soie, du bombyx du mûrier. Quant à la soie sauvage, elle est produite par le ver à soie Tussah.

Chenille d’un papillon nocturne, le ver à soie se nourrit de feuilles de mûrier. Il sécrète une bave qui, en durcissant, se mue en un fil de soie, long de 800 à  1500 mètres, avec lequel le ver à soie construit son cocon en quarante jours. Cette durée brève a donc freiné l'exportation de ces chenilles via les routes terrestres.

Les avantages du fil de soie ? Sa force, son élasticité et son extrême longueur.

C’est la Chine qui, vers 2500 avant l’ère commune, a découvert la technique pour fabriquer la soie. Un secret jalousement gardé jusqu’en 560 et qui a suscité un commerce lucratif via la Route de la soie, tissu luxueux, brillants.

Les Juifs babyloniens « ont appris l’art de la sériciculture des Chinois peu après l’ouverture de la Route de la soie entre la Perse et la Chine au Ve siècle avant l’ère commune ». Marchands et fabricants juifs de la soie l’amenèrent à Alexandrie, en Egypte. Grâce à eux, l’industrie de la soierie est introduite en Espagne sous domination musulmane. Au fil de leurs exils, ces Juifs importèrent les techniques de production, commerce, tissage et de teinture de la soie. Au Moyen-âge, certains marchands juifs actifs dans le commerce entre l’Europe, l’Afrique du nord, le Moyen-Orient et l’Extrême-Orient étaient appelés des Radhanites ou Radanites. L’hébreu leur servait pour négocier. Ces commerçants juifs étaient d’autant plus appréciés dans un monde opposant sunnites aux chiites, musulmans aux chrétiens…

En Chine, les Juifs se sont installés à Kaifeng.

Certains taliths, ou châles de prière portés par les Juifs lors des offices de prières, sont faits en soie.

En Europe, la production débute au VIe siècle. Il faut attendre le XIIIe siècle pour que la France, notamment Lyon et les Cévennes, se lance dans cette activité.
« Les routes maritimes de la soie » (Seefahrer des Orients) - Expéditions arabes en Extrême-Orient (Arabische Entdeckungsreisen nach Fernost) et La Chine à la conquête des océans (Chinas Aufstieg zur Seemacht) –  est un documentaire décevant de Reinhard Joksch. « Sur les traces de la millénaire « route maritime de la soie », reliant l’Arabie à la Chine ». Une route longue "de 10 000 km sur trois continents", de la péninsule arabique à la Chine.

La « route maritime reliant l’Arabie à la Chine en passant par l’Inde constitue l’un des axes commerciaux les plus anciens de l’humanité, et le théâtre des chapitres les plus passionnants de l’histoire des échanges culturels ». 

« Longeant les côtes de trois continents, cette « route maritime de la soie » a vu se développer un commerce florissant, mais aussi de féroces guerres de religion et de conquêtes ». 

« Dans cette première partie, nous suivons les traces des explorateurs arabes qui commencèrent, il y a deux mille ans, à monter des expéditions en direction de l’Orient à bord de leurs voiliers rapides et manœuvrables – les légendaires dhow ou boutres ».

Les perles des émirats étaient échangées contre la soie et les épices de Chine.

« Ayant d’abord pour objectif le commerce avec l’Extrême-Orient, ces voyageurs s’affaireront, à partir du VIIe siècle et de la naissance de l’islam, à exporter cette religion nouvelle » qui se propage rapidement dans des contrées où "le bouddhisme ou d'autres religions n'étaient pas prosélytes". Le documentaire omet d'indiquer l'une des raisons de cet essor : le djihad.

"Génois et Vénitiens sont dépendants des intermédiaires moyen-orientaux", explique un historien. Ils privilégient longtemps la voie terrestre vers l'extrême-Orient. La chute de Constantinople leur impose d'emprunter une autre voie. Marco Polo souligne l'importance de la voie maritime permettant même des échanges de chevaux. Ses écrits ont été lus attentivement par Christophe Colomb.

L'approvisionnement en bois devient crucial, notamment pour les boutres arabes aux voiles triangulaires.

Âge d’or
« Avec ses biens convoités (porcelaine, épices, soieries...), la Chine devient au cours du premier millénaire une grande puissance maritime ».

Le « commerce maritime entre l’Arabie et la Chine a exercé une influence durable sur la culture européenne ». 

« Au XVe siècle, l’explorateur pionnier Zheng He impulse l’âge d’or de la navigation chinoise, en reliant le Moyen-Orient et l’Afrique de l’Est avec son imposante flotte de jonques légères ». 

Puis, « dans le sillage du Portugais Vasco de Gama, qui découvre un passage vers l’Inde en contournant l’Afrique, les navigateurs européens mènent ensuite la danse : Hollandais, Anglais et Espagnols s’engouffrent sur cette route maritime vers l’Orient, ouvrant la voie à de riches échanges culturels qui marqueront les siècles à venir ». Une nouvelle ère s'ouvre dans le commerce de la soie.

Néerlandais, Portugais, Anglais et Français installent leurs comptoirs dans les ports découverts lors des explorations.

La flotte des Ming souhaite imposer le versement à son profit de tributs.

Le documentaire « Les routes maritimes de la soie » de Reinhard Joksch s'avère décevant peu pédagogique, ne respectant pas la chronologie, débutant par le sultanat d'Oman et les navigateurs arabes, passant aux constructeurs de bateaux d'Indonésie, etc. alors qu'il aurait du s'ouvrir sur la Chine et son long privilège sur la soie, les brocards, etc. Il faut attendre la fin du second épisode pour entendre parler du ver à soie, des tisserands.

Unesco
Dans la liste du Comité du patrimoine mondial de l’Unesco figurent Roues de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan (Chine), Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan  (Kazakhstan), Routes de la soie : le réseau de routes du corridor de Chang’an-Tian-shan (Kirghizistan) et la Filature de soie de Tomioka et sites associés (Japon).

Croisière jaune
La Route de la soie a généré des industries textiles et alimenté les imaginaires d'auteurs et d'hommes d'affaires.

Elle a aussi inspiré la célèbre Croisière Jaune, « mission Centre-Asie » ou encore « 3e mission G.M. Haardt – Audouin-Dubreuil » filmé, raid automobile organisé par André Citroën en 1931-1932 afin de joindre Beyrouth à Pékin et d'« abolir les frontières géographiques, culturelles et politiques dans le monde ». Elle avait été précédée par la traversée du Sahara et la croisière noire.

Ce qui vaut à l'entreprise d'André Citroën, voulant prouver la supériorité technique de ses véhicules, d'être distinguée en 1932 par le Prix Henry-Deutsch-de-la-Meurthe de l'Académie des sports pour un "fait sportif pouvant entraîner un progrès matériel, scientifique ou moral pour l’humanité".

Israël
Un livre récent analyse les relations entre Israël et la Chine, de la Route de la soie à l'autoroute de l'innovation.

"Bien qu’Israël ait été le premier pays au Moyen-Orient à reconnaître le régime communiste de Mao Zedong, il a fallu attendre plus de quatre décennies pour que la Chine fasse de même. Ses relations amicales avec le monde arabe et ses liens avec l’Union soviétique avaient empêché des relations normales. "

"Depuis le 24 janvier 1992, jour de la cérémonie de la signature de l’accord établissant les relations diplomatiques complètes, les échanges bilatéraux avec la Chine ont été multipliés par 250 pour atteindre en 2018 plus de 15 milliards de dollars."

"Au cours des dix dernières années, le commerce, les investissements, la coopération technologique, le tourisme et les échanges entre les deux pays se sont développés rapidement et il ne fait aucun doute que les relations de la Chine avec Israël continueront de croître dans un avenir proche. Un millier d’entreprises israéliennes sont déjà installées en Chine et, ici, de nombreuses sociétés et compagnies chinoises contribuent au développement des infrastructures israéliennes, notamment dans les domaines ferroviaire, des télécommunications, de l’agriculture, des équipements en énergie solaire, et des produits pharmaceutiques. Il existe aussi une large coopération entre les universités dans les projets de recherche et d’innovation, notamment avec le Technion et les universités de Tel-Aviv et de Beersheva."

"La Chine est actuellement le troisième partenaire commercial d’Israël dans le monde et son plus grand partenaire en Asie. Plus d’un tiers des investissements de haute technologie en Israël sont d’origine chinoise. Le but est de pouvoir signer un accord de libre-échange qui augmentera considérablement le volume du commerce bilatéral."

Au début 2020, la pandémie de coronavirus a bouleversé ces relations. Par prudence, l'Etat d'Israël a interdit les vols vers la Chine, interdit l'entrée aux visiteurs en provenance notamment de ce pays.

La Ceinture et la Route
Les 14 et 15 mai 2017, Beijing (Chine) a accueilli le Forum de "la Ceinture et la Route" pour la coopération internationale, réunion internationale de haut niveau sur l'initiative "la Ceinture et la Route", vaste projet commercial et d'infrastructures, à visée géopolitique, reliant l'Asie à l'Europe et l'Afrique, proposé par la Chine. Coût : mille milliards de dollars, destinés principalement à ses groupes nationaux. Cette Route doit traverser le Cachemire, territoire disputé que réclament la Chine et l'Inde.

Arte
Dès le 16 mars 2020, Arte rediffusera la série documentaire La Route de la soie et autres merveilles (Abenteuer Seidenstraße) de Xavier Lefebvre. "Le grand reporter Alfred de Montesquiou suit les traces de Marco Polo, de Venise à Xi’an. Un fabuleux voyage à l'affût du dialogue secret des cultures, entre Orient et Occident."

"Grand reporter couronné du prix Albert-Londres, Alfred de Montesquiou a parcouru le Moyen-Orient pour rendre compte de ses crises et de ses guerres. Cette fois, c'est en voyageur curieux et ébloui qu'il traverse l'Italie, la Turquie, l'Iran, l'Ouzbékistan, le Kirghizistan et la Chine sur quelque 12 000 kilomètres, pour se faire passeur de savoirs et de rencontres, à l'affût du dialogue secret entre les cultures de l'Orient et de l'Occident. Brassant histoire religieuse, artistique et politique, traditions populaires et savantes, faits vrais et légendes, il parvient à partager avec une grande simplicité les bonheurs et les enseignements parfois érudits de ce fabuleux périple. Un hommage réconfortant à la beauté du monde et de l'humanité."

"Le point de départ pour son périple est le même que celui du plus fameux des voyageurs à l’avoir jamais parcourue, à la fin du XIIIe siècle : Venise, ville d’origine de Marco Polo. D’emblée, en explorant la basilique Saint-Marc, on regarde dialoguer les civilisations. D’une ancestrale fabrique de mosaïque, qui travaille toujours selon les techniques héritées de Byzance, à un atelier de tissage hors du temps, d'une restauratrice spécialiste de l'histoire de la gastronomie vénitienne à un spécialiste des légendes locales, cette promenade à la découverte des merveilles de la cité des Doges s'achève, au détour d’un canal, devant un trésor peu connu : la bibliothèque du monastère arménien de la lagune, avec ses quelque cent soixante-dix mille volumes composés dans toutes les langues de la route de la soie."

"Tabriz, capitale des marchands : découverte de l’Iran par le nord, dans la ville qui fut longtemps le centre névralgique de la route de la soie en Perse : Tabriz. Alfred de Montesquiou découvre l’Iran par le nord, dans la ville qui fut longtemps le centre névralgique de la route de la soie en Perse : Tabriz. Dans son bazar – le plus beau du pays, dit-on –, il flâne à travers allées et échoppes à la rencontre des commerçants et des badauds. Il s’entretient avec l'architecte Faribouz Esmaeli, qui fut en charge de la rénovation exemplaire de ce lieu unique. Tabriz est également le centre de la discrète mais ancienne communauté arménienne d’Iran. Après avoir visité l’église Sainte-Marie, Alfred de Montesquiou partage la table de l’archéologue Karen Sarkisian et de l’institutrice Narineh Sayadian. En quittant la ville, il s'arrête au caravansérail de Jamal Abad, face à de splendides paysages".


« Les routes maritimes de la soie » par Reinhard Joksch
Expéditions arabes en Extrême-Orient (Arabische Entdeckungsreisen nach Fernost) : sur Arte le 10 janvier 2017 à 15 h 30 (53 min)
La Chine à la conquête des océans (Chinas Aufstieg zur Seemacht) : sur Arte le 10 janvier 2017 à 16 h 25 (53 min)

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Les citations sont d'Arte. Cet article a été publié le 9 janvier 2017, puis les 14 mai et 1er décembre 2017.

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