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vendredi 8 juillet 2022

Les 80 ans de la rafle du Vel d'Hiv

Les 16 et les 17 juillet 1942, environ 13 000 femmes, hommes et enfants juifs étaient arrêtés à Paris et dans sa banlieue par la police française, internés au Vélodrome d’Hiver (Vél d'Hiv) puis déportés vers les camps de la mort. France Télévisions consacre « une grande soirée documentaire au cœur de la commémoration des 80 ans de la rafle du Vel d’Hiv’ », le Vélodrome d’Hiver, à ParisFrance 3 diffusera le 11 juillet 2022 à 21 h 10 et France 5 proposera le 17 juillet 2022 à 17 h 25 « La rafle du Vel d'Hiv, la honte et les larmes » par David Korn-Brzoza. France 3 diffusera le 11 juillet 2022 à 22 h 40 « Les suppliques » de Jérôme Prieur.
Rue des Rosiers. Le Marais juif, 1974-1975. Photographies d’Alécio de Andrade

« Les 16 et les 17 juillet 1942, près de 13 000 femmes, hommes et enfants juifs étaient arrêtés en région parisienne, envoyés vers le Vélodrome d’Hiver puis déportés vers les camps de la mort. Cette rafle, conduite par la police française, est l’un des événements les plus tragiques de l’Occupation. La rafle du Vel d’Hiv est devenue, dans la mémoire collective, le symbole le plus marquant du drame de la Shoah en France et des conséquences criminelles de la politique de collaboration menée par le gouvernement de Vichy. »

« À l’occasion du 80e anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv, France Télévisions propose une offre éditoriale exceptionnelle, pour raconter, témoigner et se rappeler. »

« Au cœur de cette programmation événementielle, une grande soirée documentaire le 11 juillet sur France 3, avec deux films inédits permettant de susciter la réflexion et de raviver et pérenniser notre mémoire collective ». 

« En première partie de soirée, La rafle du Vel d’Hiv, la honte et les larmes, réalisé par David Korn-Brzoza et coécrit avec l’historien Laurent Joly, mêle témoignages des derniers survivants, scènes d’animation et images d’archives pour faire revivre ce moment tragique. Ce documentaire est suivi du film Les suppliques, réalisé par Jérôme Prieur, coécrit avec Laurent Joly, fruit d’une longue enquête sur de bouleversantes « suppliques » écrites à l’administration française ou au maréchal Pétain par des hommes, des femmes, parfois des enfants, fichés, victimes de persécution, ou par leurs proches, cherchant par tous les moyens à desserrer le piège d’une bureaucratie froide et implacable, sans savoir qu’ils s’adressent à leurs bourreaux. »

« Ces films très documentés apportent de nouvelles contributions essentielles et des regards forts sur cette sombre et abominable période de notre Histoire. Ils s’adressent au plus grand nombre et visent à sensibiliser toutes les générations aux conséquences de la haine, du rejet de l’autre et de l’antisémitisme. »

« Les antennes numériques, les éditions d’information et les contenus éducatifs sur Lumni participeront à l’importante mobilisation de France Télévisions autour des 80 ans de la rafle du Vel d’Hiv ».

« La rafle du Vel d'Hiv, la honte et les larmes »
France 3 diffusera le 11 juillet 2022 à 21 h 10 et France 5 proposera le 17 juillet 2022 à 17 h 25 « La rafle du Vel d'Hiv, la honte et les larmes » par David Korn-Brzoza.

« Près de 13 000 Juifs sont arrêtés en région parisienne les 16 et 17 juillet 1942, dont 8 000 envoyés vers le palais des sports du Vélodrome d’Hiver avant d’être déportés. C’est, de loin, la plus grande rafle menée par la police française dans la France occupée. Il n’y a aucun équivalent en Europe de l’Ouest. À partir de recherches inédites, ce film mêlant témoignages des derniers survivants, scènes d’animation et images d’archives retrace l’histoire de cette terrible opération. »

« 12 884 femmes, hommes et enfants arrêtés à Paris en un peu plus de 24 heures et envoyés vers les camps de la mort durant l’été 1942. Il n’y avait pas de mots pour qualifier une telle opération – les policiers chargés des arrestations parlèrent de « rafle monstre ». Il n’existait aucun précédent historique – le seul parallèle venant à l’esprit des contemporains étant la Saint-Barthélemy, ce massacre de plusieurs milliers de protestants à Paris à l’été 1572… »

« Plus de 8 000 Juifs arrêtés les 16 et 17 juillet 1942 ont été envoyés vers le palais des sports du Vélodrome d’Hiver (XVe arrondissement), à deux pas de la tour Eiffel, avant d’être déportés. L’expression « rafle du Vel d’Hiv » s’est imposée dans la mémoire collective, au point de devenir le principal repère mémoriel sur la France des années noires. En 1995, c’est sur les lieux de l’ancien vélodrome que le président Jacques Chirac a reconnu la responsabilité de l’État français dans la déportation des Juifs. La rafle du Vel d’Hiv est devenue le symbole absolu du drame de la Shoah en France et des conséquences criminelles de la politique de collaboration menée par Vichy. Cette livraison aux nazis de milliers d’innocents, au mépris de la convention d’armistice, juge définitivement le régime pétainiste.

Paradoxalement, la grande rafle des 16 et 17 juillet 1942 n’a jamais été racontée du point de vue de son organisation policière et des témoins des événements. À partir de recherches menées dans des archives inédites ou rarement explorées, ce film retrace l’histoire de cette rafle telle que l’ont vécue Juifs pourchassés et policiers traqueurs, depuis sa planification dans les bureaux de Vichy jusqu’à son déroulement heure par heure dans les rues parisiennes. En se focalisant sur l’événement le plus marquant de la France occupée, c’est toute la politique de Vichy et le rapport de la société française à l’égard des Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale qui sont mis en lumière. »
 
« Les témoins
Le film donne la parole aux derniers survivants de la rafle. Ils étaient enfants ou adolescents à l’été 1942. Ils sont les ultimes rescapés de la Shoah en France. Ils délivrent une parole forte et émouvante. La somme de leurs récits personnels forme une mosaïque, qui dessine la grande histoire de la rafle du point de vue des victimes. Ils sont également revenus sur la façon dont ils ont échappé au destin tragique qui les attendait, leur survie dans la France occupée, puis dans celle de l’après-guerre.
Léon Fellman (17 ans au moment de la rafle)
Rachel Jedinak (8 ans au moment de la rafle)
Annette Krajcer-Janin (13 ans au moment de la rafle)
Jenny Plocki (17 ans au moment de la rafle)
Joseph Schwartz (15 ans au moment de la rafle)
Arlette Testyler (8 ans au moment de la rafle)
Esther Senot (14 ans au moment de la rafle)
Annette Zaidman (8 ans au moment de la rafle) »
 
« Note d'intention de David Korn-Brzoza, réalisateur »

« Raconter, comprendre, transmettre
Raconter l'inimaginable, une rafle « monstre » : la rafle du Vel d'Hiv.
Mais la rafle du Vel d'Hiv, pour beaucoup, reste quelque chose d'assez flou. Le Vel d'Hiv, c’était quoi ? C’était quand ? C’était où ?
Pour raconter cet épisode tragique, j'ai souhaité que l'on puisse voir ce vélodrome dont nous avons tant entendu parler. Il n'existe qu'une seule photo de la rafle. Grace aux modélisations 3D, nous avons pu reconstituer le stade du Vel d'Hiv et le situer sur un plan de Paris. Il n'était qu'à 800 mètres à peine de la tour Eiffel.
Pour comprendre comment la rafle s'est déroulée, il a fallu ouvrir les archives rares ou inédites, éplucher les milliers de dossiers, les fiches, les procès-verbaux, les circulaires, les ordres signés, les rapports de préfets, les listes de déportation et bien saisir comment Vichy et l'occupant se sont réparti les tâches.
Il a fallu également rassembler et scruter des centaines d'heures d'archives audiovisuelles pour y déceler les images relatives à cette histoire, comme ces plans de Bousquet et Oberg au Vel d'Hiv quelques semaines après la rafle. 
Ces recherches, menées avec Laurent Joly, permettent de ne pas tomber dans les pièges des films ou livres précédents. Car l'histoire s'affine grâce au travail des historiens. On découvre que la rafle ne s'est jamais appelée « opération vent printanier », contrairement à une idée longuement partagée. On se rend compte que certains clichés, légendés à l’époque « rafle du Vel d'Hiv », représentaient en réalité des collaborateurs arrêtés lors de l'épuration en 1944 : il n'existe à ce jour qu'une seule photo de la rafle.
Grâce aux travaux de Serge Klarsfeld, nous avons pu mettre des visages sur ces listes infinies de noms de victimes. Son immense album des enfants donne le vertige. Des milliers de visages. Des milliers de déportés. Déporté, un mot dont on oublie la terrible réalité qu'il recouvre. Car derrière lui se cache un enfer : Train, wagon à bestiaux, voyage interminable, chiens, miradors... un enfer d'autant plus grand qu'il n'épargne personne, pas même les enfants qui ne comprennent pas ce qui leur arrive. Ils suivent les adultes, ils obéissent, ils font ce qu'on leur demande, et au bout du chemin, au bout du voyage, c'est une gare inconnue Auschwitz, puis la mort. Comme l'écrit Charlotte Delbo : « Il est une gare où ceux-là qui arrivent sont justement ceux-là qui partent... »
Pour transmettre, nous avons retrouvé les hommes et femmes qui ont vécu la rafle. Ces témoins directs avaient entre 8 et 17 ans en 1942. Tous se souviennent de leur arrestation, de leur séparation, de leur miraculeux sauvetage... et des fantômes du passé.
Le choix de construire le film sur la parole des témoins s'est rapidement imposé. C’est le dernier moment pour recueillir leur histoire, le dernier moment pour qu’un tel film existe. Dans quelques années, il sera trop tard. Nous les avons interviewés avant même d'entrer en production.
Léon Fellman est décédé depuis. Précieuses paroles. Parcelles de vie. Parcelles de mémoire qui jalonnent la grande histoire. Ils racontent ce que les plus de 12 000 autres raflés de ces jours de juillet 1942 n'ont jamais pu raconter.
Tout cela dans l'espoir de comprendre enfin la page la plus sinistre de l'histoire de l'occupation. Une histoire où, pour reprendre les mots de Jacques Chirac, « la France a livré ses protégés à leurs bourreaux ». Une histoire de crime contre l'humanité ; une histoire faite de honte et de larmes. »

« Note d'intention de Dominique Tibi, productrice »

« Ce film est le résultat d’un travail de deux années et je suis fière, grâce à France Télévisions et nos partenaires, d’avoir permis à l’équipe constituée autour de Laurent Joly, historien, d’accomplir cet incroyable travail de recherche. Des archives de la préfecture de Police de Paris aux archives Nationales en passant par les Archives de Paris pour éplucher les registres des écoles et les archives de l’APHP, ce sont des centaines de documents inédits qui ont été retrouvés. Ils sont aujourd’hui présents dans le documentaire et ont offert la matière nécessaire à l’écriture de cette enquête implacable sur ce qui s’est passé, concrètement, les 16 et 17 juillet 1942. Ces recherches ont également donné lieu à l’écriture de La Rafle du Vel d’Hiv, un livre publié récemment chez Grasset.
La force de ce film repose également sur le talent, la sensibilité, l’exigence du réalisateur David Korn-Brzoza qui a réussi à restituer comme si nous y étions, un récit heure par heure porté par les voix dignes et émouvantes des témoins de l’époque. Ce n’est pas leur faire injure que d’affirmer avoir le sentiment de vivre cette rafle comme si on y était.
Une de nos témoins nous a confié avoir retrouvé pour la première fois la réalité crue de ses souvenirs à travers la reconstitution 3D très réussie.
Il est essentiel que ce film soit vu par le plus grand nombre. Notre devoir est de permettre à toute une génération de connaître cet épisode de notre histoire. »


« Les suppliques »
France 3 diffusera le 11 juillet 2022 à 22 h 40 « Les suppliques » de Jérôme Prieur.

« Depuis la défaite, les nazis qui sont les maîtres de la zone occupée puis l’État français, qui règne depuis Vichy sur la zone dite libre, ordonnent aux Juifs d’aller se faire recenser. À partir du printemps 1941, qu’ils soient français depuis plusieurs générations ou naturalisés depuis quelques années, étrangers réfugiés en France ou apatrides chassés de leur pays, ils sont fichés, arrêtés, ou menacés à tout moment. »

« Alors, eux-mêmes ou leurs proches écrivent à l’administration, ou directement au maréchal Pétain qui leur semble être l’ultime recours. Ces requêtes s’appellent des Suppliques. Des hommes, des femmes, parfois des enfants, cherchent donc, comme ils peuvent, par tous les moyens, à desserrer le piège. Ils s’adressent à leurs bourreaux, mais ils ne le savent pas. C’est leur voix que nous entendons aujourd’hui. C’est leur vie qu’ils confient et qu’ils espèrent sauver… « 

« Le film de Jérôme Prieur repose sur le travail d’enquête mené depuis plusieurs années par l’historien Laurent Joly sur 43 cartons retrouvés contenant des milliers de lettres inédites, récemment inventoriées. »

« Ces lettres, surchargées, suppliantes, pathétiques ou indignées, sont autant de témoignages d’une richesse inouïe, au plus près de la persécution. Centralisées et classées par le Commissariat général aux questions juives, sorte de ministère français de l’antisémitisme, elles font l’objet de réponses, personnalisées parfois, souvent hypocrites, justifiant une fin de non-recevoir froide et implacable. » 

Les Suppliques, un film réalisé par Jérôme Prieur, co-écrit avec Laurent Joly - Extrait from LA GENERALE DE PRODUCTION on Vimeo.

« Suppliques Stories »
« Suppliques Stories » est réalisé par Andrés Jarach.

« La progressive web app Suppliques Stories propose une adaptation fictionnelle de douze Suppliques, ces lettres envoyées par les familles juives victimes de la persécution aux autorités de Vichy. Elles constituent de précieux témoignages d’une époque sombre de notre histoire. »

« Des milliers de lettres envoyées par les familles juives victimes de la persécution aux autorités de Vichy, le maréchal Pétain en tête, ont été mises au jour par l’historien Laurent Joly dans les archives du Commissariat général aux questions juives, sorte de ministère français de l’antisémitisme pendant la Seconde Guerre mondiale. »

« Les douze lettres sélectionnées, dites Suppliques et écrites entre 1941 et 1942, mettent en lumière la logique de persécution du régime de Vichy et permettent d’être au plus près de l’imaginaire des réprouvés et contredisent la représentation fréquente des victimes, passives. »

« Les conversations digitales de Suppliques Stories sont des adaptations fictionnelles de ces lettres, sous la forme d'échanges contemporains. Elles ont été conçues à partir d’éléments biographiques historiques, précis et documentés. Ces conversations proposent une immersion dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et de l’occupation en France. Tout en étant fidèle à l’Histoire, la grammaire numérique permet un rapport presque physique à ces archives. »

« Suppliques Stories a gagné le Grand Prix Pixii au festival Sunny Side of the Doc 2022. »


France, 103 min
Ecrit par Laurent Joly et David Korn-Brzoza
Librement inspiré de l’ouvrage L'État contre les juifs de Laurent Joly (Editions Grasset & Fasquelle, 2018)
Raconté par Vincent Lindon
Produit par Dominique Tibi, Roche Productions, avec la participation de
France Télévisions et Histoire TV, avec le soutien du CNC, de la Région Île-de-France, du Ministère des Armées, de la Procirep, et de l’Angoa-Agicoa, de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah, de la Fondation Rothschild-Institut Alain de Rothschild 
Pôle histoire et culture : Emmanuel Migeot et Clémence Coppey
Directrice des documentaires : Catherine Alvaresse
Adjointe : Julie Grivaux
Sur France 3 le 11 juillet 2022 à 21 h 10 et sur France 5 le 17 juillet 2022 à 17 h 25

« Les suppliques » de Jérôme Prieur
France, 63 min
Coécrit avec Laurent Joly
Production : La Générale de Production, Alexandre Hallier
Avec la participation de France Télévisions
Pôle histoire et culture : Louis Castro
Directrice des documentaires : Catherine Alvaresse
Adjointe : Julie Grivaux
Sur France 3 le 11 juillet 2022 à 22 h 40

« Suppliques Stories » de Andrés Jarach
Ecrit par Julie Bertin, Jade Herbulot, Andrés Jarach
Scénario : Julie Bertin, Jade Herbulot
Conseiller historique : Laurent Joly
Production : France Télévisions, La Générale de Production
En partenariat avec Le Centre national du cinéma et de l’image animée, La Fondation pour la Mémoire de la Shoah
Format : Progressive web app (PWA)
Disponible dès le 17 juillet 2022 https://www.suppliques-stories.com/


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