dimanche 3 juillet 2016

« Les otages d’Entebbe - Le combat d’Israël contre le terrorisme » de Thomas Ammann


Dans la nuit du 3 au 4 juillet 1976, sur l’aéroport d’Entebbe (Ouganda), a lieu le sauvetage extraordinaire par Tsahal de la centaine d’otages, essentiellement juifs et israéliens, détenus par des terroristes allemands et palestiniens ayant détourné, le 27 juin 1976, un avion d’Air France. La chaîne publique franco-allemande Arte a diffusé à une seule reprise, le documentaire allemand Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorisme (Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror) de Thomas Ammann (2009). Un film clair et intéressant sur ce "raid de l'impossible". 



Grâce à des archives souvent inédites et des interviews de personnes impliquées – politiciens (Shimon Peres), anciens militaires (Ehud Barak), otages, anciens terroristes allemands, diplomates -, ce documentaire de Thomas Amman rappelle le contexte de ce détournement d’avion.

Opération Thunderbolt
Enlèvements d’hommes d’affaires (Hans Martin Schleier) ou de politiciens, meurtres, prises d’otages… C’est par ces actes terroristes que des mouvements d’extrême-gauche allemands et italiens se rendent célèbrent dans les années 1970.

Aden (Yémen) est alors le « fief de l’Internationale terroriste, le centre de formation du combat armé ».

Le Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) y « organise des camps d’entrainement pour terroristes venus d’Allemagne, d’Italie, du Japon ou de l’Amérique latine. Pour mener à bien ses opérations, le médecin » Wadi Haddad (Abu Ani), chef du « bras armé du FPLP. Ce « fils de réfugiés palestiniens, est spécialisé dans les détournements d’avions ». Il « recrute volontiers des mercenaires allemands issus des Cellules révolutionnaires ou de la Fraction Armée Rouge » (FAR).

« Les gens des CR sont devenus de plus en plus dépendants des Palestiniens. Pour finir, ils ont été sous leur coupe. Ce qui convenait à Abu Ani, car cela lui a permis de les manœuvrer un peu comme des pions », analyse Peter-Jürgen Boock, ancien membre des FAR.

« Il y a eu de violentes discussions parce que l’aile droite du Fatah regroupait des gens qui considéraient que le fascisme n’était pas allé assez loin, que cela leur aurait évité ce problème », se souvient Peter-Jürgen Boock, ancien membre de la FAR. Et Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR, de renchérir : « Il existe un antisémitisme dont on peut suivre le fil à travers toute l’histoire des Cellules révolutionnaires ».

Les « racines de cet antisémitisme remontent à la première moitié du XXe siècle. Amin al-Husseini, grand mufti de Jérusalem et principal chef religieux musulman de la région, attise la haine contre les juifs et leur déclare la guerre ».

Hadj Amin al-Husseini (1895-1974) « est responsable de la mort de milliers d’entre eux. A l’époque, il bénéficie du soutien d’Hitler et du chef SS Heinrich Himmler ».

« Le mufti s’est allié avec les nazis et il était vraiment à l’époque le leader des Palestiniens. Je ne dis pas que tous les Palestiniens l’ont suivi… Mais c’était le principal chef palestinien », précise Avi Primor.

Al-Husseini deviendra « le père spirituel de Yasser Arafat, leader de l’OLP. De plus, il est parent avec Ali Hassan Salameh, instigateur de l’attentat de Munich » en 1972.

« On vivait dans une atmosphère d’attentats terroristes. Il y avait eu l’attaque contre les sportifs israéliens aux Jeux olympiques [de Munich]… Cela faisait partie de notre quotidien. Les Palestiniens cherchaient à faire régner la terreur dans le monde. Et pour cela, ils s’étaient alliés avec les terroristes du monde entier », constate Avi Primor, ancien diplomate israélien en poste en France qui décrit l’opposition d’une majorité d’Israéliens à l’établissement en 1965 des relations diplomatiques entre Israël et la République fédérale d’Allemagne (RFA). Avi Primor insiste sur le changement de l’image d’Israël après la guerre des Six-Jours (1967) : « C’est l’époque où les étudiants et les jeunes ont découvert les Palestiniens… Les Israéliens n’étaient plus seulement les juifs qu’il fallait aider. Ils devenaient des occupants, des agresseurs, et les véritables opprimés, c’était les Palestiniens qu’on découvrait alors ».

Le chef du FPLP, « le plus grand ennemi des Juifs et d’Israël », organise le détournement d’un avion d’Air France par deux terroristes allemands des CR - Wilfried Böse, 27 ans, et Brigitte Kuhlmann, 29 ans, qui « a plongé elle aussi dans la clandestinité » - et deux Palestiniens.

« L’action terroriste était une sorte d’idée fixe pour Wilfried Böse. Il était toujours en train de préparer un attentat. Il avait tellement d’idées qu’il n’a jamais réussi à en mener une seule jusqu’au bout », observe Hans-Joaquim Klein, ancien membre des CR.

L’avion d’Air France reliant Tel-Aviv à Paris est détourné peu après son escale à Athènes (Grèce) avec ses 248 passagers et 12 membres d’équipage. Direction : Bengazi (Libye) car les terroristes espèrent le soutien du dictateur Kadhafi.

Dès la première réunion le 27 juin, le gouvernement israélien est divisé. Si le Premier ministre Yitzhak Rabin souhaite négocier, le ministre de la Défense Shimon Pérès privilégie l’option militaire pour libérer les otages. « Officiellement, on refuse de négocier avec les terroristes, mais dans la pratique, on fait toujours quelques tentatives car on ne sait jamais comment cela va se terminer. On peut très bien lancer une opération militaire et venir à bout des terroristes, mais on risque aussi de perdre les otages », relate Avi Primor.

Pendant les négociations avec les terroristes, l’armée israélienne prépare secrètement une opération pour libérer les otages avec des spécialistes du combat anti-terroriste. Depuis le détournement en 1972 d’un avion de la compagnie belge Sabena contraint d’atterrir à Tel-Aviv et l’intervention militaire ayant permis de sauver les otages à son bord – un passager était alors mort -, Israël s’était entraîné à la prise d’assaut.

Le général Matan Vilnaï, « ancien général parachutiste, rassemble une centaine de parachutistes en prévision d’une intervention ». Une « unité d’élite, des combattants anti-terroristes de la Sayeret Matkal ».

Le 27 juin, une jeune Britannique est autorisée à quitter l’avion. Puis, une infirmière feint une maladie et obtient des pirates de l’air sa libération. A Londres, elle est interrogée par les agents du Mossad. « Elle nous a dit [que les terroristes] étaient quatre : deux Palestiniens, une Allemande et un Allemand. Elle a décrit leurs armes et nous les avons identifiées », affirme Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste.

L’avion décolle pour rejoindre Entebbe en Ouganda où Idi Amin Dada, « dictateur sanguinaire », feint de jouer au médiateur entre les gouvernements et les terroristes, mais soutient ces derniers.

A l’instar des nazis, les terroristes opèrent une sélection parmi les otages. Parmi ceux-ci, seuls ceux détenteurs de passeports français – au nombre de 147 - sont libérés. Et 85 otages juifs ayant un passeport israélien sont parqués dans l’aérogare. « Une nouvelle fois, on assiste à une sélection entre juifs et non juifs. Et qui procède à cette sélection ? Des Allemands. Vous imaginez l’impact que cela a pu avoir », s’exclame Avi Primor.

Michel Bacos, commandant de bord de l’avion, et l’équipage se distinguent par leur solidarité avec les otages israéliens : évoquant l’« éthique de la profession », ce commandant souligne : « Pour nous, il n’était pas question d’abandonner une personne ».

Les terroristes exigent la libération de centaines de terroristes palestiniens emprisonnés en Israël, au Kenya, en France, en Suisse et en Allemagne ainsi que des terroristes allemands. Des cellules de crise fonctionnent au Quai d’Orsay (Paris) et à Bonn. « Si on relâchait [ces terroristes], ils allaient reprendre leurs agissements », résume Hans-Jochen Vogel, ancien ministre fédéral de la Justice.

Dora Bloch, septuagénaire souffrant de problèmes respiratoires, est séparée des autres otages pour être hospitalisée.

Israël obtient les plans du terminal de l’aéroport grâce à une entreprise israélienne ayant construit les pistes à l’époque des bonnes relations entre Israël et l’Ouganda. Convertit un avion cargo. Assure un entraînement intensif à ses jeunes soldats.

Le général de brigade Dan Shomron est nommé commandant en chef de l’opération. Il est assisté de Yonatan Netanyahou, officier de 30 ans issu d’une éminente famille israélienne et un des chefs de l’unité Sayeret Matkal. Il « nous a insufflé une confiance absolue en nous-mêmes, et en nos capacités. Son comportement était celui d’un homme qui maîtrisait parfaitement la situation. Nous étions très impressionnés par lui. Cela nous a beaucoup aidés pendant l’opération. Les instructions qu’il a données étaient extraordinaires. Je n’ai jamais entendu cela avant une opération », précise Amir Ofer, ancien officier de l’unité anti-terroriste.

Menée le 30 juin peu avant l’expiration de l’ultimatum, avec in extremis l’autorisation du gouvernement israélien, à 4 000 km d’Israël, l’opération Thunderbolt, qui devait être dénommée « Vague de cendres », réussit :
 la centaine d’otages est libérée sauf trois otages Juifs - Jean-Jacques Mimouni, jeune franco-israélien âgé de 19 ans, Pasco Cohen et Ida Borochovitch - qui seront tués lors de l'opération, et les terroristes tués. Cependant, Yonathan Netanyahou est mortellement blessé au début de l’opération, ainsi que des otages pris par erreur pour des terroristes. Un parachutiste Sorin Hershko, gravement blessé, devient paraplégique, et confie avec conviction et dignité : « Ma participation a toujours été un honneur pour moi ».

Vengeance cruelle d’Idi Amin Dada : Dora Bloch est assassinée sur ses ordres.

Le réalisateur Eyal Boers a consacré son documentaire canado-israélien To Live and Die in Entebbe (2012) aux trois otages Juifs tués lors de l'opération israélienne, et dont l'histoire officielle a oublié les noms et parcours brisés.

Quelles leçons pour les démocraties ?
Israël a refusé de céder aux terroristes : « Enough is enough  ! » La force de Tsahal, la détermination, l’intelligence et le courage de ses soldats, la qualité des renseignements recueillis ont permis à l’Etat juif de mener rapidement et victorieusement une action périlleuse. Seul.

L'un des deux titres originaux en allemand du documentaire - Von Auschwitz nach Entebbe, Israels Kampf gegen den Terror et Operation Donnerschlag Israels Kampf gegen den Terror - souligne la volonté génocidaire communes aux les nazis et aux islamistes.

Le documentaire souffre parfois d’une terminologie inadéquate : « Israël est l’ennemi juré de la Libye et d’autres pays arabes ». Non, ce sont ces pays arabes qui sont les ennemis de l’Etat juif dont ils refusent de reconnaître la légitimité, le droit à l’existence. « Des Palestiniens avaient pris le contrôle d’un » avion. Ce sont des terroristes palestiniens qui l’avaient détourné. L’islamisme n’est pas nommé.

De plus, la lutte contre le terrorisme n’est pas le combat du seul Israël. C’est aussi celui de ceux visés par l’islamisme : d’autres démocraties – en particulier, les attentats du 11 septembre 2001 aux Etats-Unis, de novembre 2008 à Bombay/Mumbai (Inde) - et des régimes autoritaires : prises d'otages par des Tchétchènes au théâtre de Moscou en octobre 2002 et à l’école de Beslan en septembre 2004, etc.

Des Palestiniens, le documentaire montre les seules images de pauvres réfugiés dans des camps, alors qu’un seul tiers des réfugiés y vit. Et surtout, ce film occulte le rôle des dirigeants palestiniens et arabes, des mouvements terroristes, ainsi que de l'UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient), dans l’instrumentalisation de ces réfugiés qui bénéficient cependant d’un statut privilégié héréditaire, reçoivent une manne financière internationale abondante, etc.

On peut regretter l’absence d’interviews de responsables et terroristes palestiniens, ou le silence sur les réactions dans le monde après ce sauvetage.

Curieusement, les visuels libres de droits ne montrent pas les terroristes allemands et palestiniens.

Ancien directeur du Mossad (1974-1982), le Maj.-Gen. (res.) Yitzhak Hofi est mort à Ramat Gan le 15 septembre 2014 à l'âge de 87 ans.

Le 23 juin 2015, l'Etat d'Israël a rendu hommage à Yonatan Netanyahou, héros mort lors de cette opération audacieuse. 

En juillet 2015, le musée du Centre Yitzhak Rabin présenta une exposition sur l'opération Entebbe.

Hommage à Entebbe
Le 4 juillet 2016, jour du 40e anniversaire de cette opération, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a débuté un voyage officielle en Afrique. 

"Accompagné de 80 hommes d’affaires représentant une cinquantaine d’entreprises israéliennes, Netanyahu a débuté en Ouganda une tournée africaine de quatre jours qui l’emmènera aussi au Kenya, au Rwanda et en Ethiopie".

"Israël cherche à s’assurer le soutien des pays africains dans les institutions internationales, où il fait l’objet de vives critiques liées aux Territoires palestiniens ou à ses activités nucléaires. Le gouvernement israélien a récemment approuvé une proposition d’ouvrir des bureaux de l’Agence israélienne pour le développement international dans ces quatre pays. Cette agence partage avec les pays en voie de développement les technologies et le savoir-faire israéliens. Selon le bureau de Netanyahu, une enveloppe de 13 millions de dollars (11,7 millions d’euros) sera consacrée au « renforcement des relations économiques et de la coopération avec les pays africains ». Elle inclut notamment une formation dans les domaines de la « sécurité nationale » et de la santé. Le Premier ministre israélien devait également prendre part lundi à un mini-sommet régional sur la sécurité et le « terrorisme », rassemblant les chefs d’Etat et de gouvernement kényan, rwandais, éthiopien, sud-soudanais, zambien et malawite".


Dans la tour de contrôle de l'ancien aéroport d'Entebbe en Ouganda, il a participé le 4 juillet 2016, avec des soldats israéliens, des dirigeants politiques ougandais et israéliens - président d’Ouganda et son épouse, ministre de l’Education et des Sports, ainsi que l’homologue israélienne de cette dernière, Miri Regevn députés Omer Bar-Lev, vice chef d’Etat-major Yair Golan,  chef des renseignements militaires Herzi Halevi, directeur général du ministère des Affaires étrangères Dore Gold -, ainsi que des représentants de la communauté juive d'Ouganda, à une cérémonie en hommage aux victimes de cette opération de sauvetage. Parmi les spectateurs à cet événement important sur les rives du lac Victoria, à environ 40 kilomètres au sud de la capitale Kampala : l'ancien ministre de la Défense Shaul Mofaz, Giora Eiland, d’autres participants de l’opération, et des représentants des victimes et des soldats en service des unités ayant participé à l’opération.

Les hymnes nationaux des deux pays ont été interprétés par la fanfare militaire. La "cérémonie a commencé avec un chant en hébreu chanté par un officier de l’armée israélienne. Cette chanson, « Eretz Tzvi », est « surtout associée à l’opération Entebbe », a déclaré la maîtresse de cérémonie.

Akiva Laxer, un des anciens otages d’Entebbe, a prononcé des bénédictions et des remerciements pour avoir survécu a cette épreuve : « Au nom de mes trois enfants, je te bénis Seigneur, notre Dieu, qui a fait ce miracle pour moi en cet endroit. » La maîtresse de cérémonie, lisant ses notes, a déclaré que le sauvetage des otages était un commandement religieux important du judaïsme. Elle a lu les noms des trois victimes tuées à l’aéroport, et celui de Dora Bloch, Israélo-Britannique de 72 ans qui a plus tard été assassinée dans un hôpital ougandais. Pendant qu’une musique était jouée, une flamme a été allumée par un soldat israélien, fils d’un des otages assassinés.

Le chef du gouvernement Benjamin Netanyahu a déclaré : « Je suis ému d’être ici, à l’endroit où les troupes israéliennes ont sauvé ici des otages au cœur de l’Afrique, si loin de la maison. Il y a 40 ans, des soldats israéliens ont mené une mission historique », « héroïque » et « inoubliable ». Il a évoqué son frère aîné Yonathan, Yoni. Et d'ajouter : « Il y a 40 ans, ils ont atterri au beau milieu de la nuit dans un pays mené par un dictateur brutal qui a offert un refuge aux terroristes. Aujourd’hui, nous avons atterri en plein jour et avons été accueillis par un président qui combat le terrorisme. Entebbe est toujours avec moi, dans mes pensées, ma conscience et profondément dans mon cœur. Chacun d’entre vous, les soldats et les pilotes, que vous soyez ici ou pas ; vous ne saviez pas si vous rentreriez à la maison. Vous êtes venus pour sauver, mais vous saviez que si quelque chose se passait mal, il n’y avait aucune certitude que quelqu’un vienne vous sauver ». Aux familles des otages « dont les êtres chers ont été tués pendant ou après l’opération », Netanyahu a confié qu'à l'instar d'eux ayant éprouvé une « douleur terrible », il avait lui aussi connu cette douleur "en apprenant que son frère avait été tué". Il a ajouté que "malgré ce terrible prix, l’opération avait été un succès et avait renforcé la réputation d’Israël. Cela représente d’après lui une leçon pour les temps actuels, où le monde est toujours confronté au terrorisme". « Le terrorisme a souffert une défaite cuisante. » L'opération Entebbe prouve que « le bien peut triompher sur le mal ». Elle « a été un grand tournant pour mon peuple. Nous avons été assassinés par millions, sans Etat. L’Etat d’Israël a changé cela. C’est peut-être à Entebbe que cette transformation a été vue par le monde. Nous n’étions plus impuissants. »

En anglais, Netanyahu "a déclaré que l’Afrique était un « continent en plein essor ». Sous des applaudissements, il a ajouté que l’Etat juif cherchait « à améliorer ses relations avec tous les états africains. » Il s’est dit « fier » d’être le premier Premier ministre israélien depuis des décennies à venir en Afrique. « Israël revient en Afrique, et l’Afrique revient en Israël », a-t-il déclaré, répétant mot pour mot un slogan inventé au moment de l’annonce de son voyage, il y a plusieurs mois. Dans les années 1960, de nombreux pays africains avaient en effet pris leurs distances avec Israël en raison des guerres de l’Etat hébreu avec ses voisins entre 1967 et 1973 et des liens unissant Tel-Aviv au régime d’apartheid en Afrique du Sud.

Et d'ajouter : "Afin de battre le terrorisme, le monde a besoin de deux choses : de la clarté pour distinguer le bien du mal, et du courage pour combattre le terrorisme. Nous devons condamner tous les actes de terrorisme, quelque soit l’endroit où ils ont été commis. Lorsque le terrorisme est défait à un endroit, il est affaibli partout. C’est pour cela qu’Entebbe […] était une victoire pour toute l’humanité ».

Le président ougandais, Yoweri Museveni, a estimé que l’opération Entebbe est « un autre lien » entre « la Palestine et l’Afrique ». Il "a invoqué l’histoire biblique de Joseph, qui « était aussi une historie triste, mais a aussi créé un lien, tout comme celle-ci. » Il a continué en déclarant que « bébé Jésus » avait été caché en Egypte, semblant impliqué qu’il était « un autre lien entre l’Afrique et la Palestine, tous nés dans de tristes circonstances ».Il a ajouté que « même […] la religion musulmane » avait été liée à l’Afrique quand le prophète Mahomet avait du fuir sur le continent".

A Netanyahu, il a déclaré : « Votre frère, Jonathan, certains otages israéliens, et certains soldats ougandais ont été tués ici, en cette nuit, le 4 juillet 1976. Heureusement, la mission de sauvetage a réussi et des civils innocents ont été sauvés. »

Il a ensuite souligné "que les terroristes devaient être distingués des combattants de la liberté. « Notre mouvement est un mouvement de libération. Nous n’avons jamais utilisé de méthodes terroristes. Quand il s’agit de savoir quelle guerre combattre, ce sont les deux, la cause et la méthode. Nous devons combattre une juste cause, mais également utilisé des méthodes de combat civilisées. L’utilisation sans discrimination de la violence est interdite. Même les soldats, quand ils ne sont pas armés, ils ne devraient pas être attaqués : c’est notre doctrine. Nous sommes un mouvement de libération, nous utilisons la violence pour la cause de l’Afrique, mais c’est de la violence disciplinée et qui a un but. Pas de la violence sans discrimination. »

Le "dirigeant ougandais a ensuite raconté une histoire à propos d’une rencontre entre lui et le président iranien de l’époque, Mahmoud Ahmadinejad. « Quand je suis allé en Iran, et qu’il y avait l’homme qui était président à ce moment, celui avant l’actuel, Ahmadinejad, je lui ai raconté cette histoire biblique », a-t-il raconté, en parlant des histories liant les juifs à la Terre sainte. « Il me disait que les Juifs ne viennent pas du Moyen Orient, mais d’Europe. Je lui ai dit non, j’ai ma Bible, j’ai ma Bible avec moi, je la lui ai montrée. » Museveni a raconté qu’Ahmadinejad « ne savait rien ». « Dans la Bible, on parle des Perses et des Médianites. Je lui ai demandé, où sont les Médianites ? Je sais que vous êtes les Persans. Mais où sont les Médianites ? Il ne savait pas. » La question est, a-t-il dit, qu’il y a « beaucoup d’ignorance. Bien sûr, je ne veux pas dire à mes amis arabes et à nos amis iraniens que vous êtes tous mentionnés dans la Bible. Il a également noté, en passant, que les « Ougandais pensent que vous êtes chrétiens… Ils ne savent pas que vous êtes les petits-enfants d’Abraham. »

Netanyahu a "ensuite déposé une couronne pour commémorer l’opération à l’aéroport. En 2005, alors qu’il n’était pas à la tête du gouvernement, Netanyahu s’était déjà rendu en Ouganda et avait dévoilé une plaque à la mémoire de son frère".


Les otages d’Entebbe, le combat d’Israël contre le terrorismede Thomas Ammann
Allemagne, 2009, 52 minutes
Sur Arte le 30 juin 2010, à 20 h 35

Visuels de haut en bas :
Photos en couleurs : Muki Betzer, ancien commandant de l’unité anti-terroriste, Avi Primor, diplomate à la retraite, et Nahum Dahan, ancien otage. © Prounen Film/Uli Fischer
Photo du camp d'Auschwitz-Birkenau en noir et blanc : © DR
Photo de Jean-Jacques Mimouni :  © DR, Eyal Boers  
Logos du FPLP et des Forces de défense israéliennes

A lire :
Aventures dans le ciel : coup d'éclat à Entebbe, Aviasport, n° 557, avril 2001
Articles sur ce blog concernant :

Cet article a été publié pour la première fois le 27 juin 2010, republié les 3 juillet 2012 et 3 juillet 2013, 16 septembre 2014, 24 juin 2015. Il a été modifié le 5 juillet 2016.

2 commentaires:

  1. Le 4 juillet 2001, à l’occasion du 25è anniversaire de l’opération « Thunderbolt », (opération Haïfa pour Wadi Haddad) un film documentaire français « Bienvenue en Ouganda », a été déjà diffusé sur la chaîne « Planète » (une production Planète et Zeau production).

    Ce film a été mené par Pierre François Didek (avec ma participation) dans lequel nous avons inséré des entretiens avec quelques otages, des responsables de l’Etat major de Tsahal, qui ont préparé l’opération, des documents inédits réels et la « vision » politique de France durant cette semaine d’attente.

    J'espère découvrir des nouveautés...

    Claude Tencer

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  2. Je viens de regarder ce documentaire.
    Très bien fait.
    Quelle détermination dans le regard de Muki Betzer. Cela m'a frappé.

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