Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 21 octobre 2018

Beate et Serge Klarsfeld. Les combats de la mémoire (1968-1978)


Le Mémorial de la Shoah présente l’exposition « Beate et Serge Klarsfeld. Les combats de la mémoire (1968-1978) » associée à un site Internet. Sur trois niveaux, l’exposition claire retrace le parcours d’un couple mixte, Français/Allemande, juif/chrétienne, à l’action cruciale pour recenser les Juifs déportés de France, rappeler le passé nazi de l’Allemagne occidentale et obtenir que soient jugés les auteurs et complices de la Shoah. Une exposition « politiquement correcte ».

« Cinquante ans après la gifle administrée par Beate Klarsfeld en 1968 au chancelier ouest-allemand Kurt Georg Kiesinger et 40 ans après la publication en 1978 par Serge Klarsfeld du Mémorial de la déportation des Juifs de France, le Mémorial de la Shoah retrace pour la première fois le parcours de Beate et Serge Klarsfeld en faveur des victimes de la Shoah et de la connaissance historique, contre l’impunité d’anciens responsables de la Solution finale et contre l’antisémitisme. »

« Au-delà du combat d’un couple, d’une vie, la décennie 1968-1978 marque un tournant important dans l’évolution de la mémoire de la Shoah en Europe et dans le monde. L’action spectaculaire de Beate et Serge Klarsfeld, menée sur plusieurs continents, exerce un rôle majeur dans ce mouvement vers la reconnaissance. Alors que la guerre froide n’est pas terminée et que le contexte mondial est celui de profonds bouleversements culturels et politiques, le couple Klarsfeld s’engage et bouleverse le regard sur le nazisme et le génocide des Juifs en Allemagne et en France. »

« Après la publication de leurs mémoires en 2015, l’histoire et les motivations des engagements de Beate et Serge Klarsfeld sont restituées par l’exposition proposée par le Mémorial de la Shoah grâce à de nombreux documents et objets inédits, rejoignant celles de toute une génération dont ils deviennent les symboles. »

« Leur influence se poursuit jusqu’à aujourd’hui ». Alors pourquoi le titre de l’exposition s’arrête-t-il à la fin des années 1970 ?

Sur trois niveaux – entresol, mezzanine et 4e étage -, L’exposition « Beate et Serge Klarsfeld. Les combats de la mémoire (1968-1978) » se construit sur un fil chronologique pour restituer pas à pas les ressorts, les péripéties, les enjeux d’une action où se mêlent à dessein vie publique et vie privée ».

Elle « s’ouvre sur un portrait croisé de Beate et Serge Klarsfeld, leur milieu, leur parcours, leur rencontre ».

Elle « s’achève sur un bilan de leur action jusqu’à nos jours ».

Des « coupures de presse, des archives, des objets personnels, des photographies illustrent le propos ».

Un « film d’entretiens inédits avec Beate et Serge Klarsfeld ainsi que des militants de la première heure est installé au cœur de l’exposition ».

L’exposition montre bien la place du livre-mémorial recensant les Juifs déportés de France, l’utilité de la création de l’association des FFDJF (Fils et filles des déportés juifs de France) et la « répartition des tâches » dans le couple : à Beate, le soin de définir sur place la « communication » et l’action pour alerter l’opinion publique via les médias, à Serge la recherche documentaire.

Il s’avère regrettable que cette exposition élude certains aspects – les analyses de Serge Klarsfeld concernant la recrudescence d’actes antijuifs depuis 2000 - et surtout toute critique alors que Serge Klarsfeld, avocat, dispose des capacités pour y répondre. Quid de son choix de soutenir la SNCF dans les procédures judiciaires initiées afin que soit reconnue sa responsabilité dans la Shoah et d’indemniser les déportés juifs par cette société ferroviaire et leurs ayant-droits ? Quid du soutien de Serge Klarsfeld au problématique Projet Aladin ? Quid de son silence dans des affaires de spoliations actuelles : le Dr Lionel Krief, etc. ? Quid  de ses interventions dans la vie politique en appelant à voter contre le Front national (FN), sans souligner le rôle cynique du Président socialiste François Mitterrand, et de ses successeurs, dans l'essor de ce parti marginal en 1981 (moins de 1% des suffrages), sans remarquer que la menace d'arrivée au pouvoir national du FN est invraisemblable en raison de son absence de réserve de voix, et sans alerter sur le danger de l'antisémitisme islamique ? Et ce, sans alerter sur le risque de l'extrême-gauche, bien mieux implantée dans les milieux médiatiques, universitaires, etc. ?

Le commissariat de l’exposition est assuré par Olivier Lalieu, historien, responsable de l’aménagement des lieux de mémoire et des projets externes, Mémorial de la Shoah, la coordination générale par Sophie Nagiscarde, responsable du service des activités culturelles, Mémorial de la Shoah, la recherche et la documentation par Lior Lalieu-Smadja, responsable de la photothèque, Ariel Sion, responsable de la bibliothèque, Karen Taieb, responsable des archives, et Caroline Didi, Mémorial de la Shoah.
  
Autour de l’exposition étaient organisées des rencontres et des projections de films suivies de débats. 
« Beate et Serge Klarsfeld, l’engagement de toute une vie ». Ainsi était titrée la conférence inaugurale en présence de Beate et Serge Klarsfeld et animée par Jean Birnbaum : « À l’occasion de l’ouverture de l’exposition, Beate et Serge Klarsfeld reviennent sur les principales étapes de leur parcours et les ressorts de leurs actions depuis 50 ans au service de la justice, de la mémoire et de l’histoire de la Shoah, comme de la défense des Juifs partout dans le monde ».

Autour de la parution des « Amnésiques » de Géraldine Schwarz (éd. Flammarion, 2017) – une recherche sur l’héritage du national-socialisme au sein de sa propre famille mène l’auteure sur les traces du travail de mémoire accompli en Allemagne sur trois générations. Le couple franco-allemand formé par ses parents est l’occasion d’une comparaison avec la France et plus largement sur les dangers de l’amnésie qui guettent l’Europe -, un dialogue avec Beate Klarsfeld, figure incontournable de la mémoire de la Shoah en France et en Allemagne, en présence de l’auteure et de Beate Klarsfeld et animé par Laure Adler, journaliste et productrice sur France Culture.

Beate et Serge Klarsfeld, Dr. Karola Fings, université de Cologne, directeur du Centre de documentation sur le nazisme, Cologne, Birte Klarzyk, université de Cologne, et Anne Klein, université de Cologne. Animée par Stefan Martens, directeur adjoint, Institut historique allemand, ont aussi évoqué « le procès des trois principaux responsables de la « Solution finale » en France, Kurt Lischka, Herbert Hagen et Ernst Heinrichsohn, à Cologne en 1979. À l’initiative de Beate et Serge Klarsfeld, qui produisent de nombreux documents permettant de confondre les accusés, des activistes de la mémoire – entre 500 et 1 000 chaque jour – se rendent à Cologne pour assister aux audiences de ce grand procès. Un débat en partenariat avec l’Institut Historique Allemand et suivi de la projection d’extraits de « Aktenträger oder Massenmörder-Ein Bericht zum Lischka-Prozess de Hans-Jochen Bäumel, Johannes Kaul, Peter Kleinermanns et Albrecht Reinhardt » (Allemagne, documentaire, 44 mn, WestDeutscher Rundfunk WDR productions, 1980, vostf. Avec l’aimable autorisation d’Arte). À l’occasion de la proclamation du jugement du 11 février 1980, ce film décrit l’arrière-plan du procès de Lischka, l’état des lieux des discussions mais aussi les actions des trois accusés sous le régime national-socialiste jusqu’à leur vie en Allemagne après la guerre.

Autres projections : en présence de Beate et Serge Klarsfeld et de la réalisatrice, « Serge et Beate Klarsfeld, guérilleros de la mémoire » d’Elisabeth Lenchener (France, documentaire, 52 mn, Online Productions, Di-Zahav, France Télévisions, 2010. Avec le soutien de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah) - Née en 1939 à Berlin, Beate Künzel, Allemande luthérienne, fille d’un soldat de la Werhmacht, rencontre à l’âge de vingt ans, au hasard d’une station de métro parisien, Serge Klarsfeld, juif français, orphelin d’un père mort en déportation. C’est le début d’une histoire d’amour et d’aventures qui les mène du Chili à Auschwitz, de Venise à Cologne, de Nice à La Paz, et de prisons en prétoires – puis « Beate Klarsfeld » de Michael Lindsay-Hogg (Royaume-Uni, France, biopic, 104 mn, Silver Chalice Productions, 1986, vostf) : « Sûrs de leur impunité, des centaines de criminels de guerre nazis se cachent ou vivent au grand jour. Pourtant, une femme va les traquer sans relâche. Avec Farrah Fawcett dans le rôle de Beate Klarsfeld et Tom Conti dans le rôle de Serge Klarsfeld ».

Propos d’Olivier Lalieu, Commissaire de l’exposition
 
« L’ouverture de l’exposition en décembre 2017 marque le 50e anniversaire du début de la campagne de Beate Klarsfeld contre le chancelier ouest-allemand Kurt Kiesinger, ancien directeur-adjoint de la propagande radiophonique du IIIe Reich vers l’étranger. Cette date sera aussi celle en 2018 du 40e anniversaire de la publication du

Son propos est de restituer une décennie de combats portés par le couple formé par Beate et Serge Klarsfeld, depuis l’acte fondateur de la gifle jusqu’au verdict du procès de Cologne, le 11 février 1980, où la condamnation des principaux responsables nazis de la Solution finale en France est obtenue de haute lutte par le couple Klarsfeld. La publication du Mémorial en 1978 était destinée à appuyer l’acte d’accusation du procès de Cologne ouvert quelques mois plus tard.

Symboliquement, le cadre de la décennie 1968-1978 est affiché, mais son propos sera plus large, en amont en retraçant la jeunesse et la rencontre de Beate et Serge ; en aval, en évoquant les suites et le bilan de leurs combats jusqu’à nos jours. Néanmoins, le cœur de l’exposition restera bien la décennie 1968-1978, d’une intensité extraordinaire.

En une décennie, Serge et Beate Klarsfeld renouvellent les pratiques militantes et deviennent des figures de premier plan de la mémoire de la Shoah.

Il s’agit de restituer la plénitude de leur action, sans se limiter à un pays ou à une facette de leurs combats. Car leur démarche est globale et ne peut se résumer à tel ou tel aspect.

L’écriture, la recherche d’archives, la traque des anciens bourreaux, l’action judiciaire, le combat pour Israël et contre l’antisémitisme forment un tout.

Cette décennie est aussi celle d’un tournant dans l’opinion, en France comme à l’étranger, témoignant d’une place nouvelle de la mémoire de la Shoah dans l’espace public.

Cette décennie, c’est aussi celle de la guerre des six jours en Israël en 1967, des révoltes étudiantes et féministes, celle de l’inauguration du Mémorial d’Auschwitz-Birkenau en 1967, celle des campagnes antisémites dans les pays du bloc soviétique en 1968-1969, d’une extrême-droite menaçante en Allemagne comme en France, de la diffusion de la série Holocauste, de l’affaire Faurisson, de l’émergence d’une mémoire de la Shoah mondialisée comme celle d’une génération, les Fils et les Filles des déportés juifs… L’action du couple Klarsfeld s’inscrit dans ce contexte, le nourrit souvent.
C’est la toile de fond de l’exposition. »

Interview de Serge et Beate Klarsfeld
Que représente la décennie 1968-1978 dans votre combat pour la reconnaissance de la Shoah et contre l’impunité des responsables de la Solution finale ?
C’est la période la plus combative, la plus risquée, la plus riche en événements auxquels nous avons participé - 1968 voit la nomination de Beate pour le Prix Nobel de la Paix. En cette décennie, Beate est passée de l’épuration des nazis de la vie politique allemande à la recherche des criminels nazis en Amérique du Sud où elle a protesté contre les dictatures et au Moyen-Orient où, dans les pays arabes, elle a défendu Israël. 
Changement de décor, mais pas de cause puisqu’il s’agissait de réhabiliter l’Allemagne par des actes justes et nécessaires. Quant à moi, je l’ai aidée à défendre sa cause en tant qu’Allemande et j’ai défendu la mienne, celle d’un Juif de France, en militant à ses côtés pour faire juger les principaux criminels allemands impunis coupables d’avoir déporté les Juifs de France.
Comment s’est construite la mémoire de la Shoah ?
Une lente construction par les témoignages des rescapés d’Auschwitz-Birkenau dans l’immédiat après-guerre, par les travaux historiques entamés à cette époque par le CDJC (aujourd’hui Mémorial de la Shoah) et par Yad Vashem, par le militantisme des associations de victimes, par des films vus par le grand public, tel la série TV Holocauste, par des actions et des campagnes telles que les nôtres, par le génie de Claude Lanzmann, par les thèses d’histoire consacrées à la Shoah et apparues après 1980, par la création ou le développement dans de nombreux pays de Centres ou Mémoriaux consacrés à la Shoah, par la compréhension dans le monde occidental de l’ampleur de la Shoah et des multiples interrogations et interpellations qu’elle lui pose, puisqu’elle a été forgée en son sein; par les procès des criminels nazis en Israël, en Allemagne et en France, par une quantité remarquables d’ouvrages et de films documentaires sur chaque épisode de la Shoah, enfin - et j’en oublie dans mon énumération - par les visites à Auschwitz et par l’enseignement de la Shoah dans les programmes scolaires, enfin par la création permanente de lieux de mémoire de la Shoah.
Pourquoi avoir accepté le projet d’exposition du Mémorial de la Shoah ?
Parce que c’était une initiative à 100% du Mémorial de la Shoah et non la nôtre.
Notre vie à Beate et à moi a été associée au Mémorial. Sans le Mémorial, nous n’aurions jamais accompli dans cette décennie 1968-78 ce que nous avons pu accomplir, quand nous étions jeunes. Il a mis à notre disposition ses archives et le grand historien Joseph Billig nous a soutenus efficacement. Aujourd’hui, nous sommes toujours combatifs, mais âgés et c’est le Mémorial rénové et rajeuni qui nous rend hommage. Notre reconnaissance au Mémorial s’est toujours exprimée pendant ce demi-siècle ; aujourd’hui c’est au tour du Mémorial de nous exprimer sa reconnaissance.
Comment s’exprime votre engagement aujourd’hui ? Quelles perspectives pour votre combat ?
Notre engagement actuel s’exprime dans plusieurs domaines. Sur le plan national : en 2015, nous avons lancé un cri d’alarme dans la perspective des élections présidentielles de 2017 sur la possibilité réelle du Front National de les remporter. En conséquence, nous nous sommes engagés pour les deux candidats les plus menacés aux élections régionales, Christian Estrosi et Xavier Bertrand, considérant que si le FN passait dans le Sud Est et le Nord, la menace risquait fort de devenir une réalité en 2017. Nous n’avons cessé d’appeler les électeurs de gauche à voter pour les candidats républicains et à la surprise générale, cela a été le cas et ils ont été élus tous les deux. Dans l’élection présidentielle, nous avons poursuivi notre campagne contre le FN et dans des pages entières de « Libération » appelé de nouveau les électeurs de gauche à voter pour celui qui a finalement été élu.
Avec les Fils et Filles des déportés juifs de France, nous continuons l’action d’histoire et de mémoire entreprise par nous il y a bien longtemps. Nous publions régulièrement des ouvrages historiques précis et rigoureux, tel le Mémorial des Enfants Juifs - Vol 2 en 2016. Nous organisons (en 2002, 2012, 2017) les lectures des noms de tous les déportés de tous les convois de mars 1942 à août 1944 ; lectures qui durent deux ans et qui se déroulent à la date exacte de départ du convoi et à midi au Mémorial de la Shoah.
Nous participons à toutes les commémorations de la déportation.
Nous intervenons souvent pour donner des conférences, participer à des tables rondes, répondre à des interviews. Beate le fait en Allemagne comme en France ou aux USA.
Je fais partie des instances dirigeantes de la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et j’y préside la Commission «Mémoire et Transmission» et le Comité de Lecture de la collection «Témoignages» de la FMS (70 volumes déjà publiés) ; je suis membre du Conseil International d’Auschwitz et du CA de la Fondation polonaise Auschwitz-Birkenau; membre du CA du Mémorial de Rivesaltes, du CERCIL à Orléans, vice-président du Mémorial des Milles. Cela implique de nombreuses réunions. Je suis également membre de la Commission d’assistance aux victimes des spoliations de Monaco. À énumérer ces obligations que je n’ai pas refusées parce que je sais que je suis utile à ces institutions, je devrais ressentir une immense fatigue ; ce n’est pas le cas. Tant que nous le pourrons, nous resterons actifs.

Le temps de la rencontre
A - Serge, une enfance entre la Roumanie et la France
« Serge Klarsfeld est né le 17 septembre 1935 à Bucarest en Roumanie. Ses parents, Arno et Raïssa, sont de nationalité roumaine. Ils se sont rencontrés à Paris où ils se marient en 1929. Un premier enfant nait en 1931, Georgette, nommée en hommage à Georges Clemenceau ».
« Pour la naissance de leur deuxième enfant, Raïssa rejoint ses parents en Roumanie où leur vie est plus confortable. Serge arrive à Paris à l’âge d’un an. Dès son enfance, il manifeste un intérêt prononcé pour la lecture et l’histoire ». 
« En septembre 1939, Arno s’engage dans l’armée française. Il est fait prisonnier en juin 1940. Raïssa et ses enfants suivent l’exode en 1940 vers Capbreton, Moissac et Grand-Bourg dans la Creuse. Les enfants sont accueillis au château de Masgelier géré par l’Œuvre de secours aux enfants ». 
« Rejoint par Arno qui s’évade au printemps 1941, la famille s’installe à Guéret puis à Nice en septembre. Alors que les nazis occupent désormais la région après le retrait des troupes italiennes, les SS viennent les arrêter dans la nuit du 30 septembre 1943. Arno parvient à cacher sa femme et ses enfants dans une armoire à double fond qu’il avait aménagée, puis se livre en se sacrifiant pour sauver les siens. Il est transféré à Drancy et déporté au camp d’Auschwitz-Birkenau le 28 novembre 1943. Arno est sélectionné pour le travail mais il meurt au cours de l’été 1944 ». 
« Raïssa, Georgette et Serge parviennent à quitter Nice en février 1944 pour s’établir en Haute-Loire, à Saint-Julien-Chapteuil. Serge suit les cours au sein d’un établissement catholique et se passionne pour l’histoire sainte ». 
« Avec la Libération, ils regagnent Paris. Leur appartement Porte de Saint-Cloud a été pillé et occupé. Il faudra attendre un an et demi et un procès pour pouvoir le récupérer ». 
« Face aux difficultés matérielles, Raïssa et ses enfants partent en novembre 1946 dans la famille maternelle en Roumanie, mais l’arrivée des communistes au pouvoir les amène à rentrer à Paris en janvier 1947 ». 
« Serge poursuit sa scolarité avec une prédilection pour l’histoire. Doté d’un esprit aventureux, lauréat à plusieurs reprises de la bourse Zellidja et voulant renouer avec une famille éclatée entre plusieurs pays, il effectue seul plusieurs voyages en Europe ».
« Après son baccalauréat obtenu en 1955, il se destine à devenir professeur d’histoire ou de lettres. En 1958, il obtient son diplôme d’études supérieures en histoire à la Sorbonne et il est diplômé en 1960 de l’institut d’études politiques de Paris dans la section des relations internationales ».
B - Beate, à Berlin sous le nazisme et ses décombres
Beate Künzel « est née le 13 février 1939 à Berlin. Hitler est au pouvoir depuis 1933, la Seconde Guerre mondiale débute le 1er septembre 1939 avec l’invasion de la Pologne par le IIIe Reich ». 
« Son père, Kurt, est employé dans une compagnie d’assurance avant d’être mobilisé au début du conflit comme fantassin dans l’armée de terre. Affecté en Belgique en 1940, il est transféré sur le front de l’Est à l’été 1941 et rapatrié en Allemagne au cours de l’hiver suivant. Il s’occupe dès lors de comptabilité au sein de divers régiments de la Wehrmacht ». 
« Helene, la mère de Beate, demeure au foyer. Beate est fille unique. La famille habite le Hohenzollerndamm, dans le quartier résidentiel de Wilmersdorf ». 
« À la fin de la guerre, Berlin est ravagé. Kurt a été fait prisonnier par les Britanniques avant d’être rapidement libéré. Il retrouve sa femme et sa fille à Havelberg à l’ouest de Berlin, où elles s’étaient réfugiées chez une parente pour fuir les bombardements ». 
« La famille regagne Berlin désormais morcelé en quatre zones d’occupation. Ils rejoignent la zone britannique, mais leur appartement est détruit ». 
« Kurt occupe différents emplois, retraite les briques issues des décombres, travaille au greffe du tribunal de Spandau. Helene fait des ménages. Le quotidien est pesant. Beate s’endurcit ». 
« C’est seulement en 1954 que la famille parvient à s’installer dans un appartement de deux pièces dans lequel Beate dispose enfin de sa chambre. L’année suivante, elle entre dans une école commerciale de Berlin, la Höhere Wirtschaftsschule, dans le quartier voisin de Schöneberg ». 
Beate a 16 ans. Elle souhaite rejoindre au plus vite la vie active et s’émanciper de la tutelle familiale ternie par les relations difficiles entre ses parents. Elle refuse aussi de se fondre dans le moule des valeurs traditionnelles allemandes incarnées par la formule des trois K, une allitération pour définir la place de la femme, « Kinder, Küche, Kirche », « enfants, cuisine et Église ».
« Elle attend d’atteindre l’âge de la majorité civile, alors fixée à 21 ans, pour annoncer son départ du foyer. Quelques semaines plus tard, le 7 mars 1960, elle arrive à Paris ».
C - Un coup de foudre
« Alors que Serge achève ses études, Beate vient s’installer en France comme jeune fille au pair, malgré les fortes réticences de ses parents. Elle ne connait que quelques mots de français et s’inscrit aussitôt à l’Alliance française pour apprendre la langue. Elle trouve rapidement une place au sein d’une famille à Boulogne-Billancourt où elle reste un an, puis une autre à Paris ». 
« Son quotidien n’est guère aisé. Elle s’occupe des enfants, doit assurer des tâches ménagères, sans reconnaissance. Pourtant, Beate a le sentiment de s’épanouir au contact de cette liberté nouvelle et dans une ville qui l’émerveille par son architecture, sa culture et son atmosphère ». 
« Deux mois après son arrivée en France, le 11 mai 1960, Beate et Serge se croisent sur le quai de la station de métro Porte de Saint-Cloud. C’est un coup de foudre ». 
Le « couple se marie le 7 novembre 1963 ». 
Serge « retrace le parcours douloureux des siens durant la guerre et révèle à Beate l’histoire du nazisme et de ses crimes. Les familles apprennent à se connaître ».

Les premiers combats
A - L’amorce d’une prise de conscience
Beate ‘ne poursuit pas son activité de jeune fille au pair. Elle recherche une situation plus stable et épanouissante. La création de l’Office franco-allemand pour la jeunesse en 1963 avec l’installation d’un bureau à Paris lui apporte une véritable opportunité. Elle est embauchée comme secrétaire bilingue le 1er décembre 1964 ». 
« Parallèlement, elle tire de son expérience de jeune fille au pair la matière d’un ouvrage publié en décembre 1964, un véritable guide pratique destiné à faciliter la vie de ses compatriotes mais aussi un manifeste réclamant pour elles une meilleure considération. Pour faire connaître l’ouvrage et surtout faire évoluer la situation, le couple Klarsfeld adresse un exemplaire à de nombreuses institutions et personnalités, jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Si la direction de l’OFAJ a été prévenue de la sortie du livre, la promotion qui s’en suit et qui met Beate au premier plan est peu appréciée ».
Serge « lui est engagé à l’Office de radiodiffusion télévision française (ORTF) en mai 1963 et il est reçu premier au concours interne des assistants de direction. Il va notamment participer à la production d’émissions historiques et dramatiques. Néanmoins, il ne se plait guère, car l’ORTF n’est pas indépendant mais sous l’emprise du pouvoir, et en démissionne en 1966 ». 
Beate « est alors enceinte de leur premier enfant. Vingt ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale, alors qu’il s’apprête à devenir père pour la première fois à près de 30 ans, Serge entame un retour sur lui-même et sur l’histoire de son père durant la Shoah. Il décide de partir sur ses traces en Pologne à Auschwitz et à Birkenau, là où Arno a disparu ».
Le « fils de Beate et Serge naît à Paris le 27 août 1965. Selon la tradition juive qui veut que l’on donne à l’enfant le prénom d’un grand-parent, il est prénommé Arno ». 
« L’année suivante, la famille se rend en Israël pour la première fois pour y passer l’été ».
B - L’élection du chancelier Kiesinger, l’acte fondateur
Le « Ministre-président du Bade-Wurtemberg Kurt Georg Kiesinger, figure de l’Union chrétienne-démocrate et député au parlement fédéral depuis 1949, est élu chancelier en décembre 1966 au sein d’une coalition avec le SPD. Willy Brandt devient vice-chancelier et ministre fédéral des Affaires étrangères ».

La « figure de Kiesinger avec son passé au sein du parti nazi ne laisse pas indifférent. Un article du Spiegel en novembre 1966 apportait des précisions sur son rôle au sein de l’appareil national-socialiste comme directeur-adjoint de la propagande radiophonique du Reich vers l’étranger au ministère des affaires étrangères ».

L’écrivain Günther Grass « publie une lettre ouverte virulente. Le philosophe Karl Jaspers annonce sa volonté de rendre son passeport ».

« L’évolution de la situation politique allemande, avec l’arrivée au pouvoir d’un ancien nazi et d’un ancien résistant socialiste, pousse Beate Klarsfeld, devenue un visage de la nouvelle génération allemande, à s’exprimer publiquement à travers une tribune dans la presse. Le journal Combat publie un premier texte le 14 janvier 1967 à l’occasion de la venue à Paris du chancelier allemand. Deux autres textes signés par Beate vont suivre, co-écrits avec Serge comme souvent, exprimant un sentiment de refus envers Kiesinger et un soutien affiché à Brandt. »

« La direction de l’OFAJ utilise des extraits de la 3e tribune en juillet pour engager le 29 août 1967 une procédure de licenciement pour « faute grave ».

Le « couple Klarsfeld refuse de céder face à ce qu’ils considèrent comme une injustice face à une situation scandaleuse. Ils s’engagent alors complètement dans un combat porté à la fois sur le plan politique, judiciaire et historique. »

« Après son départ de l’ORTF, Serge a été embauché comme attaché de direction au sein de la Continentale, une compagnie multinationale de céréales. C’est sur lui que repose désormais les ressources du foyer ».

« Le 6 juin 1967, il avait rejoint Israël dès le début de la « guerre des six jours » pour défendre ce pays auquel il est attaché et rendre compte du conflit jusqu’au plateau du Golan, avant de rentrer en France. »

La gifle
« Après avoir dénoncé publiquement l’élection au poste de chancelier d’un ancien haut-fonctionnaire nazi, Beate et Serge ne peuvent se résoudre à l’inaction. Ils puisent dans l’exemple des jeunes résistants allemands Hans et Sophie Scholl, exécutés par les nazis, une source d’inspiration et d’encouragement à poursuivre le combat. Car le scandale demeure et il s’est même renforcé. Beate a été licenciée. »

« Le monde politique et intellectuel ne prend pas parti. L’intérêt du public en Allemagne pour les procès des criminels de guerre nazis s’émousse et une forme de lassitude s’installe ».

« Le couple Klarsfeld donne alors une dimension plus spectaculaire encore à leur action pour frapper l’opinion : face au scandale, il est juste de provoquer un autre scandale pour mieux le dénoncer et tenter de le stopper. La démarche est influencée par les conceptions du leader allemand d’extrême-gauche Rudi Dutschke, pour qui les manifestations symbolisaient une sorte de « révolution permanente », utilisant les médias pour décupler leur audience ».

« Le premier geste intervient le 2 avril 1968. En pleine séance du Parlement à Bonn, Beate se lève depuis la tribune du public et interrompt un discours du chancelier en criant « Kiesinger nazi, démissionne », avant d’être expulsée par le service de sécurité. Photo à l’appui, la presse relaie l’incident ».

« Surtout, le contexte social en Allemagne et en France est en pleine effervescence, marqué par les révoltes étudiantes dans les deux pays. Beate Klarsfeld devient l’une des figures de ces mouvements ».

«  C’est lors d’un meeting à Berlin en mai qu’elle annonce sa décision de gifler le chancelier Kiesinger. Après plusieurs tentatives, le congrès de la CDU à Berlin-ouest en novembre 1968 lui fournit un cadre propice. Lors de la séance de clôture le 7 novembre, elle y parvient dans la stupeur générale. Aussitôt arrêtée, elle est condamnée à un an de prison ferme. En appel, la peine est ramenée en août 1969 à quatre mois avec sursis. L’événement connait un retentissement mondial ».

« Beate a 29 ans et devient un symbole. Beate poursuit un combat politique contre Kiesinger, en se présentant contre lui aux élections législatives de septembre 1969 dans le Bade-Wurtemberg et en suivant ses déplacements pour dénoncer son passé ».

« Si le chancelier est réélu, son image est atteinte ».

« En octobre 1969, une coalition entre le SPD et le Parti libéral-démocrate mène à l’élection de Willy Brandt au poste de chancelier. »

À la recherche de la vérité et de la justice
« À la suite de l’enlèvement en Argentine d’Eichmann et de sa condamnation en Israël, la poursuite des criminels de guerre nazis à travers le monde suscite un intérêt croissant tout au long des années 60 et 70 ».

Mengele, Bormann, Stangl, Barbie… Ce sont autant d’affaires marquées par de multiples péripéties, liées aux insuffisances de la justice, au scandale face aux protections accordées par certains gouvernements, à l’existence de communautés en Amérique du sud entretenant le culte du nazisme, mais aussi à la fascination parfois morbide du public pour l’horreur des crimes perpétrés ».

« C’est aussi le contexte de la mode « rétro » et d’un regard nouveau sur la période de la Seconde Guerre mondiale et du nazisme, qui revient sur les représentations antérieures souvent faites d’occultations ».

« Pourtant, l’action de Beate et Serge Klarsfeld ne se réduit pas à celle de « chasseur de nazis ». Alors que leur opposition envers Kiesinger débouche sur la recherche et l’engagement de poursuites contre d’anciens responsables de la persécution des Juifs en Allemagne et bientôt en France, il s’enrichit de nouveaux aspects liés à la défense des Juifs à travers le monde ».

« Les méthodes employées demeurent : recherches historiques pour constituer de solides dossiers, gestes spectaculaires pour frapper l’opinion, mobilisation des médias, pression permanente sur la justice régulièrement alimentée par de nouvelles preuves ».

« Désormais, la lutte s’engage sur plusieurs continents, avec des ressources souvent dérisoires ».
« Les journées se succèdent, enchaînant sans s’interrompre les conférences, les coups d’éclat, les recherches historiques, la prison, les expulsions, la vie de famille aussi. Parmi les milliers de faits et gestes, certains permettent de saisir l’intensité de leurs combats ».

Le procès de Cologne, 1979-1980
« Le procès contre Kurt Lischka, Herbert Hagen et Ernst Heinrichsohn, poursuivis pour complicité de meurtre, s’ouvre le mardi 23 octobre 1979 devant la cour d’assises de Cologne. C’est l’aboutissement d’une lutte engagée en 1971. L’instruction a duré trois ans et demi ».

« Alors que Beate, Serge et leurs soutiens se sont retrouvés jusqu’alors seuls devant la justice, les anciens SS sont pour la première fois face à un tribunal en Allemagne. L’événement est couvert par la presse du monde entier. Une nouvelle page de la mémoire de la Shoah est en train de s’ouvrir ».

« La perspective du procès a suscité la publication en octobre 1978 dans L’Express de l’interview de l’ancien commissaire général aux questions juives Darquier de Pellepoix, où il exprime toujours un antisémitisme virulent et nie le génocide. Alors qu’une polémique éclate, Le Matin puis Le Monde publient un courrier de Robert Faurisson reprenant cette même négation ».

« Face à ces propos scandaleux, la mini-série américaine à succès « Holocauste » est finalement diffusée en 1979 en France ».

« C’est « l’enchaînement diabolique », selon l’historien Henry Rousso, qui fait entrer le souvenir du génocide dans l’espace public avec une resonance singulière ».

« C’est aussi le temps d’une mobilisation inédite. 250 représentants de Juifs déportés depuis la France se sont portés parties civiles au procès de Cologne, fédérés par Serge. « Devant la cour, il s’appuie sur les dépositions d’Odette Daltroff-Baticle, Marie Husson et Georges Wellers, anciens internés au camp de Drancy et témoins de l’organisation des déportations, en particulier des enfants du Vél’ d’Hiv’  ».

« Tout au long des 32 audiences du procès, 3000 Juifs de France, de tous âges et de toutes origines, se sont rendus à Cologne en train depuis Paris ou en autocar depuis des villes de province comme Lyon, Strasbourg ou Lille, répondant à l’appel des Fils et Filles des déportés juifs de France » (FFDJF).

« Après le réquisitoire du procureur le 23 janvier 1980, le verdict est rendu le 11 février 1980. Lischka est condamné à dix ans de détention, Hagen à douze ans et Heinrichsohn à six ans. Le verdict est un soulagement. »

« Le 16 juillet 1981, 39 ans après la rafle du Vél’ d’Hiv’, la cour fédérale confirme le jugement. La justice est passée. C’est la fin du contentieux judiciaire franco-allemand déboulant de la Seconde Guerre mondiale. À l’issue du procès », Jean Pierre-Bloch, alors président  la Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme (LICRA), déclare « que les condamnations de Lischka, Hagen et Heinrichsohn sont également une victoire pour l’Allemagne, un pas de plus encore pour la réconciliation entre la France et l’Allemagne. Il serait souhaitable maintenant qu’en France les Français connus comme étant responsables de la grande rafle du Vél’ d’Hiv’ ne soient pas encore en liberté. » Le combat se poursuit. »

Une vie de lutte
« À la fin des années 1970, Beate et Serge sont désormais des figures connues des médias et des opinions publiques en Europe et bien au-delà. Ils ont été progressivement rejoints par un noyau de militants et d’organisations souvent issues du monde juif, tout en restant farouchement indépendants. À la solitude des premiers temps succède peu à peu celui de la reconnaissance, jamais unanime, alors que la mémoire de la Shoah à laquelle ils ont consacré une grande partie de leur vie connait également une reconnaissance mondiale. »


Du 7 décembre 2017 au 28 octobre 2018
17, rue Geoffroy–l’Asnier. Paris 4
Tél. : 01 42 77 44 72
Tous les jours sauf le samedi, de 10 h à 1 8h, le jeudi jusqu’à 22 h.
Entrée libre

Visuels :
La famille Klarsfeld à Paris, 15 août 1973, Coll. Klarsfeld

Beate Klarsfeld après sa condamnation en Allemagne, accueillie par une manifestation de soutien à Paris devant l’ambassade d’Allemagne, 11 juillet 1974, Coll. Klarsfeld

Rassemblement devant la maison d’Izieu pour protester contre le propriétaire qui a posé des fils barbelés devant la propriété, empêchant les familles de se recueillir, 1989. © Elie Kagan / BDIC

Beate et Serge Klarsfeld viennent perturber les obsèques de Xavier Vallat, ancien commissaire général aux questions juives et figure de l’extrême-droite antisémite, à Pailharès. 8 janvier 1972.
© Elie Kagan / BDIC

Serge Klarsfeld dans les archives du Centre de Documentation Juive Contemporaine, années 1980,
Coll. Klarsfeld

Manifestation de soutien à Beate Klarsfeld lors de son procès en Allemagne début juillet 1974, Coll. Klarsfeld

La gifle au chancelier Kiesinger au congrès de la CDU à Berlin-Ouest, 7 novembre 1968, Coll. Klarsfeld

Manifestation devant le palais de justice à Asunction au Paraguay le 24 mai 1985 pour demander l’extradition et la condamnation de Josef Mengele. Photo A. Keler/Sygma

Manifestation à Mittelberg en Allemagne autour de Beate et Serge Klarsfeld avec une centaine de manifestants venus de France devant le bureau d’Ernst Heinrichsohn, avocat dans cette ville. La population s’en prend à la délégation, 18 juin 1978. © Elie Kagan / BDIC

Venu par un train spécial depuis Paris, un millier de participants se retrouvent à Cologne le 31 janvier 1980 pour la manifestation la plus importante du procès qui arrive à son terme. Parmi eux, 600 jeunes. Photo Jacques Zelter/ Coll. Klarsfeld

Beate et un groupe de manifestants, dont Juline Aubart et Henri Pudeleau, rescapés d’Auschwitz membres de l’Union nationale des déportés, internés et  victimes de guerre, et des jeunes de la LICA envahissant le bureau de Lischka à Cologne, devant la presse. Beate enceinte est restée en retrait. Le reste du groupe est arrêté, emprisonné plusieursheures puis jugé en comparution immédiate, 7 mai 1973, Coll. Klarsfeld

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Les citations sont extraites du dossier de presse.

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