mardi 3 octobre 2017

L’âge d’or des sciences arabes


L’Institut du monde arabe a présenté l’exposition L’âge d’or des sciences arabes. D’amalgames en occultations, cette exposition véhiculait moultes mythes et idées choquantes, voire dangereuses. Les 20e Rendez-vous de l’Histoire à Blois (4-8 octobre 2017), dont le thème est EURÊKA Inventer, Découvrir, Innover, organisent la conférence d’Alexandre Moatti, ingénieur en chef des Mines, chercheur associé à l’université Paris-Diderot (SPHERE UMR 7219), intitulée Islam et science : antagonismes contemporains.
  

En 2006, l’Institut du monde arabe (IMA) évoquait « l’âge d’or de la civilisation arabo-musulmane (VIIIe-XVe siècle) » dans une exposition didactique, riche de 200 pièces rares, accompagnée d’un beau catalogue publié par les éditions Actes Sud, d’une jolie synthèse dans la collection Découvertes de Gallimard, d’un livret destiné à la jeunesse et d’un CD-Rom coédité avec TF1 Video contenant « Terres d’islam », un film de Robert Pansard-Besson.

« La civilisation de l’islam s’est emparée de toutes les branches du savoir intellectuel et technique et a réalisé des découvertes importantes dans différents domaines de la science. Les savants des pays d’islam ont d’abord étudié et assimilé, puis prolongé d’apports nouveaux les disciplines pratiquées dans les civilisations antérieures en ayant recours à la science expérimentale et en défrichant des domaines et des techniques qui ne se constitueront que bien plus tard en Europe. Une langue commune, l’arabe, la prospérité de l’empire dont l’ampleur du territoire (de l’Espagne à l’Inde) a favorisé les échanges, le mécénat des califes et des princes, une tendance à la liberté de pensée et un esprit de tolérance, sont autant de facteurs qui ont permis de faire progresser le patrimoine scientifique universel », indique le dossier de presse.

A l’heure où politiciens et intellectuels débattaient des méfaits de l’impérialisme français et de la mondialisation, une telle ode à « l’empire arabe » et au libéralisme de ces « pays d’islam » surprend. 

Et l’expression de « sciences arabes » choque car elle contredit les principes mêmes des sciences et leur caractère universel.

Parasitée par la diffusion de films en vis-à-vis, la scénographie claire distingue quatre thèmes principaux : « le temps et l’espace », c’est-à-dire le contexte géo-politique, « le ciel et le monde » - astronomie, cartographie, astrologie -, « le monde du vivant et l’homme dans son environnement » - la médecine, la chirurgie, la pharmacopée, la botanique, la zoologie, l’art vétérinaire, la chimie, l’optique et la mécanique – et les rapports entre « les sciences et les arts : l’architecture, la musique, les automates, les arts décoratifs développés grâce aux sciences ».

A voir, un astrolabe d’Espagne – « instrument utilisé pour calculer l’heure, déterminer la position des objets célestes et faire des mesures » - datant de 1300 et comportant une inscription judéo-arabe.

De plus, sont occultés l’apport des Juifs, non nommés dans l’exposition, et minoré celui des Chrétiens, tel le traducteur Ishâq Hunayn (m. 910), dans l’essor des sciences ainsi que leur statut de dhimmis auxquels ils étaient soumis et qui contredit cette description idyllique de tolérance véhiculée par l’exposition.

En outre, l’absence de distinction entre « arabe » - peuple conquérant - et « musulman » - fidèle de l’islam - gêne la compréhension de cet âge d’or.

De même, on saisit mal les raisons pour lesquelles cet âge d’or a pris fin. Ce qui n’aide pas à trouver les voies permettant un nouvel essor de ces sciences dans le monde musulman sous l’impulsion de « promoteurs d’une nouvelle modernité ».

Des questions demeurent : les différents courants de l’islam ont-ils eu une approche différente des sciences ? Ces « terres d’islam », libérées notamment par la Reconquista, ont-elles vocation à le redevenir ? 

Les 20e Rendez-vous de l’Histoire à Blois (4-8 octobre 2017), dont le thème est EURÊKA Inventer, Découvrir, Innover, organisent la conférence d’Alexandre Moatti, ingénieur en chef des Mines, chercheur associé à l’université Paris-Diderot (SPHERE UMR 7219), intitulée Islam et science : antagonismes contemporains.

« Dans le cadre de ses travaux sur l’histoire de la critique de la science et l’alterscience, Alexandre Moatti examine les ressorts d’une opposition à une science dite “occidentale” par certains penseurs islamiques contemporains – certains prônant une « science islamique ». Certains de leurs arguments sont repris et amplifiés sur internet dans des discours radicaux fort éloignés du savoir académique. L’auteur soumet à discussion, sur la base du corpus qu’il a analysé, le concept de “concordisme” (intrication des discours entre science et religion), qu’il voit plus riche et mieux adapté que le terme “créationnisme(s)”.


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Cet article avait été publié par L'Arche.

1 commentaire:

  1. Je suis choque et outre !comment ce pays est descendu si bas , a venerer ses envahisseurs !

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