Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

jeudi 27 septembre 2018

« Jan Masaryk, histoire d'une trahison » par Julius Sevcik


Arte diffusera le 28 septembre 2018 « Jan Masaryk, histoire d'une trahison » (A Prominent Patient (Masaryk) ; Der Verrat von München) par Julius Ševčík. « Un épisode clé de la vie du diplomate tchèque Jan Masaryk, contraint à l’exil suite aux accords de Munich. Ancré dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, le film s’attache à creuser la psychologie d’un personnage complexe, tiraillé entre sens du devoir et désir de vivre ».



Né à Prague, « originaire de Bohême », Jan Masaryk (1886-1948) s’avère un personnage complexe.

Fils de Tomáš Garrigue Masaryk, professeur de philosophie, et d’une mère américaine, Jan Masaryk se rend en 1904 aux Etats-Unis où il travaille comme pianiste dans un cinéma new-yorkais, puis est recruté dans une fonderie de laiton dans le Connecticut – il y assure aussi des cours d’alphabétisation ».
« Son milieu le destine à une brillante carrière de diplomate ».

Durant la Première Guerre mondiale, il combat comme soldat d’infanterie dans l’armée de l’empire austro-hongrois en Pologne.

1918. Intègre, épris de liberté, Tomáš Garrigue Masaryk est élu « premier président de la toute jeune République tchécoslovaque ».

Son fils Jan Masaryk occupe divers postes dans la diplomatie à Washington et Londres, et devient en 1921 secrétaire d'Édouard Beneš, ministre des Affaires étrangères de la Tchécoslovaquie. Il est apprécié pour sa culture, son charme, la vivacité de son esprit et son don pour le piano. Hostile au mouvement panslave, il perçoit l’Union soviétique comme une menace pour la Tchécoslovaquie.

En 1924, il se marie avec Frances Crane Leatherbee (1887-1954). Le couple divorce 1931.

Il « aime les femmes, les drogues et tous les excès des nuits exaltées du tournant des années 1930 ».

La mort de son père en 1937, deux ans après sa démission de la fonction présidentielle, renforce sa relation avec Beneš.

« Quand Hitler, poursuivant ses ambitions pangermanistes, annexe la région des Sudètes en 1938, Jan Masaryk  occupe le poste d’ambassadeur tchèque à Londres. L’homme tente désespérément de rappeler à leur devoir de protection les puissances alliées, le Royaume-Uni et la France, qui craignent plus que tout la perspective d’une nouvelle guerre ».

« Ses efforts resteront vains : le 29 septembre 1938, les accords de Munich abandonnent les Sudètes aux mains de l’Allemagne nazie ».

« Pour Jan Masaryk, le choc est brutal. Exilé aux États-Unis, il s’efforce de surmonter une dépression nerveuse avec l'aide du professeur Stein, médecin d’origine allemande ».

« Ce dernier le convainc de rallier Londres, où il rejoindra le gouvernement en exil et contribuera à écrire une nouvelle page de l’histoire tchèque ». Il est aidé par la journaliste américaine Marcia Davenport (1903-1996).

Durant la Deuxième Guerre mondiale, il est nommé ministère des Affaires étrangères du gouvernement tchécoslovaque en exil à Londres et s’exprime régulièrement à la BBC dans des émissions destinées à la Tchécoslovaquie occupée par le IIIe Reich.

En 1945, Masaryk demeure ministre des Affaires étrangères de la Tchécoslovaquie libérée, et dirigée par un gouvernement dominé par les communistes.

L’URSS contraint la Tchécoslovaquie à refuser finalement en 1947 l’aide américaine du Plan Marshall.

La Tchécoslovaquie vend des armes à l’Etat d’Israël renaissant pour combattre durant sa guerre d’Indépendance. Masaryk signe le premier contrat le 14 janvier 1948.

Après le coup de Prague (février 1948) qui marque l’imposition d’un régime communiste stalinien, Jan Masaryk  est découvert le 10 mars 1948, vêtu d’un pyjama, dans la cour du siège du ministère des Affaires étrangères, sous la fenêtre de son appartement de fonction. Le Ministère de l’Intérieur a allégué que Jan Masaryk se serait suicidé. Mais il semble vraisemblable qu’il ait été tué par les communistes ou contraint à la défenestration.

« Acclamé à sa sortie en République tchèque et en Slovaquie, ce long métrage biographique rend hommage à un acteur méconnu de l’histoire européenne. Ancré dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, le film s’attache également à creuser la psychologie d’un personnage complexe, tiraillé entre sens du devoir et désir de vivre ».

Il a été projeté à la 67e Berlinale (2017) et a été distingué par douze Lions tchèques, dont celui du Meilleur film.
   

« Jan Masaryk, histoire d'une trahison » par Julius Ševčík
République tchèque, 2016, 106 min
Image : Martin Strba
Montage : Marek Opatrny
Musique : Michal Lorenc
Production : In Film Praha, ZDF, ARTE, Ceska Televize, Rozhlas a televizia Slovenska
Producteur/-trice : Rudolf Biermann, Julius Sevcik
Scénario : Petr Kolecko, Julius Sevcik, Alex Königsmark
Acteurs : Eva Herzigova, Oldrich Kaiser, Karel Roden, Hanns Zischler, Arly Jover, Jiri Vyoralek
Sur Arte le 28 septembre 2018 à 20 h 55 et le 2 octobre 2018 à 13 h 35

Visuels :
Hanns Zischler et Karel Roden
Karel Roden et Eva Herzigova
Karel Roden
© Martin Strba

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sont d'Arte.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire