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mardi 18 septembre 2018

« Paul Celan : écrire pour rester humain » par Ullrich H. Kasten et Hans-Dieter Schütt


Arte diffusera le 19 septembre 2018 « Paul Celan : écrire pour rester humain » (Paul Celan - Dichter ist, wer menschlich spricht) par Ullrich H. Kasten et Hans-Dieter Schütt. « Un portrait mouvant et émouvant du grand poète Paul Celan. De culture juive et de langue allemande, issu d’une région (la Bucovine) rattachée à la Roumanie puis à l’URSS, Paul Celan sera toute sa vie un déraciné. Ses deux parents mourront en déportation, et lui-même survivra aux camps de travail. Hanté par l’ombre des suppliciés, il traverse plusieurs dépressions et se donne la mort à 50 ans en se jetant dans la Seine. » Pourquoi Arte diffusera-t-elle ce documentaire en pleine nuit, pendant le Jour de Kippour ?
    

« C’est à Czernowitz, en Bucovine, dans l’actuelle Ukraine, que le 23 novembre 1920 naît Paul Antschel, qui prendra le nom de Paul Celan après-guerre ». 

« De culture juive et de langue allemande, issu d’une région rattachée à la Roumanie puis à l’Union soviétique, il sera toute sa vie un déraciné ». 

« Après une adolescence romantique et anarchiste, il étudie la médecine à Tours quand éclate la Seconde Guerre mondiale ». 

« Ses deux parents mourront en déportation, et lui-même survivra aux camps de travail ». 

« De Vienne, où il se lie à l’écrivaine Ingeborg Bachmann, à l’Allemagne – qu’il nomme sa "terre d’angoisse" –, d’Israël à l’École normale supérieure de Paris, le poète errant gardera toujours la cicatrice de l’horreur, qui marque profondément son écriture : il n’a de cesse de "mettre en mots les extrémités de l’expérience humaine".

« Hanté par l’ombre des suppliciés, il traverse plusieurs phases dépressives, et se donnera finalement la mort à 50 ans en se jetant dans la Seine ». 

« Parsemé de lectures de ses poèmes et des commentaires de son fils Éric et de son éditeur Bertrand Badiou, cet émouvant portrait retrace le parcours de l’un des plus grands poètes de l'après-guerre, ballotté entre la reconnaissance littéraire et l’incompréhension qui entoura les survivants ».

Pourquoi Arte diffusera-t-elle ce documentaire en pleine nuit ?

Anne Gorouben
En 2003-2004, dans le cadre de l’opération « Diffractions » célébrant les 20 ans du Fonds régional d’art contemporain (FRAC) francilien, le Musée d’Art et d’Histoire du Judaïsme (MAHJ) a présenté un pastel sec et fusain, aux tons gris-bleus sourds, sur carton (1995), acquis par ce FRAC, de la peintre Anne Gorouben inspirée par le poème « Todesfuge » (« Fugue de mort ») écrit en 1945 par Paul Celan (1920-1970). Il l’a exposé avec l’enregistrement sonore du célèbre poème lu par l’auteur. Né en Roumanie, Paul Celan est élève à l’école hébraïque Safah Ivriah pendant trois ans, puis débute des études de médecine à Paris en 1938, et apprend la philologie dans sa ville natale, Cernauti. En 1942, ses parents sont déportés, et meurent. Paul Celan est envoyé dans des camps de travail en Valachie. En 1948, il s’installe à Paris, où il devient un traducteur réputé et poète d’expression allemande.

Ecrit en 1945, « Todesfuge » (« Fugue de mort ») évoque la Shoah et contient notamment ce vers : « La mort est un maître venu d'Allemagne ». Pour Anne Gorouben, la rencontre avec ce poème « fut brutale, une lecture que me fit un ami. Le poème de Paul Celan dénoua dans l’intensité de sa présence la douleur accumulée ». Elle ne l’a pas illustré, mais a établi des correspondances picturales : marquée par des douleurs familiales, elle a dessiné des bâtiments abandonnés, des gens et des dogues allemands et écrit « le texte du poème à la sanguine ». Elle a aussi animé un atelier pédagogique pour les classes de la 4e à la Terminale.


« Paul Celan : écrire pour rester humain » par Ullrich H. Kasten et Hans-Dieter Schütt
Allemagne, 2014
Sur Arte le 19 septembre 2018 à 2 h 50

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