Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 5 octobre 2021

« France-Allemagne. Une histoire commune » de Roland Théron

Arte rediffusera en octobre et novembre 2021 « France-Allemagne. Une histoire commune » (Deutsch-französische Geschichten) de Roland Théron. 
« Une réflexion stimulante sur l'histoire commune de la France et de l'Allemagne à travers dix regards thématiques » diffusés dans un ordre illogique rendant peu compréhensible cette histoire.

« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan 

« Longtemps « meilleures ennemies », la France et l'Allemagne ont connu bien des différends au cours des siècles ». 

« Pourtant d’innombrables liens les unissent : monuments, vestiges et frontières témoignent d'une histoire parallèle ». 

« Tourisme et industrie sidérurgique dévoilent une interdépendance économique et le réchauffement climatique représente un défi environnemental commun ». 

Une réflexion stimulante sur l’histoire commune des deux pays à travers dix regards thématiques.

L'Union européenne (UE), qui a succédé à la Communauté économique européenne (CEE), est souvent présentée comme une construction ayant mené à une zone pacifique. 

Mais ces deux entités s'avèrent différentes : l'UE avance vers le fédéralisme, a absorbé une grande partie des souverainetés nationales de ses Etats-membres et est marquée par la domination en son sein même d'une Allemagne réunifiée, industrialisée, atlantiste, ayant bénéficié de transferts de technologie française, s'appuyant sur un Hinterland (arrière-pays) et peut-être en voie d'obtenir une partie du siège de la France au Conseil de sécurité des Nations unies (ONU).

Sujet tabou : 
Walter Hallstein, juriste sous le IIIe Reich d’Hitler, premier président de la Commission de la Communauté économique européenne (CEE) "promoteur d'une Europe fédérale" contre le général de Gaulle, président de la France et "partisan d'une Europe des Etats". Dans son « Autobiographie politique. De la découverte du dhimmi à Eurabia », Bat Ye’or « décèle clairement le rôle de l’antisémitisme dans la déchéance de l’Europe contemporaine ». Elle souligne « l’influence des nazis et des fascistes dans la construction européenne... Maintenus dans l’après-guerre à des postes ministériels influents et dans les arcanes des organisations internationales, ils rafraîchirent le cadre juridique et économique agréé en 1938 par Hitler et le pouvoir fasciste italien pour construire la Nouvelle Europe. L’auteur de ce plan, Walter Hallstein (1901-1982), affilié aux organisations nazies dès la première heure, officier de la Wehrmacht, fut aussi un juriste célèbre... Sa conception d’une Europe unifiée sous la dictature du IIIe Reich incluait l’application des lois de Nuremberg afin d’éliminer toute présence juive. Devenu dans l’après-guerre Secrétaire d’État du Chancelier Konrad Adenauer, il y retrouva un ancien collègue qu’il admirait, Hans Josef Globke, auteur précisément des lois antisémites racistes de Nuremberg et promu Conseiller d’État du Chancelier. Hallstein fut élu premier président de la Communauté européenne (1958-1967) par les gouvernements européens ».

Autre proche d'Hallstein et nazi ayant poursuivi une carrière sans être inquiété : Carl Friedrich Ophüls (1895-1970), juriste, universitaire et diplomate. Il a été secrétaire allemand au tribunal d'arbitrage mixte germano - britannique de Londres (1925-1930), puis a travaillé au tribunal régional supérieur de Francfort-sur-le-Main (1931-1945). Il a été membre du NSDAP (1933-1945). Après la fin de la Deuxième Guerre mondiale, il a collaboré au bureau juridique de l'administration de l'Espace économique uni (Bizone) de 1948 à 1949. Après la création de la République fédérale d'Allemagne (RFA) en 1949, il devint chef du département du droit international général, du droit international spécial et des questions juridiques du règlement de la paix au ministère fédéral de la Justice jusqu'en 1952. A ce titre, il a été membre de la délégation entre 1951 et 1952 de la conférence sur la formation d'une armée européenne et expert de la délégation pour le remplacement du statut d'occupation. Parallèlement, il a été professeur honoraire de droit des brevets, de droit international et de droit anglo-américain à l' Université de Francfort en 1949. En 1952, il a rejoint le service diplomatique, où il dirige la subdivision pour l'organisation internationale et supranationale du ministère des Affaires étrangères. Il est nommé ambassadeur de la RFA en Belgique (1955-1958). Il a aussi été Représentant permanent auprès de la CEE et de l' Euratom. Il a signé le traité instituant la Cour de justice de la CE

A tort, certains politiciens ou intellectuels dressent un parallèle entre les relations franco-allemandes et celles entre les Israéliens et les "Arabes palestiniens", et augurent une paix au Proche-Orient à l'instar de celle en Europe. Mais, l'irrédentisme d'"Arabes palestiniens" se différencie des anciennes revendications germaniques : les chartes de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et du mouvement islamiste Hamas visent la destruction de l'Etat Juif.

A partir de 2006, trois manuels d’histoire commune franco-allemands ont été publiés sous le titre "Histoire/Geschichte" afin de créer « une vision commune franco-allemande ». Ce projet a été initié en 2003 par Jacques Chirac, alors Président de la République, et Gerhard Schröder, alors chancelier allemand. Il reprenait "l'idée lancée par le Parlement franco-allemand des jeunes, à l'occasion du 40e anniversaire du traité de l'Elysée.

Une équipe d'historiens et de responsables pédagogiques des deux Etats ont contrôlé l'exécution de cette initiative. 

Par appels d'offres, Ernst Klett Verlag (Stuttgart) et les éditions Nathan (Paris) qui ont été sélectionnées pour les publier.

Publié en 2006, destiné aux classes de Terminales, le premier tome de ce manuel aborde "l'Europe et le monde depuis 1945". Edité en 2009, le volume "L'Europe et le monde du congrès de Vienne à 1945" vise les lycéens de Premières. Quant au troisième volume, il couvre, pour les élèves de Secondes, l'histoire de l'Europe et du monde de l'Antiquité à 1815.

L'analyse de deux de ces manuels scolaires révèle un traitement partial des Juifs, du Judaïsme et de l'Etat d'Israël.

Le manuel des lycéens de Terminales (336 pages) propose, en "Repères" (pp. 80-81) "La poudrière du Moyen-Orient". Les "repères chronologiques" indiquent en 1947 "Plan de partage adopté par l'ONU" - partage de quoi ? Quatre cartes (1947, 1949, 1967, 2006) illustrent "Une terre, deux peuples, 50 ans d'affrontements". Existe-t-il un "peuple palestinien" ? Les "mots clés" définissent le panarabisme, mais pas le sionisme. Quant à la conférence de Bandung (1955), elle est illustrée en page 88 par une carte dans laquelle la "Palestine" est substituée à l'Etat d'Israël !? Le dossier "Religion et société en Europe" comprend en page 2015 un tableau ayant comme source un ouvrage publié en 2005 et indiquant pour dix pays européens, dont l'Allemagne de l'Est, l'Allemagne de l'Ouest, la France, la Grande-Bretagne et la Pologne, le pourcentage de catholiques, protestants, orthodoxes, musulmans, autres et sans religion. Les Juifs sont absents. Pourquoi ?

Publié en 2009, "L'Europe et le monde du congrès de Vienne à 1945" (384 pages). La "destruction des Juifs d'Europe" (pp. 330-331) omet de préciser que la Shoah visait tous les Juifs du monde, où qu'ils vivaient. Les persécutions antisémites du régime de Vichy appliquées dans son empire ou ses départements d'outre-mer sont occultées. En pages 348-349, la "France résistante" omet les résistances juives : maquisards, les organisations de sauvetage d'enfants juifs, etc. Quid des camps d'internement de Juifs en Afrique du nord ? Le lexique définit les "nationalités", mais pas le sionisme.

Curieusement, lors de la présentation en 2006 du premier manuel, aucun ministre, aucun journaliste, aucun historien n'a relevé ces faits. Pourquoi ?

« Les traces de la guerre froide »
Arte rediffusera le 3 octobre 2021 « Les traces de la guerre froide » (Spuren des Kalten Krieges).

« Cet épisode explore les traces de la Guerre froide, qui a scindé le monde en deux blocs et vu Américains et Russes déployer des troupes un peu partout en Europe. »

« À l’époque, la France comptait une trentaine de bases militaires en Allemagne, divisée par cette frontière entre Ouest et Est, notamment le long du mur de Berlin ». 

« Vu d’en haut, le paysage conserve des marques durables du conflit ». 

« On les observe dans la géographie de nos deux pays, mais aussi dans le cœur des hommes qui ont vécu cette période. »


« Paysages de vacances »
Arte rediffusera sur son site Internet « Paysages de vacances » (Auf der Spur der Ferienkultur).

« 80 millions de touristes se rendent chaque année en France. Parmi eux, 20 % sont Allemands ». 

« Derrière ces chiffres se cache une réalité née dans l’après-guerre : l’émergence du tourisme de masse, liée à la généralisation des congés payés dans le monde occidental. »

« La course au soleil et à la mer marque le territoire franco-allemand. Un survol des côtes des deux pays permet de se rendre compte de l’impact de ce phénomène, qui explosera véritablement dans les années 1960-1970. »


« Les défis de la nature »
Arte rediffusera sur son site Internet « Les défis de la nature » (Zwischen Naturgewalt und Klimawandel).

« La France et l'Allemagne ont été façonnées par des phénomènes géologiques et climatiques communs avec lesquels les populations ont appris à cohabiter ».
 
« Entre urbanisation mal contrôlée et réchauffement de la planète, les deux pays sont actuellement confrontés aux mêmes dérèglements de la nature : tempêtes, inondations, vagues de froid et sécheresses. » Quid de l’artificialisation et de la bétonisation des sols ainsi que des réseaux d'assainissement sous-dimensionnés ? Ce qui empêche les eaux de pluie de s’infiltrer dans le sol.

« Des phénomènes qui dessinent de nouvelles frontières. » 


« Au temps des princes »
Arte rediffusera le 4 octobre 2021 « Au temps des princes » (Prunk und Pracht der Königreiche).

« Le pouvoir de l'aristocratie, qui s’incarne dans les domaines, les châteaux et les jardins, emprunte à un modèle commun : Versailles. » 

« Au XVIIe siècle, les rivalités dynastiques sont vives entre la maison de France (les Valois, puis les Bourbons) et les Habsbourg. La France, siège d’un pouvoir déjà en partie centralisé, exerce une attraction indéniable sur les princes allemands. »

« Au XVIIIe siècle, grâce au rayonnement de la pensée des Lumières, au gré des voyages et des correspondances, un espace commun se dessine et unit les deux territoires. »

« La route des marchands »
Arte rediffusera le 6 octobre 2021 « La route des marchands » (Legendäre Handelswege).

« Les liens commerciaux entre France et Allemagne racontent une longue histoire de collaboration, qui remonte au moment où se dessine l’Europe du Moyen Âge sur un axe Méditerranée-Baltique ». 

« C’est dans cet espace que s’inventent les foires de commerce, les lettres de change, le tissage ou la chimie, et que les villes et les ports prennent leur essor… »

« En 2014, le commerce franco-allemand s'élevait à 169,4 milliards d'euros. Les deux pays sont des partenaires commerciaux historiques tenus par un important flux d'importations et d'exportations engendrant une interdépendance économique. »

« De la cité-jardin aux grands ensembles »

« Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les deux pays doivent mener une politique de reconstruction sans précédent ». On peine à imaginer la crise du logement jusque dans les années 1950.

Ville hanséatique située dans le Land de Basse-Saxe, « la ville de Brême est détruite à plus de 40 %, Dunkerque à près de 80 %. Pour absorber les flux de population, la reconstruction se cherche des modèles. »

« Dans les deux pays, les politiques urbaines diffèrent mais s'inspirent parfois des mêmes savoir-faire. Sur les décombres des villes industrielles vont s’expérimenter de nouvelles formes d’habitat collectif : lotissements, grands ensembles et habitats pavillonnaires bouleversent en profondeur les modes de vie. » Des alliances chromatiques audacieuses rompent la monotonie de la ligne de la rue.

Les pavillons offrent la possibilité pour les acheteurs, surtout modestes, de se constituer un patrimoine.

« Les traces de la révolution industrielle »

« L'histoire de l'industrie de l'acier a profondément marqué les deux pays ». Elle a été un enjeu lors des négociations de paix. 

« Mines de fer, de charbon, hauts fourneaux et terrils, l’industrie sidérurgique au XIXe siècle a modifié l'urbanisme de régions entières, créant d’immenses bassins industriels. » Et ce, parallèlement à l'essor du chemin de fer.

Les propriétaires de ces mines ont développé un "capitalisme social" pour les hommes et les femmes (cours de couture), et pour les familles des lotissements.

« En survolant la Sarre, chaque côté de la rivière laisse voir les mêmes friches, vestiges d’un passé commun qui a marqué les paysages et les hommes. »

« Des frontières entre guerres et paix »

« Dernier épisode de cette série documentaire sur l'histoire commune de la France et de l'Allemagne ». 

« Les frontières sont des constructions culturelles, même si elles épousent parfois des barrières naturelles. »

« Vues d’en haut, les frontières portent souvent les traces des conflits passés. Celle qui sépare la France de l'Allemagne en est l’illustration : elle n’a cessé d’évoluer au fil des affrontements entre les deux pays, pour progressivement devenir une ligne de paix ».

« Du pain, de la bière et du vin »
Arte rediffusera le 24 octobre 2021 « Du pain, de la bière et du vin » (Von Brot, Bier und Wein).

« Dans ce volet : l’alimentation, qui façonne le paysage, lui donne ses couleurs et ses textures, au fil des siècles et des saisons ». 

« Quelles sont les raisons historiques de notre diversité alimentaire ? La France est-elle le pays du blé et du vin, et l’Allemagne celui du seigle et de la bière ? »

« Si on remonte le cours du temps, ces oppositions ne tiennent plus. L’histoire dessine une cartographie mouvante de ces frontières alimentaires, fruit d’un passé commun ».


« Mille ans de religion »
Arte rediffusera le 15 novembre 2021 « Mille ans de religion » (1000 Jahre Religion).

« Depuis le Moyen Âge, les deux pays ont vu leurs horizons rural et urbain dominés par des édifices religieux qui sont aussi des monuments artistiques et culturels ». 

« Les réalisations des bâtisseurs ont ainsi marqué les paysages, mais aussi les hommes et leurs communautés. »

« Au Moyen Âge, le réveil de l'art roman va marquer la première Renaissance européenne ». 

« Cette émergence accompagne un mouvement sans précédent de création de bourgs et de cités sur les deux territoires que sont le royaume de France et le Saint Empire romain germanique ». 

« Au fil des siècles, la France et l'Allemagne ont vu leurs horizons rural et urbain dominés par des édifices religieux qui sont aussi des monuments artistiques et culturels ». 

« Les réalisations des bâtisseurs ont ainsi marqué les paysages, mais aussi les hommes et leurs communautés. »



France, 2015, 10 x 26 min
Coproduction : ARTE France, Point du Jour
Sur ARTE :
« Les traces de la guerre froide  » : le 3 octobre 2021 à 15 h 15. Disponible du 20/09/2021 au 25/11/2021
« Paysages de vacances  » : Disponible du 22/09/2021 au 27/11/2021
« Les défis de la nature  » : Disponible du 23/09/2021 au 28/11/2021
 « Au temps des princes  » : 4 octobre 2021 à 15 h 35. Disponible du 27/09/2021 au 02/12/2021
« La route des marchands  » : 6 octobre 2021 à 03 h 50. Disponible du 28/09/2021 au 03/12/2021
« De la cité-jardin aux grands ensembles  » : 6 octobre 2021 à 15 h 35 et 11 octobre 2021 à 3 h 15. Disponible du 29/09/2021 au 04/12/2021
« Les traces de la révolution industrielle  » : 7 octobre 2021 à 15 h 35 et 18 novembre 2021 à 6 h 20. Disponible du 30/09/2021 au 05/12/2021
« Des frontières entre guerres et paix  » : 8 octobre 2021 à 15 h 35. Disponible du 01/10/2021 au 06/12/2021
« Du pain, de la bière et du vin  » : le 24 octobre 2021 à 04 h 05. Disponible du 21/09/2021 au 26/11/2021
« Mille ans de religion  » : 15 novembre 2021 à 06 h 20. Disponible du 24/09/2021 au 29/11/2021
Visuels : © Point du jour

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent d'Arte. Cet article a été publié le 5 octobre 2021.

Dans le studio des frères Séeberger. Célébrités 1940 - 1977

Le château de Maisons accueille l’exposition « Dans le studio des frères Séeberger. Célébrités 1940-1977 ». L'œuvre élégante de deux frères d'une dynastie de photographes juifs français témoins de leur siècle et qui témoignent notamment des Trente Glorieuses et d'une brillante vie intellectuelle et artistique.


« Le Centre des monuments nationaux (CMN) présente au château de Maisons du 29 mai au 11 octobre 2021 l’exposition « Dans le studio des frères Séeberger ». 

« Cette première exposition consacrée à l'œuvre de Jean et Albert Séeberger, seconde génération de cette dynastie de photographes français, met en lumière l'un des plus riches fonds photographiques conservé par le CMN. 

« À travers une sélection de portraits de personnalités, de la Seconde Guerre mondiale aux Trente Glorieuses, l'exposition révèle le regard singulier de ces deux frères sur leurs contemporains. Phénomènes éphémères ou véritables icônes intemporelles, ces célébrités posent avec simplicité dans une atmosphère souvent intime et d’une constante élégance. » 

« Les œuvres présentées issues des collections du CMN sont des tirages modernes ».

« L’exposition présente aussi plusieurs prêts provenant notamment de la Bibliothèque nationale de France ou de la famille Séeberger, dont la générosité est à l’origine de cette exposition. »

« L'aventure photographique des frères Séeberger débute avec la première photographie réalisée par Jules Séeberger en 1898 et s’achève en 1977 lors de la fermeture définitive de l'atelier familial par ses neveux Jean et Albert. »

« L'entreprise créée en 1910 par Jules, Louis et Henri et reprise par Jean et Albert en 1940, traverse deux guerres mondiales et surmonte presque un siècle de révolutions - industrielles, sociales et photographiques. Exigences technique et professionnelle, capacité d’adaptation et passion de la belle photographie sont des ingrédients de cette réussite ; mais l'élément secret en est sans nul doute l'esprit de famille fort et indéfectible qui les anime. »

« Jean et Albert débutent leur apprentissage à tout juste 17 ans dans l’atelier de leurs oncles et père et suivent des études techniques supérieures à l'École Nationale des Arts et Métiers de Paris. A la mort de leur oncle Jules en 1932, ils se voient confier leurs premiers travaux et introduisent des transformations techniques telles que l'usage du Rolleiflex et du format 6x6. » 

« Après la Seconde Guerre mondiale, ces photographes de commande exercent leur savoir-faire dans les domaines de la mode, de la publicité, du portrait, de l’industrie et du reportage. Jean et Albert Séeberger sont, jusqu’en 1977, les dignes représentants d’une pratique de la photographie « à la française » dans sa plus pure tradition. »

Jean Séeberger est membre du groupe des XV créé en 1946 avec notamment Willy Ronis et Robert Doisneau.

« Témoins de leur époque, les Séeberger photographient des centaines de célébrités du monde du sport, de la politique ou de l’industrie et surtout des arts : Kees Van Dongen, Jean Cocteau, Christian Dior, Sacha Guitry, Joséphine Baker, Edith Piaf, Juliette Gréco ou encore la toute jeune Brigitte Bardot, posent ainsi devant l’objectif des deux photographes. Chez elles, dans leur atelier, dans un café ou en studio, ces personnalités apparaissent seules, en famille ou en société. Certaines stars, habituées des projecteurs, jouent malicieusement avec la pellicule, tandis que d'autres semblent suivre avec application les instructions des photographes. Avec soin ils saisissent dans ces portraits l’expression, le geste qui révèlent l’humain derrière l’icône. »  

Autre personnalité : la romancière Colette. romancière pensive à sa table de travail de son appartement parisien.

Le commissariat général (CMN) est assuré par Laurent Bergeot, chef du service des ressources documentaires, et Virginie Gadenne, administratrice du château de Maisons, et le commissariat scientifique par Maureen Huault, historienne de la photographie. 

« Les visiteurs sont invités à découvrir, au sous-sol du château, la centaine d’œuvres exposées, tirages modernes ou reproductions, documents d’archives originaux ainsi qu’une évocation du laboratoire photographique des deux frères. Les photographies sont autorisées sans flash. »

L'exposition s'articule autour de ces trois pôles.

1/ Séeberger frères, de père en fils
« Une histoire de famille débutée en 1898, qui traverse deux guerres mondiales et presque un siècle de révolutions industrielles, sociales et photographiques ». 

2/ Le labo photo
« Ici est présentée, dans une atmosphère qui évoque celle des laboratoires photographiques, l’incroyable diversité du travail de la seconde génération des frères Séeberger ; depuis la reconstruction de la France, les Trente Glorieuses, l’architecture et les métiers d’art. : tirages pêle-mêle, appareils des frères Séeberger, lumière inactinique, contribuent à recréer l’ambiance de travail des photographes ».

3/ Galerie des célébrités
« Ce sont des centaines de célébrités que les frères Séeberger photographient en 37 ans. Les visiteurs découvriront ici la richesse des univers photographiés à travers la sélection d’une cinquantaine de portraits individuels ou collectifs :
- La musique du classique au jazz en passant par la chanson française : Marius Casadesus, Louis Amstrong, Joséphine Baker ou encore Edith Piaf
- L’écriture avec l’intimité des femmes et hommes de lettres comme Colette, Maurice Genevoix, Jean-Paul Sartre mais aussi le célèbre Mansonnien Jean Cocteau 
- La mode à travers ses couturiers, comme Jacques Fath ou Christian Dior
- La danse et le théâtre sous les traits de Zizi Jeanmaire, Roland Petit, Pierre Brasseur ou encore Brigitte Bardot. »



Du 29 mai au 11 octobre 2021
2 avenue Carnot
78600 Maisons-Laffitte
Tél. : 01 39 62 01 49
Tous les jours sauf le mardi de 10 h à 12 h 30 et 14 h à 17 h
Visuels :
Affiche 
Joséphine Baker 
© Séeberger Frères / CMN

Yvette Chauviré dans "La mort du cygne"
© Séeberger Frères / CMN

Sacha Guitry chez lui 
© Séeberger Frères / CMN

Édith Piaf, Jean Chevrier et Henri Contet chez Marguerite Monnot 
© Séeberger Frères / CMN

Colette chez elle, au Palais-Royal 
© Séeberger Frères / CMN

Jean Cocteau dans son appartement 
© Séeberger Frères / CMN

lundi 4 octobre 2021

« Propagande, les nouveaux manipulateurs » par Alexandra Jousset et Philippe Lagnier

Arte diffusera le 5 octobre 2021 « Propagande, les nouveaux manipulateurs » (Propagandamaschine Social Media), documentaire partial d’Alexandra Jousset et de Philippe Lagnier. « Comment le laisser-faire sur les réseaux sociaux permet aux nationalismes populistes de propager la haine et le mensonge. Cette enquête dévoile la partie immergée de l'iceberg "fake news" dans quatre pays "écoles" : États-Unis, Inde, Brésil et Italie. »

« L’affiche - La naissance de la publicité moderne » par Adolfo Conti
Au temps de Klimt - La Sécession à Vienne 
L'esprit du Bauhaus
TIM

Arte propose un "Spécial Propagande". "Quelles formes a pris la propagande au fil du temps ? ARTE consacre à la question une programmation spéciale, avec, entre autres, un documentaire qui recense les manipulations les plus emblématiques de l’histoire."

« Il y a quinze ans encore, on percevait les réseaux sociaux comme un ferment démocratique nouveau qui, en favorisant la diffusion de l'information et la communication horizontale entre citoyens, aiderait les peuples à briser leurs chaînes, de l'Europe orientale au monde arabe ». 

« L'histoire s'est écrite autrement : l'assaut sur le Capitole des partisans de Donald Trump, le règne chaotique de son homologue Jair Bolsonaro, les offensives ciblant les musulmans dans l'Inde de Narendra Modi ou le succès fulgurant des mots d'ordre racistes du leader de la Ligue italienne Matteo Salvini ont mis en évidence le pouvoir dévastateur à l'échelle planétaire des appels à la haine et de la désinformation qui circulent en temps réel sur les médias sociaux ». Les milliers de partisans manifestant en faveur du Président Donald Trump à Washington ne se sont pas rués sur le Capitole. Quels "mots d'ordre racistes" ?

« Au travers de ces quatre cas d'école, Philippe Lagnier et Alexandra Jousset dévoilent de façon précise et détaillée comment, et avec qui, fonctionne cette vaste fabrique de propagande si difficile à contrer ». 

« Explorant les coulisses de ce mouvement qui a pour logiciel commun la dénonciation virulente du "mondialisme", des élites ou du socialisme, sur fond de xénophobie et de conservatisme sociétal, leur enquête montre comment, sous l'égide de conseillers de l'ombre experts en propagande numérique, des armées de hackers, de sondeurs d'opinion et de spécialistes du big data s'emploient à attiser les colères dormantes. »

« Tels Luca Morisi, très discret conseiller de Matteo Salvini, ou Arvind Gupta, architecte de la foudroyante force de frappe en ligne du BJP, le parti nationaliste hindou de Narendra Modi, ces "ingénieurs du chaos", parmi lesquels figurent aussi les trois fils de Jair Bolsonaro, ou l'ex-conseiller de Trump Steve Bannon, jouent sur le "microciblage" des peurs, des frustrations et des fragilités de millions d'individus, identifiées par leurs multiples traces laissées en ligne ». 

« Même si les vidéos sont fabriquées de toutes pièces, même si la violence des mots et des images se concrétise parfois en lynchages et en émeutes, Facebook, Instagram et désormais Whatsapp continuent de relayer massivement ces messages sur mesure ». Au contraire, ils censurent ce qui contredit le "politiquement correct".

« Politiquement comme en termes commerciaux d'audience, cela marche : les sociétés se polarisent, la vérité devient toute relative et les tribuns progressent ». 

« Philippe Lagnier et Alexandra Jousset ont rencontré sur trois continents des artisans, des "petites mains" et des convertis de cette nouvelle propagande, mais aussi des cybermilitants, des journalistes et des chercheurs qui la combattent activement ». 

« En élucidant les tenants et aboutissants d'un phénomène opaque et omniprésent qui sape les fondements mêmes de la démocratie, ils démontrent que celui-ci ne relève pas d'une quelconque fatalité postmoderne, et qu'on peut le combattre ». 

« Ils soulignent aussi combien l'inertie volontaire des Gafam – illustrée entre autres par le silence éloquent de Mark Zuckerberg, patron de Facebook et de Whatsapp, sur sa responsabilité dans l'attaque du Capitole face à la commission d'enquête américaine – constitue l'un des cœurs du problème. »

Qu'est-ce qu'une "fake news" ? L'origine laborantine chinoise du coronavirus était labellisée "fake news" en 2020, et reconnue comme une hypothèse vraisemblable en 2021. Le gouvernement français assénait en mars 2020 que les masques étaient inutiles car les stocks manquaient, et les a imposés en affirmant leur caractère indispensable quelques mois plus tard. Alors, "fake news" étatique ?  

Quid du rôle exorbitant des Gafam qui étiquettent "faux", sur des critères inconnus, des informations, et osent censurer le Président des Etats-Unis, alors Donald Trump ?

Le 29 septembre 2021, le Président de la République Emmanuel Macron a établi une Commission chargée de réfléchir sur les "impacts d’Internet sur notre information, notre démocratie". Elle est composée d'une "quinzaine d'experts (historiens, universitaires, journalistes, acteurs de terrain etc.), autour du sociologue Gérald Bronner, dans une commission nommée « Les Lumières à l'ère numérique », pour penser l'espace de débat commun de notre démocratie". 

Perdure la volonté du Chef de l'Etat de poursuivre dans une voie liberticide initiée par sa Loi contre la manipulation de l'information, dénommée « loi infox » ou « loi fake news », promulguée le 22 décembre 2018, et la Loi du 24 juin 2020 visant à lutter contre les contenus haineux sur internet, dite « loi Avia », largement censurée par le Conseil constitutionnel, créant un parquet spécialisé, et un observatoire de la haine en ligne rattaché au CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel) et qui offrait aux Gafam des pouvoirs attribués au juge judiciaire, garant, constitutionnel des libertés individuelles (article 66 de la Constitution de 1958).

"Pour Julien Giry, chercheur en science politique à l’université de Tours, cet intitulé en dit long : « Il oppose un discours de rationalité, qui serait celui des sachants et du pouvoir, à la bêtise des jeunes et des masses populaires, qui s’informeraient uniquement sur Internet. »

"Julien Giry l’assure : « Il n’existe à ce jour aucune étude de long terme permettant de conclure à une hausse du nombre de personnes adhérant à une vision conspirationniste. Le seul événement pour lequel de telles données existent est l’assassinat de Kennedy, en 1963, et quelles que soient les époques et les variables, on est toujours à 80 % d’Américains adhérant à l’idée d’un complot contre l’ancien président. »

"La commission sur le complotisme mise en place par le gouvernement est une idée très inquiétante. Ce n’est pas à l’Etat d’édicter le vrai et le faux, d’établir ce qu’il faut dire et ne pas dire. On vit vraiment une période sombre pour les libertés publiques. Quant aux motivations politiques de tout ça, elles sont assez limpides. Macron agite de manière exagérée la menace du complotisme pour se poser en gardien de la raison face aux extrêmes", a twitté Mathieu Slama, analyste politique, le 3 octobre 2021.



« Grands reporters à Capa, Philippe Lagnier et Alexandra Jousset alertent sur le pillage généralisé des données en ligne pour promouvoir des idées mortifères, souvent en toute légalité, y compris en Europe. Entretien croisé. Propos recueillis par Irène Berelowitch ».
 
« Que révélez-vous sur la manière dont les réseaux sociaux ont relayé la propagande populiste, ces dernières années ?
Philippe Lagnier : Nous sommes partis d'un constat : le succès des populismes dans le monde démocratique, la prolifération des fake news qui a accompagné leur ascension et les audiences spectaculaires engrangées par leurs représentants sur les réseaux sociaux. Nous avons voulu comprendre comment les nouvelles technologies de l'information, utilisées quotidiennement par des dizaines de millions de gens, favorisaient ces mouvements politiques. Ce que nous avons découvert, d'abord, c'est l'extrême facilité avec laquelle, en dépit du scandale Cambridge Analytica *, on peut continuer de piller des données pour mettre en œuvre un "microciblage" très efficace, agrégeant de façon centrifuge les colères à l'œuvre dans une société. Or, malgré leur violation flagrante de l'éthique et des principes démocratiques, la plupart des exemples que nous documentons sont soit tout à fait légaux, soient restent complètement impunis.
Alexandra Jousset : Montrer dans un film combien il est facile d'établir des cartographies détaillées (adresse, téléphone, intérêts, orientations sexuelles, politiques…) des utilisateurs de Facebook ou Instagram, alors que ces plates-formes sont censées protéger la confidentialité des échanges, peut contribuer, du moins nous l'espérons, à éveiller les consciences sur le danger que cela représente. Nous pointons aussi la manière dont la messagerie, pourtant cryptée, de Whatsapp fonctionne désormais comme un relai très efficace de ces messages de haine, en raison de son usage plus privé, plus intime : on se méfie d'autant moins d'une intox qu'elle vous a été transmise par un proche. Le BJP de Narendra Modi, en Inde, où beaucoup de gens ne recourent plus qu'à leurs groupes Whatsapp pour s'"informer", a été pionnier dans ce domaine.

Quels ont été les principaux obstacles auxquels vous ayez été confrontés ?
A. J. : Cela a été très compliqué de tourner en pleine pandémie dans quatre des pays les plus touchés. Mais le plus dur a été de convaincre de parler à visage découvert ceux que notre conseiller éditorial, Giuliano Da Empoli, appelle les "ingénieurs du chaos". En Inde, faute de visas, refusés pour raisons tant sanitaires que politiques, nous n'avons pas pu filmer nous-mêmes. Heureusement, l'équipe sur place a magnifiquement travaillé, et réussi à rencontrer tous les interlocuteurs prévus, dont Arvind Gupta, le proche conseiller de Narendra Modi.
P. L. : Pour montrer comment la propagande se diffuse, le témoignage de ces petites mains, ces conseillers de l'ombre qui œuvrent aux échelons intermédiaires, était important. Ceux qui ont accepté ont aussi été poussés par leur ego, l’envie d'occuper le devant de la scène. 
A. J. : La séquence en caméra cachée dans l'officine brésilienne de siphonnage de données résulte, elle, d'un vrai coup de chance. C'est sur place, de contact en contact, que nous sommes arrivés jusqu'à elle. 

Les États ont-ils réellement la possibilité de lutter contre ces pratiques ?
A. J. : Le projet de loi européenne sur la protection des données, évoqué dans le film, est fondamental, mais il se résume pour l'instant à un cadre vide, dont le contenu va se négocier dans les trois ans qui viennent. Or le diable se niche dans les détails. Dans quelle mesure les citoyens vont-ils peser sur le débat, alors qu'ils restent largement ignorants du danger ? L'actuel RGPD [règlement général sur la protection des données, en vigueur depuis 2018 dans l'UE, NDLR] constitue un premier pas, mais on voit qu'il ne suffit absolument pas.  
P. L. : Ce niveau de conscience diffère en plus selon les pays. En Europe, la vigilance, même limitée, est sans commune mesure avec l'indifférence massive qui prévaut en Inde, où tout est permis. Au Brésil, la loi est plus stricte. Mais avec une police et une justice défaillantes, on peut la violer presque sans risques. 

Sur quoi faut-il légiférer en priorité, selon vous ?
A. J. : L'une des causes du problème réside dans le monopole dont jouissent Facebook ou Google. Il faut démanteler leur pouvoir exorbitant par des lois, à l'instar du dispositif antitrust américain adopté à la fin du XIXe siècle. Le discours tenu par les Gafam depuis dix ans, selon lequel on ne peut réguler cette espèce d'eldorado de la donnée qui a bâti leur toute-puissance sans tuer Internet, n'est tout simplement plus audible. Nous devons les obliger à changer de modèle. Mais pour ça, il faut une réelle volonté politique et donc, une prise de conscience collective. 
P. L. : Les Gafam vivent en grande partie de la collecte et de la vente de ces données. Il n'est pas facile de déterminer où placer le curseur, mais il faut mettre un terme à leur opacité. Ce que veut faire l'Europe, c'est obliger les plates-formes à la transparence, notamment sur leurs algorithmes, pour limiter la manipulation des données. Même si aujourd'hui, l'influence d'un Salvini ou d'un Trump a un peu reculé, ces mouvements populistes ont semé des graines haineuses, fait sauter des tabous, entraîné une forme de régression intellectuelle, mais aussi popularisé des techniques qui ont peu de chances de disparaître. 

* Entreprise de conseil politique qui a capté et utilisé les données de millions d'utilisateurs de Facebook au bénéfice de Donald Trump. » 


« Propagande, les nouveaux manipulateurs » d’Alexandra Jousset et de Philippe Lagnier
France, 2020, 1 h 35 mn
Coproduction : ARTE France, Capa Presse
Sur Arte les 5 octobre 2021 à 20 h 50 et 22 octobre 2021 à 9 h 25
Sur arte.tv du 28/09/2021 au 10/12/2021
Visuels :
Depuis quelques années, des mouvements populistes mobilisent l' opinion publique et conquièrent le pouvoir grâce aux technologies de l' information. Donald Trump aux États-Unis ; Jair Bolsonaro au Brésil ; Viktor Orban en Hongrie ; Rodrigo Duterte aux Philippines etc... Dans beaucoup d' autres pays, les populistes frappent à la porte du pouvoir
© CAPA

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Les citations proviennent d'Arte. 

vendredi 1 octobre 2021

Christoph Waltz

Christoph Waltz est un acteur germano-autrichien polyglotte et oscarisé 
né en 1956, à la carrière internationale : "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino (2009), "Carnage" de Roman Polanski (2011), "007 Spectre" de Sam Mendes (2015), "Mourir peut attendre" (2021)... Arte diffusera le 3 octobre 2021  « Big Eyes » de Tim Burton, puis « Christoph Waltz - Un méchant bien charmant » (Christoph Waltz - Der Charme des Bösen) de Kurt Mayer.

Ruth Beckermann, documentariste
  
Christoph Waltz est né en 1956 à Vienne (Autriche). Ses parents travaillent dans le monde théâtral : son père allemand, Johannes Waltz était décorateur, et sa mère Elisabeth Urbancic costumière d'origine slovène dont la mère  Maria Mayen était une actrice du cinéma muet. 

Ses grands-parents paternels ? Des acteurs. Et la génération précédente, d'origine allemande, s'était illustrée dans un théâtre viennois. 

Quant au grand-père maternel de Christoph Waltz, c'est le psychanalyste Rudolf von Urbantschitsch. 

Christoph Waltz et le réalisateur  Michael Haneke ont un beau-père commun : le compositeur et chef d'orchestre Alexander Steinbrecher. 

Agé de onze ans, Christoph Waltz est enthousiasmé par l'opéra "Turandot" avec Birgit Nilsson.

Au Max Reinhart Seminar (Universität für Musik und darstellende Kunst Wien ou University of Music and Performing Arts) de Vienne, Christoph Waltz étudie le chant et l’opéra.

À la fin des années 1970, il passe une audition à New York et étudie la comédie au Lee Strasberg Theatre and Film Institute, où il a pour professeurs Lee Strasberg et de Stella Adler. Christoph Waltz a reconnu que la technique d'Adler relative à l’interprétation du scénario lui a servi dans son approche analytique du personnage dans le film "Inglourious Basterds" de Quentin Tarantino (2009).

Christoph Waltz débute une carrière de comédien au Schauspielhaus de Zurich, à Vienne, Salzbourg, Cologne et Hambourg.

Christoph Waltz apparait aussi dans des téléfilms - "Der Einstand" de Reinhard Schwabenitzky (1977),  "Das andere Leben" de Nicolas Gessner (1987), "Jacob" de Peter Hall (1994), "Catherine la Grande" (Catherine the Great) de Marvin J. Chomsky et John Goldsmith (1995) - et séries télévisuelles : "Un cas pour deux" (Ein Fall Für Zwei) en 1985,  "Inspecteur Derrick" (Derrick)  en 1986, "Le Renard" (Der Alte)  en 1986, "Tatort" en 1987, "Inspecteur Derrick" (Derrick) en 1988, "Le Renard" (Der Alte) en 1990 et "Rex, chien flic" (Kommissar Rex) en 1996. 

La carrière de cet acteur polyglotte - allemand, américain et français - devenu autrichien en 2010 prend une dimension internationale lors de la sortie du film américain "Inglourious Basterds" présenté en compétition officielle lors du festival de Cannes 2009. Christoph Waltz y interprète, aux côtés de Brad Pitt, Mélanie Laurent, Michael Fassbender et Diane Kruger, le colonel SS Hans Landa, "The Jew Hunter" ("Chasseur de Juifs"). Pour ce rôle, il est distingué notamment par le Prix d'interprétation masculine à Cannes, le Golden Globe, le Screen Actors Guild Award, le Critic's Choice Award, le BAFTA et l'Oscar du Meilleur acteur dans un second rôle. 

Citons aussi dans sa filmographie : "
Carnage" de Roman Polanski (2011), "The Zero Theorem" de 
Terry Gilliam (2013), "007 Spectre" de Sam Mendes (2015), "Downsizing" d'Alexander Payne (2017), "Rifkin's Festival" de Woody Allen (2020), "No Time to Die" de Cary Joji Fukunaga (2021).

Son interprétation du chasseur de primes King Schultz dans "Django Unchained", western de Quentin Tarantino (2012) avec Jamie Foxx, Leonardo DiCaprio, Samuel L. Jackson et  Kerry Washington  vaut à Christoph Waltz le Golden Globe, le BAFTA et l'Oscar du meilleur second rôle.

De son premier mariage avec Jacqueline (née Rauch), thérapeute par la danse, Christoph Waltz a trois enfants : deux filles et un fils. Une union fixée à Londres et qui a duré dix-sept ans. Ce fils a étudié dans une yeshiva le judaïsme orthodoxe en Israël afin de devenir rabbin. En mars 2013, Christoph Waltz s'est rendu en Israël pour assister à Jérusalem au mariage de sa fille Miriam avec son compagnon Pinhas. Il a été filmé par l'équipe de l'émission télévisée de divertissement "Erev Tov avec Guy Pines". En 2009, Christoph Waltz, Quentin Tarantino et le producteur Lawrence Bender avaient présenté en Israël "Inglourious Basterds".

Divorcé, Christoph Waltz s'est remarié avec la créatrice allemande de costumes  Judith Holste. Le couple a une fille, et vit entre Berlin, Vienne et Los Angeles.

« Christoph Waltz - Un méchant bien charmant »

« De Tarantino (deux films) à James Bond (deux films également), Christoph Waltz, le plus doux des "bad guys", retrace son itinéraire d'acteur polyglotte et polymorphe ». 

« Viennois né sous le signe du théâtre, Christoph Waltz, fils d’une costumière autrichienne et d’un décorateur allemand, petit-fils d’une actrice du prestigieux Burgtheater, aura attendu l’âge mûr pour connaître une notoriété mondiale ». 

« À 53 ans, le rôle du nazi polyglotte Hans Landa, le “chasseur de Juifs” suave, raffiné et sadique de Inglorious Basterds, de Quentin Tarantino, lui vaut entre autres un Oscar et une Palme à Cannes, et la reconnaissance immédiate de Hollywood, où il obtient son étoile sur le Walk of Fame. »

« De Vienne à Londres en passant par l'Allemagne, ce comédien formé, entre autres, par Lee Strasberg, et qui parle couramment l’anglais et le français, a beaucoup joué au théâtre avant de commencer à tourner pour les petits écrans autrichien et allemand ». 

« Django Unchained, qui lui apporte son deuxième Oscar dans un rôle de chasseur de primes à l'amoralité ambiguë, spécialement écrit pour lui par Tarantino, consacre le talent de cet homme réservé et charmant pour composer d'insondables méchants ». 

« Il le confirme en endossant avec jubilation le costume de l'un des meilleurs ennemis de 007 dans Spectre, puis Mourir peut attendre, qui sort en salles le 6 octobre ». 

« Dans ce portrait, Christoph Waltz, proverbialement discret sur sa vie privée, revient sur son parcours, commentant les extraits de ce qu'il considère comme ses rôles clés depuis ses débuts de jeunesse, et livrant sa conception de son art ».  

Il y exprime son refus de l'improvisation, son souci de respecter le texte - il peut discuter avec le réalisateur ou le producteur de certains dialogues, mais après ce dialogue, il demeure fidèle au texte -, d'être vrai, juste, dans son interprétation.


« Big Eyes »
Arte diffusera le 3 octobre 2021 « Big Eyes » (Les Grands Yeux) de Tim Burton (2014), film inspiré du couple Margaret et Walter Keane à l'origine d’une des plus importantes impostures de l’histoire de l’art.

« Dans les années 1960, Walter Keane, peintre raté, se fait passer pour l’auteur des toiles que réalise sa femme et rencontre un succès fulgurant... D’après des faits authentiques, un conte féministe signé Tim Burton. Avec Christoph Waltz et Amy Adams. »

« Californie, 1958. Margaret, qui vient de quitter son mari, s’installe avec sa fille à San Francisco, où elle peint des enfants aux yeux immenses qui sont, dit-elle, "les reflets de l’âme". Certain de ses talents de commercial et arguant qu’il sera plus facile à un homme qu’à une femme de rencontrer le succès, Walter Keane, son nouvel époux, lui-même peintre, se fait passer pour l’auteur des œuvres et commence à les vendre. Presque immédiatement, les toiles font fureur et l’argent afflue. Margaret, qui vit la situation avec une frustration croissante, passe ses journées enfermée dans son atelier pendant que son mari reçoit tous les honneurs. Un jour, la coupe est pleine... » 

« Tim Burton transpose dans un film à la narration classique, mais qui porte sa marque, l'authentique et édifiante histoire des époux Keane, qui avait défrayé la chronique cinquante ans plus tôt ».
 
« L’esthétique kitsch aux teintes pastel des années 1960, qu’il ressuscite avec une délectation féroce, la BO et le sens du cadre, également réjouissants, enferment Margaret dans le cauchemar doucereux d’un patriarcat brutal, déguisé en rêve américain ». 

« Vulnérable et sentimentale, à l’image de ses peintures, soucieuse de se conformer au modèle en vigueur de la femme au foyer, celle qui a subi la violence d’un premier mari semble une proie facile pour le deuxième, manipulateur à l’ego surdimensionné, auquel Christoph Waltz confère une terrifiante bonhomie. »

« La revanche de la prisonnière, interprétée tout en finesse par Amy Adams (Her, Vice), récompensée d’un Golden Globe pour le rôle, n’en sera que plus éclatante. Un manifeste féministe en forme de conte, entre drame et comédie grinçante. » 

Meilleure actrice dans un film musical ou une comédie (Amy Adams), Golden Globes 2015.

En 1880, Emile Zola avait écrit Madame Sourdis, une nouvelle relatant l'histoire d'un couple de peintres : peintre talentueux, le mari Ferdinand Sourdis manque d'inspiration et mène une vie de débauche. Son épouse Adèle Sourdis achève un tableau de son mari. Devant le succès, elle poursuit son activité et vend ses toiles signées du nom de son mari... En 1979, Caroline Huppert avait adapté cette nouvelle pour réaliser un téléfilm interprété par Nathalie Baye, Adèle Sourdis, Pierre Clémenti, Michel Auclair, Françoise Brion et Christine Murillo.




Autriche, 2020, 51 min
Coproduction : ORF/ARTE, Kurt Mayer Film   
Sur Arte les 3 octobre 2021 à 22 h 35, 15 octobre à 23 h 20, 31 octobre 2021 à 3 h 50
Sur arte.tv du 02/10/2021 au 01/11/2021
Visuels :
© WEGA Film
© Österreichischer Rundfunk

« Big Eyes » de Tim Burton
Etats-Unis, Canada, 2014, 1 h 39
Scénario : Scott Alexander et Larry Karaszewski
Production : Silverwood Films, Tim Burton Productions, Electric City Entertainment, The Weinstein Company
Producteurs : Scott Alexander, Larry Karaszewski, Lynette Howell Taylor, Tim Burton
Image : Bruno Delbonnel
Montage : JC Bond
Musique : Danny Elfman et Lana Del Rey
Avec Danny Huston (Dick Nolan), Christoph Waltz (Walter Keane), Amy Adams (Margaret Keane), Krysten Ritter (Dee-Ann), Jason Schwartzman (Ruben), Terence Stamp (John Canaday), Jon Polito (Enrico Banducci), James Saito (Juge), Delaney Raye (jeune Jane), Madeleine Arthur (adulte Jane)
Sur Arte les 3 octobre 2021 à 20 h 55 et 4 octobre 2021 à 13 h 35
Visuels : © 2014 The Weinstein Company