Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

vendredi 3 juillet 2026

« Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende »

A l’occasion du 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique et du 200e anniversaire du Lafayette College, les Archives nationales et le Lafayette College proposent l’exposition « Lafayette entre France et Amérique. Histoire et légende »
« Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834) est un personnage adulé aux États-Unis, controversé en France, qui, tout au long de sa vie, joue un rôle de pont entre deux rives, entre deux cultures politiques ». Entrée libre.

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« L’année 2026 marque à la fois le 250e anniversaire de la déclaration d’indépendance des États-Unis d’Amérique et le 200e anniversaire du Lafayette College. À cette occasion, les Archives nationales et le Lafayette College s’associent pour consacrer une exposition à Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834). Un personnage adulé aux États-Unis, controversé en France, qui, tout au long de sa vie, joue un rôle de pont entre deux rives, entre deux cultures politiques. »

« Aux États-Unis, Lafayette est bien le « héros des deux mondes », une personnalité essentiellement positive de l’histoire nationale et célébrée comme telle de son vivant même. En France, le personnage est diversement apprécié pour son rôle dans les révolutions de 1789 et de 1830. Sa popularité et les jugements qu’ont portés sur lui ses contemporains puis l’historiographie ont beaucoup varié. Aujourd’hui encore, certains historiens restent très féroces à son encontre. Cette dichotomie si particulière à la célébrité de Lafayette est le fil conducteur de l’exposition présentée aux Archives nationales. »

Un rôle politique de premier plan
« Par sa longévité, Gilbert Du Motier de Lafayette traverse le temps des bouleversements et des révolutions. Fervent défenseur des libertés et de l’égalité, guidé par les idées des Lumières, il joue un rôle de premier plan dans la vie politique. Il s’illustre dans la guerre d’indépendance américaine (1777-1781), dans les débuts de la Révolution française (1789-1792), dans la chute de Napoléon Ier (1815) et dans l’avènement de la monarchie de Juillet (1830). Au cœur de l’actualité pendant un demi-siècle, sa réputation suscite la curiosité du public. Peu à peu Lafayette accède à la notoriété, une notoriété qu’il ne manque pas d’entretenir, lui qui fut toujours soucieux de la construction de son personnage. Mais une notoriété soumise à l’opinion publique qui en ce XVIIIe siècle fait irruption dans le jeu politique. »

« Tandis qu’aux États-Unis il demeure un héros incontesté, en France, après une période d’enthousiasme, il va très vite être calomnié ; des campagnes de presse orchestrées par ses adversaires sapent sa popularité, des insinuations les plus malveillantes sont lancées au travers de publications, affiches et gravures souvent anonymes. Dans les caricatures qui se diffusent à l’automne 1791, Lafayette est la personnalité la plus représentée (87 fois, contre 54 pour Louis XVI). »

Lafayette ou l’invention de la célébrité
« Ces phénomènes sociaux communs à la France et aux États-Unis marquent les transformations de l’espace public. Dans Figures publiques : l’invention de la célébrité (1750-1850), l’historien Antoine Lilti montre que « la culture de la célébrité telle que nous la connaissons, telle qu’elle a envahi nos journaux, nos écrans et nos imaginaires n’est pas une invention récente. »

« Elle plonge ses racines au coeur du XVIIIe siècle ; elle est contemporaine [des] Lumières » (rééd. 2022, p. 7, éditions Fayard, Collection Pluriel). »

« Tour à tour bénéficiaire et victime de l’opinion publique, Lafayette est, en ce sens, un « bon sujet », non seulement parce que sa notoriété enjambe les périodes chronologiques traditionnelles et traverse l’Atlantique dans les deux sens, mais parce que la matière est très abondante. »

« Lafayette a certes peu publié personnellement, mais il a laissé des écrits personnels édités après sa mort (1837-1838, 6 vol.). Occupant une place de premier plan dans l’actualité politique (Indépendance américaine, Révolution française, Restauration, retour triomphal aux États-Unis, révolution de Juillet…), il reçoit des témoignages de reconnaissance publique (réceptions et banquets, dénominations de rues, d’établissements d’enseignement, de navires) ; il est pris pour sujet de multiples oeuvres d’art dessinées, peintes, sculptées ; il fait l’objet dès son vivant de nombreux jugements dans les écrits de ses contemporains (Mirabeau, Napoléon, Germaine de Staël, Chateaubriand, Lamartine). »

Goodies et « Lafayette-mania »
« Tout au long de sa vie, Lafayette est l’objet de campagnes d’opinion orchestrées en sa faveur ou à son encontre. Du côté français, ces campagnes d’opinion hostiles ou enthousiastes passent par la production et la diffusion de nombreux objets fabriqués en série : livres imprimés, articles de presse, mais aussi poèmes, chansons, pièces de théâtre et surtout images (estampes louangeuses ou satiriques, jeux de cartes, calendriers, médailles, gardes de sabres, éventails, boutons d’habit, tabatières, vaisselle et verrerie à son effigie…). Du côté américain, la « Lafayette-mania » qui s’est déclarée lors de son voyage de 1824-1825 a donné lieu à l’édition de produits dérivés ou de goodies (châles de soie, gants de peau portant le portrait de Lafayette…). »

« Cette forme de notoriété qui émerge entre les Lumières et l’âge romantique, cet attachement aux personnalités publiques, qu’elles soient adulées et controversées, et l’apparition de l’opinion publique dans le jeu politique sont les mécanismes qui ont fait de Lafayette une figure publique internationale. »

Autour de l’exposition :
Le catalogue bilingue de l’exposition est publié : « Lafayette, entre France et Amérique. Histoire et légende » (35 € ) ou « Lafayette, between France and America. History and Legend » (39 € ) Éd. GrandPalaisRmn / Archives nationales / Lafayette College.

Le colloque « Lafayette au miroir des sources » a été organisé par la Fondation de Chambrun-Lafayette, l’École nationale des chartes-PSL et Lafayette College :
• 20 avril à l’Académie d’agriculture de France - Paris
• 21 avril aux Archives nationales - Paris.

Un livret-jeux pour le jeune public est offert.

Le commissariat scientifique est assuré par :
- Alexis Douchin, conservateur aux Archives nationales
 - Olga Anna Duhl, professeure de français, titulaire de la chaire d’excellence Olivier Edwin Williams au Lafayette College
- Ingrid Furniss, professeur d’histoire de l’art au Lafayette College
- Ana Ramirez-Luhrs, conservatrice et co-directrice du Département des collections spéciales et des archives au Lafayette College
- Ricardo J. Reyes, directeur des Galeries d’art et conservateur des collections d’art
- Thierry Sarmant, conservateur général aux Archives nationales
- Diane Windham Shaw, directrice émérite des archives et des collections spéciales, Lafayette College
- Elaine M. Stomber, conservatrice, co-directrice du Département des collections spéciales et des archives au Lafayette College

Le commissariat technique incombe à :
- Alexandra Hauchecorne, chargée d’exposition aux Archives nationales
- Régis Lapasin, responsable du service des expositions, département de l’action culturelle et éducative aux Archives nationales


LAFAYETTE
Figure publique internationale

« À la fin de sa vie, en 1834, Lafayette est considéré comme le « drapeau des amis de la liberté », une icône internationale. Pendant sa carrière militaire et politique, il n’a pu faire valoir ses idées qu’en devenant une personnalité publique. Enquête sur un phénomène de société, la naissance de la célébrité dans le monde occidental, entre les Lumières et l’époque romantique. »
Alexis Douchin et Thierry Sarmant, co-commissaires scientifiques de l’exposition

« Gilbert Du Motier de Lafayette (1757-1834) fait une entrée fracassante sur la scène médiatique avec son engagement dans la révolution américaine contre les Britanniques, entre 1777 et 1781. »

« La victoire décisive des Insurgés à Yorktown, en 1781, fait les gros titres de la presse européenne avant d’enflammer les cercles de l’opinion éclairée en France. Très vite, grâce aux relais dont bénéficie Lafayette dans les milieux politico-diplomatiques, poèmes et chansons à sa gloire fleurissent sur toutes les bouches. Dans les appartements cossus, il est même de bon ton d’afficher le portrait gravé du jeune guerrier. »

« Dès lors, Lafayette, fin connaisseur en marketing politique, sera toujours attentif à contrôler la diffusion de son image. »

« Lorsqu’éclate la Révolution française, l’aristocrate libéral n’est plus un inconnu. Ses interventions énergiques à l’Assemblée et sa position de commandant de la Garde nationale font de lui une personnalité très en vue. À la faveur d’une formidable croissance de la presse libre, Lafayette le modéré est pris dans un flot de discours et d’images créés par ses partisans ou par ses détracteurs. »

« Son portrait connaît une diffusion sans précédent. Il est reproduit par milliers sur les sabres des gardes nationaux, des médailles, des boutons et des éventails. Dans une société de plus en plus politisée, ces petits accessoires, fabriqués en série et peu coûteux, permettent aux Françaises et aux Français d’afficher leurs convictions militantes ou leur attachement affectif pour les leaders de la Révolution. »

Un personnage adulé et critiqué
« Dans le même temps, des campagnes d’opinion sont lancées pour discréditer Lafayette. Les documents conservés aux Archives nationales permettent d’en faire voir les acteurs et les mécanismes. Des images anonymes raillent le m’as-tu-vu (caricaturé en singe) ou le traître à la Nation (représenté en grue). Des pamphlets sensationnalistes prétendent dévoiler ses « soirées amoureuses » avec Marie-Antoinette, racontées par le petit épagneul de la reine. La vie privée des personnalités politiques, censée motiver leurs actions, est désormais scrutée par le public comme un sujet d’intérêt légitime. Bientôt, des gravures appellent à pendre Lafayette. Ces médias jouent un rôle dans le retournement de l’opinion et dans le déclenchement des violences populaires. Ces mouvements le contraignent à fuir à l’étranger où, regardé avec suspicion, il est aussitôt fait prisonnier à l’été 1792. »

« Après sa captivité et jusqu’à la chute de Napoléon en 1815, Lafayette se tient en retrait de la vie publique. Il reprend un rôle politique, dans l’opposition libérale, pendant la Restauration, sous l’étroite surveillance de la police. »

Une popularité internationale
« En 1824-1825, alors qu’il effectue un voyage triomphal aux États-Unis, ses prises de parole et ses apparitions publiques font l’actualité dans les médias américains. Ses déplacements causent de spectaculaires démonstrations d’enthousiasme à travers le pays. Une vraie « lafayettemania », au grand dam des autorités françaises. »

« Outre-Atlantique, le portrait du vieux général apparaît sur des objets du quotidien dans les foyers que la révolution industrielle a propulsés dans la société de consommation. La mode est à servir le thé dans des tasses à l’effigie de Lafayette, importées d’Angleterre. »

« À son retour en France, l’homme capitalise sur sa popularité internationale, alors que se diffusent des chansons à sa louange, des biographies autorisées, des calendriers ou des tabatières Lafayette. Vecteurs de mobilisation de l’opinion, ces objets accompagnent son ultime retour sur la scène politique à la faveur de la Révolution de 1830. »

« L’exposition Lafayette, entre France et Amérique invite à découvrir cette histoire en images. »

ENTRE FRANCE ET AMERIQUE

La liberté en Amérique
1776-1789
« Descendant de la noblesse d’épée provinciale du côté paternel et héritier d’une fortune considérable du côté maternel, le marquis de Lafayette est destiné à une carrière prestigieuse à la cour du roi Louis XVI. Mais sa passion précoce pour l’héroïsme chevaleresque, la gloire et les idéaux de liberté des Lumières, qui guideront ses actions tout au long de sa vie, le conduisent à poursuivre une carrière militaire en se portant volontaire pour prendre part à la guerre d’indépendance américaine (1775-1783). Provoqué par les lois strictes imposées par la Grande-Bretagne à sa colonie nord-américaine, ce conflit s’est développé à la suite de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le premier affrontement à l’échelle mondiale des puissances coloniales européennes, qui voit la France subir une défaite cuisante face à la Grande-Bretagne. Soucieux d’éviter le déclenchement d’une nouvelle guerre avec leur rivale, les Français évitent de s’aligner officiellement sur les révolutionnaires américains jusqu’en 1778, tout en leur fournissant secrètement du matériel militaire. À 19 ans, Lafayette, qui a perdu son père lors de la guerre de Sept Ans, est engagé avec le grade de major général dans l’« armée continentale », créée par le Congrès des Etats-Unis pour lutter contre les troupes anglaises. Reconnu comme chef militaire, il plaide aux côtés de Benjamin Franklin pour que la France soutienne l’effort de guerre américain, ce qui , grâce au général de Rochambeau commandant le corps expéditionnaire français, aboutit à une victoire historique contre les Britanniques en 1781. Ces années constituent le fondement de l’amitié que le marquis entretiendra tout au long de sa vie avec George Washington, ainsi que de son action militante en faveur des droits de l’homme, notamment son projet pionnier d’émancipation des esclaves en Guyane française. »

La Révolution française
1789-1792
« Auréolé de ses succès militaires en Amérique, Lafayette est dès 1787 l’une des personnalités qui comptent dans la vie publique en France. Sans qu’il ait fait paraître d’écrit théorique sur les questions économiques, sociales ou politiques, on lui reconnaît « un talent solide » et « une faim canine [de] popularité » (Jefferson). »

« À l’assemblée des notables de Versailles et à l’assemblée provinciale d’Auvergne réunies en 1787 pour trouver une porte de sortie à la crise financière, il se fait remarquer en s’opposant à l’augmentation des impôts et en proposant de vigoureuses réformes, qui conduisent à sa rupture avec le roi. Élu aux états généraux dans les rangs de la noblesse (mars 1789), il défend des idées proches de celles du tiers-état : il croit possible l’avènement progressif d’un régime constitutionnel et libéral. Alors que les états s’érigent en Assemblée constituante, en juillet 1789, il propose une déclaration des droits de l’homme rédigée sur le modèle américain, qui est à la base du grand texte adopté quelques semaines plus tard : cela lui vaut d’être élu vice-président de l’Assemblée nationale. Au lendemain de la prise de la Bastille, l’Assemblée confie à Lafayette la charge de ramener le calme à Paris. Acclamé à l’hôtel de ville, il est fait commandant de la milice parisienne, qui devient peu après la garde nationale. »

L’opposant politique
1792-1824
« La période qui va de 1792 à 1830 est pour Lafayette celle d’une longue retraite suivie d’un progressif retour à la vie publique.
Emprisonné pendant cinq ans, il disparaît complètement de l’histoire de la Révolution, dont il n’apprend la plupart des événements qu’après coup. 
À son retour de captivité (1797) et d’exil (1799), il se consacre surtout à ses affaires privées. « À moins d’une très grande occasion de servir à ma manière la liberté et mon pays, ma vie politique est finie. Je serai, pour mes amis, plein de vie et, pour le public, une espèce de tableau du Museum ou de livre de bibliothèque. » C’est cependant pour Lafayette une période de réflexion, de correspondance et d’écriture. Il ne retrouve un rôle politique qu’en 1815.
Dès 1800, Lafayette fait son entrée dans les dictionnaires biographiques. Faisant la réputation des uns et disqualifiant les autres, ces publications répondent à une vaste entreprise de mise en ordre d’un monde social bouleversé par les révolutions. Dans la bataille des célébrités, la réputation de Lafayette devient un objet d’affrontement entre dictionnaires royalistes et libéraux. »

Le retour en Amérique
1824-1825
« En 1824, le président James Monroe adresse à Lafayette une invitation du Congrès à visiter l’Amérique. En août de la même année, Lafayette entame sa dernière visite aux États-Unis, une odyssée de treize mois qui le conduit dans chacun des vingt-quatre États faisant alors partie de l’Union. Partout où il se rend pendant cette « tournée d’adieu », il est accueilli par des démonstrations d’affection des Américains d’une ampleur sans précédent. Des milliers de personnes l’accueillent à chaque étape ; elles suivent ses déplacements quotidiens dans leurs journaux et, après son passage, son nom est donné à une multitude de villes, de comtés, de boulevards, de parcs et à une université en Pennsylvanie. Lafayette est véritablement « l’hôte de la Nation », accessible non seulement à l’élite du pays, mais aussi aux citoyens ordinaires qui le saluent lors des nombreuses réceptions publiques ouvertes à tous. Lafayette rend visite aux Noirs, esclaves et libres, pour témoigner sa sympathie envers le mouvement antiesclavagiste, et il rencontre des Amérindiens, auprès desquels il est populaire depuis la Révolution américaine. Il reçoit des délégations d’hommes de loi, d’ecclésiastiques et de francs-maçons. Il pose des pierres de fondation et accepte des diplômes honorifiques.
Il visite des écoles et salue des enfants, dont Walt Whitman alors âgé de six ans, et il embrasse des vétérans âgés de la Révolution.
Selon l’historienne Ann Loveland « la visite de Lafayette a inspiré au peuple américain un sentiment de continuité historique et de valeurs partagées » et constitue une validation importante de la démocratie naissante. »

Lafayette ou la «révolution incarnée»*
1825-1834
« Retour d’Amérique, Lafayette persiste dans son hostilité envers la Restauration.
Il joue un rôle majeur lors de la Révolution de 1830, qui provoque la chute du roi Charles X. Proclamé de nouveau commandant général de la Garde nationale, il se rallie alors à Louis-Philippe, duc d’Orléans, chef de la branche cadette des Bourbons, et permet ainsi la montée sur le trône de ce dernier, qui devient « Louis-Philippe Ier, roi des Français ».

Mais les désaccords ne tardent pas à se déclarer entre le nouveau roi et le général.

Dès le mois de décembre 1830, ce dernier démissionne de ses fonctions de commandant de la Garde nationale et siège à la Chambre des députés sur les bancs de l’opposition. Lafayette meurt à Paris le 20 mai 1834. À cette date, il est devenu l’incarnation des idéaux issus de la Révolution française, en France et dans le monde. Il a consacré ses dernières années à la défense de toutes les grandes causes libérales : anciennes colonies espagnoles d’Amérique du Sud qui viennent de se séparer de la métropole, Grecs qui se rendent indépendants de l’empire ottoman, Belges en révolution contre le roi des Pays-Bas, libéraux espagnols opprimés par le roi absolutiste Ferdinand VII, Polonais insurgés contre l’empire russe, Italiens insurgés contre l’Autriche. »

* Marie-Anne Le Normand (écrivaine et cartomancienne, 1772-1843)

DATES CLÉS

« 1757 Naissance de Gilbert Du Motier, fils du marquis de La Fayette

1777-1781 Participation à la guerre d’indépendance américaine

1789 Lafayette député de la noblesse d’Auvergne.
Nommé commandant de la Garde nationale

1792 Chute de la monarchie. L’Assemblée nationale vote un décret d’accusation contre Lafayette

1792-1797 Captivité en Prusse, puis en Autriche

1800 Retour en France

1814-1830 Restauration des Bourbons. Lafayette député à la Chambre

1824-1825 Voyage triomphal aux États-Unis

1830 Chute des Bourbons. Lafayette donne l’accolade au duc d’Orléans, qui devient roi sous le nom de Louis-Philippe 

1834 Mort de Lafayette à Paris »

LAFAYETTE
Vu par ses contemporains

« M. de La Fayette, il faut le dire, doit être considéré comme un véritable républicain ; aucune des vanités de sa classe n’est jamais entrée dans sa tête… Il a sacrifié toute sa fortune à ses opinions
avec la plus généreuse indifférence…
C’est un homme dont la façon de voir et de se conduire est parfaitement directe. »
Germaine de Staël, romancière, philosophe franco-genevoise

 « Son faible est une faim canine pour la popularité et la renommée. »
Thomas Jefferson, 3e président des États-Unis (1801-1809)

« Dans le Nouveau Monde, M. de La Fayette a contribué à la formation d’une société nouvelle ; dans le monde ancien, à la destruction d’une vieille société : la liberté l’invoque à Washington, l’anarchie à Paris. »
François-René de Chateaubriand, romancier et homme politique, dans ses Mémoires d’outre-tombe

Symbole de l’amitié franco-américaine
Olga Anna Duhl, Lafayette College, co-commissaire scientifique

« Surnommé « le héros des deux mondes », le marquis de Lafayette (1757-1834) est l’une des figures emblématiques de l’amitié franco-américaine. Exploits militaires, activités diplomatiques, une riche correspondance menée au sein d’un réseau socio-politique d’envergure internationale, y compris un attachement filial légendaire à George Washington, contribuent à lui garantir ce statut. 
Âgé de dix-neuf ans, mu par l’idéal de la liberté auquel il reste fidèle tout au long de sa vie, Lafayette se rend clandestinement en Amérique pour combattre dans la Guerre d’indépendance contre la Couronne britannique. Blessé à la jambe à la bataille de Brandywine, le 11 septembre 1777, il fait preuve de courage et de qualités militaires qui lui valent le respect et la confiance des Américains, sentiments renforcés davantage par ses succès militaires ultérieurs et sa défense de Washington contre un groupe de conspirateurs. De retour en France, Lafayette soutient Benjamin Franklin, le fameux philosophe, scientifique et diplomate envoyé par le Congrès américain, dans ses efforts pour persuader Louis XVI d’accorder de l’aide militaire et financière aux « Insurgés ». Les négociations seront couronnées par le traité d’alliance franco-américaine, conclue en 1778. En 1780, Lafayette retourne en Amérique à bord de l’Hermione, chargé de la mission secrète d’annoncer aux Américains la nouvelle de l’entrée en lice de la France. En 1781, il participe, aux côtés de Washington et de ses compatriotes, Rochambeau et De Grasse, à la bataille de Yorktown qui marque la victoire des alliés contre la Grande-Bretagne.
En France, Lafayette est promu au rang de maréchal de camp. Couronné de gloire, il reçoit des Américains notables dans son hôtel particulier à Paris et il facilite le développement d’échanges commerciaux avec les États-Unis. En 1784, lors de son
troisième voyage, Lafayette reçoit une citoyenneté américaine honoraire en signe de reconnaissance pour ses contributions au succès de la Guerre d’indépendance.
Il rejoint George Washington à Mount Vernon mais, contrarié par le paradoxe d’une Amérique qui se veut un « sûr asile de la liberté » sans pourtant renoncer à tirer du profit de l’esclavage, il lui propose un projet d’émancipation graduelle des Noirs.
Ne bénéficiant pas du soutien américain, Lafayette poursuit son projet en Guyane, dont la gestion reviendra à sa femme, Adrienne de Noailles, durant ses engagements dans la Révolution française.
Inspiré par les idées démocratiques de la Déclaration d’indépendance des États-Unis, Lafayette rédige une version de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen qu’il présente à l’Assemblée nationale, le 11 juillet 1789. Revenu sur la scène politique après sa captivité, il entreprend en 1824-25 une tournée triomphale aux États-Unis. Invité par le président James Monroe, le « père fondateur français » est célébré partout comme une figure unificatrice d’un pays divisé par des vues politiques contradictoires qui s’affrontent au seuil d’une nouvelle élection présidentielle. L’« hôte de la nation », Lafayette est le premier non-Américain à prononcer un discours devant le Congrès, le 10 décembre 1824. De nombreux monuments, villes, parcs, écoles, œuvres d’art, seront nommés en son honneur. Évoqué régulièrement lors des visites politiques des présidents des deux pays, Lafayette devient citoyen honoraire des États-Unis en 2002. »


Du 01 avril au 14 juillet 2026
60, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris
Tél. : +33 (0)1 75 47 20 00.
Ouvert du lundi au vendredi de 10 h à 17 h 30 Samedi et dimanche de 14 h à 19h Fermé le mardi
Entrée libre
Visuels :
Affiche
Jean-Antoine Houdon, Lafayette, 1790
Musée National des Châteaux de Versailles et de Trianon, MV1573
© Château de Versailles, Dist. GrandPalaisRmn / Christophe Fouin

Vues de l'exposition 
© Cedric Bufkens SIPA PRESS
© Carole Bauer - Archives nationales

Jean-Baptiste Weyler, Portrait de Lafayette, commandant de la Garde nationale, octobre 1790. 
Pastel sur papier, Paris.
Fondation Josée et René de Chambrun, FC 15.1.46

Jean-Baptiste Le Paon, Lafayette à Yorktown, 1782. Huile sur toile.
Easton, PA, Lafayette College Art Collection.

L. David, Le Serment de Lafayette à la fête de la Fédération, 1791. Huile sur toile.
Paris, musée Carnavalet-Histoire de Paris, P.1981; CC0 Paris Musées / Musée Carnavalet - Histoire de Paris

Anonyme, Apothéose de Lafayette, 1834.
Gravure à l’eau-forte.
Easton, Pennsylvanie, Lafayette College Skillman Library

Maquette de L'Hermione, vers 2015
Easton, Pennsylvanie, Lafayette College Skillman Library

John Blennerhassett Martin, Témoignage de Lafayette, le 21 novembre, 1784, attestant des services rendus par l’espion afro-américain au cours de la campagne de Yorktown, comportant un portrait gravé de James par J. B. Martin, planche  gravée, vers 1824. Easton, PA, Lafayette
College Skillman Library


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