vendredi 21 octobre 2016

« Robert Doisneau. Le révolté du merveilleux » par Clémentine Deroudille


Arte diffusera le 23 octobre 2016 « Robert Doisneau. Le révolté du merveilleux » (Robert Doisneau. Fotograf, Humanist, Freund), documentaire de Clémentine Deroudille (2015). La « vie (intime) et l'œuvre d'un des maîtres français de la photographie, par sa petite-fille. Un regard tendre et humaniste, comme l'était Robert Doisneau (1912-1994) ».
      

« Une lutte vaine. Une lutte perdue d'avance avec le temps qui file ». C'est souvent sans grandiloquence, avec des mots simples, que Robert Doisneau parlait de la photographie, lui qui ne se voyait ni comme un auteur ni comme un artiste ». 

Humaniste
Né à Gentilly, banlieue au sud de Paris, dans une famille bourgeoise, Robert Doisneau étudie à 15 ans comme graveur lithographe à l’Ecole Estienne dont il sort diplômé de gravure et lithographie en 1929. 

Dans l’Atelier Ullmann, ce photographe publicitaire  dessine des étiquettes pharmaceutiques.

En 1931, opérateur pour le cinéaste et photographe André Vigneau (1892-1968), Robert Doisneau se passionne pour l’art.

L’année suivante, L’Excelsior publie son premier reportage photographique.

Il est recruté en 1934 au service publicité des usines Renault qui le licencient en 1939 en raison de ses nombreux retards.

Robert Doisneau s’installe alors comme photographe indépendant, et « là où il n'y a rien à voir », privilégiant les moments furtifs, les bonheurs minuscules éclairés par les rayons du soleil sur le bitume des villes. Sa rencontre peu avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale avec Charles Rado, fondateur de l’agence Rapho, s’avère essentielle.

Robert Doisneau met ses talents artistiques au service de la Résistance pour fabriquer de faux papiers.

En 1946, Robert Doisneau entre à l’agence Rapho pour laquelle il couvre des événements en France, en Union soviétique, aux Etats-Unis, etc. Ses reportages illustrent les pages de Life, Paris-Match, Réalités, Point de Vue, Regards, Vogue...

Membre du groupe des XV créé en 1946 avec notamment Willy Ronis et Jean Séeberger, Robert Doisneau contribue à promouvoir la photographie comme le huitième art, en particulier en organisant des Salons annuels dans des galeries.

Distingué par de nombreux Prix – Prix Kodak en 1947, Prix Niepce en 1956 -, Robert Doisneau est honoré par des expositions dans des musées prestigieux et par des festivals (Rencontres d’Arles).

Cet « infatigable arpenteur des bitumes banlieusards, disparu en 1994, fut en tout point remarquable par la modestie d'une démarche circonscrite aux petites gens et aux scènes du quotidien. Grâce à ce (faux) naturalisme, qu'il teinta de merveilleux, il toucha ainsi à l'universel pour figurer au panthéon de la photographie humaniste, parmi ses congénères Édouard Boubat, Willy Ronis ou Henri Cartier-Bresson », Izis et Emile Savitry. Ce courant artistique s’intéresse à l’être humain saisi dans sa vie quotidienne, dans son environnement familial ou professionnel. Né en 1930, il a connu son apogée de la Libération au début des années 1960, et immortalisé le peuple de Paris, les artisans de ses faubourgs, les enfants de sa butte Montmartre, les bistrots enfumés. 

« Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre », a observé Robert Doisneau.

Parmi ses œuvres photographiques, le célèbre Baiser de l’Hôtel de Ville et ses portraits des métiers du quartier des Halles, à Paris. Paradoxalement, ce photographe adulé qui a tant œuvré pour préserver son œuvre risque de voir ce patrimoine artistique, ces documents exceptionnels sur Paris, détruit par la jurisprudence française qui exclut du droit de la propriété artistique les œuvres de l’esprit auxquelles « le gouvernement des juges » spoliateur nie l’originalité. Et ce, en violation de la loi qui protège les œuvres de l’esprit dès leur création.

« Quand il meurt en avril 1994, il laisse derrière lui quelques 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l'autorité et l'irréductible esprit d'indépendance ».

« Réalisé par sa petite-fille Clémentine Deroudille, Le révolté du merveilleux affine le portrait de celui qui a tant façonné l'imagerie nationale : son Baiser de l'hôtel de ville, aussi célèbre que la tour Eiffel ? Au fil de photographies inédites, d'archives vidéo, ainsi que d'entretiens avec ses amis et complices de toujours, de Daniel Pennac à Sabine Azéma, on surprend un Doisneau intime, « curieux, désobéissant et patient comme un pêcheur à la ligne », comme il se définissait lui-même ». 

Le « film retrace le parcours de cet ancien photographe officiel des usines Renault, mais dévoile surtout certaines facettes méconnues de son travail (l'amour de la couleur, ses reportages à l'étranger) ou de sa personnalité, comme la peur de la foule. Un regard affectueux et très documenté sur ce pourvoyeur de bonheur pour tous ».


« Robert Doisneau. Le révolté du merveilleux », de Clémentine Deroudille
Arte, 2015, 78 min
Sur Arte le 23 octobre 2016 à 22 h 50

Visuels
Robert Doisneau
Les cygnes gonflables, PalmSprings, 1960

Robert Doisneau
Autoportrait place Jules Ferry 1949 

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Les citations proviennent d'Arte et du site de Robert Doisneau.

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