mardi 10 octobre 2017

Robert Doisneau (1912-1994), photographe


Robert Doisneau (1912-1994) était un photographe français humaniste. « Robert Doisneau. Le révolté du merveilleux » (Robert Doisneau. Fotograf, Humanist, Freund) est un documentaire de Clémentine Deroudille (2015). La « vie (intime) et l'œuvre d'un des maîtres français de la photographie, par sa petite-fille. Un regard tendre et humaniste ». Le 10 octobre 2017, dans le cadre d'Invitation au voyage, Arte évoquera "Robert Doisneau à Palm Springs / La Bretagne de Vauban / Casablanca".
      

« Une lutte vaine. Une lutte perdue d'avance avec le temps qui file ». C'est souvent sans grandiloquence, avec des mots simples, que Robert Doisneau parlait de la photographie, lui qui ne se voyait ni comme un auteur ni comme un artiste ». 

Humaniste
Né à Gentilly, banlieue au sud de Paris, dans une famille bourgeoise, Robert Doisneau étudie à 15 ans comme graveur lithographe à l’Ecole Estienne dont il sort diplômé de gravure et lithographie en 1929. 
Dans l’Atelier Ullmann, ce photographe publicitaire  dessine des étiquettes pharmaceutiques.

En 1931, opérateur pour le cinéaste et photographe André Vigneau (1892-1968), Robert Doisneau se passionne pour l’art.

L’année suivante, L’Excelsior publie son premier reportage photographique.

Il est recruté en 1934 au service publicité des usines Renault qui le licencient en 1939 en raison de ses nombreux retards.

Robert Doisneau s’installe alors comme photographe indépendant, et « là où il n'y a rien à voir », privilégiant les moments furtifs, les bonheurs minuscules éclairés par les rayons du soleil sur le bitume des villes. Sa rencontre peu avant le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale avec Charles Rado, fondateur de l’agence Rapho, s’avère essentielle.

Robert Doisneau met ses talents artistiques au service de la Résistance pour fabriquer de faux papiers.

En 1946, Robert Doisneau entre à l’agence Rapho pour laquelle il couvre des événements en France, en Union soviétique, aux Etats-Unis, etc. Ses reportages illustrent les pages de Life, Paris-Match, Réalités, Point de Vue, Regards, Vogue...

Membre du groupe des XV créé en 1946 avec notamment Willy Ronis et Jean Séeberger, Robert Doisneau contribue à promouvoir la photographie comme le huitième art, en particulier en organisant des Salons annuels dans des galeries.

Distingué par de nombreux Prix – Prix Kodak en 1947, Prix Niepce en 1956 -, Robert Doisneau est honoré par des expositions dans des musées prestigieux et par des festivals (Rencontres d’Arles).

Cet « infatigable arpenteur des bitumes banlieusards, disparu en 1994, fut en tout point remarquable par la modestie d'une démarche circonscrite aux petites gens et aux scènes du quotidien. Grâce à ce (faux) naturalisme, qu'il teinta de merveilleux, il toucha ainsi à l'universel pour figurer au panthéon de la photographie humaniste, parmi ses congénères Édouard Boubat, Willy Ronis ou Henri Cartier-Bresson », Izis et Emile Savitry. Ce courant artistique s’intéresse à l’être humain saisi dans sa vie quotidienne, dans son environnement familial ou professionnel. Né en 1930, il a connu son apogée de la Libération au début des années 1960, et immortalisé le peuple de Paris, les artisans de ses faubourgs, les enfants de sa butte Montmartre, les bistrots enfumés. 

« Toute ma vie je me suis amusé, je me suis fabriqué mon petit théâtre », a observé Robert Doisneau.

Parmi ses œuvres photographiques, le célèbre Baiser de l’Hôtel de Ville et ses portraits des métiers du quartier des Halles, à Paris. Paradoxalement, ce photographe adulé qui a tant œuvré pour préserver son œuvre risque de voir ce patrimoine artistique, ces documents exceptionnels sur Paris, détruit par la jurisprudence française qui exclut du droit de la propriété artistique les œuvres de l’esprit auxquelles « le gouvernement des juges » spoliateur nie l’originalité. Et ce, en violation de la loi qui protège les œuvres de l’esprit dès leur création.

« Quand il meurt en avril 1994, il laisse derrière lui quelques 450 000 négatifs qui racontent son époque avec un amusement tendre et bienveillant qui ne doit toutefois pas masquer la profondeur de la réflexion, la réelle insolence face au pouvoir et à l'autorité et l'irréductible esprit d'indépendance ».

« Réalisé par sa petite-fille Clémentine Deroudille, Le révolté du merveilleux affine le portrait de celui qui a tant façonné l'imagerie nationale : son Baiser de l'hôtel de ville, aussi célèbre que la tour Eiffel ? Au fil de photographies inédites, d'archives vidéo, ainsi que d'entretiens avec ses amis et complices de toujours, de Daniel Pennac à Sabine Azéma, on surprend un Doisneau intime, « curieux, désobéissant et patient comme un pêcheur à la ligne », comme il se définissait lui-même ». 

Le « film retrace le parcours de cet ancien photographe officiel des usines Renault, mais dévoile surtout certaines facettes méconnues de son travail (l'amour de la couleur, ses reportages à l'étranger) ou de sa personnalité, comme la peur de la foule. Un regard affectueux et très documenté sur ce pourvoyeur de bonheur pour tous ».

Les "années Vogue"
C'est au Doisneau photographe mondain que l'Espace Richaud a rendu hommage lors de l'exposition Doisneau, les "années Vogue". L’exposition Robert Doisneau, les années Vogue présente "un aspect méconnu du travail de reporter mondain effectué par Doisneau pour le magazine Vogue, de 1949 aux années 60".

 "En 1949, Michel de Brunhoff, qui dirige le magazine, passe un contrat d’exclusivité avec Robert Doisneau pour une durée de 3 ans. Le photographe aux 450 000 négatifs couvrira l’actualité mondaine, fera quelques photos de mode et réalisera des reportages pour raconter la vie en France, accompagné d’Edmonde Charles-Roux, devenue sa rédactrice attitrée. Leur complicité est grande mais la vie de  " photographe mondain " ne convient pas à Robert Doisneau qui reprend sa liberté à l’échéance du contrat. Edmonde Charles-Roux devenue rédactrice en chef du titre, Robert Doisneau continuera pourtant à réaliser jusque dans les années 60 des prises de vues pour Vogue".

La "somptuosité des bals mondains de l’après-guerre, les prises de vues où Brigitte Bardot fait ses débuts de jeune mannequin, Picasso retouchant les photos de mode, les répétitions dans la Rotonde de l’Opéra de Paris permettent de découvrir une partie peu connue de l’oeuvre du photographe".

"À Doisneau qui écrivait « Pendant deux ans, j’étais comme le fils du jardinier invité à partager les jeux des enfants du château à condition d’apporter sur le beau monde un regard neuf et une vivacité de dénicheur », Edmonde Charles-Roux répondait qu’elle l’avait souvent vu comme un enfant devant une vitrine de Noël. En regardant ses images on découvrira qu’ils n’avaient tort ni l’un, ni l’autre…"

Cette "importante collection, jamais présentée dans son intégralité, a été revisitée pour composer l’exposition, qui s’accompagne d’un important ouvrage publié par le département " Beaux Livres " des éditions Flammarion. Ce livre est "consacré à l'ensemble du corpus photographique des travaux de Robert Doisneau pour Vogue.

Tous les samedis et dimanches, à 15 h, est projeté le documentaire Doisneau, le révolté du merveilleux
écrit et réalisé par Clémentine Deroudille, petite-fille du photographe.

Du mercredi 8 mars au vendredi 7 avril 2017, a lieu le concours photo " Et si Doisneau photographiait Versailles aujourd’hui ? "

Palm Springs
Le 10 octobre 2017, à 16 h 30, dans le cadre d'Invitation au voyage, Arte évoquera "Robert Doisneau à Palm Springs / La Bretagne de Vauban / Casablanca". "Immortalisé par Robert Doisneau en 1960, Palm Springs, îlot de verdure niché au creux de la vallée de Coachella, avec ses palmiers immenses et ses montagnes en toile de fond, révèle une facette inconnue du photographe". Et un page d'or des Etats-Unis après le conflit mondial.

Pour le magazine Fortune, Doisneau réalise un reportage sur l'American Dream à Palm Springs. Au sud de la Californie, cet oasis de verdure rajeunit "avec ses restaurants branchés qui attire une faune bigarrée". C'est ce que découvre Robert Doisneau après la guerre. Il réalise des clichés en couleurs acidulées, pleins d'ironie et de joie.

Pour son premier reportage hors de France, Doisneau immortalise l'Amérique en pleine croissance dont profite une bourgeoisie profitant d'un cadre idyllique dominé par le vert et le bleu. Il documente la construction de golfs sur des terres arides. "La Mecque de la petite balle blanche en plein désert". Un lieu photogénique pour le regard amusé du photographe français.

Des villas de style espagnol ou futuristes sont choisies en lieux de villégiature ensoleillée par des stars. Elizabeth Taylor louait une résidence superbe à un bijoutier.

Derrière ce côté "kitsch et superficiel d'Américains en vacances pour l'éternité" : des demeures aux larges baies vitrées, au lignes sobres.


Du 8 mars au 28 mai 2017
A l'Espace Richaud
78 boulevard de la Reine. 78000 Versailles
Tél. : 01 39 24 88 88
Du mercredi au dimanche, de 12 h à 19 h. Fermeture exceptionnelle le 25 mai 2017


« Robert Doisneau. Le révolté du merveilleux », de Clémentine Deroudille
Arte, 2015, 78 min
Sur Arte le 23 octobre 2016 à 22 h 50

Visuels
Robert Doisneau
Les cygnes gonflables, PalmSprings, 1960

Robert Doisneau
Autoportrait place Jules Ferry 1949

Robert Doisneau
Brigitte Bardot pour le Jardin des modes
La rotonde de l'Opéra de Paris, 1950
Mademoiselle-d'Origny devient vicomtesse

Au Sud de la Californie, Palm Springs, posée dans le désert, fut immortalisée par Robert Doisneau en 1960. Cet îlot de verdure se niche au creux de la vallée de Coachella, avec ses palmiers immenses et ses montagnes en toile de fond. Une oasis, avec ses larges avenues rectilignes et son soleil qui brille toute l’année, qui révéla une facette inconnue du photographe Doisneau.
© Elephant Doc

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Les citations proviennent d'Arte et du site de Robert Doisneau. Cet article a été publié le 21 octobre 2016, puis le 26 mai 2017.

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