Citations

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mardi 12 juillet 2016

« Yasmina et Mohammed, les deux voix de Khadra », par Régine Abadia


Yasmina Khadra est un officier de l’armée algérienne devenu auteur prolifique de best-sellers en français, dont certains controversés (L’attentat), primés ou adaptés au cinéma (Ce que le jour doit à la nuit), et directeur du Centre culturel algérien. Arte diffusa Yasmina et Mohammed, les deux voix de Khadra ou Yasmina & Mohammed, un écrivain dans la tourmente de l'histoire algérienne (Yasmina Khadra, Blicke auf Algerien), documentaire de Régine Abadia (2012). Le 13 juillet 2016, à 19 h, le Festival d'Avignon off présentera au Théâtre des Halles "L'Attentat" d'après Yasmina Khadra et dans une mise en scène de Franck Berthier (6-28 juillet 2016), 

Morituri (1997), L’automne des chimères (1998), Les agneaux du Seigneur (1998), A quoi rêvent les loups (1999), L’écrivain (2001), Les hirondelles de Kaboul (2002), L’attentat (2005), Les sirènes de Bagdad (2006), Ce que le jour doit à la nuit (2008), L’équation africaine (2011), Les chants cannibales (2012) Tous ces livres devenus best-sellers sont signés Yasmina Khadra, pseudonyme de Mohammed Moulessehoul.

Né en 1955 dans une « tribu de poètes » du Sahara algérien, cet enfant de neuf  ans est placé par son père dans un collège militaire. dont il devient un des matricules et où il noue de solides amitiés avec d'autres cadets. Officier de l’ALN (Armée de libération nationale, liée au Front de libération nationale), son père, a été blessé en 1958.

Cet ex-officier de l'armée algérienne « combat la déferlante islamiste qui plonge alors l'Algérie dans un bain de sang ».

"Général en littérature"
Insomniaque, Yasmina Khadra écrit la nuit des romans dont le premier Morituri parait, sous pseudonyme, en 1997. Yasmina Khadra crée un personnage de commissaire de police, Brahim Llob, intègre, fidèle à sa femme, à son pays, à ses principes, et macho.

L'Armée algérienne crée un Comité de censure militaire afin de pouvoir lire ses manuscrits. La révélation de sa véritable identité est perçue comme un "affront, un sacrilège".

Lucide sur les problèmes de son pays - corruption, trafic d'influences, etc. -,Yasmina Khadra quitte l’armée en 2000.

Marqué par le déclenchement de la vague de terrorisme en Algérie,  critiqué par des intellectuels français sur son passage dans cette armée algérienne soupçonnée d'avoir commis des massacres de civils, Yasmina Khadra affirme avoir sa conscience en paix : "Rien n'est au-dessus de la vie d'un homme".

Cet écrivain prolifique publie ses nombreux romans sous ce nom d’emprunt formé des deux prénoms de sa femme.

Adaptés en 17 langues dans 41 pays, ses livres sont ancrés dans des conflits particulièrement tragiques : prises d’otages au large de la Somalie, etc. "Mon imaginaire s'inspire de la réalité", estime Yasmina Khadra.

Traduit aux Etats-Unis par John Cullen et « soutenu par les plus importants libraires américains et canadiens », Les Hirondelles de Kaboul a été élu Meilleur livre de l’année aux États-Unis par le San Francisco Chronicle et le Christian Sciences Monitor.

En 2011, Yasmina Khadra a été distingué par le Prix Henri Gal récompensant l’ensemble de son œuvre et remis par l’Académie française et l’Institut de France.

Le 12 septembre 2012, sortit le film Ce que le jour doit à la nuit adapté au cinéma par Alexandre Arcady.

Entre Algérie et France, ce documentaire évoque l’œuvre de Yasmina Khadra, « sa personnalité complexe et sa vie qui a croisé la grande histoire de l’Algérie depuis l’indépendance ». Un documentaire sans esprit critique. On en retient ces images de pauvreté d'un pays riche en pétrole, et cet Algérien qui se plaint de l'absence de conservatoires de musique ou de piscines et espère que des Algériens de l'extérieur, comme Yasmina Khadra, puissent influer sur le destin de l'Algérie.

L’attentat
Dans L’attentat prochainement adapté en bande dessinée (BD), Yasmina Khadra décrit un Arabe israélien chirurgien découvrant que son épouse était une islamikaze et enquête pour tenter de la comprendre.

« J'ai toujours eu à cœur d'aborder ce thème car je pense que le problème de l'humanité est à cet endroit : la terre d'Israël est une terre bénie. Et tant qu'il n'y aura pas la paix, il n'y aura pas de répit dans le monde », déclare Yasmina Khadra à Lire (1er septembre 2005) à propos de L’attentat, primé notamment par le Prix des libraires. Cette allégation selon laquelle l’Etat Juif empêcherait la paix du monde est l’une des pires diffamations contre lui. Les premiers émeutiers du « printemps arabe » ne parlaient pas d’Israël. De quelle paix s'agit-il ?

L’auteur ajoute en 2005 : « J'essaye de lever la tête et de comprendre ce qui se passe autour de moi. Je suis très attentif aux chamboulements qui nous gâchent l'existence. Le roman est un excellent outil de vigilance et de compréhension. En 1997, je disais aux Européens : « Ce qui arrive en Algérie va vous arriver à vous ». A l'époque, mes terroristes ressemblaient comme deux gouttes d'eau à ceux qui sévissent aujourd'hui. Ils étaient universitaires, des gens de bonne famille, des citoyens parfaits, beaux. Il a fallu aux Occidentaux le 11 septembre 2001 pour me donner raison. Avant, on était dans la caricature, celle du terroriste avec sa barbe et ses haillons. Puis le terroriste a évolué, mais pas l'idée que s'en font les gens ».

Le 13 juillet 2016, à 19 h, le Festival d'Avignon off présentera au Théâtre des Halles "L'Attentat" d'après Yasmina Khadra et dans une mise en scène de Franck Berthier (6-28 juillet 2016), avec Arben Bajraktaraj, Jean de Coninck, Jean-Marie Galey, Magali Genoud, Danielle Lopes, Bruno Putzulu. "Tel Aviv. Un attentat, comme souvent. Quand on vient chercher Amine, le chirurgien, sa vie bascule : sa femme, son amour, serait la kamikaze. Comment vivre quand tout s’effondre ? Comment a-t-il pu ne pas voir ?"

On peut préférer la lucidité du talentueux écrivain algérien Boualem Sansal, auteur notamment du Village de l’Allemand ou le journal des frères Schiller (Gallimard, 2008).
de Régine Abadia (2012)
France, Arte F, 43 minutes
Diffusions les  8 juillet 2012 à 13 h 50 et 14 juillet 2012 à 5 h 10.

Visuels de Yasmina Khadra : © La Huit Production

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Cet article a été publié le 8 juillet 2012.

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