mercredi 6 juillet 2016

Exhibitions. L’invention du sauvage


Le musée du quaiBranly présente l’exposition éponyme dont le commissaire général est Lilian Thuram, né en Guadeloupe. Environ 35 000 êtres humains ont été amenés d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique vers l’Occident où ils ont été exhibés dans des cirques, zoos, expositions ou défilés. Des oublis et des partis pris étranges. Le 7 juin 2016, Lilian Thuram a participé à une rencontre avec des lycéens au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ).


Une exposition sur ce thème et dont le commissaire général est Lilian Thuram, célèbre footballeur, ardent promoteur de la fierté de l’identité noire, et président de la Fondation « Education contre le racisme » intrigue.

La lecture du dossier de presse ne rassure pas. Les coordonnées du musée – adresse postale, numéro de téléphone, etc. - y sont absentes, mais deux pages sont consacrées à cette Fondation.

Les commissaires scientifiques sont Pascal Blanchard, historien et chercheur associé au CNRS, et Nanette Jacomijn Snoep, responsable des collections Histoire du musée du quai Branly.

Cette exposition « met en lumière l’histoire de femmes, d’hommes et d’enfants, venus d’Afrique, d’Asie, d’Océanie ou d’Amérique, exhibés en Occident à l’occasion de numéros de cirque, de représentations de théâtre, de revues de cabaret, dans des foires, des zoos, des défilés, des villages reconstitués ou dans le cadre des expositions universelles et coloniales ». Un phénomène qui débute au XVIe siècle « dans les cours royales et va croître jusqu’au milieu du » XXe siècle en Europe, en Amérique et au Japon.

Peintures, sculptures, affiches, cartes postales, films, photographies, moulages, dioramas, maquettes et costumes… Environ 600 œuvres attestent de l’ampleur et du succès « de cette industrie du spectacle exotique qui a fasciné plus d’un milliard de visiteurs de 1800 à 1958 et a concerné près de 35 000 figurants dans le monde ».

L’exposition montre « comment ces spectacles, à la fois outil de propagande, objet scientifique et source de divertissement, ont formé le regard de l’Occident et profondément influencé la manière dont est appréhendé l’Autre depuis près de cinq siècles ».

Elle « explore les frontières parfois ténues entre exotiques et monstres, science et voyeurisme, exhibition et spectacle, et questionne le visiteur sur ses propres préjugés dans le monde d’aujourd’hui ».

Si « ces exhibitions disparaissent progressivement dans les années 1930, elles auront alors accompli leur œuvre : créer une frontière entre les exhibés et les visiteurs. Une frontière dont on peut se demander si elle existe toujours ? »

Une humanité questionnée
On est gêné à la fois par ce phénomène dont on sous-estimait l’étendue et les souffrances endurées par tous ces êtres humains déracinés et exhibés, ainsi que par les amalgames – l’exotisme se distingue des anomalies physiques - et les partis pris « politiquement corrects » de cette exposition qui surfe sur la culpabilisation de l'Occident.

Quid de ces pauvres Noirs filmés encagés et traités comme des animaux (chiens, animaux considérés comme impurs) des Libyens ?

En décembre 2010, dans la bande de Gaza, le Hamas a exhibé un faux « Guilad Shalit » défilant menotté et encadré de terroristes encagoulés dans un défilé à Gaza pour célébrer le 23e anniversaire de sa création. En violation avec les plus élémentaires règles humaines et l’article 13 de la IIIe Convention de Genève (1949) qui protège les « civils captifs de la partie opposée » des « insultes et de la curiosité publique ». Le dossier de presse ne le mentionne pas. Pourquoi ? Pourtant Lilian Thuram s’est rendu en avril 2011 dans un camp de réfugiés entre Jérusalem et Ramallah. Il a visité l’école du camp de réfugiés de Qalandia soutenue par l’UNRWA (Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine). « J'ai tellement entendu parler des enfants de Palestine et de l'environnement dans lequel ils grandissent. Aujourd'hui, j'ai pu constater leur enthousiasme et leur détermination à réussir. J'espère qu'ils ont apprécié autant que moi la session d'entraînement d'aujourd'hui », a-t-il déclaré. Il n’a pas vu dans l’école les cartes de la « Palestine » englobant l’Etat Juif ? Que fait sa Fondation à cet égard ? 

MAHJ
Le 7 juin 2016, Lilian Thuram a participé à une rencontre avec des lycéens au Musée d'art et d'histoire du Judaïsme (MAHJ). "Cette rencontre s’inscrit dans un projet pédagogique mené au cours de l’année scolaire. Encadrés par des enseignants-relais, les élèves ont suivi au mahJ le parcours-atelier « Stéréotypes et préjugés ». Ils ont développé une réflexion autour du racisme, du sexisme, de l’homophobie, et plus généralement de l’égalité en se basant sur des supports préconisés par la Fondation Lilian Thuram".

A cette occasion, Actualité juive hebdo a publié une interview de Lilian Thuram, mais sans l'interroger sur ses positions sur le conflit au Proche-Orient.


Jusqu’au 3 juin 2012
Mezzanine Ouest
37, quai Branly. 75007 Paris
Tél. : 01 56 61 70 00
Les mardi, mercredi et dimanche de 11 h à 19 h. Les jeudi, vendredi et samedi de 11 h à 21 h

Articles sur ce blog concernant :
Monde arabe/Islam 
Cet article a été publié le 1er juin 2012.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire