Citations

« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

vendredi 15 juillet 2016

Le Front populaire et les photographes


Le 80e anniversaire du Front populaire est honoré par deux expositions : à l’Hôtel de Ville de Paris, Le Front populaire vu par de grands noms de la photographie, et au musée de l’histoire vivante de Montreuil 1936, Nouvelles images et nouveaux regards sur le Front populairePhotographies signées Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David « Chim » Seymour, Robert Doisneau, Willy  Ronis, Marcel Cerf et France Demay, affiches, journaux et extraits de films datant du Front populaire évoquent une période historique marquante dans l’histoire politique et sociale française, et mythifiée, voire instrumentalisée par la gauche.

Photographies de jeunes photoreporters devenus illustres - Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David « Chim » Seymour, Robert Doisneau, Willy Ronis - ou demeurés méconnus – Marcel Cerf, France Demay -, affiches, journaux, magazines, extraits sonores et films datant de cette année d’effervescence politique… À l'occasion du 80e anniversaire du Front populaire, l’exposition chronologique « 1936, le Front populaire en photographie » à l'Hôtel de Ville illustre « des instants d’histoire inédits, symboles de l’union des forces de gauche » par environ 400 documents. 

Elle évoque une période fondatrice dans l’histoire politique et sociale française, mythifiée et instrumentalisée par politiciens de gauche : « Le Front populaire, c’est d’abord des femmes et des hommes qui levèrent le poing contre l’injustice et pour une vie meilleure, et qui découvrirent dans la grève l’espace d’un combat commun, d’une solidarité partagée et d’une conscience populaire nouvelle… La rencontre inédite du mouvement ouvrier et des réformes gouvernementales ouvrit ainsi la voie à d’immenses avancées sociales dont nous sommes tous héritiers aujourd’hui… L’héritage du Front populaire est plus que jamais une réalité. Le formidable mouvement de conquête qu’il a amorcé n’est pas achevé. C’est à nous d’en défendre aujourd’hui les acquis quand ils sont attaqués ou fragilisés. La société plus juste et plus solidaire que le Front populaire a portée et brièvement incarnée constitue une part de notre mémoire mais aussi un modèle et un idéal qui chaque jour nous guident dans notre action au service des Parisiens », a écrit Anne Hidalgo, maire socialiste de Paris.

Des « instants d’histoire saisis par des photographes exceptionnels ».

De jeunes photographes immortalisent l'histoire
Vingtenaires ou trentenaires, avec leur appareil photo maniable, Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David « Chim » Seymour, Robert Doisneau ou encore Willy Ronis, « alors inconnus, saisissent le Paris des années trente pour illustrer journaux et magazines » dans un âge d’or de la presse française.

« En 1936, avec le Front populaire et le mouvement de grèves le plus important jamais connu en France, cette nouvelle génération prend son essor ». Elle arpente Paris et saisit des scènes historiques, tout en bénéficiant de la « demande croissante de la presse magazine en plein développement ».

En empathie avec les ouvriers grévistes ou les manifestants sillonnant Paris, ces « photographes indépendants ne sont pas seuls sur le terrain. Dans Paris, capitale de la photographie, fleurissent les agences photo : AGIP, Harlingue, Henri Manuel, Keystone, LAPI… Elles couvrent l'actualité pour les journaux et magazines et rendent compte des événements de la rue, lieu d'expression politique et syndical, au même titre que de l'occupation des usines par les grévistes ».

Une époque exceptionnelle de l’histoire
En « un parcours chronologique, l'exposition chemine à travers le contexte politique, économique, social et culturel des années 1934-1935, et se focalise sur la victoire électorale du Front populaire, les grèves sur le tas et l'enthousiasme que procurent les acquis sociaux du printemps et de l'été 1936 : les vacances à la mer, la vie au grand air, les sorties au cinéma et des soirées au music-hall passées avec Joséphine Baker ou Mistinguett », chanteuses et meneuses de revues.

Les « années 1936-1939 sont marquées par un contexte conflictuel en Europe, entre tragédie espagnole et amorce de la Seconde Guerre mondiale », exil d’Allemands – Juifs, communistes, etc. - fuyant le régime nazi dirigé par le Führer Adolf Hitler et Anschluss (annexion de l’Autriche par l'Allemagne), ainsi qu’en Asie : deuxième guerre sino-japonaise (1937-1945).

En France, « après les émeutes de février 1934, les forces de gauche s’unissent. Avec les élections de 1936 remportées avec panache et la satisfaction d’importantes revendications, le Front populaire s’inscrit dans le geste du peuple triomphant. En 1936, sur le front des grèves, et dans l’allégresse des congés payés, une génération de jeunes gens : Robert Capa, Chim, Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis… promeut le reportage engagé. Leurs sympathies pour les forces progressistes s’expriment dans des clichés marqués par une franche adhésion à l’élan du Front populaire. D’autres comme Marcel Cerf, Gaston Paris, France Demay, Fred Stein deviendront moins célèbres, mais prendront leur part à la représentation du mythe », analyse Françoise Denoyelle, commissaire scientifique de l’exposition, historienne de la photographie et co-auteure avec F. Cuel et J.L. Vibert-Guigue du livre Le Front populaire des photographes, avec (2006).

Et d’observer : « Les premières photographies des grèves participent déjà des référents iconographiques propres au Front populaire. Les ouvriers installés sur les murs d’enceinte de l’usine, les employés dormant sur le tas, le défilé de la victoire sont autant de scènes saisies sur le vif, mises en scène dans une joyeuse complicité ou les femmes sont partout présentes. Les congés payés prennent la relève. La vie au grand air, en camping ou en auberge de jeunesse donne lieu à de nouvelles photographies d’une liberté conquise. La guerre d’Espagne vient rompre cette joie de vivre alors que les nuages s’accumulent et que s’annonce la Seconde Guerre mondiale. L’ampleur du Front populaire, la détermination des acteurs, la nouveauté de ses modes d’expression peuvent expliquer sa médiatisation, ils ne sauraient à eux seuls justifier l’exceptionnelle production qu’ils déclenchent. La multiplication des agences, les transformations de la presse, friande en images, concourent à faire de ce moment majeur de l’histoire sociale du XXe siècle, qu’est le Front populaire, l’un des grands sujets de la photographie française ».

1936, Nouvelles images et nouveaux regards sur le Front populaire
A Montreuil, le musée de l’histoire vivante  présente 1936, Nouvelles images et nouveaux regards sur le Front populaire, exposition partenaire et itinérante.

« 1936 : une période intense qui a marqué une génération d’hommes et de femmes qui éprouvaient enfin le sentiment que « l’avenir leur appartenait », qu’ils pouvaient se « projeter au devant du bonheur ».

Une « séquence courte mythifiée a posteriori car jamais plus ne se rencontreront pour un dialogue fécond, mouvement social, réformes gouvernementales et foisonnement culturel ».

Le musée de l’histoire vivante  a choisi « les plus célèbres images de 1936 inscrites dans nos mémoires, élevées parfois au rang d’icônes. Au fil des salles, des dizaines d’autres documents, pour certains totalement inédits, évoqueront cette histoire et interrogeront la part de mythe dans la mémoire visuelle du Front populaire, faite d’images, d’affiches, de drapeaux, d’insignes, de cortèges de manifestations, de grèves sur le tas, de tenues militantes, de casquettes, d’enfants portés sur les épaules, de visages de joies, mais aussi dès lors que l’on pense à l’Espagne, de fusils, de morts et de bombardements ».

Une « mémoire transmise de génération en génération, toujours vivante, même 80 ans après ».

Le musée interroge « le mythe pour en souligner l’ancrage définitif dans le temps et l’histoire ; ainsi que les usages politiques et culturels qui ont été faits de cette mémoire ».

« Congés payés, tandems, grévistes à casquette, occupations d’usines, bals populaires, poings levés, Espagne : autant de mots, d’expressions associés dans la mémoire collective au Front populaire. Un retour « sur ce moment fort de l’histoire contemporaine française, et « un événement mythique inscrit au Panthéon des gauches » (Jean Vigreux, Le Front populaire, Paris, PUF, 2011) ».

« Parler du Front populaire, c’est revenir sur les grèves, les congés payés, l’unité des gauches, son programme et les réformes sociales et culturelles adoptées. C’est aussi leur associer des visages, des corps, des voix. En premier lieu Léon Blum, Léo Lagrange et Marceau Pivert. Viennent ensuite les dirigeants communistes, Thorez en tête ; le radical Daladier ; les dirigeants de la CGT Jouhaux et Frachon ; Victor Basch pour la LDH ; et trois femmes : Cécile Brunschvicg, Irène Joliot-Curie et Suzanne Lacore, toutes trois nommées secrétaires d’État alors qu’elles n’ont ni le droit de vote, ni le droit à l’éligibilité ; des intellectuels et artistes comme Malraux, Gide, Aragon, Bernanos... »

Ces « visages plus ou moins connus s’accompagnent de dizaines de milliers d’autres : le peuple de France » et de son empire. L’exposition éclaire « ceux que l’on soustrait aux regards ou qui sont exclus du champ photographique : travailleurs immigrés en France et militants de la cause nationaliste ou indépendantiste, là-bas, dans l’autre France, celle des colonies. Toutes et tous ont crié des slogans - « Pain, Paix, Liberté », « le fascisme ne passera » -, fait grève et fêté leurs conquêtes sociales ; toutes et tous ont vécu avec bonheur l’avènement d’une politique novatrice en matière de culture, de loisirs et de sports. »

Enfin, le Front populaire « s’est accompagné d’un récit en images. Des milliers de photographies, dont celles de Capa, de Seymour dit Chim, de Cartier-Bresson, de Kertész, de Willy Ronis, sans oublier celles de femmes photographes comme Gerda Taro, Gisèle Freund  ou Nora Dumas, saisissent les mouvements des corps autant que les soubresauts politiques et sociaux  ».

Cette exposition présente « les clichés, pour certains inédits, de Marcel Cerf, France Demay et Pierre Jamet, trois artistes représentatifs de leur époque ».

Pour évoquer cette mémoire qui perdure, le musée a sollicité les principaux « héritiers » des 99 signataires de l’appel au Rassemblement populaire du 14 juillet 1935. Le musée leur a « demandé de choisir l’image qui, pour eux, évoque le Front populaire et de la commenter. Un même courrier a été adressé à Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière), Jean-Michel Baylet (PRG), Olivier Besancenot (NPA), Patrice Bessac (Maire de Montreuil), Jean-Christophe Cambadélis (PS), Françoise Dumont (LDH), Daniel Keller (GODF), Pierre Laurent (PCF), Jean-Claude Mailly (CGT-FO), Philippe Martinez (CGT), Lydia Martins Viana (FSGT), Jean-Luc Mélenchon (PG)… Ce sont leurs choix que les visiteurs découvrent dans la première salle de l’exposition ».

Au gré d’une visite libre abordant plus des thématiques qu’un fil conducteur chronologique, le musée propose « au public de s’arrêter sur des « points aveugles » ou « angles morts » : la question des droits des femmes, la question coloniale, le stalinisme et les procès de Moscou ».

Un « parcours d’histoire et de mémoire en invitant à jeter de nouveaux regards sur de nouvelles images ».

CHRONOLOGIE

« 1934
6 février 1934 : La manifestation antiparlementaire
Afin d’obtenir le soutien des socialistes au gouvernement, le Président du Conseil Edouard Daladier révoque le Préfet de Police, très proche des milieux conservateurs de droite et d’extrême droite. S’en suit une grande manifestation de ces derniers (Action française, Croix-de-feu, Union nationale des combattants) qui dégénère en émeutes sanglantes. Edouard Daladier, investi dans ses fonctions de Président du Conseil le jour même, se voit contraint à la démission dès le lendemain, remplacé par un homme de droite : Gaston Doumergue.
9 février 1934 : Manifestation de riposte
Les communistes répondent aux émeutes de la droite par une manifestation Place de la République. Celle-ci fait plusieurs morts ».
12 février 1934 : L’appel à la grève générale
Créée en 1895, la CGT (Confédération générale du travail) appelle à la grève générale, à laquelle se joignent la CGTU (Confédération générale du travail unitaire) fondée en 1921 et liée au parti communiste, celui-ci et la SFIO (Section française de l’Internationale ouvrière). « Bien que défilant l’un et l’autre à l’opposé du cours de Vincennes, c’est à cette occasion que les premiers élans de fraternisation entre les deux partis ont lieu.
23 juin 1934 : Le parti communiste se rapproche de la SFIO
Pendant la conférence nationale du parti communiste à Ivry, ce dernier choisit l’ouverture vers la SFIO. Ce « rapprochement entre les deux partis autrefois ennemis annonce les prémices du Front populaire.
27 juillet 1934 : La signature du pacte antifasciste
Le parti communiste et la SFIO signent un pacte d’unité d’action antifasciste.
C’est grâce à la volonté de combattre un ennemi commun que les deux partis s’entendent.
9 octobre 1934 : L’expression « Front populaire » est née
Maurice Thorez, secrétaire général du parti communiste appelle à la formation d’un « Front populaire du travail, de la liberté et de la paix ». Il souhaite proposer un réel programme gouvernemental, qui ne soit pas uniquement basé sur une politique antifasciste.
14 octobre 1934 : Le succès de la gauche aux élections cantonales
La SFIO et le parti communiste gagnent respectivement 4 et 18 sièges.

1935
12 mai 1935 : Le succès de la gauche aux élections municipales
Le parti communiste et la SFIO s’étant rapprochés, le jeu des désistements profite aux deux partis. Paul Rivet, candidat du Ve arrondissement de Paris, bénéficie du désistement en sa faveur du candidat communiste et des radicaux. C’est le premier élu du Front populaire.
13 mai 1935 : La mobilisation du Front national
Percevant l’unité de la gauche comme une menace grandissante, les ligues de droite créent le Front national, rassemblant notamment les militants de l’Action française et les Jeunesses patriotes.
19 mai 1935 : Hommage de la gauche aux fusillés de la Commune
Hormis les radicaux, toute la gauche est présente au Père-Lachaise pour rendre hommage aux fusillés durant la Commune. Cet hommage amorce les commémorations communes des années suivantes.
14 juillet 1935 : « Le serment solennel de rester unis »
C’est au stade Buffalo, a Montrouge, que la gauche se réunit pour un hymne à la nation. L’après-midi même, ce sont des milliers de personnes qui défilent à Paris, de la Bastille au cours de Vincennes, pour « le pain, la paix, la liberté ». Cette mobilisation contribuera à l’adoption d’un programme de gouvernement commun pour la gauche.
27 octobre 1935 : Les radicaux rallient le front de gauche
Le congrès du parti radical, jusque-là présent en intermittence aux mobilisations du front de gauche, rallie officiellement ce qui deviendra le Front populaire.

1936
7 juin 1936 : Les accords Matignon ou les avancées majeures
Syndicats et organisations patronales signent un accord pour l’augmentation des salaires, les quinze jours de congés payes et la semaine de quarante heures. Les accords Matignon sont adoptés par un vote record : 563 voix contre 1 à la Chambre, 295 voix contre 2 au Sénat. Ils constituent la base des avancées sociales dont nous bénéficions toujours.
19 juin 1936 : La lutte contre l’extrême droite et la dissolution des ligues
Le Parlement décide de mettre un frein à la montée des extrêmes en dissolvant les ligues de la droite. Cette mesure fait suite aux dissolutions, en février, de la Ligue de l’Action française, de la Fédération nationale des étudiants de l’Action française, et de la Fédération nationale des Camelots du roi.
Juin à août 1936 : Tournage de films mythiques
Qu’il s’agisse de La Belle Équipe de Julien Duvivier, avec Jean Gabin, ou d’Une Partie de campagne, de Jean Renoir, l’été 1936 est marqué par les tournages de ces films légendaires du Front populaire.
17 et 18 juillet 1936 : Les débuts de la guerre civile en Espagne
Une tentative de coup d’Etat militaire, orchestré par trois généraux espagnols dont Franco, annonce les prémices de la révolution sociale espagnole de 1936.
30 juillet 1936 : Les congés payés
Les billets populaires de congés annuels sont créés, afin de proposer des billets de train à prix réduits. Cette mesure crée les conditions permettant aux salariés de profiter de leurs congés.
1er août 1936 : Léon Blum annonce la « non-intervention » en Espagne
7 août 1936 : La République espagnole livrée à elle-même
Le Cabinet vote la non-intervention de la France en Espagne. Les livraisons officieuses d’armes cessent. Cette politique constituera un point de désaccord important, et une des raisons majeures de la scission du Front populaire.
8 novembre 1936 : Les Brigades internationales entrent dans la bataille de Madrid
17 novembre 1936 : La mort de Roger Salengro
Suite à une campagne calomnieuse menée par l’extrême droite consistant à faire passer Roger Salengro pour un déserteur de la Première Guerre mondiale, le ministre de l’Intérieur met fin à ses jours.
5 décembre 1936 : Les premiers éléments de scission du Front populaire
Les députes communistes s’abstiennent de voter pour la politique extérieure menée par la France, notamment la non-intervention en Espagne. Le Front populaire s’en trouve affaibli.

1937
13 février 1937 : La pause dans les réformes
Léon Blum souhaite redresser l’économie et annonce une pause dans les réformes du Front populaire.
15 juin 1937 : Léon Blum obtient les pleins pouvoirs
Avec une économie en berne depuis le début des années 30, la dévaluation du franc de 29% le 26 septembre 1936, et l’emprunt demande en mars 1937 pour couvrir les dépenses militaires, le Front populaire connait de nombreuses difficultés économiques : spéculation, fuite des capitaux… La Chambre des députes espère redresser la barre en octroyant les pleins pouvoirs au Président du Conseil. Le Senat quant à lui refuse.
21 juin 1937 : La démission de Léon Blum
Le refus du Senat est perçu comme une déclaration hostile pour Léon Blum qui accuse déjà les dissensions internes au Front populaire. C’est Camille Chautemps qui lui succède.

1938
Janvier - mars 1938 : De nouvelles tensions au sein du Front populaire
Le climat est tendu avec les communistes. Le gouvernement formé par Camille Chautemps se fait sans la SFIO. Apres que les pleins pouvoirs lui ont été refusés, ce dernier démissionne. Le 13 mars, Léon Blum revient aux rênes de l’Etat et forme un nouveau gouvernement. Il espère poursuivre le programme du Front populaire en lançant notamment les retraites et les allocations familiales.
12 mars 1938 : L’annexion de l’Autriche par les nazis
Hitler lance l’assaut sur l’Autriche et l’annexe. C’est l’Anschluss du Reich.
Avril 1938 : La fin du gouvernement de Léon Blum, les débuts du gouvernement radical
Le Senat refuse d’apporter son soutien au gouvernement créé par Léon Blum.
Edouard Daladier, qui lui succède, est chargé de former un nouveau gouvernement. Celui-ci ne comprend aucun socialiste et sonne le glas du Front populaire.
30 septembre 1938 : Les accords de Munich
Ces accords entérinent l’annexion des Sudètes par l’Allemagne nazie. Accueillis favorablement par l’opinion publique, ils annoncent pourtant la guerre imminente en Europe.

1939
28 mars 1939 : L’armée du général Franco à Madrid
Après presque trois ans de guerre civile et plusieurs centaines de milliers de morts, Franco et ses sympathisants entrent dans Madrid.
1er septembre 1939 : Les forces allemandes en Pologne
Apres s’être assuré du soutien soviétique, grâce au pacte germano-soviétique de non-agression du 23 août 1939, Hitler envahit la Pologne.
3 septembre 1939 : La Seconde Guerre mondiale
L’Angleterre puis la France déclarent officiellement la guerre à l’Allemagne nazie ».

LES PHOTOGRAPHES

Thérèse Bonney (1894-1978)
« Née aux Etats-Unis, Thérèse Bonney prépare sa thèse de doctorat à la Sorbonne (1918-1921) et se fixe à Paris avant d’entreprendre un voyage en Europe. Elle documente l’architecture et les arts décoratifs français, soit en réalisant ses propres photographies, soit en se les procurant dans des agences, pour répondre à la demande des clients américains. Elle publie ses photographies sur les arts décoratifs dans la presse spécialisée française ».

Marcel Bovis (1904-1997)
« Formé à Nice, Marcel Bovis commence à photographier Paris en 1927 et devient photographe indépendant en 1930. Ses images sont publiées dans Scandale, en 1933, et l’année suivante, il illustre un roman feuilleton de Georges Simenon, Les Suicidés. Il participe aux suppléments annuels de la revue Arts et Métiers graphiques de Charles Peignot et travaille jusqu’à la guerre avec André Lejard, le rédacteur en chef de la revue. Son fonds, donné à l’Etat, est conservé à la médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine ».

Robert Capa (1913-1954)
Hongrois, Robert Capa « arrive en France, via Berlin et Vienne, en 1933. Il suit l’ascension du Front populaire pour les hebdomadaires illustrés comme Vu et Regards. Après le soulèvement de Franco, il se rend en Espagne avec sa compagne photographe, Gerda Taro. Il s’engage dans une carrière de reporter de guerre (il couvrira cinq guerres) et y réalise quelques-unes de ses photographies les plus célèbres. Capa, photographe engagé déclarait : « Si vos photos ne sont pas bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez prés. » Le fonds est diffusé par l’agence Magnum Photos.

Henri Cartier-Bresson (1908-2004)
Henri Cartier-Bresson « est né dans une famille bourgeoise française qui a réussi dans le textile. Il prend ses premières photographies en 1931 et publie dans Vu en 1932. Il s’initie au cinéma aux Etats-Unis et Jean Renoir le prend comme second assistant dans La Vie est à nous, Une Partie de campagne et La règle du jeu ». Il participe à l’exposition de l’Association des Artistes et écrivains révolutionnaires (AEAR) fondée en France en 1932 et dirigée alors par l’écrivain Louis Aragon, Documents de la vie sociale, « arpente les bords de Seine et publie ses photographies dans Regards. En 1937, il réalise un documentaire sur les hôpitaux de l'Espagne républicaine : Victoire de la vie. Figure mondiale de la photographie, il définit l’enjeu de la photographie et son propre talent en une formule, « l’instant décisif ». Toujours plus prés, disait Capa. Quand ? Répond Cartier-Bresson. Le fonds est conservé à la Fondation Henri Cartier-Bresson ».

Marcel Cerf (1911-2010)
Marcel Cerf « est lié par sa famille à l’histoire de la Commune. Il exerce différents métiers en lien avec l’image : assistant de prise de vue au studio Paramount, projectionniste au studio Billancourt et au Rex. En 1935, il est introduit comme photographe dans l’équipe de Regards. Il couvre les manifestations, les meetings, les grèves et les activités culturelles du Front populaire. Membre du groupe « Camping et Culture », il photographie ses compagnons de vie en plein air. De 1937 à 1939, ses photographies sont également proposées par l’agence photo Rap. Cerf prend alors différents pseudonymes : Silver et Silvère. Son projet de reportage sur les petits théâtres et les cafés concerts de quartier est abandonné avec la déclaration de la guerre. Le fonds donné à la Bibliothèque historique de la ville de Paris est diffusé par l’agence Roger-Viollet ».

France Demay (1903-1963)
« Ouvrier qualifié dans la mécanique de précision, France Demay n’en est pas moins photographe et sportif accompli. Adhérent du Club pédestre de l’Etoile Rouge, il rejoint, dès sa formation, la Fédération sportive et gymnique du travail (FSGT). Entre sport et mouvements sociaux, France Demay mêle sa propre histoire à celle du pays. Grèves, manifestations le trouvent au rendez-vous. En 1936, les Jeux Olympiques de Berlin se préparent : il photographie ses amis, les sportifs du dimanche et les athlètes à l’entrainement dans les clubs sportifs, sur les stades, dans la cour des usines. Il couvre les manifestations où se préparent les Olympiades populaires de Barcelone et témoigne de l’enthousiasme de la jeunesse portée par les victoires du Front populaire dans ses images d’une grande spontanéité et d’un cadrage qui affirme son sens de la composition ».

Robert Doisneau (1912-1994)
« En 1931, assistant du peintre photographe André Vigneau, Robert Doisneau rencontre les frères Prévert, Man Ray… En 1932, il publie dans Excelsior ses premières photographies du marché aux puces. Il entre comme photographe industriel aux usines Renault. En 1937, il s’installe à Montrouge dans le voisinage de Fernand Léger. Proche des milieux populaires, il en saisit la vie. En 1939, par l’intermédiaire du Hongrois Etienne Beothy, il rencontre Charles Radau, le directeur fondateur de l’agence Rapho qui diffusera ses photographies après la guerre ».

Pierre Jamet (1910-2000)
« C’est en autodidacte que Pierre Jamet, originaire de Picardie, s’initie à la photographie et reçoit son premier appareil photo, en 1924. Il chante dans la chorale de l’AEAR et fonde la chorale des auberges de jeunesse. Il se lie avec Dina Vierny, Jacques Prévert et le groupe Octobre. Directeur de colonie de vacances, des 1937, il participe activement au mouvement des Auberges de Jeunesse dont il immortalisera la joie de vivre. Sous l’impulsion de Leo Lagrange, le mouvement très actif permet aux jeunes de partir en vacances et de partager la vie au grand air. Avec son Rolleiflex, Pierre Jamet réalise des reportages pour Regards. Sa pratique lui laisse une grande liberté et lui confère son originalité de photographe humaniste ».

André Kertesz (1894-1985)
En 1925, le photographe hongrois André Kertész « arrive à Paris et s’impose comme l’un des plus doués de sa génération. Il travaille pour les magazines allemands et français : Voilà, Plaisir de France, Regards. Il signe Paris vu par André Kertész, en 1934. Membre de l’AEAR, il participe à son exposition. Il a connu la misère et voit avec bonheur l’arrivée du Front populaire. Mais sa décision est prise. Engagé par Keystone à New York, il espère mieux vivre de ses photographies. La déconvenue sera rude, il restera néanmoins aux Etats-Unis jusqu’à sa mort, mais fera don de ses négatifs a la France, le pays de sa jeunesse. Ils sont conservés à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine ».

François Kollar (1904-1979)
Hongrois d’origine, François Kollar fait ses classes au studio Draeger, en 1928 puis au studio Chevojon. De 1931 a 1934, il sillonne la France pour les éditions Horizons de France et en rapporte La France travaille, un reportage sur le monde du travail, publie en 15 fascicules, qui assure sa renommée. Chantre de l’éclectisme, il passe avec le même bonheur des reportages dans les usines aux mondanités pour la presse magazine. Son fonds, donne à l’Etat, est conserve à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine et à la bibliothèque Forney.

Germaine Krull (1897-1985)
Germaine Krull « quitte l’Allemagne après avoir participé à la révolution de Munich. Elle s’installe à Paris en 1926. Elle participe à l’AEAR et a ses expositions. Son engagement au côté des intellectuels contre le fascisme la mènera à rejoindre la résistance. Ses photographies sont publiées dans le premier numéro de Vu et dans la plupart des autres publications de 1928 à 1934. Ses reportages sur les quartiers populaires, les marginaux, la zone et les ouvrières témoignent de son intérêt pour les sujets sociaux. Elle a donné son fonds au Musée Folkwang à Essen ».

Noel Le Boyer (1883-1967)
Léon Le Boyer, « dessinateur chez un imprimeur, change de prénom dans les années trente et photographie la France des villes et des champs. Originaire de Caen, Le Boyer photographie particulièrement la Normandie et la Bretagne. Ses clichés sur l’artisanat, l’industrie, le tourisme… sont publiés dans les magazines illustrés : Voici, Voilà, Match, L’Illustration et des magazines plus spécialisés comme Rails de France, Revue illustrée des Chemins de fer de l’État, La France à table, Plaisir de France. Le fonds acheté par l’Etat est conservé à la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine ».

Sam Levin (1904-1992)
Né en Ukraine, Sam Levin « arrive en France à l’âge de deux ans. Il découvre la photographie à sept ans avec un appareil Détective. Son talent de portraitiste, qu’il exerce dans son studio de la rue Saint-Georges (Paris IXe), lui ouvre les portes des studios de cinéma, en 1935. Il développe une collaboration étroite avec Jean Renoir. Le succès de La grande illusion, sorti en mai 1937, génère de nombreuses parutions dans la presse et lui apporte la célébrité. Le fonds est acheté par la Médiathèque de l’Architecture et du Patrimoine ».

Boris Lipnitzki (1897-1971)
Né à Odessa, Boris Lipnitzki « a écumé, à partir de 1927, les scènes parisiennes parvenant à utiliser parfaitement la lumière du spectacle. Il photographie Poiret, le monde de la mode et les célébrités des arts et lettres, mais aussi les compositeurs et les Ballets russes. Boris Lipnitzki a laissé des centaines de portraits. Une grande partie de ses plaques, gardées par Louis Jouvet dans les caves du Théâtre de l’Athénée pendant l’Occupation (Boris Lipnitzki était juif), furent noyées dans une inondation. Le fonds a été acheté par l’agence Roger-Viollet ».

Eli Lotar (1905-1969)
« Peu de temps après la naissance d’Eli Lotar à Paris, ses parents rentrent en Roumanie. Il retrouve Paris en 1924. Germaine Krull l’initie à la photographie. Ses images sont publiées dans Vu, Jazz, Variétés, Documents. Il se lie avec André Boiffard pour créer un studio et travaille comme opérateur avec Jean Painlevé. Il fréquente les frères Prévert et le cercle du groupe Octobre. Son rôle est prépondérant à la section photographie de l’AEAR dirigée par Aragon. Luis Bunuel le prend comme opérateur pour Las Hurdes. Il figure au générique d’Une Partie de campagne de Jean Renoir comme photographe de plateau et cadreur du film. En 1937, il rejoint l’équipe d’Henri Storck comme directeur de la photographie pour Les Maisons de la misère consacré aux taudis. Le fonds est conservé au Musée national d’art moderne, Centre Pompidou ».

Mirkine Leo (1910-1982)
Leo Mirkine, né à Kiev en Ukraine, « arrive à Paris avec ses parents qui fuient la Révolution d’Octobre. Passionné de cinéma il est tour à tour figurant, assistant décorateur avant de trouver sa voix : la photographie de plateau. En 1933, il officie durant le tournage d’Un bœuf sur la langue de Christian Jacques. Compagnon de route du parti communiste français, il fonde avec entre autres Jean Renoir, la première Maison de la culture, en 1935. L’année suivante, il retrouve Renoir sur le tournage de La vie est à nous, un film commandé par le PCF pendant le Front populaire et Abel Gance pour J’accuse, en 1938 ».

Gaston Paris (Dates inconnues)
« Principal collaborateur de Vu, Gaston Paris publie également ses photographies dans Détective et Combats. Il photographie la vie nocturne parisienne, mais aussi la France rurale. Son fonds a été acheté par l’agence Roger-Viollet ».

René-Jacques (1908- 2003)
René Giton, dit René-Jacques, « publie ses premières photographies dès 1931 et commence à travailler en 1932 pour la revue Rail de France. C’est dans l’édition qu’il exprime le mieux sa sensibilité, illustrant des livres de Francis Carco (Envoûtements de Paris, 1938). Par son intense activité syndicale, il joue un rôle important dans le mouvement de défense de la profession de photographe, et contribue à la reconnaissance de la photographie comme moyen d’expression majeur et comme art. René-Jacques fait don de son fonds à l’Etat, fonds conservé à la Médiathèque de l’Architecture et du patrimoine ».

Willy Ronis (1910-2009)
En 1932, Willy Ronis « rejoint le studio de photographie de son père gravement malade. Il abandonnera l’atelier à la mort de ce dernier, en 1936. Des 1934, il suit en sympathisant les manifestations du futur Front populaire. Au fil de ses pérégrinations, Willy Ronis rencontre Capa, Chim, Brassai, Kertész et Cartier-Bresson. Il commence à publier dans les hebdomadaires illustrés comme Regards et Vu. Membre de l’AEAR, il participe à ses expositions. Après-guerre, il rejoint l’agence Rapho et développe un œil qui en fait, avec Robert Doisneau un des principaux représentants de l’école humaniste. Il fait don de son fonds à l’Etat. Il est conservé à la Médiathèque de l’Architecture et du patrimoine ».

Emile Savitry (1903-1967)
« Né à Saigon, Emile Savitry fait ses études à Paris et entame une carrière de peintre. Il rencontre André Derain et Robert Desnos. Après un voyage en Polynésie en 1930, il se tourne vers la photographie, découvre Django Reinhardt, collabore avec la presse illustrée et photographie le Montparnasse des artistes. Il se lie avec les frères Prévert et le groupe Octobre, le comédien Raymond Bussières, le dessinateur Paul Grimault… En 1933, il participe à l’agence Rapho, de Charles Rado, aux côtés de Brassai et d’Ylla. En 1939, il réalise un reportage sur les refugiés espagnols franchissant la frontière, à Perpignan, après la chute de Barcelone ».

David Seymour dit Chim (1911-1956) 
« De son vrai nom David Szymin, Chim a émigré de Pologne à Paris en 1932. Il se met à la photographie en 1933 à l’instigation d’un ami de sa famille propriétaire de l’agence Photo Rap. Militant au sein de l’AEAR, il est engagé comme photographe par le magazine Regards. Il saisit l’ensemble des aspects du Front populaire et se lie d’amitié avec Robert Capa et Henri Cartier-Bresson avec lesquels, après guerre, il fondera l’agence Magnum-Photos. Parti couvrir la guerre d’Espagne pour Regards, sa notoriété naissante comme reporter de guerre est bien vite supplantée par celle de Capa. Le fonds est diffusé par l’agence Magnum Photos ».

Fred Stein (1909-1967)
« Né à Dresde, fils d’un rabbin, Fred Stein  arrive à Paris en 1933 avec pour seul bagage le Leica que sa femme a offert en cadeau de mariage à son mari photographe amateur. Il ouvre un studio, mais se dirige vers le photojournalisme et couvre les événements politiques et sociaux autour de la gauche puis du Front populaire. Il photographie le Paris populaire, publie dans Regards. Il participe à l’exposition de l’AEAR, expose, à partir de 1935, à la galerie de la Pleiade. Il tire le portrait sur le vif des intellectuels dans les réunions internationales antifascistes. Il réalise l’une des rares photographies disponibles d’André Friedmann (Robert Capa) avec Gerda Pohorylle (Gerda Taro) à la terrasse d’un café. En 1941, à Marseille, grâce au réseau de Varian Fry, il prend l’un des derniers bateaux pour New York ou il s’installe ».

LES AGENCES ET FONDS

Excelsior (1910-1939)
Le quotidien Excelsior, « pionnier dans l’utilisation de la photographie dans la presse, possédait une photothèque dont les images ont été accumulées au fil des années et ont été conservées jusqu’a ce jour. Le fonds d’Excelsior d’une grande qualité est détenu par le journal L’Équipe et diffusé par l’agence Roger-Viollet ».

Fondation Henri Cartier-Bresson
Date de création : 2003
« Créée selon la volonté d’Henri Cartier-Bresson, de son épouse Martine Franck et de leur fille Mélanie, la Fondation Henri Cartier-Bresson a ouvert ses portes en mai 2003. Elle conserve aujourd’hui les fonds d’Henri Cartier-Bresson et de Martine Franck  ».

Harlingue (1905-1960)
Directeur Albert Harlingue
Albert Harlingue « réalise des portraits et la reproduction de documents et d’œuvres d’art. Il documente par ses reportages l’actualité et son agence est l’une des toutes premières. Le fonds a été acheté par l’agence Roger-Viollet ».

Keystone
Date de création : 1927
Directeur : Alexandre Garai
« L’agence new-yorkaise crée des filiales a Londres, Berlin puis Paris. Entreprise familiale, la filiale française est tenue par l’un des dix frères Garai. L’agence très dynamique rentabilise ses photographies dans le monde entier. La plupart des responsables d’agences photographiques ont fait leurs classes chez Keystone. Rachetée plusieurs fois, l’agence ne produit plus et gère ses archives au sein du groupe Gamma Rapho Keystone ».

Knorr &Hirth, Scherl
Knorr &Hirth (maison de presse munichoise), Scherl (maison d’édition berlinoise) « commencent à subir des menaces de la part du parti nazi à partir de 1933. Plusieurs membres sont arrêtés. En 1935 Knorr & Hirth est acheté par la maison d’édition nazie Franz Eher Verlag. En 1956, l’agence photo Suddeutsche Verlag Bilderdienst acheté Knorr & Hirth et reconstruit sa maison dans le centre de Munich. Elle acheté alors beaucoup d'archives de Scherl. Les photographies de l’agence Suddeutsche Verlag sont diffusées en France par l’agence photo Rue des archives ».

LAPI

Les actualités photographiques internationales
(1938-1960)
Directeur : Robert Delhay
André Roumanes et Pierre Hermans « créent la première coopérative ouvrière de photographes : Les Photographes associés. Après les grèves de 1936, beaucoup de photographes sont licenciés. Avec Robert Delhay, qui était délégué du personnel de l’agence SAFRA, ils se regroupent autour des photographes associés. La coopérative change de nom pour s’appeler LAPI. Elle collabore avec les Allemands pendant toute la guerre, mais n’en poursuivra pas moins ses activités. Le fonds est acheté par l’agence Roger-Viollet ».

Magnum Photos
Date de création : 1947
La « coopérative est fondée à New York, par Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, David Seymour, George Rodger et William Vandivert ; des photographes indépendants qui n’ont pas trouvé d’agence à leur convenance. Rita Vandivert participe également à l’aventure. Deux bureaux sont ouverts, l’un à New York, l’autre à Paris. Maria Eisner dirige le bureau de Paris. L’orientation insufflée par Capa et son charisme sont déterminants. L’agence est dirigée par les photographes qui conservent leurs droits sur les photographies, ce qui n’est pas courant à l’époque ».

Henri Manuel (1900-1940)
En 1900, le photographe Henri Manuel « fonde une maison de photographie d’art pour le portrait. En 1910, il crée un service de presse charge de commercialiser ses portraits et ses premiers reportages. En 1925, il loue un immeuble complet au 27, rue du Faubourg Montmartre. Si Henri Manuel signe les portraits des principales personnalités, l’agence Henri Manuel compte de nombreux photographes pour répondre aux importantes commandes institutionnelles que Manuel obtient en raison de ses relations avec la classe politique. Son agence est occupée pendant les grèves de 1936. Manuel licencie puis réintègre son principal collaborateur Louis Silvestre qui s’emparera de son affaire considérée comme bien juif, en 1941. Les photographies de Léon Blum, George Mandel et Jean Zay seront alors fournies par Silvestre pour les expositions Le juif et la France (1941), Le Bolchévisme contre l’Europe (1942) ».

LES AGENCES ET FONDS

Photo Rap
(1924-1940)
Directeur : David Rapoport
L’Ukrainien David Rapoport « émigre définitivement en France juste avant la Première Guerre mondiale. Journaliste, reporter, il est correspondant du Jewish Herald de New York. A la dissolution de l’organisation d’émigration juive, il fonde, avec Hermann, en 1924, l’agence Photo Rap. Il crée, avec deux amis, un journal franco-américain en yiddish, Pariser Haint. A la déclaration de la guerre en juin 1940, il ferme l’agence, et confie son fonds à l’agence Roger-Viollet. Personnalité très active dans l’accueil en France des immigrants juifs de Russie, Pologne puis d’Allemagne, il sera arrêté, déporté » et sera tué à Auschwitz .

Roger-Viollet
Date de création : 1938
Directeurs : Helene Roger-Viollet et Jean-Victor Fischer
« Photographes, ils sont parmi les premiers à couvrir les débuts de la guerre d’Espagne. En 1938, le couple fonde, rue de Seine, La Documentation photographique générale Roger-Viollet. A une époque ou personne ne s’intéresse aux photographies comme archives, ils récupèrent et sauvent de nombreux fonds dont personne ne veut s’encombrer. Apres la guerre, ils achèteront les fonds Gaston Paris, Boris Lipnitzki, Lapi… »

SAFRA (Meurisse-Mondial-Rol)
Service des agences françaises de reportage associées (1937-1940)
Directeurs : André Glattli et Paul Dubray
« SAFRA réunit trois agences : Rol créée en 1911, Meurisse en 1932 et Mondial Photo Presse. En 1941, l’agence devient SAFARA, nom sous lequel elle diffuse l’ensemble de la production. Leurs archives, sur plaque de verre pour l’essentiel, rassemblent une grande partie de la production d’informations photographiques françaises de l’époque. La Bibliothèque nationale a acheté le fonds en 1961 ».

Du 9 avril au 31 décembre 2016
Au Musée de l’histoire vivante 
Parc Montreau
31, Boulevard Théophile Sueur. 93100 Montreuil
Tel. : 01 48 54 32 44 / 01 48 54 36 08
Mercredi / jeudi / vendredi de 14 h à 17 h. Samedi / dimanche de 14 h à 17 h 30. Fermeture annuelle : mois d’août

Jusqu'au 23 juillet 2016
Salle Saint-Jean
5, rue de Lobau. 75004 Paris
Du lundi au samedi de 10 h à 18 h 30

Visuels :
Affiche
FRANCE. Paris. Place de la Bastille. Manifestation du Front populaire, 14 juillet 1936.
© Robert Capa / International Center of Photography / Magnum Photos

Manifestation du 14 juillet de la Bastille à Vincennes.
1935.
Photographie de Fred Stein
© fredstein.com

Le document, janvier 1936, coll. mhv.
De gauche à droite : Marcel Cahin (PCF, directeur de l'Humanité), Léon Blum (SFIO), Édouard Daladier (parti radical).

Carte postale, grève générale du 12 février 1936, coll. mhv.

Madrid, ouvrage édité par la Généralitat de Catalogne, Barcelone, 1937, coll. mhv.
La couverture est un montage reprenant une photographie de Chim.

Photographie, commémoration de la Commune de 1871 au Père Lachaise le 28 mai 1936, coll. mhv.
Au centre ; Maurice Thorez (PCF) et Léon Blum (SFIO).

Vu, 10 juin 1936, coll. mhv.
Une gréviste embrasse son enfant à travers les grilles de son usine.

Vue générale des pavillons soviétiques et nazis se faisant face lors de l'exposition universelle de 1937, photographie, 1937, coll. mhv.

Grève de la maison Michel et Chappat du 3 juin au 15 juin 1936 (inscription au dos). Photographie anonyme, 17x12 cm, coll. RADAR. Détail.

Photographie de l'agence NYT, 18x13cm, coll. RADAR.
Alger, 14 juillet 1936, manifestation célébrant la victoire du Front populaire. Algériennes et Algériens participent au cortège.

Association Camping et Culture. La baignade. 1936-1938.
Photographie de Marcel Cerf (1911-2010).
Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
© Marcel Cerf / BHVP / Roger-Viollet

Lucienne sur la grille de l’auberge. Auberge de jeunesse de Villeneuve-sur-Auvers, 1937.
© Pierre Jamet
© Collection Corinne Jamet

Articles sur ce blog concernant :
Les citations proviennent des communiqués et dossiers de presse des expositions.

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