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mercredi 6 juillet 2016

Árpád Szenes (1897-1985), peintre

La galerie Le Minotaure  et la galerie Alain Le Gaillard  on présenté l’exposition Artistes hongrois après-guerre à Paris rassemblant des œuvres abstraites. Parmi ces artistes : Árpád Szenes  (1897-1985), peintre Juif français d’origine hongroise et membre de la nouvelle Ecole de Paris. Le musée du Luxembourg propose l'exposition Chefs-d'oeuvre de Budapest. Dürer, Greco, Tiepolo, Manet, Rippl-Rónai....

« Mon départ, mon point de départ était un certain réalisme, mais j'ai toujours cherché la plastique, la pureté. L'épuration m'a mené peut-être plus loin que je ne voulais. On m'a décrété abstrait », a déclaré le peintre Arpad Szenes (1897-1985).
Árpád Szenes  est né à Budapest alors dans l’empire austro-hongrois, dans une famille Juive d’intellectuels et d’artistes : « Un des mes oncles était compositeur et musicien, un cousin et ses enfants faisaient de la sculpture, un autre était metteur en scène et directeur d'un théâtre moderne, ami de Piscator et de Reinhardt. A Budapest, dès mon enfance j'ai connu des artistes ».

Árpád Szenes étudie à l’Académie libre de cette ville. L’un de ses professeurs est Jósef Rippl Rónai, fondateur du Cercle des impressionnistes et naturalistes hongrois, ancien nabi qui a connu Matisse, Maillol, Bonnard, Vuillard.

Après sa première exposition au musée Ernst à Budapest en 1922, Árpád Szenes voyage en Europe en 1924-1925.

En 1928, à l'Académie de la Grande Chaumière (Paris), Árpád Szenes rencontre sa future femme, la peintre Marie-Hélène Vieira da Silva (1908-1992).

En 1930, le couple s’installe à la Villa des Camélias, à Paris. Szenes rencontre à l’Atelier 17 Max Ernst, Victor Brauner, Anton Prinner…

En 1931, il fréquente aussi les Surréalistes du groupe de jeunes communistes « les Amis du Monde » dirigé par Barbusse.

Il vit à Lisbonne en 1935-36, avant de revenir à Paris. Il se lie avec Pascin, Kokoschka, Giacometti, Calder, Lipchitz

En 1937, avec Jean Lurçat, il décore le secteur « Pour la paix » de l'Exposition Internationale de Paris.

Devant la montée des périls et la situation de la Hongrie par rapport à l’Allemagne nazie, il choisit de se réfugier au Portugal en 1939, puis en 1940, au Brésil.

En 1942, Heitor Grillo, mari de la poétesse Cecilia Mereilles et directeur de l'Université Rurale, commande à Árpád Szenes quinze portraits de savants dont les découvertes ont bouleversé l'agriculture.

En 1944, Árpád Szenes  enseigne, ouvre un atelier de peinture et expose ses œuvres. Il illustre des poèmes de Murillo Mendes et la traduction de Chant de l'Amour et de la Mort du cornette Christophe Rilke faite par Cecilia Mereilles. Il expose à l'Institut des Architectes Brésiliens et donne aussi une conférence sur la fonction de l'Art. Il participe également à l'exposition organisée à Londres et Paris par l’UNESCO  (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture) au bénéfice de la R.A.F.  (Royal Air Force).

En 1947, le couple revient à Paris.

Árpád Szenes travaille dans les années 1940 et 1950 sur le thème des « Banquets », puis du paysage et de l’espace.

En 1956, il est naturalisé français.

Árpád Szenes se concentre progressivement sur le paysage et l’espace.

Dès les années 1970, les rétrospectives sont consacrées à cet artiste : première rétrospective de l'œuvre d'Árpád Szenes organisée par l'Inspection des musées de province du Louvre (1970), puis à la Fondation Calouste Gulbenkian à Lisbonne (1972), au Musée d'Art Moderne de la Ville (1974), à la Magyar Nemzeti Galeria à Budapest (1977).

Les premiers symptômes de la maladie de Parkinson sont alors diagnostiqués chez ce peintre.

En 1978, la France achète sa Composition (L’atelier).

A Lisbonne, la Fondation Árpád Szenes-Vieira da Silva  est chargée d’étudier et d’exposer le travail de ce couple d’artistes, ainsi que celui d’artistes contemporains.

Longtemps méconnu, le peintre Árpád Szenes a bénéficié d’un double hommage en 2006. La galerie Jeanne-Bucher  a alors montré une sélection de ses peintures, gouaches et dessins : c’était la première exposition  - « Eloge de l’étendue  » - depuis la rétrospective d'Árpád Szenes organisée à de l'Hôtel de Ville de Paris en 2000. Et les éditions Skira ont publié le « Catalogue raisonné des dessins et des peintures d’Árpád Szenes », par Chiara Calzetta Jaeger (2 tomes). La galerie a ainsi présenté ces œuvres : « Ses grandes toiles horizontales, ou encore, tout en hauteur, sont plus encore que des paysages ; elles évoquent « un pays qui serait celui de l’Etendue ». Elles éveillent en nous une réflexion d’ordre métaphysique. On va de l’en-deçà à l’au-delà. Du sentiment d’une vie sous-jacente à l’idée de l’infini. Ces toiles possèdent également un destin : celui d’accueillir la lumière. Ce qu’Árpád Szenes appelle la transparence ».

Le point commun de ces œuvres, figuratives et tendant à l’abstraction : la légèreté, cette sensation d’infini suggéré qui se dégage de couleurs souvent claires, douces, harmonieuses et apaisantes, cette évocation sensible d’« un pays qui serait celui de l’Etendue ».

Jusqu’au 30 mars 2013
A la galerie Le Minotaure
 
2, rue des Beaux-arts. 75006 Paris
Tél. : 01 43 54 62 93
Du mardi au samedi de 10 h 30 à 13 h et de 14 h à 18 h 30
Et à la galerie Alain Le Gaillard
19, rue Mazarine. 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 25 35
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 Cet article a été publié en une version concise dans L’Arche, et sur ce blog le 12 mars 2013.

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