Karl Wolffsohn (1881-1957) était un éditeur et exploitant de cinéma juif allemand. Ce pionnier a dirigé de magnifiques salles de cinéma : Lichtburg à Essen, Atlantic à Berlin. Spolié par les Nazis, il se réfugie en Palestine mandataire. En 1949, il retourne en Allemagne de l’Ouest (RFA) où il débute un long combat judiciaire pour récupérer, généralement en vain, ses biens ou recevoir une indemnisation juste. Arte diffuse sur son site Internet, dans le cadre de la série documentaire « Les plus beaux cinémas d'Europe » « Lichtburg, Essen » d’Axel Fuhrmann.
L’Austrasie, un royaume mérovingien oublié
« Les chevaliers Teutoniques » de Krzysztof Talczewski
« Un âge de fer - La Guerre de Trente Ans » par Philippe Bérenger et Henrike Sandner
« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé
« Les chevaliers Teutoniques » de Krzysztof Talczewski
« Un âge de fer - La Guerre de Trente Ans » par Philippe Bérenger et Henrike Sandner
« Frédéric II - La splendeur du Saint-Empire » par Markus Augé
« Les dessous des accords de Munich » de Christine Rütten
« Le pacte Hitler-Staline » par Cédric Tourbe
« Le pacte Hitler-Staline » par Cédric Tourbe
« Été 39 » par Mathias Haentjes et Nina Koshofer
« Drôle de guerre » par Cédric Gruat
« Pologne 1939 - La métamorphose des soldats en criminels de guerre » par Alexander Hogh et Jean-Christoph Caron
« Drôle de guerre » par Cédric Gruat
« Pologne 1939 - La métamorphose des soldats en criminels de guerre » par Alexander Hogh et Jean-Christoph Caron
« War Story, 1995-1996 » de Mikael Levin
« 1945. L'ouverture des camps en Allemagne », par Serge Viallet
« Images de la libération des camps. Chronique d’un film inachevé », par André Singer
Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946)
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot
Cinéma et Shoah, de l’affiche au dossier de presse
« 1945. L'ouverture des camps en Allemagne », par Serge Viallet
« Images de la libération des camps. Chronique d’un film inachevé », par André Singer
Filmer la guerre : les Soviétiques face à la Shoah (1941-1946)
« Shoah, les oubliés de l’histoire », par Véronique Lagoarde-Ségot
Cinéma et Shoah, de l’affiche au dossier de presse
Albert Göring (1895-1966)
« Magda Goebbels, la première dame du IIIe Reich » d’Antoine Vitkine« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan
« Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand » de Alexander Lück et Daniel Finkernage
Tournages Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939
« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan « Magda Goebbels, la première dame du IIIe Reich » d’Antoine Vitkine« Descendants de nazis. L’héritage infernal » de Marie-Pierre Raimbault et Michael Grynszpan
« Les studios Babelsberg ou le Hollywood allemand » de Alexander Lück et Daniel Finkernage
Tournages Paris-Berlin-Hollywood 1910-1939
« L’affaire Klimt » de Jane Chablani et Martin Smith
« Leeuwarden - Georges-Arthur Goldschmidt – Enquête sur un tableau »
« Leeuwarden - Georges-Arthur Goldschmidt – Enquête sur un tableau »
Karl Wolffsohn (1881-1957) était né à Wollstein (Rhénanie-Palatinat), dans une famille juive allemande d'imprimeurs. Il apprend le métier d'imprimeur dans l'entreprise familiale et à la maison d'édition Ullstein.
En 1908, Karl Wolffsohn fonda à Berlin Lichtbild-Bühne, qui deviendra la deuxième plus importante revue cinématographique allemande. En 1940, sous la pression des nazis, cette revue a été contrainte de fusionner avec Film-Kurier.
En 1919, Karl Wolffsohn devint cofondateur et copropriétaire (10 %) des théâtres de variétés Scala et Plaza à Berlin. "Soutenu par l'actionnaire minoritaire Ullstein, il a également loué des cinémas à Essen, Berlin, Cologne et Düsseldorf, ainsi qu'un théâtre de variétés à Dortmund. Les théâtres de variétés Scala et Plaza sont devenus des symboles d’une société en pleine modernisation."
Dès 1928, il dirigea le cinéma Lichtburg à Essen. Ce cinéma a été construit en 1929 selon un projet de l'architecte juif allemand Rudolf Fränkel (1901-1974) à proximité immédiate de la gare de Berlin Gesundbrunnen (sur la Behmstraße entre la Badstraße et la Heidebrinker Straße).
"Avec la complicité de dirigeants déloyaux, l’« aryanisation » de la société juive de Karl Wolffsohn a été menée entre 1933 et 1935 par les banques créancières, la Dresdner Bank et la Deutsche Unionbank."
Karl Wolffsohn a été contraint de vendre le Lichtburg en 1934, sous la pression du parti nazi, à la société cinématographique Ufa, alors semi-publique, pour un dixième de sa valeur, dans le cadre du processus d'aryanisation. Dès 1931, Karl Wolffsohn dirigea également le cinéma Lichtburg à Berlin, qui fut lui aussi aryanisé en 1939.
En 1937, avec l'aide d'investisseurs américains, Karl Wolffsohn a acheté secrètement à Berlin Gartenstadt Atlantic (cité-jardin Atlantic), comprenant la salle cinéma éponyme. Il put initialement continuer à exploiter son cinéma. Ce cinéma fut restauré entre 2001 et 2005 par son petit-fils, Michael Wolffsohn.
D'août 1938 à mars 1939, accusé de tirer profit de son « aryanisation », Karl Wolffsohn a été emprisonné. Peu après sa libération, il fuit l'Allemagne avec son épouse Recha (1886-1972) et se réfugie en Palestine mandataire, où leur fils Willy (plus tard Seew) habitait : il y cultivait la terre depuis 1936.
En décembre 1949, Karl Wolffsohn est retourné en République fédérale d’Allemagne (RFA) pour récupérer les biens dont il avait été spolié par les nazis. Une longue bataille judiciaire a duré jusqu'en 1962. Aucune compensation pour le cinéma Lichtburg d'Essen, vendu sous la contrainte, ne lui a été allouée. Karl Wolffsohn est mort à Berlin en 1957. Son fils Max Wolffsohn (1919-2000) a mis un terme à ce long combat judiciaire.
Le 13 décembre 2023, une plaque commémorative a été dévoilée à l‘ancienne résidence de Karl Wolffsohn, sur les rives du lac Stölpchen à Berlin-Wannsee.
Le 6 octobre 2026, des Stolpersteine ont été posées pour Karl Wolffsohn et son épouse devant leur ancien domicile à Berlin-Charlottenburg, Sybelstraße 67.
Divers hommages ont été rendus à Karl Wolffsohn : stèle dans la Behmstrasse à Berlin-Gesundbrunnen, la sculpture Fantôme du Lichtburg de Benita Braun-Feldweg et Matthias Muffert dans la Behmstraße à Berlin-Gesundbrunnen, la plaque commémorative sur la Friedrichstrasse à Berlin-Kreuzberg, celle sur la Franz-Mehring-Platz à Berlin-Friedrichshain, celle au pont Hubertus à Berlin-Wannsee.
Petit-fils de Karl Wolffsohn, Michael Wolffsohn est professeur d'histoire moderne, politologue, écrivain, journaliste et essayiste. Né à Tel Aviv en 1947, il s'installe avec ses parents à Berlin-Ouest en 1954. De 1967 à 1970, il effectue son service militaire dans l'armée israélienne. Il étudie l'histoire, les sciences politiques et l'économie à Berlin, Tel Aviv et New York. De 1981 à 2012, il enseigne l'histoire moderne à l'Université des forces armées allemandes de Munich et donne des conférences dans de prestigieuses universités d'Europe, des États-Unis, d'Amérique latine, d'Israël, de Taïwan, de Hong Kong et de Thaïlande.
Il "est l'un des plus grands spécialistes allemands des relations internationales, du Moyen-Orient et des conflits régionaux, des affaires militaires, de l'histoire et de la politique allemandes, des liens entre religion et politique, et enfin, des dimensions historiques, politiques, économiques, religieuses et culturelles des relations germano-juives-israéliennes. En 2017, il a été nommé Professeur d'université de l'année par l'association professionnelle Deutscher Hochschulverband. Il est l'auteur de plus de 30 ouvrages, dont "Deutschjüdische Glückskinder: Eine Weltgeschichte meiner Familie" ("Enfants chanceux germano-juifs : une histoire mondiale de ma famille"), et de 140 articles scientifiques. Depuis 2000, il est le « Père spirituel » et artisan du projet de rénovation urbaine « Microcosm Gartenstadt Atlantic » à Berlin, un projet d'intégration culturelle germano-turque/musulmane-juive."
"Le magazine culturel Westart @WDR diffuse un documentaire télévisé de 30 minutes sur le légendaire cinéma d’Essen #Lichtburg et parvient à ne pas dire un seul mot du locataire et exploitant juif de 1931 à 1933/34, Karl Wolffsohn."
"Westart a proposé un bref aperçu de l'histoire du Lichtburg, de son ouverture en 1928 à nos jours. Dans ce contexte, il aurait certainement été du devoir des producteurs de mentionner au moins, en quelques phrases, la contribution de Karl Wolffsohn au cinéma du Lichtburg et à l'« aryanisation » de ce cinéma. Interrogée, la rédaction de WDR a indiqué avoir décidé de ne pas évoquer Karl Wolffsohn dans un aperçu historique aussi bref. Franchement, il aurait été préférable de supprimer purement et simplement la section consacrée à l'histoire du Lichtburg. Pour Michael Wolffsohn, une chose est sûre : « Les producteurs de l'émission, censés être si versés dans l'histoire, ignorent complètement le sort du propriétaire juif – un scandale, surtout dans un documentaire de 30 minutes où il y aurait eu largement le temps. » D'après Michael Wolffsohn, il ne s'agit malheureusement pas d'un cas isolé : « Dans les articles de presse consacrés au cinéma de mon grand-père, lui, son œuvre et l'énorme vol de ses biens ne sont, au mieux, mentionnés qu'en passant. » En réalité, les années 1933 à 1945 ont été résumées dans le film de WDR par une seule phrase : « Les nazis font des films de propagande, la guerre détruit tout. » Une phrase aussi brève est, à tout le moins, trompeuse."
« Lichtburg, Essen »
La série documentaire « Les plus beaux cinémas d'Europe » offre un « zoom sur des cinémas dont l’architecture témoigne de l’atmosphère et du faste des premières années du septième art. »
Dans ce cadre, Arte diffuse sur son site Internet « Lichtburg, Essen », documentaire d’Axel Fuhrmann.
« Zoom sur des cinémas dont l’architecture témoigne du faste des premières années du septième art. »
« Construit en 1928 dans le style de la Nouvelle Objectivité, le Lichtburg d’Essen, en Allemagne, se retrouve en piteux état à la fin des années 1990. »
"À l'entrée du cinéma du centre-ville d'Essen, une inscription bien visible indique clairement ce qui suit : « Depuis 1931, l'éditeur berlinois et pionnier du journalisme cinématographique, Karl Wolffsohn, était le locataire et l'exploitant de ce grand cinéma. Persécuté en tant que Juif, Karl Wolffsohn fut contraint par le parti nazi de vendre son entreprise cinématographique à la société de production semi-publique UFA en 1933/34. »
"Le mercredi 13 décembre à 14h, une stèle historique régionale a été dévoilée au public à l'angle de Stölpchenweg et de Kohlhasenbrücker Straße. Cette stèle commémore le pionnier du cinéma Karl Wolffsohn et la perte de sa propriété au bord du lac de Stölpchen. Elle a été conçue par Karin Rosenberg. Parmi les intervenants : Cornelia Seibeld, présidente de la Chambre des représentants de Berlin ; Cerstin Richter-Kotowski, adjointe au maire et conseillère d'arrondissement chargée de l'éducation, de la culture et des sports ; et le petit-fils de Karl Wolffsohn, le professeur Michael Wolffsohn."
"Sur la rive sud-est du lac de Stölpchen, juste à côté de l’actuel canal de Griebnitz, Karl Wolffsohn (1881-1957) vécut avec sa famille de 1924 à 1938. Figure emblématique du cinéma et du divertissement allemands, il fut cofondateur et, à partir de 1937, unique propriétaire du complexe résidentiel Gartenstadt Atlantic, aujourd’hui classé monument historique, qui abritait notamment le grand cinéma « Lichtburg » à Berlin-Gesundbrunnen. En 1924, Karl Wolffsohn loua cette propriété d’environ 7 500 m², comprenant une villa, une maison de jardinier et un bungalow. C’est là, à proximité immédiate des studios de cinéma de Babelsberg, que le monde du cinéma de l’époque se réunissait chez Karl et Recha Wolffsohn (1887-1972).
En août 1938, Karl Wolffsohn fut placé sous la protection de la Gestapo. Il avait refusé que la cité-jardin de l'Atlantique et le cinéma Lichtburg soient « aryanisés ». Durant sa détention, il fut finalement contraint d'accepter l'expropriation de ses biens et fut libéré en février 1939. En mars 1939, il s'enfuit en Palestine sous mandat britannique, perdant ainsi toute sa fortune, y compris son domaine au bord du lac Stölpchen.
Afin d'empêcher que leurs biens volés ne tombent entre les mains de profiteurs nazis, Karl et Recha Wolffsohn rentrèrent d'Israël en Allemagne en 1949, malgré tout. Pour Karl Wolffsohn, ce fut le début d'une longue et vaine lutte pour obtenir réparation. Le domaine de Stölpchensee, partiellement détruit par l'Armée rouge et en ruine, lui fut restitué en 1954. Cependant, deux ans plus tard seulement, le district de Zehlendorf refusa à Max Wolffsohn l'autorisation d'entreprendre les travaux nécessaires sur la propriété, arguant qu'aucun plan d'aménagement global n'avait encore été établi et que le terrain se situait dans un espace vert public en projet. Après près de dix ans de négociations infructueuses, Max Wolffsohn n'eut d'autre choix, en 1965, que de vendre la propriété au district. Ce dernier ne créa jamais d'espace vert public à Stölpchensee."
(Extrait du texte de la stèle de Thomas Brechenmacher)
"Editeur juif de la revue professionnelle du cinéma « Lichtbild-Bühne » (LBB) et entrepreneur du cinéma, s'est engagé, des années 1910 jusqu'à la fin de la République de Weimar, à transformer l'industrie cinématographique allemande, initialement modeste, en une industrie cinématographique internationalement compétitive qui a acquis une renommée mondiale grâce à des productions artistiquement précieuses.
Né le 16 mai 1881 à Wollstein (Wolsztyn, Pologne), Karl Wolffsohn apprit le métier d'imprimeur dans l'atelier de son père et à la maison d'édition Ullstein à Berlin. De 1901 à 1905, il dirigea l'imprimerie de livres et d'art Gebr. Wolffsohn, située au 38, Naunynstraße à Kreuzberg, d'abord avec son frère Willy (1875-1914), puis seul. En 1908, ses frères Jacob (1880-1915) et Max (1885-1919) fondèrent Gebr. Wolffsohn GmbH, une entreprise d'imprimerie et d'édition, au 17, Michaelkirchstraße, et nommèrent Karl directeur général.
Après le décès de Jacob et Max, Karl Wolffsohn continua de diriger avec succès Gebr. Wolffsohn GmbH seul, sous la République de Weimar. En 1924, il obtint une participation minoritaire du groupe Ullstein et développa la petite entreprise familiale en une société de taille moyenne. Sa maison d'édition, située au 225 de la Friedrichstrasse et dotée d'une imprimerie, d'un atelier de reliure et d'une fabrique de plaques d'impression, employait environ 150 personnes en 1931. Wolffsohn publiait également des ouvrages spécialisés sur le cinéma, notamment les ouvrages de référence « Reichs-Kino-Adreßbuch » (Annuaire national du cinéma) et « Jahrbuch der Filmindustrie » (Annuaire de l'industrie cinématographique). Wolffsohn se considérait comme un entrepreneur au sens le plus strict du terme. Il investit dans les théâtres de variétés Scala et Plaza à Berlin, qui ouvrirent respectivement en 1919 et 1929, et à partir de 1929, il exploita les cinémas « Lichtburg » nouvellement construits à Essen et à Berlin, chacun comptant 2 000 places, en plus de trois cinémas de taille moyenne à Cologne et à Düsseldorf.
Dès le début de la dictature nazie, Wolffsohn résista avec vigueur, mais en vain, au transfert forcé de ses importants biens commerciaux et personnels à des profiteurs non juifs. Après un exil en Palestine de 1939 à 1949, il vécut de nouveau à Berlin."
(Extrait du texte de la stèle par Ulrich Döge)
« Lichtburg, Essen » d’Axel Fuhrmann
Allemagne, 2025, 27 min
Production : DokFabrik, en association avec SR/ARTE
Sur Arte le 26 mai 2026 à 04 h 20
Sur arte.tv du 01/05/2026 au 29/07/2026
Articles sur ce blog concernant :
Les citations sur le film proviennent d'Arte.












Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire