Citations

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« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Ne demande jamais ton chemin à quelqu'un qui le connaît, car tu ne pourrais pas t'égarer ! » (Nahman de Bratslav)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

samedi 24 octobre 2026

L'université Harvard

Fondée en 1636, la prestigieuse université américaine Harvard fait partie de la Ivy League. Pour lutter contre certaines méthodes contestées de cet établissement privé d'enseignement supérieur réputé, l'administration du Président républicain Donald Trump a mis un terme aux subventions étatiques. L'inaction d'Harvard dans la lutte contre l'antisémitisme sur son campus a amené sa Présidente, Claudine Gay à démissionner en 2024. Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.


L'université Harvard a été fondée le 8 septembre 1636 et a pris son nom deux années plus tard en hommage à John Harvard, jeune pasteur puritain de Charlestown; donateur de sa bibliothèque et de la moitié de ses biens à l'institution. Elle a pris son essor au XIXe siècle.

C'est l'établissement d'enseignement supérieur américain le plus ancien. Comme le Massachusetts Institute of Technology (MIT), Harvard est située à Cambridge, près de Boston (Massachusetts), donc sur la côte Est des Etats-Unis. 

Le blason de cet établissement prestigieux privé montre une couronne de feuilles de lauriers et un ruban blanc au nom de Harvard entourant un écusson rouge. Sur ce bouclier écarlate, trois livres ouverts sont disposés : sur ceux du haut les lettres "VE" et "RI", et sur celui du bas "TAS", soit "VERITAS" (vérité, en latin).  

Très sélective - 3,6 % en 2024 -, dotée d'un budget important et d'un corps professoral - près de 2500 enseignants - réputé, Harvard figure en tête de la liste des meilleures universités mondiales du classement de Shanghai. Des ressortissants de plus de 130 nationalités y travaillent ou y étudient.

Harvard fait partie de la Ivy League (
(« Ivy », lierre en américain), groupe informel des huit universités américaines les plus influentes et d'excellence, toutes situées sur la côte Est : Brown (Providence, Rhode Island), Columbia (New York, New York), Cornell (Ithaca, New York), Dartmouth (Hanover, New Hampshire), Penn / Université de Pennsylvanie (Philadelphie, Pennsylvanie), Princeton (Princeton, New Jersey) et Yale (New Haven, Connecticut).

Harvard accueille, dans ses neuf facultés (faculties) environ 6 700 étudiants de premier cycle (undergraduate, en américain) et plus de 12 400 étudiants de cycle supérieur (graduate en américain). Les alumni, anciens diplômés, renforcent par leur situation socio-professionnelle la réputation d'Harvard et sont de généreux donateurs. Citons par ces alumni : John Adams, George W. Bush, John Fitzgerald Kennedy, Barack Hussein Obama, Theodore Roosevelt et Franklin Delano Roosevelt, anciens Présidents des États-Unis, Bill Gates, fondateur de Microsoft, et  Mark Zuckerberg, PDG de Meta, Terrence Malick, réalisateur, et Natalie Portman, actrice et productrice.

"Ont enseigné ou étudié à Harvard 160 prix Nobel, 18 médaillés Fields, 14 prix Turing, 10 récompensés aux Oscars, 48 prix Pulitzer et 108 médailles olympiques (dont 46 médailles d'or), 8 Présidents américains, 30 dirigeants mondiaux, 188 milliardaires, 369 boursiers Rhodes et 252 boursiers Marshall."

Le 5 juin 1947, le Secrétaire d'État George Marshall a prononcé son célèbre discours annonçant le Programme de rétablissement européen (European Recovery Program ou ERP), dénommé aussi « plan Marshall ».

Radical Harvard
Daniel Pipes, expert en géopolitique, se souvient dans "Soulèvement communiste à Harvard : 50 ans après. L'événement qui marqua l'éveil de ma conscience politique" (National Review Online, 9 avril 2019) : 
"Ce 9 avril correspond à l'éveil, il y a 50 ans, de ma conscience politique. Les événements du 9 avril 1969 ont contribué à faire de moi ce que je suis et à faire de l'université ce qu'elle est.
J'étais en deuxième année d'université quand, ce jour-là, mes compagnons de route de Harvard décidèrent que la situation politique du moment, notamment la guerre au Vietnam et la présence d'un programme d'entraînement militaire sur le campus, les contraignait à prendre le contrôle du bâtiment administratif principal appelé Hall de l'université...
La révolution n'advint pas. À trois heures du matin, environ 400 agents de police investirent le Hall de l'université, rappelant aux 500 étudiants qui s'y trouvaient qui était vraiment le patron à savoir, le président de Harvard. Lâchant la bride à une colère prolétarienne quelque peu légitime à l'encontre d'étudiants radicaux choyés, les « cochons », c'est le sobriquet dont on les avait affublés, frappèrent honteusement et emmenèrent de force en prison les révolutionnaires improvisés...
C'est alors qu'éclata la véritable crise. Pour des raisons qui m'échappent toujours après un demi-siècle, un consensus parmi les sages de Harvard se fit sur l'idée que les étudiants étaient en droit d'exagérer dans leur ferveur idéaliste mais que les autorités administratives de l'université péchaient gravement en appelant la police. Ce n'est pas « l'occupation » mais bien le « coup de force » qui devint la question centrale.
Cet événement et d'autres faits semblables à travers le pays provoquèrent un changement profond dans la nature même de l'enseignement supérieur aux États-Unis. Ce qui avait été une institution libérale depuis la Première Guerre mondiale (on se rappelle la boutade lancée en 1961 par William F. Buckley Jr : « Je préférerais être gouverné par les 2000 premières personnes de l'annuaire téléphonique que par les facultés universitaires de Harvard ») commençait désormais à s'enliser dans le radicalisme.
Ensuite, les soi-disant révolutionnaires de la fin des années 1960 modifièrent les fondements de la vie académique américaine dans laquelle ils introduisirent leurs spécialités telles que l'étude de la condition féminine, le politiquement correct, les micro-agressions et l'intersectionnalité. Cet enlisement se poursuit aujourd'hui encore non seulement en raison de la présence quasi-hégémonique des extrémistes de gauche dans les sciences humaines et sociales, mais aussi en raison de l'intensité croissante de leur radicalisme et de leur intolérance."

Antisémitisme
"En 2020, l’auteur américain Raymond Ibrahim a publié un rapport montrant que le Qatar avait investi 5,6 milliards de dollars dans 81 universités américaines depuis 2007, dont Harvard, Yale, Cornell et Stanford. Ibrahim a en outre montré que le Qatar utilisait son influence dans les écoles pour promouvoir les études islamiques et pour supprimer spécifiquement l’étude d’autres minorités du Moyen-Orient, notamment les chrétiens, les juifs, les bahaïs, les yézidis, les Kurdes et les Druzes". Le Qatar abrite des dirigeants du Hamas, mouvement lié aux Frères musulmans.

"L’étude qui avait été réalisée en 2022 par l’Institut d’études de l’antisémitisme et de la politique mondiale (ISGAP) affirmait qu’au fur et à mesure que les financements offerts par les pays du Moyen-Orient augmentaient – et qu’ils perdaient de la transparence aux yeux du public – certains campus connaissaient des phénomènes nouveaux, avec des campagnes visant à réduire au silence les universitaires, une érosion des valeurs démocratiques et une absence de riposte face aux attaques menées contre la liberté d’expression des étudiants. Utilisant des outils statistiques, les auteurs avaient supposé qu’il y avait une corrélation entre les établissements qui bénéficiaient d’un financement étranger et la présence, dans leur enceinte, d’une rhétorique antisémite ou anti-israélienne ou d’activités antisémites... Les liens tissés entre le Qatar et le milieu universitaire américain remontent aux années 1970 et 1980. Harvard  a reçu plus de huit millions de dollars de la part du Qatar depuis 2020".

Fondé en 1873, le journal estudiantin "The Harvard Crimson" a eu parmi ses rédacteurs, les Présidents démocrates Franklin D. Roosevelt et John F. Kennedy. Campus Reform a examiné 44 articles du "Crimson" consacrés à Israël et publiés entre le 16 avril 2018 et le 11 mai 2022. Cette analyse a révélé que "92 % des articles publiés durant ces quatre années concernant Israël présentaient un parti pris négatif. Environ 47 % des articles qualifient Israël d’État d’« apartheid ». Dix-neuf articles étaient des tribunes libres, dont environ 58 % étaient critiques envers Israël. 

Le 29 avril 2022, le comité de rédaction  du Crimson s'est déclaré  pro-Palestine et a annoncé son soutien au mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions (BDS). Le conseil a ouvertement admis que le Comité de solidarité avec la Palestine du Harvard College (PSC) avait « forcé » ses membres à « se confronter à ce que Human Rights Watch et Amnesty International ont qualifié de "crimes contre l'humanité" d'Israël ». Le conseil d'administration a ensuite renforcé son engagement envers « la mission et l'activisme du PSC » et a publiquement déclaré son soutien à une  exposition artistique  organisée par le PSC au cours du semestre de printemps et intitulée « Le Mur de la Résistance ». Le mur a été exposé lors de la « Semaine de l'apartheid israélien » annuelle du groupe et appelait à des actions du BDS. Cet éditorial du 29 avril 2022 a suscité de vives critiques. "

Le 4 mai 2022, Natalie Kahn, "rédactrice adjointe  du Crimson  et présidente de Harvard Hillel, a publié une  tribune  dans le journal intitulée « Je suis rédactrice au Crimson et je soutiens Israël ». Elle affirme que « le mouvement Boycott, Désinvestissement et Sanctions — massivement condamné par le Congrès dans une résolution de 2019 adoptée par 398 voix contre 17 — n’est pas seulement un boycott ; le BDS rejette totalement l’autodétermination juive. » Natalie Kahn s'en prend ensuite au comité de rédaction pour avoir « omis de condamner le terrorisme palestinien ou la  charte du Hamas  — le régime au  pouvoir élu à Gaza  en 2006 — qui appelle explicitement à l'anéantissement du peuple juif ».

"Alan Dershowitz, professeur émérite de droit à Harvard, a averti dans une lettre à l'éditeur du 6 mai 2022 que  la rhétorique du Crimson entraînerait une recrudescence du sentiment anti-israélien sur le campus, qualifiant l'article de « l'un des éditoriaux  les plus ignorants, discriminatoires et trompeurs   publiés par  le Crimson ». « Le mouvement BDS cible une nation parmi tant d'autres confrontées à de graves problèmes de droits de l'homme, à savoir l'État-nation du peuple juif ? C'est de l'antisémitisme », a-t-il écrit."

"Une  lettre  à la rédaction datée du 5 juin 2022 et signée par 24  anciens élèves de Harvard critique également la décision du conseil d'administration. Les signataires se disent « consternés par le soutien apporté par le comité de rédaction à un mouvement qui, hostile à un règlement de paix à deux États pour deux peuples et rejetant l'objectif d'un État palestinien aux côtés d'Israël et en paix avec lui, entraînerait l'éradication de l'État d'Israël sous toute forme acceptable pour la grande majorité de ses citoyens. Soutenir le BDS implique nécessairement de soutenir une entreprise sanglante et violente ».

"La rhétorique et les sentiments anti-israéliens sont un élément constant à Harvard, bien au-delà du  journal The  Crimson. En avril dernier, par exemple, Campus Reform a rapporté  que des étudiants juifs se sentaient en insécurité sur le campus en raison de la montée des sentiments anti-israéliens et antisémites. Zachary Lech, étudiant à Harvard, a déclaré à  Campus Reform : « Malheureusement, l’activisme anti-israélien est une caractéristique du campus de Harvard. »

"En février, l'association étudiante Harvard Out of Occupied Palestine (« HOOP »)  a manifesté contre  le général à la retraite des Forces de défense israéliennes, Amos Yadlin. Ce dernier était chercheur principal au Belfer Center de la Harvard Kennedy School durant le semestre de printemps. Une autre manifestation a tenté  de faire retirer le houmous Sabra du campus, car le produit serait « imprégné de haine ». Sabra appartient au groupe Strauss, un important fabricant de produits alimentaires israélien. HOOP a également  incité  les étudiants à boycotter le voyage d'études en Israël organisé par Harvard, qui comprend un séjour en Israël et en Cisjordanie pendant les vacances de printemps, et  a perturbé  une conférence en avril avec l'ambassadeur israélien Michael Hezrog".

"L'activisme anti-israélien était également bien présent sur le campus du Massachusetts en 2021. Selon le journal The Crimson, 89 associations étudiantes et 900 étudiants  ont signé  une déclaration condamnant « le recours à la force par Israël contre la Palestine » et exigeant que l'université « mette fin à sa complicité avec les politiques d'apartheid israéliennes ».

En novembre 2023, Joel Finkelstein, Sonia Yanovsky, Danit Finkelstein, Sean T. Stevens, Nathan Honeycutt, Pamela Paresky, Ayal Feinberg, Charles Asher Small et Lee Jussim ont publié "The Corruption of the American Mind: How Foreign Funding in U.S. Higher Education by Authoritarian Regimes, Widely Undisclosed, Predicts Erosion of Democratic Norms and Antisemitic Incidents on Campus" (La corruption de l'esprit américain : comment le financement étranger de l'enseignement supérieur américain par des régimes autoritaires, largement passé sous silence, laisse présager une érosion des normes démocratiques et une recrudescence des incidents antisémites sur les campus). L'étude "a révélé que 349 établissements d'enseignement supérieur avaient reçu près de 18 milliards de dollars provenant de sources étrangères entre 2014 et 2019. Il a été constaté que les financements étrangers — en particulier ceux provenant des pays membres de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) et des États autoritaires — étaient associés à des niveaux plus élevés d’antisémitisme et d’incidents antisionistes sur les campus. Une modélisation spatiale a été utilisée pour montrer que les incidents antisémites sur les campus sont associés aux incidents antisémites locaux dans tout le pays et permettent de les prévoir."

Au cours des dernières décennies, l'antisémitisme s'est accru sur les campus universitaires américains. 

Depuis l'agression djihadiste par des mouvements islamistes dont le Hamas le 7 octobre 2023 en Israël, l'activisme anti-israélien et pro-Hamas de mouvements (Students for Justice in Palestine, SJP fondée par Hatem Bazian) et d'étudiants souvent non-Américains et venant du monde musulman, le soft power notamment par des financements d'Etats Arabes, dont le Qatar, visant l'islamisation en particulier par la dawa (prédication) et l'amélioration de l'image de certains pays Arabes, l'intersectionnalité des luttes, le wokisme... contribuent à l'alimenter. 

L’audition, le 5 décembre 2023, de trois Présidentes d’universités américaines prestigieuses – Claudine Gay de Harvard, Liz Magill de l’Université de Pennsylvania, Sally Kornbluth du Massachusetts Institute of Technology (MIT) – devant la Commission de l'éducation  de la Chambre des représentants en décembre 2023 a été 
filmée. 

Devant le sous-comité Enseignement supérieur et développement de la main-d'œuvre de cette Commission, ces trois dirigeantes avaient été interrogées, notamment par la membre du Congrès républicaine Elise Stefanik, sur l’antisémitisme  dans les campus. Cette élue de New-York assimilait les appels d'étudiants à l’« intifada » à une incitation à « un génocide contre les Juifs en Israël et dans le monde », et écartait la justification de l’inaction de Présidentes par le respect de la liberté d’expression.

Lorsque la Représentante Elise Stefanik avait demandé : « Appeler au génocide des Juifs viole-t-il les règles de Harvard en matière d’intimidation et de harcèlement ? Oui ou non ? », Claudine Gay, Présidente de Harvard, avait répondu : « Cela peut dépendre du contexte ». A Elise Stefanik qui expliquait : « C’est destiné aux étudiants juifs, aux personnes juives. Comprenez-vous que votre témoignage les déshumanise ? Comprenez-vous que la déshumanisation fait partie de l’antisémitisme ? », Claudine Gay avait dit : « Cela dépend du contexte ». Même réponse  de Liz Magill à la même question. 

Devant l’indignation suscitée par ses propos, Liz Magill avait exprimé ses regrets et, le 9 décembre 2023, annonçait  sa démission. 

Le 7 décembre 2023, critiquée pour ses réponses, Claudine Gay présentait ses excuses, et, le 2 janvier 2024, aussi accusée de plagiat, elle démissionnait. Le 29 avril 2025, Harvard a publié le rapport de sa task force présidentielle concernant la lutte contre l'antisémitisme et les biais anti-israéliens.

"La ministre de l’Éducation, Linda McMahon, a déclaré le 23 avril que des milliards de dollars provenant de pays comme la Chine et le Qatar ont été injectés dans l’enseignement supérieur américain sans aucun contrôle. « Cette infiltration financière a permis à des gouvernements étrangers de voler la propriété intellectuelle financée par les contribuables et de remodeler la manière dont nos campus d’élite enseignent Israël et le Moyen-Orient », a-t-elle déclaré.  Par cupidité encore, les universités ont massivement ouvert leurs inscriptions aux étudiants étrangers. Moyennant un surcoût, les grandes universités américaines ont importé massivement les étudiants riches de plusieurs pays d’Afrique, du Moyen-Orient ou d’Asie. Non seulement ces étudiants payaient des droits d’inscription plus élevés, mais ils permettaient en sus aux établissements d’enseignement de se pavaner en affichant des critères élevés d’« inclusion et de diversité », la nouvelle idéologie woke qui gangrène les campus. En 2024-2025, Harvard comptait 6 793 étudiants internationaux, représentant 27,2 % de l’effectif total de l’université. En 2015 déjà, Business Insider remarquait que les étudiants étrangers représentaient 12 % de la population étudiante, mais fournissaient 28 % des recettes de droits d’inscriptions annuels (9 milliards de dollars en 2015)", a écrit le journaliste Yves Mamou.

En avril 2025, l'administration américaine sous la Présidence de Donald Trump a gelé 2,2 milliards de subventions à Harvard : celle-ci refusait des exigences de cette administration sur l'admission de ses étudiants, en particulier les étudiants étrangers et la discrimination positive - « affirmative action » pénalisant dans les années 1920-1930 les étudiants juifs, puis au début du XXIe siècle les étudiants asiatiques, meilleurs notamment en mathématiques que les étudiants hispaniques et afro-américains ; la Cour suprême l'a interdite en 2023 à Harvard -, la lutte contre l'antisémitisme, une centralisation des pouvoirs de ses facultés. En mai 2025, Kristi Noem, Secrétaire à la Sécurité intérieure des États-Unis, a annoncé mettre un terme à l'obtention des visas Student and Exchange Visitor (Etudiant et visiteur dans le cadre de programmes d'échanges). Seraient visés environ 6 700 étudiants, soit 27 % des étudiants d'Harvard. Des recours judiciaires ont été formés contre cette décision, dont l'exécution a été suspendue.

« La bataille de Harvard »
Arte diffusera le 27 octobre 2026 à 21 h « La bataille de Harvard », série documentaire partiale de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum.

« Comment Harvard, haut-lieu de l'élite académique américaine, est-elle devenue le symbole de l'opposition aux offensives idéologiques du mouvement Maga ? Ce documentaire « La bataille de Harvard » en trois parties nous plonge dans les coulisses d'Harvard et décrit un tournant historique : le déclin fulgurant des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l'autoritarisme. »

« Comment la plus prestigieuse des universités états-uniennes en est-elle venue à incarner, presque malgré elle, la résistance à l'administration Trump ? Retour en trois volets  sur un bras de fer économique et politique raconté par les représentants des deux camps. »

« Alors en résidence sur le campus, les auteurs de cette série documentaire ont vécu de l'intérieur un bras de fer qui va durer des mois, jusqu'à une première victoire judiciaire : le 3 septembre 2025, une juge fédérale annule le gel de plus de 2,2 milliards de dollars de subventions de recherche retirées à l'université. »

« Mais la bataille est loin d'être terminée. »

« Donnant la parole à des étudiants et enseignants en première ligne de la rébellion, au discret président de l'université, Alan Garber, mais aussi aux représentants de l’administration Trump, La bataille de Harvard retrace en trois volets une lutte qui, dans un pays mis en état de choc par la brutalité de l'offensive Maga ("Make America great again"), devient un des symboles de la résistance. »

« Elle exhume aussi les racines d'une guerre culturelle aux ramifications profondes pour éclairer un moment de bascule historique : la fragilisation accélérée des institutions intellectuelles dans une démocratie confrontée à la montée de l’autoritarisme. »

1ère partie : « La peur »
« La peur se diffuse sur le campus alors qu'arrestations et licenciements se multiplient à travers le pays. »

« Moins de deux mois après le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche, alors que des centaines de milliers de fonctionnaires fédéraux ont été licenciés et des agences gouvernementales comme l'USAID, pratiquement liquidées, les grandes universités du pays sont à leur tour prises pour cible par son administration. »

« Accusées d'être devenues les bastions de la pensée “woke” et d'une jeunesse dangereusement radicalisée, taxée entre autres d'antisémitisme, Columbia (à New York), Berkeley (près de San Francisco), Northwestern (près de Chicago) et Harvard (à Cambridge, près de Boston) figurent parmi les premières à essuyer les foudres du nouveau pouvoir. »

« À travers le pays, l'offensive prend toutes les formes : arrestations discrétionnaires d'étudiants étrangers, révocations de visas… »

« Première frappée, Columbia cède aux diktats de l'exécutif, qui exige un droit de regard sur le recrutement comme sur le contenu académique de ces établissements jusque-là autonomes. Harvard, qui résiste, se voit retirer le droit d'accueillir des étudiants étrangers, qui constituent le quart de ses effectifs et lui apportent des revenus substantiels. Au sein de la plus ancienne, riche et prestigieuse université des États-Unis, la peur se propage en même temps que la colère… »

2e partie : « L'argent »
« Harvard refuse de s'incliner et ses subventions fédérales de recherche lui sont retirées. »

« Poursuivant sa croisade contre les universités, Donald Trump va user, après la peur, d'une arme tout aussi redoutable : l’argent. »

« Après avoir fait plier l’université Columbia, son administration gèle des milliards de subventions à Harvard pour imposer sa réforme et combattre le "wokisme", l'ennemi déclaré. »

« Malgré son immense fortune, l'université se découvre vulnérable. Face au chantage financier, va-t-elle céder et se soumettre ? »

3e partie : « La justice » 
« C'est devant un tribunal fédéral du Massachusetts que se poursuit un combat devenu emblématique. »

« Après des semaines de pression, Harvard ose, contre toute attente, dire non à Donald Trump. Subventions gelées, étudiants étrangers menacés... : l’affrontement se déplace alors sur le terrain judiciaire. »

« Harvard remporte plusieurs victoires. »

« Mais derrière sa résistance devenue symbole, l’université est aussi contrainte de faire des concessions. Jusqu’où peut-elle tenir tête au pouvoir, et à quel prix ? »


« La bataille de Harvard » de Sandrine Rigaud, Serge Turquier, Robert Libetti et Mike Shum
Etats-Unis, 2025
Coproduction : ARTE France, Yami2
Auteurs : Sandrine Rigaud, Mike Shum, Robert Libetti et Serge Turquier 
Sur Arte :
1ère partie (33 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h
2e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 21 h 30 
3e partie (31 min) : le 27 octobre 2026 à 22 h 00
Sur arte.tv du 20/10/2026 au 25/11/2026
Visuels : © ARTE FRANCE - YAMI2


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