mercredi 3 juin 2015

Vives réactions aux motions universitaires françaises prônant le boycott d’Israël (4/5)


Après l’Université de Lille (nord de la France), l’Université Paris VI- Pierre et Marie Curie (UPMC) a voté le 16 décembre 2002 une motion anti-israélienne. « Au nom des droits de l’Homme et des principes démocratiques », ignorant la réalité au Moyen-Orient, elle a demandé à l’Union européenne (UE) de boycotter l’Etat Juif. Les autorités israéliennes et françaises, ainsi que la communauté juive et des syndicats étudiants français ont réagi avec fermeté. Dossier. En juin 2015, des universitaires israéliens ont exprimé leur inquiétude face aux signes d'un boycott académique officieux visant Israël. Le 2 juin 2015, le NUS (National Union of Students), syndicat national britannique d'étudiants britanniques a voté le boycott d'Israël et l'affiliation au mouvement BDS (Boycott Divestment Sanction) visant l'Etat Juif. Le 3 juin 2015, Benjamin Netanyahu, Premier ministre israélien, a stigmatisé ce syndicat qui en 2014 avait refusé de boycotté l'Etat islamique (ISIS).
Aucun hasard dans ces motions anti-israéliennes. Il s’agit d’une offensive concertée, illégale et dangereuse visant d’abord à délégitimer Israël, puis à l’exclure de tout accord de coopération, scientifique ou non, avec la France ou/et l’Union Européenne (UE). Une étape dans l’ostracisation totale de l’Etat juif.

Rappelons quelques faits. Le 16 décembre 2002, le Conseil d’administration de la réputée Université Paris VI (UPMC, sciences et médecine) a adopté une motion à la majorité de 22 voix, six membres s’y opposant (dont l’un affirme être opposé à ce boycott), 4 s’abstenant et un refusant de voter. « Ce texte ne figurait pas initialement à l’ordre du jour de cette réunion et a été débattu en fin de séance, alors que seuls 32 membres sur 60 étaient présents », précisent les auteurs d’une pétition contre ce boycott déguisé.

Les auteurs de cette motion ? Des syndicats de gauche et d’extrême gauche : SGEN-CFDT, CGT, SUD-Education, SNESUP-FSU. Qu’allègue la prémisse de ce texte ? « L'occupation israélienne des territoires de Cisjordanie et de Gaza rend impossible l'activité d'enseignement supérieur et de recherche de nos collègues palestiniens : le renouvellement de l'accord d'association Union Européenne - Israël, en particulier en matière de recherche (6e PCRDT), constituerait un soutien à la politique actuelle de l'Etat israélien et serait en contradiction avec l'article 2 de cet accord (" les relations entre les parties, de même que toutes les dispositions du présent accord, se fondent sur le respect des droits de l'Homme et des principes démocratiques qui inspire leurs politiques internes et internationales et qui constitue un élément essentiel du présent accord ") ». Cette motion s’oppose au renouvellement dudit accord, et enjoint aux membres des universités israéliennes à « prendre clairement et rapidement position sur la situation concrète faite aujourd'hui » aux enseignants, chercheurs et étudiants des universités palestiniennes et à agir afin que « les uns puissent exercer leur métier et les autres étudier ». Il mandate enfin « le président de l'université [Gilbert Béréziat] pour nouer des contacts avec les autorités universitaires israéliennes et palestiniennes afin d'oeuvrer dans le sens de la paix et pour qu'il soumette l'ensemble de ces questions à l'assemblée de la Conférence des Présidents d'Universités (CPU) ».

Le 20 décembre 2002, l’Union des Etudiants Juifs de France (UEJF) a protesté auprès de Luc Ferry, Ministre de la Jeunesse, de l’Education nationale et de la Recherche. « Sidérée », elle commente : « Le Conseil a agi en toute ignorance, car les universités israéliennes sont sans doute le dernier milieu où étudiants et enseignants, juifs et arabes, peuvent ouvrer ensemble. Il a surtout adopté une résolution totalement irresponsable en décidant d¹importer au sein des universités françaises un conflit international », ce qui risque de « déclencher une intifadah au sein des universités françaises » où doivent régner « la paix et la tolérance ».

Un phénomène boule de neige
Dès le 10 décembre 2002, le Conseil d’administration de l’Université pluridisciplinaire Paris VII, installée sur le même campus que l’Université Paris VI (UPMC), n’avait pu voter, par manque de temps, une motion similaire présentée par les mêmes syndicats. Le 7 janvier 2003, à 16 h, il se prononcera sur ce texte. La teneur de cette résolution ? Identique à celle adoptée par l’UPMC, hormis la disparition des passages conjurant les universitaires israéliens à intervenir en faveur des Palestiniens et les autorités israéliennes et palestiniennes à oeuvrer dans le sens de la paix. Il est question aussi d’« un moratoire sur les échanges scientifiques et techniques de l'Université avec les institutions israéliennes d'enseignement et de recherche ». Ce moratoire a été rejeté par l’UPMC.

Par lesdits textes, les présidents de ces universités sont investis, lors de l’Assemblée de la CPU, du mandat de bannir Israël. S’arrêteront-ils là ? Poursuivront-ils leur action au sein de l’Association Internationale des Présidents d’Universités (IAUP) ?

En s’opposant à toute coopération entre l’UE et Israël, l’université Paris VI devrait, en toute logique, rompre ses relations avec ses homologues de Jérusalem, Tel Aviv et Beer Sheva. De plus, elle condamne sans respecter les droits de la défense. Ce qui est surprenant de la part de « droitsdel’hommiste ». Sa motion demeure floue et problématique : Quelle est la date limite fixée aux « universitaires israéliens pour prendre position » ? Ceux-ci sont-ils sommés de se dissocier « clairement » de la " politique de l’Etat israélien » ? De quels moyens disposent-ils pour « aider les étudiants et enseignants palestiniens » ? A quelle aune leur « aide » sera-t-elle jugée ? Et par qui ? Pour contrôler l’attitude de chaque universitaire et chercheur israéliens, va-t-on les lister comme on fichait les Juifs il y a de cela quelques décennies ?

Si l’Université de Paris VII adoptait cette motion, elle maintiendrait sa coopération avec l’Université de Bir Zeit et d’autres universités palestiniennes, et non celle avec les Universités de Jérusalem et Tel Aviv, villes d’un Etat démocratique...

Les responsables des Universités concernées n’ont pu être joints et l’Université lilloise non identifiée. Le site de l’Université des Sciences et Technologie de Lille 1 (USTL) n’indique aucun accord avec une université israélienne. Mais depuis 1999, sous la présidence du professeur Jacques Diveau, l’USTL s’est liée par un accord de coopération (génie civil-environnement) avec l’Université Al-Najah (Naplouse), surnommée l’« usine à martyrs » par le Hamas. Celui-ci figure sur la liste des organisations terroristes établie par l’UE, le Canada et les Etats-Unis. Avec le Jihad Islamique, et via le Parti de la Palestine Musulmane, il est majoritaire au Conseil étudiant de ladite Université. « En 2001, le Hamas a fièrement reproduit sur le campus des scènes d'attaques suicide perpétrées par ce mouvement ». Ainsi, le 23 septembre 2001, une « exposition » représentait, grandeur nature, « le restaurant Sbarro de Jérusalem, scène d'une attaque-suicide le 9 août 2001 par Iz Adin al-Masri » : cet islamikaze y avait assassiné 15 Israéliens, dont 7 enfants, et blessé 130 autres. Les visiteurs de cette « exposition » pouvaient voir des morceaux de « corps » déchiquetés mêlés sur le sol à de vrais morceaux de pizzas. Plus loin, ils entendaient une voix criant « O croyant! Il y a un juif derrière moi, viens et tue-le ! ». Et « vers la mi-2002, 75 professeurs d'Al Najah et des membres du personnel ont envoyé une lettre ouverte aux stations de télévisions arabes diffusant par satellite, appelant à un boycott de tous les Israéliens et leur demandant de ne pas donner à ceux-ci une tribune d'expression ». Président de l’UPMC, Gilbert Béréziat a été récemment mandaté par le Ministre des Affaires étrangères, Dominique de Villepin, pour nouer une coopération médicale avec plusieurs universités palestiniennes dont Al Najah, visitée auparavant par le consul général de France.

Encore plus bizarre. L’Université Al-Najah est incluse dans un programme de l’UNESCO (1991) dont l’acronyme est éloquent : PEACE (Palestinian European-American Academic Cooperation in Education). Mais comment ce « programme pour la paix », qui comprend notamment 18 universités françaises prestigieuses, peut-il accepter en son sein ladite université palestinienne sans trahir les principes des textes internationaux - en particulier la Charte internationale des droits de l’homme (1948) - dont il se réclame ?

Des motions biaisées
Mais revenons à ces motions. Pourquoi ces exigences à l’égard des seuls Israéliens ? Ces deux universités parisiennes, qui comptent environ 20 000 étudiants, enseignants et divers salariés, ont signé des accords de coopération avec leurs homologues notamment en Syrie, qui occupe le Liban, en Chine, qui brime les Tibétains, à Cuba et en Birmanie. Les violations des droits de l’homme par les régimes de ces pays ne mobilisent pas des « belles âmes » qui, par contre, se coalisent contre la seule démocratie du Proche-Orient.

Ces motions passent notamment sous silence le terrorisme islamiste contre Israël, notamment l’attentat à l’Université Hébraïque du Mont Scopus (Jérusalem) le 31 juillet 2002, les rapports d’Amnesty International et de Human Rights Watch qualifiant les attentats des islamikazes de crimes contre l’humanité, la crise économique qui a fait basculer dans la misère 1,5 Mn d’Israéliens, la responsabilité de l’autocrate Yasser Arafat dans le déclenchement de l’Intifadah II malgré les propositions israéliennes généreuses à l’été 2000, la corruption de l’Autorité palestinienne, les détournements de fonds notamment arabes vers les comptes personnels d’Arafat (« El Watan El Arabi » et « Al-Sabil », 14 juillet 2002), les persécutions des Chrétiens et des homosexuels par cette Autorité, « les crimes d’honneur » dans les pays musulmans, etc. Que dire des conflits qu’elle ignore du fait d’une excessive focalisation sur le conflit israélo-arabe réduit à la dimension d’un affrontement israélo-palestinien où « le fort », celui qui se défend dans une guerre existentielle, est perçu comme le « méchant » ?

Au moins aussi étrange est l’omission des problèmes graves de l’enseignement supérieur en France. Citons quelques uns : près d’un étudiant sur deux quitte l’Université après deux ou trois années sans aucun diplôme, les budgets des bibliothèques sont dérisoires, et les bourses allouées aux étudiants rares et faibles, des élèves souffrent de carences dans l’expression écrite (langue française maltraitée, difficulté à organiser les connaissances), certains enseignants poursuivent leurs cursus malgré leur manque de qualités pédagogiques, etc. Sans parler de la situation déplorable des étudiants et enseignants juifs affrontant la propagande antisioniste ou/et antijuive dans certaines Universités. Lors d’un colloque « Notre démocratie face aux violences racistes » tenu à l’Assemblée nationale le 5 décembre 2002, Patrick Klugman, président de l’UEJF, a cité « l’absence de réaction de l’administration de l’Université Paris X-Nanterre » devant la résurgence de « Mort aux Juifs ». Il avait aussi indiqué qu’un étudiant d’une école réputée de Télécommunication avait envoyé dans l’intranet de cet établissement un message évoquant « l’odeur puante du Juif ». A la suite des réactions de l’UEJF, le Conseil de discipline de cette grande école a convoqué ledit étudiant.

Un antisémitisme digne de Vichy
Jack-Yves Bohbot représente le Conseil Régional d’Ile-de-France au sein du conseil d’administration de l’Université Paris VII. Le 21 décembre 2002, ce vice-président du groupe UMP a écrit à M. Ferry « pour lui demander de retirer le vote de cette motion de l'ordre du jour ». M. Bohbot est scandalisé par ce texte qui « dévoie les travaux de l’Université et ramène aux années d’avant-guerre ». Et d’ajouter que « cette démarche inadmissible ne peut que contribuer à attiser les haines et l’antisémitisme dans notre pays et à importer, en France, un conflit qui doit trouver sa solution entre les interlocuteurs concernés. Le Parlement, en adoptant la proposition de loi de Pierre Lellouche, tente d’enrayer la montée du racisme et de l’antisémitisme que connaît notre pays depuis le début de la deuxième Intifadah. Cette tentative de boycott des chercheurs et des universitaires israéliens, qui cherche à refermer les communautés scientifiques sur elles-mêmes, compromet tout règlement de paix par la réinstauration d’un dialogue. Le droit de critiquer Israël est ancré dans ce pays par le biais de la liberté de presse, par ses élections démocratiques et par la présence de personnalités arabes au sein même de la législature israélienne. Mais ce débat ouvert et équilibré doit se faire en respectant les principes de la Justice ». L’autonomie des Universités ? « Elle concerne la gestion courante ». M. Bohbot a confié à Guysen qu’il démissionnerait dudit Conseil en cas d’adoption de cette motion et interviendrait au Conseil de Paris, dont il est membre, pour s’opposer à ce « boycott illégal, comme l’ont rappelé récemment vingt députés au Ministre de la Justice ».

Dans une lettre adressée le 23 décembre 2002 à M. Ferry, le Centre Simon Wiesenthal (CSW) a critiqué lui aussi « l’Université Paris VI pour son antisémitisme digne de Vichy ». Son Directeur des Liaisons Internationales, le Dr Shimon Samuels, écrit : " Tout d'abord nous avons pensé qu'il s'agissait d'une erreur et que la motion demandait à l'Union Européenne de suspendre les fonds destinés aux universités palestiniennes qui glorifient Al Qa'eda et les attentats suicides, militent en faveur du djihad et de la haine contre les Juifs. Apparemment une université parisienne a pris le parti de délégitimer les universités de l'Etat juif ". Le Dr Samuels prévoit, paraphrasant « l'ecclésiastique français et sioniste, l'Abbé Grégoire : " Si vous expulsez aujourd'hui la nation Juive de vos universités, demain ce sont les Juifs en tant qu'individus que vous expulserez " ». Il a demandé au Ministre de " condamner fermement l'antisémitisme de Paris VI et prendre toutes les mesures nécessaires pour révoquer cette motion outrageuse ».

Une même condamnation a émané du CRIF (Conseil Représentatif des Institutions Juives de France, porte-parole politique de la communautéd), du B’naï B’rith de France, de l’Alliance France-Israël et du Conseil des Communautés Juives d’Ile-de-France.

Des boycotts élaborés par la Ligue arabe et présentés à Durban
« Pourquoi punir Israël lors même que les rapports 2002 d’Amnesty International sont positifs pour l’Etat hébreu ? Ce n’est pas très encourageant pour Israël », a susurré ironiquement et tristement Hervé Berkovier, Vice-Président de la Recherche et du Développement de l’Université Hébraïque (Jérusalem), à un promoteur du boycott d’Israël. Il est vain de chercher une quelconque logique dans les motivations ou explications des boycotteurs.

Par contre, la date de présentation desdites motions importe. Elle s’inscrit dans la politique traditionnelle de la Ligue arabe, qui a réactivé depuis 200, et surtout depuis avril 2002, à Damas, les boycotts d’Israël, appelant aussi « tous les pays, Parlements, partis politiques, organisations internationales et de droits de l’homme à boycotter les produits israéliens ». Elle est contenue « dans un programme décennal de mesures, en plusieurs étapes, présenté par SANGOCO (Coalition d’Organisations Non-Gouvernementales Sud-Africaines) lors de la Conférence contre le racisme à Durban (Afrique du Sud) du 31 août au 7 septembre 2001 », explique le Dr Samuels.

Que vient faire ici SANGOCO ? Les rapports entre les mouvements sud-africains, tel l’ANC de Nelson Mandela, et palestiniens remontent au temps de l’apartheid. Israël a maintenu des liens avec les autorités d’un Etat au régime alors discriminatoire. Il y a quelques temps M. Samuels a proposé aux dirigeants d’associations sud-africaines d’honorer les Justes qui avaient lutté contre l’apartheid. Il a alors été félicité pour cette excellente idée. Mais quand une recension a révélé le nombre très important de Juifs parmi ces Justes, nul n’a plus donné suite à cette idée... Enfin, pour stigmatiser Israël, la propagande palestinienne emprunte de nombreuses références à ce pays africain : « régime d’apartheid », « politique du boycott comme moyen de pression », « campagne de désinvestissement », etc.

Mais revenons audit programme présenté à Durban et qui poursuit une œuvre de déligitimation et d’isolement total d’Israël, dans tous les domaines. Cette double finalité use d’actions protéiformes en Europe et aux Etats-Unis. Un paradigme patent ? Le site - http://www.inminds.co.uk/boycott-news.html - qui décrit les actions de boycott anti-israélien dans le monde entier. Aucun champs n’est épargné : tourisme, université, culture (cinéma, Eurovision de la chanson, exposition), économie, sports, etc. Et les sociétés commercialisant avec les « Sionistes » y sont dénoncées.

La chronologie du boycott est éclairante aussi. Déjà en avril 2002, à l’instar de leurs collègues anglais, Ivar Ekeland, mathématicien, professeur à l’Université Paris IX-Dauphine, et Jean-Marc Lévy-Leblond, physicien, professeur à l’Université de Nice, avaient publié dans dans Le Figaro un appel au « moratoire de toute collaboration institutionnelle d’Israël jusqu'à ce qu’il se soumette aux résolutions de l’ONU et entame les négociations de paix sérieuses avec les Palestiniens ».

Mais ce n’était pas assez pour eux. Et le 12 avril 2002, l’un des boycotteurs a saisi l’UE. Et qu’a répondu le 23 avril 2002 Philippe Busquin, commissaire européen pour la Recherche ? « L’UE n’est pas en faveur d’une politique de sanctions contre les parties en conflit au Moyen-Orient ». Ah, litote, litote ! Et M. Busquin précise : « Concernant la recherche, j’attire votre attention sur les effets très positifs joués par la coopération scientifique conduite au niveau de l’UE entre scientifiques et institutions européens, israéliens et palestiniens et dans laquelle d’autres pays du Moyen-Orient participent aussi. Cette coopération qui concerne des questions régionales cruciales comme l’agriculture et la gestion de l’eau, est un exemple de dialogue, en particulier entre Israéliens et Palestiniens, qui est certainement plus efficace que beaucoup de mots bien intentionnés sans aucun impact concret ». Juste, n’est-ce pas ?

Les plus hautes institutions - Le Conseil International pour les Sciences (ICSU) et le Réseau International des Droits de l’homme des Sociétés d’Universitaires et de Chercheurs (Washington) - ont aussi défendu les libertés d’opinion et de circulation ainsi que les bienfaits des échanges d’idées entre chercheurs. En mai 2002, avec le soutien du Centre Simon Wiesenthal, une pétition anti-boycott a été lancée aux Etats-Unis, signées par plus de 1 900 professeurs et chercheurs du monde entier. Y figuraient les noms de lauréats du Prix Nobel, de la Médaille Fields (le prix le plus prestigieux en mathématiques), de membres d’Académies des Sciences de nombreux pays, etc. « Nature », la revue scientifique leader, avait elle aussi réprouvé le boycott.

Lien de cause à effet ? Quelques uns des scientifiques signataires dudit appel ont ensuite retiré leurs noms. Et en juillet 2002, en France, une contre-pétition avait réuni six cents signatures dans les milieux concernés. Une autre pétition de l’Université Hébraïque de Jérusalem a recueilli des milliers de signatures. Enfin un appel est paru dans le « Sunday Telegraph » (21 juillet 2002) dans lequel un groupe de « 24 éminents savants, politiciens, industriels, et banquiers européens ont condamné le boycott académique d'institutions israéliennes comme étant erroné dans son principe et dans son application ".

C’est dans la lignée de ces appels que se situent lesdites motions universitaires. Leurs dates, à l’automne 2002, n’est pas fortuite pour une autre raison. Elle correspond à la période d’appels à propositions de projets pour le 6e Programme Cadre de Recherche et de Développement (PCRD) qui couvre les années 2002 à 2006. Quézaco le PCRD dont certains voudraient exclure Israël ? C’est l’un des instruments majeurs de mise en œuvre de l’Espace Européen de la Recherche (ERA). Doté de 17,5 Mds d'euros, il finance des programmes de recherche en privilégiant « sept domaines clés pour l’avancement des connaissances et le progrès technologique », dont la science du vivant, la génomique et la biotechnologie pour la santé, le développement durable, les nanotechnologies et les nanosciences, l’aéronautique et l’espace, la qualité et la sûreté alimentaires. Autant de domaines cruciaux pour les hommes, les sociétés et les économies. Autant aussi de sujets où les chercheurs et universitaires israéliens excellent. Le 29 décembre 2002, l’Agence juive annonçait qu’Israël et l’UE ont paraphé un accord prévoyant la participation d’Israël au 6e PCRD.

Israël a réagi à ces motions menaçantes par trois voies différentes. Le 25 décembre 2002, Limor Livnat, ministre israélienne de l’Education, envoyait à ses homologues français en charge de l’Education et de la Recherche des courriers où elle leur exprimait sa « consternation » face à la motion de l’UPMC initiant une coopération avec des « universités de Gaza au dépens de ses relations avec celles israéliennes » : « même au Moyen-Age, l’Europe maintenait, en temps de guerre, des relations étroites de recherches entre scientifiques de toutes les nations ». Elle les invitait aussi en Israël. Le 26 décembre 2002, Yitzhak Eldan, ambassadeur permanent auprès de l’UNESCO, a demandé à Koïchiro Matsuura, Directeur général de l’UNESCO, de « dénoncer cette motion inacceptable ». Le 27 décembre 2002, un communiqué de presse de l’ambassade d’Israël en France faisait état de « vifs regrets quant à cette décision irrationnelle qui va à l’encontre des valeurs universelles dont la France est un symbole » et de son souhait « d’une réaction ferme de la France ».

Seule une action ferme des autorités publiques peut arrêter les boycotts
Ajoutons que les artisans du boycott sont également mus par la volonté d’isoler les Juifs de diaspora de leurs concitoyens non-juifs, de les diviser et de les dissocier de leurs représentants nationaux.

Alors que les médias ont peu couvert cet événement, les chercheurs français et israéliens se sont rapidement insurgés contre ce boycott qui ne dit pas son nom : les rédacteurs des motions universitaires évitent sciemment d’utiliser ce vocable. Une pétition a recueilli plus de 12 000 signatures - dont trois Prix Nobel - en une dizaine de jours, dont 3 500 émanant d’universitaires et chercheurs (http://www.contreleboycott.free.fr). Elle alerte sur les risques dont cette motion est porteuse : « Cette proposition a pour finalité d'entraîner un processus d'exclusion généralisée dont il faut mesurer la gravité et les implications individuelles et collectives : exclusion des comités scientifiques, des congrès et des revues pour les chercheurs, exclusion des projets de recherche internationaux et des dispositifs d'invitation académique pour les universitaires, mise à l'écart des accords d'échanges internationaux, pour les étudiants ». Comme d’autres associations, le B’nai B’rith de France a invité à signer la pétition (un double texte) sur ce site pour réagir à « l’infâmie » de ladite motion. Notons cependant des maladresses d’expressions dans l’un des textes : évoquer « un camp de la paix » en Israël, c’est sous-entendre « un camp de la guerre ». Or, les sondages démontrent la large volonté de paix des Israéliens, mais leur refus d’une trêve, suspension momentanée de la « djihad », jusqu'à ce que les circonstances permettent de reprendre le combat contre les adversaires des islamistes : Juifs, « Croisés » (i.e. Chrétiens, Occidentaux, etc). Les Musulmans modérés n’étant pas épargnés.

Le 26 décembre 2002, Patrick Klugman, président de l’UEJF, a été reçu par Etienne Leroy, le chef de cabinet adjoint de M. Ferry. Celui-ci a avancé l’autonomie univesitaire pour expliquer qu’il pouvait seulement transmettre cette motion à des conseillers juridiques afin d’en vérifier la licéité. Peu après, M. Klugman a rencontré aussi le président de l’Université Paris 7, Benoît Heurin, hostile au boycott. Mais il ne vote pas au Conseil d’administration dont il dirige les débats.

C’est une même réprobation qu’a exprimé l’Union Nationale des Etudiants de France (UNEF), principal syndicat : « En Israël et ailleurs, l'université demeure un lieu d'ouverture et d'échanges. Exclure les universitaires israéliens ne ferait que fragiliser la Paix". L’UNEF ademandé à l’UPMC de revenir sur sa décision et appelle à " participer aux actions dans ce sens ".

Curieusement, les médias français ont rarement consacré des articles à ces motions universitaires. Le Figaro devrait publier une interview de M. Klugman dans son édition du 6 janvier 2003. C’est par des « libres opinions » que les lecteurs ont eu quelques informations. Quand boycotter l’Etat juif deviendra-t-il digne ne serait-ce que d’un encadré ?

Des intellectuels et scientifiques juifs ont exprimé leur opposition au boycott. Brève revue de presse, non exhaustive. Dans Le Figaro (26 décembre 2002), le psychanalyste Daniel Sibony analyse : « Dans la meilleure hypothèse, ce militantisme pour le boycott des « cerveaux » - pour leur exclusion, leur appauvrissement voulu - signifie que dans la guerre entre l'Etat hébreu et l'Etat palestinien naissant, on prend parti pour ce dernier, on s'enrôle sous son emblème. Pourquoi pas ? Mais cela mène à frapper des individus indistinctement, comme le font les terroristes. C'est la même logique : on ne peut pas atteindre l'Etat, alors on frappe des citoyens ».

Dans Le Point (2 janvier 2003), Bernard-Henri Lévy observe : « L'université française n'a pas bronché, jadis, quand des lois scélérates permirent d'expulser de son sein Emile Benveniste, Marc Bloch, Jean Wahl. Je leur ferais observer, par parenthèse, qu'elle est la seule institution républicaine qui, au pays de la repentance généralisée, n'a jamais esquissé un geste de regret pour cette faute. Et je m'inquiéterais de la voir, soixante-trois ans après, renouer avec la honte en mettant hors-la-loi, cette fois, des universités entières ».

Dans Le Monde (4 janvier 2003), c’est Claude Cohen-Tannoudji, professeur au Collège de France et Prix Nobel de physique, qui exprime « sa honte pour ces collègues qui osent jeter un anathème sur d'autres collègues à cause de leur nationalité. Ne laissons pas le vrai visage de l'université être défiguré par des gesticulations stériles et dangereuses qui ne savent trouver comme langage que celui de l'anathème et de l'exclusion. ».

Dans Libération (4 janvier 2003), Jean-Gabriel Ganascia, enseignant au laboratoire d'informatique de Paris-VI, est « surpris de cette prise de position très engagée, qui ne correspond pas à l'idée que l'on peut se faire du rôle du conseil d'administration d'une grande université. Y étant professeur, je ne me reconnais pas dans cette motion et je me sens trahi dans la confiance que j'avais mise dans mes collègues et dans mes représentants à ce comité. Ce n'est pas la vocation du comité d'administration d'une université de porter des jugements sur la politique des Etats. Il y eut peu de précédents dans l'histoire où une communauté scientifique était exclue en raison de la seule appartenance ethnique, religieuse ou nationale de ses membres. Que l'on songe aux boycottages contre l'Afrique du Sud, l'Union soviétique, la Yougoslavie ou l'Irak : ils frappaient les Etats, non des scientifiques. Les seuls exemples de telles pratiques remontent aux années trente et quarante, avec l'exclusion des universitaires et chercheurs juifs des universités allemandes sous le nazisme, et italiennes sous le fascisme, puis des institutions scolaires françaises sous Vichy ». Dans la même édition, Dominique Chouchan, professeur associé à l’UPMC, s’étonne du silence de cette Université sur les victimes du Sida en Afrique : « Il est difficile d'imaginer, de la part d'une aussi haute instance qu'un conseil d'administration d'université, qu'un Palestinien compte plus que des milliers d'Africains » malades.

C’est le 3 janvier 2003 que la France a affirmé sa volonté de maintenir des relations avec Israël. Le ministère de l’Education nationale qualifiait la motion de l’UPMC d’« initiative inopportune » : « la dimension universelle de l’enseignement supérieur et de la recherche scientifique doit inciter à les tenir à l’écart des enjeux de politique extérieure. Dans le respect de leur autonomie, le Ministère souhaite que les universités françaises et étrangères poursuivent et amplifient leurs échanges, contribuant ainsi à faire progresser les valeurs de paix et de tolérance ».

Et, répondant à une question écrite de Guysen, le ministère des Affaires Etrangères a annoncé : « Les conseils d'administration des universités françaises sont souverains. La prise de position [de l’UPMC] n’engage d’aucune manière que ce soit les autorités françaises. La coopération est encouragée par l'accord d'association de 1995 entre l'Union européenne et Israël (Titre VII, Article 59) dont la remise en cause n'est, en aucun cas, à l'ordre du jour ». Et pour illustrer la volonté de la France de renforcer ses relations bilatérales avec Israël, Marie Masdupuy, Adjoint au porte-parole du Quai d’Orsay, ajoutait : « La création il y a trois mois d'un groupe de travail conjoint pour faire des suggestions sur la façon de développer ces relations manifeste clairement cette volonté ». Il s’agit du Comité franco-israélien chargé d’intensifier les relations tant au niveau politique, qu’économique ou culturel, et animé par les professeurs David Khayat et Youval Ne’eman.

Pour protester contre des « textes idéologiques », contre le boycott des universités et scientifiques israéliens, est prévue à l’initiative de l’UEJF « une manifestation le 6 janvier 2003, à 17 h, place Jussieu (Métro : Jussieu) », sur le campus des deux universités. Ont appelé à y participer l’UNEF, le CRIF, le Consistoire de Paris, le B’naï B’rith de France, l’Association des Fils et Filles des Déportés Juifs de France, l’Union des Médecins, Dentistes et Pharmaciens Juifs de France, le Forum Citoyen Juif, Connec’Sion (Informaticiens Juifs de France), le site www.col.fr, l’Association des Jeunes Avocats Juifs de France, le Mouvement pour la Paix et Contre le Terrorisme, etc.

Après « l’exception culturelle » française, il serait étonnant que la France se singularise par son « exception juridique », c’est-à-dire la commission de délits particulièrement graves non poursuivis ou/et non punis par la justice. Exemples. Alors que le Code pénal français punit le boycott, la CAPJPO (Coordination des Appels pour une Paix Juste au Proche-Orient) appelle en toute impunité au boycott des produits israéliens, et des Universités agissent de même à l’égard de l’Etat juif. Des propos antijuifs sont proférés dans des émissions de radios musulmanes. « Dans son bouquet numérique, le câblo-opérateur français Noos proposait le 15 décembre, à 23 h, sur la chaîne publique égyptienne ESC1 (qu'elle diffuse), un épisode de la série antijuive « Un cavalier sans cheval », écrivait l’essayiste Tristan Mendès-France dans Le Figaro. Et un livre destiné à la jeunesse, « Rêver la Palestine » de Randa Ghazi édité par Flammarion est en vente alors qu’il contient, selon diverses organisations juives, « des appels à la haine raciale et au meurtre des Juifs », un délit prévu par ledit Code.

Ce qui est au moins aussi grave est le rôle joué par les médias, les « faiseurs d’opinions » en général, dans une présentation souvent biaisée du conflit au Proche-Orient, notamment par la diabolisation d’Israël et des Israéliens. Car cela incite certains aux boycotts.

Le boycott est une arme-boomerang qui peut revenir à son expéditeur, et à ceux qui font preuve d’inaction. Est aussi en jeu l’image de la France ternie par l’attitude du gouvernement Jospin pendant les dix-huit mois de la vague antijuive qui a déferlé dès le début de l’Intifadah II. Les organisations juives américaines, le Président Georges Bush, le gouvernement d’Union nationale dirigé par le Premier ministre Ariel Sharon, s’étaient mobilisés pour inciter les autorités françaises à réagir. Certaines associations avaient déconseillé à leurs membres de visiter la France, par crainte qu’ils soient eux aussi victimes d’agressions antisémites.

Aux Etats-Unis, la prise de position ferme de Lawrence Summers, président de l’Université prestigieuse Harvard, reprise par son homologue de l’Université de Michigan, Mary Sue Coleman, et une campagne de pétitions « anti-divestment » ont permis de contrer le mouvement prônant l’arrêt des investissements universitaires en Israël. Il serait consternant que la France, qui se targue de sa « politique équilibrée » au Proche-Orient, n’émette pas un signal au moins aussi fort, brisant net ces campagnes réitérées ou simultanées de boycott. D’autant que, lors de la visite le 19 décembre 2002 de son homologue, Binyamin Netanyahou, à Paris, Dominique de Villepin, ministre des Affaires étrangères, a exprimé « l’amitié ancienne et profonde de la France pour Israël et la volonté très forte et très déterminée de la France, du président de la République, de développer et d'intensifier les relations bilatérales entre nos deux pays ». Et des conseils d’administration d’universités, par des résolutions dangereuses, viendraient contrecarrer de si beaux et hauts desseins ? Est-ce bien raisonnable ?

Le président de l’université Paris VII a annoncé à M. Klugman son opposition au boycott. Mais il ne vote pas au sein du conseil d’administration. Ce sont les membres desdits conseils, notamment ceux représentant les enseignants, les syndicats (Syndicat National des Industries Pharmaceutiques, Medef), les conseils régionaux du Nord et d’Ile-de-France, les Mairies de Lille et de Paris dirigées par Martine Aubry et Bertrand Delanoë (PS), qui seront amenés à expliquer publiquement leurs décisions sur des motions graves, adoptées ou présentées.

Des boycotteurs plus royalistes que le Roi
Pour l’Etat hébreu, pour les Palestiniens et pour le monde entier, l’interdiction des échanges scientifiques avec Israël serait très préjudiciable.

Le 11 septembre 2002, s’est tenu un séminaire à Paris sur l’appel au moratoire des relations avec Israël. Vice-Président de la Recherche et du Développement de l’Université Hébraïque (Jérusalem), Hervé Bercovier a précisé alors que « hormis l’Université de Bir Zeit, hostile à toute collaboration directe avec « l’Etat sioniste », celles de Béthléem, Al Qods, Naplouse, Hébron et Gaza collaborent avec notre Université pour la formation continue de leurs médecins, ambulanciers, etc. Et ce malgré l’Intifadah II et malgré la demande de l’Autorité palestinienne de cesser de collaborer avec Israël. Qui finance ? Essentiellement l’Allemagne, l’USAID et des donateurs juifs. Comment ? Dans un cadre trilatéral qui donne une justification politique aux Palestiniens et facilite les contacts à l’étranger. Quant à l’Union Européenne, Israël contribue à hauteur de 40 Mns d’euros aux programmes communautaires sans droit de décision  ». Par cet appel mû par des « pulsions meutrières », ces scientifiques « prennent en otage la connaissance, la recherche et la santé, et aggravent délibérément le conflit israélo-palestinien qu’ils méconnaissent », avait déclaré Gérard Huber, psychanalyste, philosophe et correspondant à Paris de la Metula News Agency (Israël). Avant d’alerter : « Ces signataires ont pris une décision politique, sans risque pour eux. Mais c’est un signe délétère qui rend possible la progression d’autres esprits vers des franchissements encore plus destructeurs ». Et il a estimé que ce boycott « freinerait, voire anéantirait certains développements et retombées de la recherche faite en coopération par des Israéliens et des Palestiniens ». Lapsus calami : l’Autorité palestinienne n’est pas nommée dans ces textes exigeant le boycott d’Israël.

Un exemple de coopération israélo-arabe. L’Université Ben Gourion (Néguev) est liée par plus de 30 projets de recherche avec ses partenaires régionaux, des pays du Golfe à l’Egypte, de l’Autorité palestinienne et des Etats du Maghreb, accueille et assure une aide sociale aux Bédouins. Elle développe des programmes de recherche sur l'agriculture des terres arides, la recherche d'eau, etc. Des sujets de préoccupation qui concernent bien d’autres pays du monde.

Insistons enfin sur les dangers du boycott scientifique. Dans son édition du 15 décembre 2002, le journal britannique « The Telegrah » fait part des inquiétudes de sommités médicales troublées par le « boycott des scientifiques israéliens qui pourrait coûter des vies humaines » par l’arrêt de la diffusion de la recherche médicale. Et de citer la Baronne Greenfield, éminente neurobiologiste et directeur de la Royal Institution, l’Académie indépendante de recherche la plus ancienne et l’Agence Internationale pour la Recherche sur le Cancer (IARC), membre de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Le prestigieux British Medical Journal se prononçait lui aussi contre tout boycott (4 janvier 2003).

C’est en Grande-Bretagne que le mouvement de boycott, initié en avril 2002 par l’appel d’une centaine d’intellectuels de gauche prônant « un moratoire des échanges zcientifiques avec Israël, jusqu'à ce que celui-ci obéisse aux résolutions de l’ONU et entame des négociations sérieuses avec les Palestiniens », a obtenu le plus de « succès ». Deux traducteurs israéliens ont été licenciés de « The Translator », une revue du groupe St. Jerome Publishing qui a refusé de vendre à l’Université israélienne Bar Ilan (Tel Aviv) des livres et magazines « en raison des actions d’Israël dans les Territoires ». Selon le Professeur Paul Singer, de l’Israël Science Foundation : « Nous avons envoyé environ 7 000 articles par an. Cette année, pour la première fois, 25 personnes nous ont répondu qu’ils refusaient de les regarder ». Et « Haaretz » (25 octobre 2002, citait Ruth Shalgi, Vice-Présiente pour la Recherche de l’Université de Tel Aviv University's : « le nombre de participants israéliens à des conférences scientifiques a diminué d’une manière significative ». 

Malgré ses promesses rapportées par le Grand Rabbin de Grande-Bretagne, Tony Blair n’a pris aucune mesure pour arrêter ce mouvement de boycott. Un nombre croissant de recherches israéliennes demeure donc ignoré. Et le mouvement perdure. La branche londonienne du Syndicat des musiciens qui doit voter le 20 janvier 2003 un texte interdisant à ses membres de jouer en Israël et aux musiciens israéliens de se produire en Grande-Bretagne. Ceci pour protester contre une forme « vicieuse d’apartheid contre les Palestiniens » !

Cet appel au boycott a aussi des effets dévastateurs sur les campus britanniques en suscitant des heurts entre étudiants juifs et musulmans et induisent l’isolement des enseignants ou/et étudiants israélites, et la division parmi les professeurs juifs. En effet, des professeurs anglais israélites partisans du boycott ont reçu des messages les accusant de « trahir les Juifs et Israël, de cultiver la haine de soi et d’encourager les islamikazes en Israël ».

Commentant les condamnations réitérées d’Israël dans les instances de l’Union Européenne, l’eurodéputé François Zimeray relevait : « Ce sont les mêmes qui s’opposent au boycott de l’Irak en avançant qu’on ne punit pas un peuple pour les agissements de son chef et qui demandent le boycott d’Israël, sans se soucier de punir aussi les Israéliens ». Ajoutons que ce sont les mêmes qui ne songeraient jamais à sanctionner les Palestiniens pour le terrorisme financé et autorisé par l’Autorité palestinienne. Et Alain Finkielkraut poursuivait dans ce sens sur RCJ, radio du FSJU (Fonds social Juif unifié) : « Ces Universitaires sont convaincus de combattre l’Etat nazi. Tous les Israéliens sont inculpés ».

Boycotter les chercheurs israéliens, c’est hypothéquer gravement l’avenir. Grâce à des chercheurs juifs (« sionistes » ?), l’humanité bénéficie du test Wasserman de la syphylis, de l’insuline du Dr Minofsky, du test de la diphtérie du Dr Schick, des vitamines découvertes par le Dr Funk, le vaccin contre la polio du Dr Salk, etc. Citons des recherches récentes.

En août 2002, le Dr Alexei Shir et le professeur Alexander Levitzki de l'université hébraique de Jérusalem ont découvert une méthode pour tromper les cellules cancéreuses et les faire se « suicider ». En décembre 2002, l’équipe du Pr Yaïr Reisner de l'Institut Weizmann (Rehovot) est parvenue « à cultiver des cellules rénales humaines prélevées sur un embryon humain et à les implanter dans l'organisme de souris de laboratoire. Plusieurs études sont indispensables avant de parvenir au stade où il sera possible de reconstituer un rein à partir d'un tissu de l'organe humain, et satisfaire ainsi la demande croissante de greffes ». Maariv (17 décembre 2002) notait que des chercheurs israéliens ont dévouvert le gène responsable de l’anémie héréditaire.

Boycotter les chercheurs israéliens/juifs, c’est priver l’humanité d’acquis déterminants dans les traitements, médicaments ou/et vaccins. Quel scientifique peut justifier cette action si grave ?


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Cet article a été publié par Guysen.http://www.peace-programme.org/

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