Citations

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mercredi 25 mars 2026

Noam Shuster Eliassi, humoriste et militante

Née à Jérusalem (Israël) en 1987, 
Noam Shuster Eliassi une comédienne - humoriste - et militante d'extrême-gauche trilingue (hébreu, arabe et anglais) israélienne. Marquée par l'agression djihadiste du 7 octobre 2023 en Israël, cette pacifiste continue de dénigrer Israël en fustigeant "l'occupation" et en alléguant qu'il commettrait un génocide dans la bande de Gaza. Arte diffusera le 25 mars 2026 à 23 h 25 « Coexistence, mon cul ! », documentaire partial d’Amber Fares. 

Les chrétiens en "Palestine"
« Gaza, la vie » par Garry Keane 

Noam Shuster Eliassi est née à Jérusalem (Israël) en 1987 dans une famille juive progressiste : sa mère est d'origine iranienne et son père, né à Jérusalem, est le fils d'un rescapé de la Shoah d'origine roumaine, et a été emprisonné pour avoir refusé d'effectuer son service militaire.

Elle passe son enfance et son adolescence à Neve Shalom - Wahat as Salam (Oasis de paix), près de Jérusalem où Juifs et Palestiniens vivent ensemble par choix. « Mes parents s’y sont installés immédiatement après les accords de paix d’Oslo de 1993 », a-t-elle confié. Là, elle apprend l'arabe.

Refusant d'effectuer son service national militaire, Shuster-Eliassi participe au Sherut Leumi. 

Durant un an, elle étudie la comédie à la New York Film Academy. En 2006, elle interprète un rôle dans un court-métrage, The Substitute de Talya Lavie, puis, grâce à une bourse, poursuit ses études à l'université Brandeis. 

Elle effectue une mission humanitaire au Rwanda.

Cette vingtenaire est membre d'Interpeace, organisation créée en 1994 par les Nations unies, puis s'oriente vers une carrière d'humoriste :  « J’étais incapable de mesurer l’impact de mon travail. Je ne savais pas ce que je faisais… Depuis, j’ai laissé tomber les analyses rationnelles. Je cherche à désorienter les gens et ça marche bien mieux »
.
2018 marque une étape importante : elle participe au festival 1001 Laughs Palestine Comedy, créé par l'humoriste américano-palestinien Amer Zahr et se tendant à Jérusalem-Est. Pemière Israélienne juive à y présenter un spectacle, elle n'a pas l'heur de voir son nom indiqué dans les spectacles programmés. A deux spectateurs paraissant  réticents, elle déclare : « Ne vous inquiétez pas. Je ne suis là que pour sept minutes, pas pour 70 ans ». Une allusion à la libération de la Judée et de la Samarie en 1967. « J'ai pleuré après coup. Les rires et l'accueil que j'ai reçus étaient extraordinaires », s'est-elle réjoui.

En 2018, elle est désignée « Meilleure nouvelle comédienne juive de l'année » dans un concours parrainé par JW3 (Jewish Community Centre London). 

En 2019, à la Harvard Divinity School, elle suit le cours "Religion, Conflict, and Peace Initiative". La chaine télévisée i24NEWS en arabe diffuse une de ses vidéos où elle propose pour épouser le jeune prince héritier du royaume saoudien, Mohammed Ben Salman ou MBS. En janvier 2022, dans une autre de ses vidéos, elle chante une chanson où elle persifle sur les relations entre Israël et « les Arabes qui ont des millions », les Émirats arabes unis, (E.A.U.) et qui « oublient la Palestine ». Elle s'y présente comme Haifa Wannabe, pastiche du nom de la chanteuse libanaise, Haifa Wehbe, et déclare : « C’est vraiment important pour moi d’envoyer un message d’amour et de paix à tous les Arabes. Surtout s’ils habitent à plus de 4 000 kilomètres d’ici ». Dans un texte en arabe, elle a chanté : « Il y a une lumière au bout du tunnel/Si tous les Arabes sont comme ceux de Dubaï, Dubaï, Dubaï ».

Noam Shuster Eliassi envisage une tournée de son one-woman show dans des universités et salles de spectacles américaines, quand survient la pandémie de Covid-19. Comme son spectacle est annulé, elle rentre en Israël. Ayant été contaminée par le coronavirus, elle est contrainte de s'isoler provisoirement dans un « hotel Corona », à Jérusalem.

Deux films lui sont consacrés : le court métrage documentaire Reckoning with Laughter, réalisé par Amber Fares et produit par Al Jazeera et le long métrage Coexistence, My Ass!, un film américano-français de 2025 réalisé par Amber Fares et présenté en avant-première au festival Sundance. La poursuite de la politique via le spectacle...

Cette comédienne et militante est trilingue hébreu, arabe et anglais.

En janvier 2026, elle a accouché d'un garçon.

Elle soutien les Iraniens en lutte contre le régime des mollahs.

« Coexistence, mon cul ! »
Arte diffusera le 25 mars 2026 à 23 h 25 « Coexistence, mon cul ! », documentaire partial d’Amber Fares.

« De 2019 à 2024, un voyage émotionnel entre rire et larmes dans la vie de Noam Shuster Eliassi, stand-uppeuse israélienne luttant de toute sa verve pour une paix juste avec les Palestiniens alors que son monde s’effondre autour d’elle. »

"Vous vous demandez : qui est cette fille ? Est-elle iranienne, juive, arabe ? Travaille-t-elle pour le Mossad ? Pourquoi a-t-elle dit 'Hamas' ? Dois-je boycotter ce show ? Ces questions sont légitimes et on va y répondre. Je me présente : je m'appelle Noam et voici mon spectacle 'Coexistence, mon cul !' Commençons par mon cul…" La vanne est une fausse promesse.

« Dans son ravageur premier one-woman-show, dont le titre donne son nom à ce documentaire, Noam Shuster Eliassi, trentenaire, stand-uppeuse et activiste israélienne juive trilingue (hébreu, arabe, anglais), parle d'abord au chapitre amoureux de la question inlassable que sa grand-mère iranienne chérie a emportée dans sa tombe : "Quand vas-tu enfin te marier ?" 

« Surtout, avec son humour incisif et son humanité à fleur de peau, elle raconte ce que signifie grandir et vivre en Israël quand, comme elle, on rêve depuis l'enfance de paix et de justice pour les Palestiniens. »

« Car contrairement à l'écrasante majorité de ses concitoyens, elle a "goûté" à une véritable coexistence entre voisins juifs et arabes, dans le village où ses parents se sont installés quand elle avait 7 ans : Neve Shalom-Wahat as-Salam, ou "l'oasis de la paix", à mi-chemin entre Tel-Aviv et Jérusalem. »

« De 2019 à 2024, au fil d'une pandémie mondiale, du sixième gouvernement de Benjamin Netanyahou, des attaques terroristes perpétrées par le Hamas le 7 octobre 2023 et de la guerre de représailles contre la population de Gaza, ce documentaire retrace le cheminement intime, professionnel et politique de l'indomptable Noam. »

« Alors que son monde s'effondre autour d'elle et que son message devient de plus en plus inaudible dans la société israélienne, sa notoriété progresse au Proche-Orient, notamment auprès d'un public jeune et arabophone. »

« Tissé à la fois de réjouissantes archives médiatiques et personnelles, d'extraits du spectacle et d’immersions dans le quotidien de Noam Shuster Eliassi, en partie par le biais de ses selfies vidéo, ce vibrant documentaire de la réalisatrice Amber Fares dévoile un autre visage de la réalité israélo-palestinienne, entre rire et larmes, tragédie et espoir. »

« Grâce à son héroïne et à ses proches (dont ses parents et sa meilleure amie Ranine, Palestinienne avec qui elle a grandi), le film rappelle aussi avec force quelques idées de base sur la démocratie et l’engagement. »

« Car bien au-delà d’Israël, on s’est habitué à reléguer au second plan de sa conscience, voire à entendre qualifier de naïf ou, pire, d'extrémiste, un principe qui reste révolutionnaire si on prétend l’appliquer : tous les humains naissent libres et égaux en droits. »

Prix de la liberté d'expression, catégorie "documentaire international", Sundance 2025 – Alexandre d'or (premier prix) et prix "Droits humains en mouvement", Thessalonique 2025 – Prix du public du top 10, IDFA 2025 – Meilleur documentaire et prix Gandhi, Turin 2025 



« Stand-uppeuse israélienne à la notoriété grandissante militant pour la paix, Noam Shuster Eliassi espère que ce film pourra ébranler les consciences et faire résonner un message de plus en plus censuré, y compris hors d'Israël. Propos choisis et recueillis par Irène Berelowitch. 

Genèse
"On a beau adorer le devant de la scène, ce n'est pas facile d'inviter des caméras dans votre vie. Mais la réalisatrice Amber Fares, rencontrée en Palestine où elle tournait son précédent documentaire, Speed Sisters, et où je travaillais pour l'ONU, est une amie, alors j'ai dit 'oui'. Dans le film, on me voit à la fois essayer de toucher les cœurs et les esprits de mes compatriotes, alors que cela devient impossible, me battre contre ce qui se passe avec les armes de l'humour, mais aussi défiler dans la rue, tout ça en espérant rencontrer quelqu'un avec qui construire une famille. Il n'y a pas de frontière entre la politique et le personnel, pas chez moi, en tout cas. Comme on sait, l'intime est politique… surtout en Israël !" 

Héritage
"En tant qu'Israélienne juive, j'ai des droits et privilèges auxquels mes amis palestiniens, avec lesquels j'ai grandi, n'ont pas accès. Ma responsabilité est de lutter contre cette injustice. Ce n'est pas compliqué, ni provocateur, c'est d’une douloureuse simplicité. D’ailleurs, l'Occident n'a pas de mal à le comprendre quand c'est le peuple iranien qui se bat pour sa liberté. Pour moi, c'est en connexion directe avec mon héritage de petite-fille de rescapés de la Shoah."

Manifeste
"Depuis le 7 octobre 2023, le plus grand massacre de juifs depuis l'Holocauste, on ne peut plus ignorer que le sionisme tel qu'il s'est construit n'a pas su créer un endroit où les juifs peuvent vivre en sécurité. Je ne suis pas dans le déni de ce qui s'est passé. J'ai perdu beaucoup d'amis chers ce jour-là. Mais si le sionisme consiste à dire que la sécurité des juifs ne peut être garantie que sur une terre qui leur appartienne sans partage, au prix de l'oppression et maintenant du génocide d'un autre peuple, je suis antisioniste et je l'assume."

Libre parole
"À Tel-Aviv, je passe inaperçue mais parmi les Palestiniens, beaucoup de gens savent qui je suis. J'ai mis longtemps à concilier mon besoin d'agir et mon envie de monter sur scène, même si ma famille prétend que j'ai commencé le stand-up à 4 ans. Ce que j’aime, c’est que ça me permet d’être absolument moi-même. Si tu te censures, que tu essaies de déguiser ta voix, ça ne marche pas. Ça m'a apporté une liberté énorme. Les Palestiniens savent de quoi je parle. Les opprimés n'ignorent jamais le réel. D'ailleurs, ça fait des décennies qu'ils le crient dans le désert. J'ai plus de chances qu'eux d'être entendue, alors je m'exprime ! Avant octobre 2023, une toute petite minorité d'Israéliens pouvait écouter des voix comme la mienne. Plus maintenant, et c’est très douloureux."
 
Patrie
"Je me sens chez moi sur scène, face à un public qui me comprend, qui rit et qui pleure avec moi, que ce soit à Brooklyn, à Varsovie ou ailleurs. Mais en ce moment, parce que je suis sur le point d’accoucher, mon chez-moi, c'est d'abord mon village. Y élever un enfant, lui permettre d'apprendre l'arabe dans notre école bilingue, me semble être la chose la plus sensée que je puisse faire. Je sais que ce lieu est une bulle, mais la réalité à l'extérieur est si violente que pour moi, il n’existe pas d'autre solution. Quand je tape son nom hébreu, Neve Shalom [‘l’oasis de la paix’], la correction automatique de mon téléphone rectifie en 'never shalom' ['jamais la paix']. Ce sera le nom de mon prochain spectacle. »


"Je m'appelle Noam et voici mon show Coexistence, mon cul ! Commençons par mon cul…" Cette vanne inaugurale est une fausse promesse. Au chapitre amoureux de sa ravageuse autobiographie de scène, la stand-uppeuse n’évoque que la question lancinante de feue sa grand-mère chérie ("Quand vas-tu enfin te marier ?") et son impossibilité d'oublier la politique, même quand elle finit par présenter aux siens l'élu de son cœur … le 6 octobre 2023 ("Un soir vous présentez un mec à vos parents, le lendemain vous vous installez avec lui dans leur abri souterrain."). Qu'elle débatte sans se démonter avec des manifestants anti "Bibi" qui la traitent de traîtresse, ou qu'elle propose en direct, et en arabe, le mariage au prince héritier saoudien ("En vingt ans de militantisme pacifiste, j'avais influencé vingt personnes. Une blague sur les dictateurs et j'ai 20 millions de vues !") ; qu'elle plaisante d'un gag "piqué" à un confrère palestinien ("Dieu me l'a promis, maintenant, il est à moi !"), ou du fait que, sur les checkpoints, les soldats de Tsahal lui demandent toujours ses papiers en draguant sa meilleure amie palestinienne ("Ranine ressemble à Gigi Hadid*. Moi, à côté, on dirait Ahmadinejad") ; qu'elle ait le Covid, la jambe cassée ou le cœur brisé par le deuil, Noam Shuster Eliassi promène son art de faire rire, y compris d'elle-même, avec un courage qui impressionne. "Avec ce qui s'est passé et continue de se passer à Gaza, cet éléphant dans la pièce qu'était l'occupation est devenu encore plus énorme, et le travail à faire plus immense."
* Top-modèle américaine d'origine palestinienne


« Coexistence, mon cul ! » d’Amber Fares
France, Etats-Unis, 2025, 89 min
Autrices : Rachel Leah Jones, Rabab Haj Yahya
Production : My Teez Productions, Home Made Docs, Little Big Story, en association avec ARTE France 
Sur Arte le 25 mars 2026 à 23 h 25
Sur arte.tv du 18/03/2026 au 22/10/2026
Visuels :
© Philippe Bellaiche - Coexistence My Ass
© Sharon Avraham
© Amber Farès - Coexistence My Ass
© Coexistence My Ass
© Amit Chachamov - Coexistence My Ass


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