dimanche 12 octobre 2014

Des donateurs pour l’Etat palestinien grugés, mais encore généreux


Lors de la conférence internationale des donateurs pour la reconstruction de la bande de Gaza (12 octobre 2014), au Caire (Egypte), la communauté internationale a promis 5,4 milliards de dollars de dons à cet effet, "soit plus que les 4 milliards de dollars espérés par les Palestiniens" : le Qatar a promis un milliard de dollars, l'Union européenne 568 millions de dollars, les Etats-Unis se sont engagés à donner "212 millions de dollars d'"aide immédiate" sur un total de 400 millions de dollars en un an", les Émirats Arabes Unis et la Turquie 200 millions de dollars chacunLe 17 décembre 2007, s’était réunie à Paris la "conférence internationale des donateurs pour l’Etat palestinien". Une journée de discours politisés, parfois vindicatifs, souvent soucieux de ne nommer ni le Hamas ni le terrorisme islamiste. Sur trois ans (2008-2010), 7,48 milliards de dollars, dont 3,4 milliards pour 2008, avaient été promis à « la construction institutionnelle et la reprise économique » du futur Etat palestinien. 


« Le vrai vainqueur est… l’Etat palestinien, et c’est donc le Premier ministre Salam Fayyad. Nous visions 5,6 milliards de dollars de dons et nous en avons 7,4 », résume Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères, à l’issue de cette conférence.

Sans Salam Fayyad, sans son programme triennal de développement économique et de réformes institutionnelles (PRDP) soutenu par le FMI et la Banque mondiale, et sans l’arrivée au pouvoir du Hamas, l’Autorité palestinienne (AP) aurait-elle inspiré une telle confiance et obtenu autant d’argent d’Etats et d’organisations internationales dupés ?

Le « palestiniennement correct »
Cette conférence est une première. C’est aussi une réunion politique à laquelle assistent environ 90 délégations..

En général, les discours des chefs d’Etats ou de gouvernements, ministres, représentants d’organisations européennes ou internationales reprennent la rhétorique palestinienne (« humiliation des Palestiniens », « gel de la colonisation »).

Une longue litanie de fausses vérités ponctuées de stigmatisation de la politique israélienne. De rares Occidentaux exhortent à l’arrêt de la violence contre Israël.

Des fausses vérités : l’AP manque d’argent, et non de volonté. Or, malgré le boycott à l’égard du Hamas, le volume des dons à l’AP a plus que triplé en un an, de 2005 à 2006 (1). Autre élucubration : la paix dans le monde dépend de la résolution du conflit au Proche-Orient.

L’avenir espéré ? Un « Etat palestinien ouvert, libre, indépendant, prospère, viable, pacifique, démocratique » grâce aux dons finançant le PRDP et si Israël allège son dispositif sécuritaire.

Vindicatifs, sans nuance, stigmatisant la politique israélienne, les discours arabes ne laissent pas le moindre interstice pour une négociation.

S’exprimant en arabe, le président de l’AP Mahmoud Abbas réclame tout : la libération des prisonniers, la liberté totale de circulation pour les Palestiniens, la fin du « wall of separation » (texte du discours en anglais)... L’interprète traduit en français « mur de l’apartheid », au lieu de mur de séparation (2) ?! Erreur de traduction ou double langage du président Abbas ? Nul ne réagit. A noter aussi que le président Abbas ne s’offusque pas des murs érigés dans le monde, notamment au Maroc afin d’empêcher l’intrusion d’immigrants illégaux dans une enclave espagnole, Ceuta. Là, pas de « colonie », pas de « mur de séparation ».

Domine une compassion pour le « peuple [palestinien] qui souffre ». A l’exception de Tony Blair, les donateurs n’ont aucun mot sur les difficultés des Israéliens, habitants du sud du pays victimes des tirs de roquettes à partir de la bande de Gaza (3) ou ceux des anciennes implantations de cette bande (4).

Surtout, l’absence d’analyse des échecs de l’AP, induits par le déclenchement de l’Intifadah II, les malversations financières, les erreurs de gestion et le clientélisme de ses dirigeants, dont Yasser Arafat, évite d’expliquer la dégradation de la situation malgré l’aide pléthorique (5).

La voix de la ministre israélienne des Affaires étrangères Tzipi Livni rappelant les tirs de roquettes contre ses concitoyens, ne perturbe pas la doxa dominante dont elle partage certains pré-supposés : « le principe de la terre contre la paix », « l’économie au service de la paix », « l’intérêt réciproque des Israéliens et des Palestiniens à l’existence de l’Etat de l’autre ».

La conférence de Paris, dans la continuité de celle d’Annapolis (27 novembre 2007)
Les divers orateurs martèlent « le but à atteindre » - la création d’un Etat palestinien -, mais ne déploient pas le même zêle à l’égard des demandes des indépendantistes corses, basques, irlandais ou tchétchènes.

Le cadre de cet Etat, « rêve de Yasser Arafat qui a mis les fondations d’une renaissance palestinienne » selon le président Abbas ? Les résolutions des Nations unies, l’initiative saoudienne acceptée par la Ligue arabe et la « Feuille de route » (Road map) qui en 2003 demandait à l’AP de combattre les groupes terroristes. Une obligation dont ne s’est pas acquittée l’AP qui contrôlait alors la bande de Gaza.

Généreux, les donateurs promettent 7,48 milliards de dollars sur trois ans, dont 3,4 milliards pour 2008, à la construction institutionnelle et la reprise économique de l’Etat palestinien (6). Une somme à comparer aux « huit à neuf milliards de dollars donnés à l’AP depuis la signature des accords d’Oslo » (7), en 1993. En d’autres termes, en une année, l’AP va recevoir un tiers de l’aide accordée en 14 ans.

Ces bailleurs de fonds ne s’interrogent pas sur la destination de ces huit à neuf milliards de dollars et ne recherchent pas la fortune d’Arafat (8). Ils feront transiter leur 7,48 milliards de dollars via un mécanisme européen institué en juin 2006, le TIM (Mécanisme international temporaire), qui sera remplacé en 2008 par le dispositif PEGASE (Gestion palestino-européenne de l’aide socio-économique) « mis en œuvre en étroite coopération avec » l’AP.

De plus, Israël continuera à transférer les taxes et autres revenus douaniers collectés au nom de l’AP au « gouvernement palestinien engagé à respecter les trois principes du Quartet ».

Un avenir obéré
Avec une prétention naïve - résoudre en un an une longue guerre, existentielle pour Israël, et dangereuse par son manque de lucidité, les donateurs persistent dans une voie menant à ce qu’ils appellent la paix, mais sans analyser la nature de ce conflit né d’un refus musulman de l’Etat juif (9).

Ils n’en tirent pas les conclusions, si douloureuses soient-elles. 

En outre, ils démontrent une incapacité ou un manque de volonté à imaginer de nouvelles perspectives, un autre cadre, ou des partenaires différents, tant ils sont ligotés par la reconnaissance comme « seul représentant légitime du peuple palestinien » de l’OLP, dont le Fatah est une composante majeure.

Ils vont allouer de nouveau des sommes importantes aux mêmes responsables de l’AP, dont le Premier ministre Salaam Fayyad, qui a exercé cette fonction en 2002 et a été ministre des finances de 2002 à 2005. Des leaders qui ne reconnassent pas le caractère juif de l’Etat d’Israël.

Il est à craindre que ces 7,48 milliards de dollars ne réduiront pas le terrorisme. Steven Stotsky a démontré une corrélation entre l’aide budgétaire accordée à l’AP et l’activité terroriste qui évoluent dans le même sens. Ainsi, le terrorisme croît avec l’afflux financier (10).

Certes, les gouvernements israélien et palestinien sont tancés de remplir leurs obligations respectives, mais de manière si déséquilibrée…

Placer sous un seul commandement et « réformer les forces de sécurité qui doivent gagner en professionnalisme ». Telles sont les deux missions essentielles assignées à l’AP. Car, pour les donateurs, la violence vient de « milices » et du Hamas qu’ils ne nomment pas, sinon de manière allusive (« putschistes »). 

Cette obligation sécuritaire respectabilise à tort le Fatah, dont « 612 policiers, soit 4,5% des 13 000 de la bande de Gaza, ont participé au putsch du Hamas » selon le commandant de police Kamal al-Sheikh (11). 

De plus, le 29 novembre 2007, le Fatah a annoncé qu’il serait aux côtés du Hamas, contre Israël, en cas d’intervention militaire israélienne dans la bande de Gaza. Enfin, selon WorldNetDaily, l’AP va professionnaliser ses forces de sécurité en recrutant 15 000 Palestiniens armés, dont des milliers des Brigades des martyrs al-Aqsa en plus de ceux déjà employés (12). Rappelons que les Brigades des martyrs d’al-Aqsa, branche armée du Fatah, ont revendiqué le meurtre d’Ido Zoldan (z’’l), âgé de 29 ans, le 19 novembre 2007, près de Kedumim (13).

Certains orateurs prônent une réconciliation nationale sous la férule du président Abbas. A terme, l’union du Fatah et du Hamas ? Celui-ci a obtenu un soutien massif de centaines de milliers de Gazaouis lors de son 20e anniversaire, le 15 décembre 2007, deux jours à peine avant cette conférence.

Sur Israël pèsent des pressions urgentes et dangereuses : alléger les restrictions à la circulation pour permettre la réussite du PRDP et l’amélioration de la vie quotidienne des Palestiniens afin que ceux-ci adhèrent au « processus de paix ». Des restrictions pragmatiques motivées par le souci de la sécurité des Israéliens. Et qui permettent à l’AP de désigner à l’avance le responsable de ses éventuels futurs échecs : Israël.

Surtout cette manne financière n’est conditionnée ni par des informations sur le sort de Guilad Shalit, la reconnaissance du caractère juif de l’Etat d’Israël par les dirigeants de l’AP et par la population palestinienne (14), ni par l’arrêt de l’enseignement de la haine des juifs et des Croisés via les manuels scolaires, les émissions télévisées où l’Etat d’Israël est peint aux couleurs du drapeau palestinien (15) ou les noms des rues, etc.

En laissant vitupérer contre Israël, les donateurs obèrent l’avenir. En effet, comment songer faire la paix avec un Etat qui se conduit aussi cruellement ?

Preuve est donnée dès le lendemain de la conférence des donateurs.

Lors du 13e séminaire méditerranéen de l’OSCE (Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe) à Tel-Aviv, Tzipi Livni déclarait : « J’ai été un peu déçue aujourd’hui [18 décembre 2007] de ne pas voir les représentants de certains Etats dont, bien que nous n’ayons pas de relations diplomatiques, j’ai rencontré les ministres des Affaires étrangères hier, à Paris ».

ADDENDUM. 
Un an plus tard, plusieurs Etats arabes n'avaient pas versé leur quote-part.
En 2013, la Cour des comptes de l'Union européenne a rendu un rapport soulignant les dysfonctionnements de l'aide européenne aux Palestiniens. "Selon des estimations de la Cour des Comptes, environ 22% des fonctionnaires des services de santé et 24% de ceux du secteur de l'éducation reçoivent des subsides européens alors qu'ils ne travaillent pas. Pegase, nom du principal programme d'aide aux Palestiniens, "est destiné à soutenir les services publics au profit de la population palestinienne, le paiement des fonctionnaires qui ne travaillent pas ne fait pas partie de cet objectif", souligne le rapport. Selon M. Wessberg, la Commission européenne et le service diplomatique de l'UE "n'ont pas prêté une attention suffisante à ce problème". Le rapport recommande de rediriger vers la Cisjordanie l'aide versée aux fonctionnaires de Gaza".
Ce rapport constate que "l’UE a payé 2,9 milliards d’euros depuis 2007 pour des projets dans les territoires palestiniens, ce qui représente près d'un cinquième de son budget consacré à la « neighbourhood policy », c'est-à-dire les fonds utilisés comme instrument politique pour exercer des influences sur les pays proches".

En savoir plus sur http://www.lexpress.fr/actualite/monde/l-ue-paye-des-fonctionnaires-palestiniens-qui-ne-travaillent-pas_1306932.html#xtqZKAjWzsLvOCTz.99


(1) Selon un rapport d’OCHA (Bureau des Nations unies pour la coordination des affaires humanitaires) de mai 2007, la communauté internationale a donné en 2006 aux Palestiniens plus de 900 millions de dollars, contre 349 millions de dollars en 2005, et selon un rapport du Congrès, ce montant s’élève à 1,5 milliard de dollars. En 2007, l’aide européenne atteint presque 2,5 milliards de dollars (Daniel Pipes, Financer les Palestiniens ? Mauvaise idée 19 décembre 2007, http://fr.danielpipes.org/article/5278).

(2) Vers 467 à http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html

(3) « Entre 2000 et 2007, 2 383 impacts de roquettes, provenant de tirs à partir de la bande de Gaza, ont touché l’intérieur et les alentours des localités du sud Néguev, principalement la ville de Sdérot. Ces attaques continuelles provoquent l'accumulation d'un malaise psychologique dans la population et détruisent le sentiment de sécurité dont pouvaient jouir auparavant près de 190 000 personnes qui maintenant vivent sous la menace quotidienne des attaques de roquettes ou d'obus de mortier » (Etude d’Intelligence and Terrorism Intelligence Center à  http://www.terrorism-info.org.il/malam_multimedia/English/eng_n/pdf/rocket_threat_e.pdf).

(4) Selon l’étude de Sadan-Lowenthal Consultants, 85% des familles vivent dans des logements temporaires, 1 2060 résidents sont au chômage et 500 familles reçoivent une aide publique.

(5) Selon la Commission européenne, le taux de croissance de l’économie de l’AP s’est élevé à 48% entre 1994 et 1999 et le revenu par habitant actuel est d’environ 40% au-dessous de celui de 1999.

(6) Statistiques à http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/_57687.html

(7) Estimation du Premier ministre Salam Fayyad lors de la conférence de presse clôturant la réunion du 17 décembre 2007. Selon la Banque mondiale, ce montant avoisine les 10 milliards de dollars.

(8) En 2003, la résolution 1483 du Conseil de sécurité de l'ONU puis une décision du Conseil européen ont imposé aux Etats détenant des fonds et avoirs financiers sortis d’Iraq ou acquis par Saddam Hussein de les transférer au Fonds de développement pour l’Iraq. Une attention dont a été épargnée la fortune de Yasser Arafat.

(9) Sur la question juive de Bernard Lewis, The Wall Street Journal, 26 novembre 2007, http://online.wsj.com/article_email/SB119604260214503526-lMyQjAxMDE3OTI2NjAyNDYyWj.html

(10) Correlating Palestinian Aid and Homicides 2000-2007, 7 septembre 2007 à http://www.camera.org/index.asp?x_context=2&x_outlet=118&x_article=1362

(11) PA Officials admit problems with reforming security forces de Khaled Abou Toameh, The Jerusalem Post¸ 13 décembre 2007 à http://www.jpost.com /servlet/Satellite?cid=1196847336410&pagename=JPost%2FJPArticle%2FShowFull

(12) Palestinians in scheme to fool global donors d’Aaron Klein, WorldNetDaily, 18 décembre 2007, http://www.worldnetdaily.com/news/article.asp?ARTICLE_ID=59250

(13) Le 20 novembre, Tsahal a arrêté trois suspects : trois policiers, dont deux membres du Fatah qui ont reconnu leur implication dans cette attaque. Les faits ont été révélés par les autorités israéliennes le 2 décembre 2007.

(14) Selon un sondage réalisé par NEC (Near East Consulting) auprès de 1 200 Palestiniens vivant dans la bande de Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem, du 12 au 15 février 2007, 75% des Palestiniens interrogés ne pensent pas que l’Etat d’Israël a le droit d’exister et 70 % sont favorables à la solution à un Etat.
(15) Itamar Marcus et Barbara Crook, Palestinian Media Watch, 17 octobre 2007.


Citations


Le Président de la République Nicolas Sarkozy
’’Les paramètres d’un règlement final sont connus : les résolutions des Nations unies, le principe de l’échange de la terre contre la paix, la feuille de route du Quartet, l’initiative arabe de paix en ont fixé le cadre ».
« Notre but n’est pas de perpétuer l’assistance aux Palestiniens indéfiniment. Je sais que le vœu le plus cher des responsables palestiniens est de ne plus dépendre de l’aide internationale ».
« L’Etat palestinien… souverain sur son territoire et ses ressources, contrôlant ses frontières, disposant d’une continuité entre Gaza, la Cisjordanie et Jérusalem-Est. Un Etat qui combattra les milices et imposera une seule force armée pour une seule autorité. La paix ne se fera pas sans Gaza, partie intégrante du futur Etat palestinien. Elle ne se fera pas sous la houlette de groupes qui refusent l’existence d’Israël ». 
« L’amélioration de la liberté de circulation des biens et personnes est une priorité. Le gel complet et immédiat de la colonisation l’est également. [Une existence normale en Cisjordanie] permettra aux Palestiniens de pouvoir travailler, de cesser de remâcher leur humiliation, de faire reculer la violence et les trafics, et de retrouver le goût de vivre. Les institutions palestiniennes de Jérusalem-Est doivent réouvrir leurs portes. 
« Je le dis en toute amitié à .l’Autorité palestinienne : le temps est venu d’engager les vraies réformes et de prendre à bras le corps le problème de la sécurité. Je le dis à mes amis israéliens : le temps est venu de mettre fin à l’occupation qui a commencé en 1967, de permettre à tout un peuple de retrouver sa dignité ».
’’La France fournira, pour accompagner la création de l’Etat palestinien, un peu plus de 200 millions d’euros (soit 300 millions de dollars) sur les trois prochaines années : 65 millions d’euros d’aide budgétaire, 33 millions d’euros d’aide humanitaire et 96 millions d’euros d’aide projets dans le domaine des réformes à effets macro-économiques. Les 25 millions d’euros d’aide budgétaire pour 2008 seront déboursés dès le mois de janvier. A cela s’ajoute la part que la France prend dans l’aide de l’Union européenne’’
« Soyons audacieux. C’est la paix qui en dépend. Cette paix servira toutes les parties du monde ».
La présidence et les co-présidences se réuniront à nouveau dès le 22 janvier

Bernard Kouchner, ministre français des Affaires étrangères
’’La conférence a donné un signal fort de soutien politique et financier au gouvernement du président Abbas et du Premier ministre Fayyad, et à leur vision du futur Etat palestinien. La présidence et les co-présidences félicitent l’AP pour son plan Construire un Etat palestinien [qui] comprend un programme macro-économique et budgétaire ambitieux, mais cohérent et réalisable’’.
Un allègement du dispositif de sécurité israélien constitue un préalable dont dépend le succès du programme ».
Après ’’avoir porté en 2007 son soutien au niveau le plus élevé depuis dix ans aux Territoires palestiniens – plus de 40 millions d’euros -, la France va apporter une aide totale de 68 millions d’euros en 2008 à l’AP.
Bernard Kouchner et Salam Fayyad ont signé des conventions : une convention d’aide budgétaire de 25 millions d’euros (cette somme représente un tiers de la dépense mensuelle de rémunération des fonctionnaires palestiniens), un protocole d’accord pour la mise en place du Fonds social du développement (un million d’euros), un projet d’appui par l’AFD (Agence française du développement) aux exportations d’huile d’olive palestinienne (1,25 million d’euros) et un fonds d’expertise mis en place par l’AFD et doté de 500 000 euros.
L’aide de 25 millions fera l’objet d’un audit a posteriori.

Mahmoud Abbas, président du Comité exécutif de l’OLP et Président de l’AP
’’Au nom de D., le bienfaisant et le miséricordieux… 
Ce que nous ferons influera la paix mondiale.
Une transformation complète qui nous mènera vers la fin de l’occupation de notre terre et d’autre terre arabe qui a débuté en 1967.
Je persévèrerai à respecter toutes nos obligations fixées par la Road map et j’attends du côté israélien qu’il fasse de même de manière large, sans excuse de notre côté ou du sien.
J’attends un arrêt de toute activité d’implantation sans exception, le retrait des 127 avant-postes établis depuis 2001, la réouverture des institutions palestiniennes à Jérusalem, le retrait des checkpoints militaires et des restrictions de mouvements, l’arrêt de la construction du mur illégal de séparation et la libération des prisonniers, d’une manière réelle et non symbolique.
Le gouvernement palestinien a commencé à accomplir sa tache à travers la reconstruction des forces de sécurité. Ce qui manque, ce n’est ni une décision politique ni la détermination, mais c’est la capacité financière et l’allègement des restrictions sur le terrain pour réaliser son programme.
La bande de Gaza souffre aujourd’hui d’un embargo oppressant qui n’affecte pas les auteurs du coup (Ndlr : putsch)… mais blesse le citoyen palestinien ordinaire : l’étudiant qui veut finir sa formation, le travailleur, le fermier, l’économiste et le patient qui veut recevoir le traitement et tous les secteurs variés de la population sans exception.
Notre gouvernement s’est déclaré capable de surveiller les points de passage de la bande de Gaza afin de mettre un terme au siège…
Le gouvernement palestinien a payé les salaires de 77 000 employés de la bande de Gaza travaillant dans les domaines de la sécurité, de l’éducation, de la santé, etc.
Nous voulons établir un Etat sur la base de la continuité… indépendant, dans les frontières de 1967 et assurer les droits de nos réfugiés selon l’initiative de paix arabe et la résolution 194 des Nations unies.
Notre vision est fondée sur la loi contre le chaos… C’est le futur Etat de Palestine que nous oeuvrons à établir. C’est le rêve de Yasser Arafat qui a mis les fondations d’une renaissance palestinienne.
Ceux qui ont réalisé le coup (Ndlr : putsch) répandent partout des mensonges. Ils ne dépensent pas l’argent qu’ils ont reçu via des moyens illégitimes sauf pour financer leur force militaire et assurer la loyauté de ceux nommés illégalement dans des positions d’autorité. Vous avez tous entendus parler des meurtres, kidnappings, et détentions continus quotidiens.
Sans le soutien continu et la fourniture de liquidité au trésor palestinien, nous affronterons une catastrophe en Cisjordanie et à Gaza.
Les auteurs du [putsch] utilisent maintenant le dialogue comme excuse pour légitimer leurs actions. Je n’accepterai pas le dialogue comme moyen d’accepter ce [putsch]. Celui-ci doit d’abord cesser’’.

Salam Fayyad, Premier ministre de l’AP
’’Il est temps de prouver que le processus de paix marchera et de prouver l’engagement de la communauté internationale à mettre un terme à 40 ans d’occupation. 
Des 5,6 milliards de dollars que nous demandons pour les trois prochaines années, 3,9 milliards de dollars sont nécessaires pour soutenir le budget. Dans un proche avenir, il est important que nos besoins budgétaires – environ 120 millions de dollars par mois – soient satisfaits à temps ».

Ban Ki-Moon, secrétaire général des Nations unies
« L’inquiétude que j’éprouve pour les 1,4 million de personnes qui vivent aujourd’hui à Gaza dans des conditions effroyables n’est un secret pour personne. 
En 2007, environ 80% de la population de Gaza reçoit une aide alimentaire directe des Nations unies. Plus de 20 agences spécialisées des Nations unies fournssent une large palette d’expertise et de capacité vite opérationnelle [à l’AP] »

Benita Ferrero-Waldner, commissaire européenne chargée des Relations extérieures
« En 2008, nous ferons une contribution de 440 millions d’euros (650 millions de dollars), dont 115 millions d’euros iront à l’UNRWA (Agence onusien de secours et de travaux pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient) et à l’aide humanitaire. Plus de 325 millions d’euros (500 millions de dollars) contribueront à la mise en œuvre du PRDP.
En 2006, pour aider le peuple palestinien, malgré les circonstances politiques, la Comission européenne a mis en place le TIM (Mécanisme international temporaire) par lequel ont transité 600 millions d’euros de fonds. 
Il est temps de travailler directement avec l’Autorité palestinienne. En février 2008, nous lancerons un nouveau mécanisme, PEGASE (Gestion palestino-européenne de l’aide socio-économique) afin de soutenir le PRDP. Ouvert à d’autres donateurs internationaux, PEGASE utilisera différents canaux pour transférer l’aide de manière transparente soit directement à l’AP soit aux bénéficiaires de l’infrastructure publique et du secteur privé ».

Tzipi Livni, vice-Premier ministre et ministre israélienne des Affaires étrangères
« Dans le cadre de la Road map, une réforme fondamentale et la renonciation à la terreur pré-conditionnent le dialogue politique. La logique de ce principe demeure valable. Nous sommes prêts à remplir nos obligations.
Nous devons faire face aux obstacles, mais nous ne pouvons pas en être prisonniers. La situation créée par la prise du pouvoir par le Hamas à Gaza - ce qui provoque une terreur quotidienne aux familles israéliennes et des privations quotidiennes aux Palestiniens, tandis que Guilad Shalit demeure otage -, pèse lourdement sur nous. L’absence de droit, l’incitation, le trafic d’armes et la terreur n’ont pas cessé. Tout ceci pourrait être une excuse pour l’inaction. Alors que les obstacles posés par la réalité peuvent être grands. Notre détermination commune de ne pas céder à cette réalité doit être plus grande. J’espère que nous pourrons œuvrer à débarrasser Gaza de la terreur et à la placer sous le contrôle du gouvernement légitime palestinien.
Nous avons convenu avec l’AP de reprendre le dialogue dans le JEC (Comité économique joint), forum économique bilatéral de plus haut niveau. Un accord a été trouvé, en principe, sur les termes de référence pour la mission EUCOPPS afin d’aider à entraîner et préparer la police palestinienne.
Pour nous, les mots accès et mouvement doivent être traduits en pratique. Chaque jour, nous devons examiner comment faire avancer au mieux la paix et la sécurité, et à la fin, cela se décline dans les détails, checkpoint par checkpoint, étape par étape pour un avenir meilleur.
Pour la paix, réussir à assurer la sécurité d’Israël doit être un intérêt palestinien, comme un Etat palestinien est un intérêt d’Israël. Je crois que le président Abbas et le Premier ministre Fayyad sont nos partenaires dans cette compréhension. Nous ne voulons pas contrôler les vies des Palestiniens. Nous ne voulons pas que l’image d’Israël dans l’esprit des Palestiniens soit celle d’un soldat à un checkpoint. Mais nous savons que faire chaque effort pour améliorer la qualité de la vie, signifie aussi faire chaque effort pour mettre un terme aux menaces de la terreur et la violence ».

Dr Balaji Sadasivan, ministre des Affaires étrangères de Singapour
« Petit Etat-île sans ressource naturelle, Singapour comprend les défis qui se présentent à une Palestine indépendante. Le développement de la ressource humaine est un facteur-clé. Comme Singapour a tiré un bénéfice d’autrui, nous sommes prêts à partager notre expérience avec les dirigeants palestiniens. Nous projetons d’accorder une aide technique de 700 000 dollars ».

La présidence française et les co-présidences : Norvège qui préside le comité de liaison ad hoc des bailleurs internationaux, Commission européenne et Tony Blair, représentant spécial du Quartet pour le Proche-Orient
« Aucune reprise économique ne sera possible sans amélioration substantielle de la situation sur le terrain. Il est nécessaire que les Palestiniens et les Israéliens prennent leurs responsabilités respectives de manière à ce que les mesures sur le terrain, en particulier en ce qui concerne la liberté de mouvement et d’accès, favorisent la reprise économique et la mise en œuvre du plan ».


ADDENDUM
Le 18 août 2014, Boerge Brendes, ministre norvégien des Affaires étrangères, a annoncé que les donateurs internationaux pour la "Palestine" se réuniront au Caire (Egypte) afin de "financer la reconstruction de la bande de Gaza dès qu'un accord de cessez-le-feu durable aura été conclu entre Israël et Palestiniens". 

La conférence sur le site du ministère français des Affaires étrangères :
href="http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html" target="_blank">http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/pays-zones-geo_833/israel-territoires-palestiniens_413/processus-
paix_2800/conference-internationale-donateurs-pour-etat-palestinien-17.12.2007_57013.html


Visuels : © Photo et infographies de Véronique Chemla ; carte : PMW
Photo de gauche à droite : Salam Fayyad, Bernard Kouchner et Tony Blair.


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Cet article avait été publié par Guysen. Il a été republié sur ce blog le 21 août 2014.

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