Citations

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« Il faut commencer par le commencement et le commencement de tout est le courage » (Vladimir Jankélévitch).
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit » (Charles Péguy).

dimanche 25 janvier 2015

Raed Bawayah. Empreintes de passage


Dans le cadre du mois de la photo 2014, la Maison européenne de la Photographie (MEP) présente l’exposition  éponyme et ennuyante. Trois séries de photographies monotones, en noir et blanc, moyens et grand format, sur des ouvriers ou malades « palestiniens », des SDF en Allemagne et des Tziganes en France. Des clichés déjà montrés dans d’autres expositions de Raed Bawayah.


Raed Bawayah est né en 1971 « en Palestine, non loin de Ramallah, et son village Qatanna devient vite l’objet de sa première série de photographies Souvenirs d’enfance », indique le dossier de presse de la MEP. Déjà, en 2007, la Galerie Serge Aboukrat présentait ce photographe comme « né en Palestine ». Eh bien, non, Ramallah n’est pas en « Palestine », mais dans les territoires disputés.  

Avec « The Palestinian Dream » d’Andrea et Magda  à la TD Galerie, c’est la deuxième exposition dans le cadre du mois de la photo 2014.

Aides françaises
Orphelin de père à l’âge de sept ans, Raed Bawayah  gagne sa vie en vendant à la sauvette à Jérusalem, et se passionne pour les appareils photographiques des touristes en Israël.

Agé de 27 ans, il entre à l’École de photographie Musrara de la capitale israélienne.

« Tous les jours, il effectue près de 3 heures de marche et de bus, au péril de sa vie, pour franchir la frontière imposée par la seconde intifada. Arrêté par les gardes de la frontière, Raed Bawayah restera enfermé 15 jours à la prison de Jérusalem ». On retient ses larmes. 

Raed Bawayah multiplie les expositions : galerie de Dovlaire, Musrara School of Photography, New Media and Music, à Jérusalem, galerie Abu Shaqrah, Um AlFahem, Centre Culturel Tel-Aviv...

En 2003, Son exposition individuelle itinérante Salom est parrainée par les « Centres culturels français en Palestine, Jérusalem, Ramallah, Nazareth, Naplouse et Gaza ».

Diplômé en 2004 de cette Ecole, il multiplie les expositions en Israël. Présentée dans une galerie de Tel Aviv, son exposition personnelle itinérante « Identification N° 925596611» est parrainée par les « Centres culturels français en Palestine, Jérusalem, Ramallah, Nazareth, Naplouse et Gaza ». Elle sera présentée au Centre culturel iranien à Paris et à la Cité Internationale des Arts à Paris qui l’invite en 2005. 

Lors de sa résidence, il expose sa série Identification N°925596611, sur les « travailleurs palestiniens sans permis de travail en Israël ». Un thème auquel il a été sensibilisé lors de sa détention.

En 2006, avec le photographe israélien Pavel Wolberg, il expose ses clichés dans l’exposition Ramallah-Tel-Aviv au jour le jour à l’Hôtel de Ville de Paris puis à Naples (Italie). La Ville de Paris commandera aux deux photographes le projet Paris le jour, Paris la nuit. 

Après une exposition collective dans le cadre du Mois de la photo 2006, Raed Bawayah expose Morceaux choisis à la galerie Serge Aboukrat.

En 2007, le festival de photojournalisme Visa pour l’image de Perpignan  accueille son exposition personnelle Vivre en Palestine. Ce « travail en noir et blanc, loin de l’actualité brûlante du conflit, reflète les conditions de vie des hommes, dans les hôpitaux, maisons ou camps de réfugiés ». 

Des photographies de Raed Bawayah ont été acquises par la Maison Européenne de la Photographie de Paris  avec l’aide de la Fondation Neuflize Vie, et le Fonds national d’Art contemporain. 

Raed Bawayah vit et travaille  à Paris où il a fondé en 2013 le festival Quatrième image, dont la deuxième édition s’est tenue à l’espace des Blancs Manteaux (Paris 4e), du 28 octobre au 2 novembre 2014. Une manifestation soutenue par le Maire du 4e arrondissement de Paris, Christophe Girard, la Mairie de Paris, marraine du premier prix, la Cité des Arts de Paris, la Maison Européenne de la Photographie et son directeur Jean-Luc Monterosso, Arts Factory, laboratoire professionnel, et le magazine Polka dont le rédacteur en chef est Dimitri Beck. L’invité d’honneur de ce festival dont Raed Bawayah est le directeur artistique : le Brésil représenté par 40 photographes.

« Exclusion, enfermement, vies et destins « en marge », sont des sujets récurrents dans le travail de Raed Bawayah, qui à travers ses différentes séries en noir et blanc, s’interroge sans cesse sur la place de l’être humain ». Oui, mais son intérêt est ciblé : les « pauv’ Palestiniens », et ni les richissimes « Palestiniens » de Ramallah ou Gaza ni les pauvres Juifs israéliens.

Et la MEP poursuit en alléguant que la « Palestine » serait un pays dont les « Palestiniens » s’exileraient pour trouver du travail : « Que ce soit auprès des enfants de son village qui s’aventurent très peu hors de son périmètre, des travailleurs palestiniens contraints de s’exiler et de vendre leur force en Israël, des malades de l’hôpital psychiatrique de Bethléem, ou encore des communautés tziganes en France et des SDF en Allemagne, Raed Bawayah opère toujours avec une démarche « de l’intérieur ». Alors que la manne internationale, surtout européenne et américaine, se déverse depuis des décennies sur les « Palestiniens », il est étonnant d’éluder cette question : pourquoi ne travaillent-ils pas dans leur ville ?

Raed Bawayah « se fond dans ces différentes communautés, il entre en relation avec ses sujets, il instaure la confiance pour réaliser, dans un second temps seulement, un travail photographique réaliste et objectif, qui sait conserver pudeur, compassion et respect, dénué de tout misérabilisme ». Oh non. Ce n’est que misérabilisme par une accentuation des contrastes. Exemple : ce cliché d’un « Palestinien », de dos, portant un débardeur déchiré, ou celui d’un « Palestinien » dont on n’aperçoit que les yeux au travers de la fine fente horizontale d’un mur.

Raed Bawayah « considère son travail et sa mission en tant que photographe : il témoigne du monde et donne à ces personnes en marge, une place au cœur de la ville, au cœur de nos vies, dans les institutions culturelles et les salles d’exposition. Une mission de passage de témoin, de ce qu’il a pu découvrir lors de ses voyages, au sein des communautés où il aura laisser ses empreintes. La Maison Européenne de la Photographie lui consacre une exposition, telle une retrospective de ses différentes séries photographiques ». Le problème est que certains de ces clichés ne sont ni inédits ni intéressants. 

Le 25 novembre 2014, la MEP avait réuni Raed Bawayah et le metteur en scène Guillaume Clayssen pour une soirée presse. « Dans ses séries en noir et blanc, le photographe palestinien s’interroge sur l’exclusion, l’enfermement, la marginalité et par là même sur la place de l’être humain. Guillaume Clayssen y a présenté son prochain spectacle au théâtre L’étoile du Nord : l’adaptation d’« Un Captif Amoureux » de Jean Genet, « dans lequel les photographies de Raed Bawayah jouent précisément un rôle, celui de la mémoire collective ». C’est Guillaume Clayssen qui a alors tenu un discours politisé évoquant la « souffrance du peuple palestinien depuis 60 ans »…


Jusqu’au 25 janvier 2015 
5/7 rue de Fourcy, 75004 Paris 
Tél. : 01 44 78 75 00 
Ouvert du mercredi au dimanche de 11 h à 20 h

Visuels :
Affiche 
Russie, 2010
© Raed Bawayah

Série Les veines de la terre, Palestine, 2012
© Raed Bawayah

Série Souvenirs d’enfance, Qatanna, Palestine
© Raed Bawayah

Série Serres froides, Russie, 2010
© Raed Bawayah

Série La couleur du soleil, Roumanie, 2007
© Raed Bawayah

Série Les âmes blanches et noires, Autriche, 2010
© Raed Bawayah

Série ID925596611, ouvriers palestiniens en Israël, 2003
© Raed Bawayah

Série ID925596611, ouvriers palestiniens en Israël, 2003
© Raed Bawayah

A lire sur ce blog :

Les citations sont extraites du dossier de presse.

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