jeudi 15 juin 2017

Mon interview par Radio Chalom Nitsan le 15 juin 2017


Le 15 juin 2017, vers 14 h 35, pendant environ 20 minutes, je serai interviewée par Radio Chalom Nitsan (RCN), radio Juive de la Côte d’Azur, dans le cadre de l'émission « Israël d'Hier et d'Aujourd'hui », « émission sur l'Actualité d'Israël et la Géopolitique du Monde ». J’y évoquerai une monographie sur les huissiers de justice qui élude le rôle de ces officiers ministériels sous le régime de Vichy, l’assassinat antisémite de Sarah Halimi, l’absence d’information sur Shana Tubiana, qui a fugué à l’automne 2016, les expulsions du Dr Lionel Krief et d’Eva Tanger
L'interview est mise en ligne sur le site Internet de RCN, disponible sur Smartphone (Appli gratuite), sur la bande FM et diffusée en Israël sur Radio Futée.


Huissiers de justice
« Huissiers de justice, monographie d'une profession en mouvement » est un livre dirigé par Arnaud Raynouard. Un ouvrage concis sur ces officiers ministériels, nommés par le ministre de la Justice et détenant des monopoles. L'histoire de cette profession des « origines à nos jours », mais sans mentionner leur rôle notamment sous le régime de Vichy, dans le cadre des spoliations antisémites.

Avec les administrateurs judiciaires et les notaires, les huissiers de justice ont joué un rôle sous le gouvernement de Vichy, lors de la Deuxième Guerre mondiale, en France et dans son empire colonial. Quel rôle ? Y avait-il des huissiers de justice juifs ? 

Un rôle que des expositions - La Collaboration 1940-1945La spoliation des Juifs : une politique d'État (1940-1944)Spoliés ! L’« aryanisation » économique en France 1940-1944 - et des livres historiques sur l'Occupation occultent. Pourquoi ? Réticences de la Chambre nationale des huissiers de justice (CNHJ) créée en 1942 ? La CNHJ a refusé de répondre à mes questions. Pourtant, l'Histoire doit être étudiée, écrite, publiée, et la CNHJ devrait ouvrir ses archives sur cette période aux chercheurs, aux historiens. Plus de 70 ans après la Libération, il serait temps...
    
Assassinat de Sarah Halimi
Dans la nuit du 3 au 4 avril 2017, dans le quartier parisien de Belleville, Sarah Halimi, ancienne directrice d'école, sexagénaire juive orthodoxe, a été rouée de coups dans son domicile au 3e étage et défenestrée par Kobili Traoré, voisin musulman d’origine malienne et âgé de 27 ans. L’assassin a crié à plusieurs reprises « Allah Aqbar », récité des sourates et désigné sa victime sous le nom de « sheitan » (démon en arabe). Pendant plus d’une heure, la police, présente dans l’immeuble, n’est pas intervenue pour mettre fin à ces violences, semble avoir cru à un acte terroriste et attendu du renfort de la BAC. Kobili Traoré a été interné en hôpital psychiatrique.

Pourtant, après les attentats terroristes du 13 novembre 2016, les autorités politiques françaises avaient décidé que les forces de l'ordre sur place devaient intervenir sans attendre des forces spéciales. Et le 20 avril 2017, Karim Cheurfi, armé d'une Kalachnikov, a tiré sur un fourgon de police, tué le conducteur, Xavier Jugelé, et blessé deux autres policiers. Les policiers ont immédiatement réagi, et ont fait feu sur l’assaillant, sans attendre du renfort, sans s’interroger sur la nature éventuellement terroriste du meurtrier. Pourquoi n’ont-ils pas agi avec cette promptitude à l’égard de Sarah Halimi ?

Pendant plusieurs jours, les dirigeants des principales organisations juives françaises ont répété sur les ondes de la fréquence juive francilienne et sur les réseaux sociaux un discours exprimant leur émotion, invitant à la prudence, soulignant que « rien ne permet de retenir le caractère antisémite et rien ne permet de l’exclure. L’enquête se poursuit et toutes les pistes sont ouvertes » et affirmant la confiance dans la justice. Ce qui a creusé le fossé entre ces dirigeants et leurs coreligionnaires lambda convaincus qu’il s’agissait d’un assassinat antisémite et outrés par la "psychiatrisation" de criminels responsables de leurs actes.

Les médias juifs, français et étrangers, ont immédiatement informé sur cet assassinat, notamment sur les agressions, verbales et physiques, antisémites ayant visé Sarah Halimi et sa famille pieuse, de la part de Kobili Traoré et de ses proches.

Quelques journaux ont évoqué cette tragédie, mais sans mentionner la judéité de la victime et le fait que l’assassin est musulman. Ainsi, le 4 avril 2017, BFM a titré « Paris: mort d'une femme après une chute d'un balcon, un homme interpellé », Le Parisien a annoncé « Une femme meurt défenestrée à Paris, un voisin interpellé », 20 minutes a écrit, dans un article émaillé d'incohérences, "Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué une femme en la poussant du balcon", et Ouest France a indiqué le 5 avril 2017 « Paris. Placé en psychiatrie pour avoir défenestré sa voisine ». Quant à France-Soir, a surtitré "Transféré en psychiatrie... Paris: Un homme soupçonné d'avoir tué sa voisine en la poussant du troisième étage". Ces journaux indiquaient pourtant le nom du bailleur social Paris Habitat, l'adresse de la victime - numéro 26 de la rue Vaucouleurs (75011) -, ou les actes de « petite délinquance » commis par le meurtrier. Pourquoi ce consensus médiatique dans le "politiquement correct" classant ce crime parmi les "faits divers" ? Pour que les lecteurs n'établissent pas le rapport avec l'assassinat antisémite en 2006 d'un homonyme, Ilan Halimi ? Pour ne pas faire de vague entre les deux tours de l'élection présidentielle ? "Pour-ne-pas-faire-le-jeu-du-Front-national" ? Pour ne pas susciter de questionnements sur le "vivre ensemble" si vanté par journalistes et politiciens ?

Le 7 avril, le procureur de Paris François Molins a reçu des dirigeants d’organisations juives françaises pour faire part de sa prudence à l'égard de la qualification d'antisémitisme. Un message répercuté par ces organisations auprès de leurs coreligionnaires.

Le 9 avril 2017, à l’appel du CRIF (Conseil représentatif des institutions juives de France), une marche blanche a réuni un milliers de personnes près du domicile de la victime, dans le quartier de Belleville, à Paris. De jeunes Maghrébins ont crié « Sales juifs » et jeté des bouteilles en direction de cette foule. La police est intervenue. Vice-président du CRIF, Gil Taïeb a déclaré au Parisien : « Sarah a été assassinée par un cocktail de délinquance, de folie et une dose de haine antisémite qu’on ne peut pas ignorer ». Qu'est-ce qui lui permet d'affirmer la présence de folie alors que le rapport de l'expert psychiatre n'a pas encore été remis à la justice ? Une allégation qui risque d'abonder dans le sens d'une possible irresponsabilité pénale vers laquelle semble s'acheminer l'institution judiciaire.


Meyer Habib s'est prononcé rapidement sur cet assassinat. Le 10 avril 2017, Marine Le Pen, candidate du Front national à l'élection présidentielle, a été la première candidate à cette élection, et pendant des semaines, la seule à évoquer cet assassinat. Candidat ou Président, Emmanuel Macron ne s'est pas exprimé publiquement sur ce crime. Et ce, malgré la présence dans son premier cercle de Français juifs, et de candidats aux élections législatives qui prétendent "avoir l'oreille" du Président Emmanuel Macron.

Le 22 mai 2017, lors de la conférence de presse organisée par les avocats de la famille de Sarah Halimi, les avocats, dont Me Alexandre Buchinger, ont indiqué que la veille de l’assassinat, Kobili Traoré avait passé sa journée à la mosquée de la rue Jean-Pierre Timbaud (XIe arrondissement de Paris), célèbre pour être fréquentée notamment par des islamistes. En pleine nuit, Kobili Traoré est entré dans l’appartement contigu à celui de Sarah Halimi. Là, y vivait une famille d’origine malienne qu’il connaissait. Cette famille a eu si peur de lui qu’elle s’est enfermée dans une pièce, a jeté à la police dans la cour les clés de l’appartement. En fait, Kobili Traoré avait besoin d’entrer dans cet appartement, pour passer dans l’immeuble contigu et pénétrer via la fenêtre dans l’appartement de Sarah Halimi. Les avocats réclament que la circonstance aggravante d’antisémitisme par le juge soit retenue. J'ai interrogé Joël Mergui, président du Consistoire de Paris Ile-de-France et du Consistoire de France, pour savoir s'il avait évoqué, si d'autres dirigeants communautaires, avaient évoqué cet assassinat antisémite auprès d'Emmanuel Macron, avant ou après sa visite au Mémorial de la Shoah entre les deux tours de l'élection présidentielle. Joël Mergui m'a répondu ne pas l'avoir évoqué et ne pas savoir si ses homologues l'avaient évoqué. Ce crime ne méritait-il pas une réunion des dirigeants des principales organisations juives françaises pour adopter une stratégie commune plus efficace ? Ne méritait-il pas une requête ferme et précise auprès du candidat Macron dont l’élection était si prévisible ? Pourquoi ce silence de ces dirigeants avant/après cette visite avec Emmanuel Macron, alors qu'ils sont diserts envers leurs coreligionnaires ? 

Le 25 mai 2017, sur RMC-BFM TV, Joëlle Dago-Serry, chargée de clientèle dans le logement social, a déclaré « Dans les logements sociaux, on ne mélange plus les juifs et les musulmans » par peur de « confrontations communautaires ».

Le 6 juin 2017, dix-sept intellectuels français, dont Alain Finkielkraut, Michel Onfray, Jacques Julliard, Elisabeth Badinter, Marcel Gauchet et Sonia Mabrouk, lancent un appel exhortant à ce que la vérité soit établie sur cet assassinat.

Cet assassinat révèle la vulnérabilité de Français juifs vivant dans des contextes où l’antisémitisme prégnant n’est ni signalé à la police ou aux organisations chargées de la lutte contre l’antisémitisme, ni recensé par ces dernières. Leur isolement. Leur condition dhimmitisée. Leur absence d'organisation pour les représenter. Le discrédit d'organisations censées être leurs porte-paroles.
      
Ce crime présente des points communs avec celui de Sébastien Selam en 2003 : assassinat antisémite par un voisin musulman, présentation du criminel comme « déséquilibré », fréquentation de la même mosquée, occultation par de nombreux médias de la difficile vie de Français juifs dans certains environnements non pas seulement en banlieue, mais aussi dans Paris intra muros, etc. 

Faute d’avoir lutté pour que soit établie toute la vérité dans l’affaire Selam, faute de désigner l’antisémitisme et l’antijudaïsme islamiques et de les combattre, la communauté juive française institutionnalisée ne finit pas de constater le prix tragique de son inaction durable dans cette affaire cruciale et l'effondrement continu de la condition juive en France.

Fugue de Shana Tubiana
C’est en téléphonant à la maison d’enfants d’Aulnay-sous-bois que Stéphanie Zouari a appris que sa fille Shana Tubiana, âgée de 14 ans, « ne faisait plus partie des effectifs » et que la direction de cette maison avait déposé une déclaration de fugue le 31 octobre 2016, cinq jours avant cet appel téléphonique.

Stéphanie Zouari s’est étonnée : « Depuis cinq jours, ma fille avait disparu, et nul ne m’avait prévenue. Ni la maison d’enfants, ni l’ASE (Aide sociale à l’enfance) !? »

Elle avait donné un portable avec beaucoup de contacts au Commissariat des Lilas.

Elle s'était adressée à des organisations juives qui ne lui ont pas apporté le soutien adapté à ses attentes. Que dire du silence, de l’indifférence des médias juifs français ? 

A l'automne 2016, j'avais évoqué cette fugue dans un article conservé en Une de mon blog.

Le 2 mai 2017, Stéphanie Zouari a été entendue par un juge du Tribunal de Bobigny, dans le cadre d’une AEMO (Action éducative en milieu ouvert).

Elle n’a aucune information à ce jour sur sa fille qui illustre ces jeunes êtres fragiles, vulnérables, qui peuplent aussi la communauté juive française. Et qui méritent notre attention et des efforts pour les aider.

Affaires Dr Krief et Eva Tanger
Eva Tanger et le Dr Lionel Krief ont été expulsés de leurs appartements, vendus par adjudications, respectivement à la mi-août 2016 et le 7 juin 2017.

Ne percevant pas de rémunération de la part de Me Denis Hazane, administrateur judiciaire, pour son travail depuis plusieurs années, imposé par la Direction des Impôts sur des revenus non perçus, le Dr Krief n'a plus pu rembourser un prêt auprès du Crédit lyonnais qui a initié une procédure judiciaire aboutissant à la vente par adjudication du bien immobilier de la SCI Krief, et à l'expulsion du couple Krief de ce bien effectuée par la Selarl F. Lieurade, M-P. Lieurade et T. Yanan.

"Je dormais chez moi. J'ai été surprise et effrayée de voir environ une dizaine de policiers en civils et deux huissiers forcer ma porte. Notre avocat Me Alexandre Buchinger, avait reçu tardivement le signalement de notre expulsion, et n'a pas été en mesure de me prévenir à temps. J'ai paniqué. J'ai ouvert la fenêtre pour demander de l'aide", a déclaré Rina Krief qui demeure choquée par la violence de cette expulsion. Et de poursuivre : "Ma voisine pleurait, elle s'est excusée d'être française car elle avait parfaite connaissance de l'affaire Krief et des circonstances de la décision de cette expulsion rendue par le juge Clody du Tribunal de Pontoise".

Curieusement, un vigile a surveillé quelques jours l'appartement du Dr Lionel Krief, qui se trouve à l'étranger. Celui-ci a sollicité de l’huissier de justice la possibilité qu’un déménageur entre dans son appartement afin d’évaluer le volume des biens à emporter et d’établir un devis. En vain.

Si, dans cette affaire visant un éminent médecin nucléaire, un "gouvernement des juges", et plus généralement l'Etat ont agi ainsi. Nul doute qu'ils n'hésite(ro)nt pas à agir ainsi à l'égard de Juifs lambda.

Au printemps 2017, l'UFC-Que choisir et l'ARC (Association de responsables de copropriété) a publié une nouvelle étude sur les contrats de syndics. "Après son entrée en vigueur, en juillet 2015, le décret sur le contrat-type de syndic de copropriété et les prestations particulières méritait une attention particulière. Après avoir contribué à l’élaboration de ce contrat-type jugé équilibré, l’ARC et l’UFC-Que Choisir ont analysé les contrats des principaux syndics représentant 70 % de la profession (Citya, Foncia, Immo de France, Loiselet et Daigremont, Nexity). Ce décret en application de la loi Alur (Accès au logement et un urbanisme rénové) définit un forfait de base comprenant des prestations de gestion courante et une liste limitative des prestations particulières pouvant donner lieu à des honoraires supplémentaires. Les deux associations déplorent une hausse des tarifs des missions prévues dans le forfait, voire une baisse de niveau de celles-ci pour un prix resté stable, et surtout une envolée des coûts des prestations hors forfait. Un bilan décevant aux yeux de l’ARC et de l’UFC, qui estiment que le contrat-type n’a pas jugulé les pratiques abusives des syndics ».

Nexity a été le syndic de l'immeuble situé dans le Marais, à Paris, dans lequel est copropriétaire Eva Tanger, fonctionnaire à la retraite. Celle-ci poursuit son combat juridique pour récupérer ses appartements.

Divers articles publiés sur ce blog ont épinglé la gestion, administrative et financière, de Foncia Paris


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1 commentaire:

  1. Bonjour,
    Comment retrouver l'interview que vous avez eu sur Radio RCN le 15 juin dernier où vous avez parlé entre autres du docteur Lionel KRIEF ? Je l'ai cherché sur le site de la radio sans résultats

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