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mardi 7 août 2018

« Arthur Miller à Brooklyn »


Arte diffusera le 8 août 2018, dans le cadre d’« Invitation au voyage », « Arthur Miller à Brooklyn » par Fabrice Michelin. Le dramaturge juif américain Arthur Miller (1915-2005) a localisé à Brooklyn, quartier alors populaire de New York, l’action de certaines de ses pièces naturalistes, illustrant des débats moraux, des réflexions d'ordre éthique, avec  des personnages souvent habités par le rêve américain.


Linda Lorin « nous emmène à la découverte de trois lieux de notre patrimoine artistique, culturel et naturel. Dans ce numéro : Vu du pont de Brooklyn avec Arthur Miller  - À Madagascar, l'envoûtant canal des Pangalanes - L’incontournable : à Nantes, la place Graslin ».

« Célèbre quartier new-yorkais, Brooklyn se déploie en une gigantesque mosaïque de cultures où cohabitent une centaine de nationalités. Les entrepôts sur les docks sont devenus des logements prisés ». Environ cent nationalités y sont représentées. Deux millions et demi d'habitants y vivent. Le pont de Brooklyn permet de se rendre de ce quartier à Manhattan et inversement.

"Personne ne peut connaitre Brooklyn, car Brooklyn c'est le monde...", a écrit Arthur Miller qui y est né.

« Auteur de Mort d’un commis voyageur et de Vu du pont, le dramaturge Arthur Miller (1915-2005), qui y a passé sa jeunesse - ruinée lors de la Grande Dépression, sa famille doit quitter Manhattan -, a puisé dans ce territoire populaire le matériau de ses œuvres, les souvenirs de "personnages hauts en couleurs". A Red Hook, Miller observe les "bas-fonds", avec les marins, les  dockers, les mafieux...

Jeune marié, aspirant écrivain, Arthur Miller s'installe en 1940 à Brooklyn Heights, dans un immeuble à l'architecture industrielle. Il y reste seize ans.

En 1955, Arthur Miller est un dramaturge célébré pour All My Sons (Ils étaient tous mes fils, 1947), Death of a Salesman (Mort d’un commis voyageur, 1949), The Crucible (Les Sorcières de Salem, 1953), et auréolé du Pulitzer Prize for Drama (1949).

Les Sorcières de Salem
"Les sorcières de Salem" (Die Hexen von Salem) est un film réalisé par Raymond Rouleau, avec Yves Montand, Simone SignoretMylène Demongeot, Alfred Adam, Raymond Rouleau, Pierre Larquey, Jean Debucourt, Jean Gaven, Jeanne Fusier-Gir, Françoise Lugagne, Pascale Petit, Yves Brainville, Michel Piccoli. Le film est adapté de la pièce de théâtre d'Arthur Miller ("The Crucible") par le philosophe Jean-Paul Sartre. Il a été tourné dans les studios de Babelsberg à Berlin et à Paris.

"Initié par le couple Yves Montand et Simone Signoret, porté par des dialogues de Jean-Paul Sartre, le film s’inspire d’une chasse aux sorcières du XVIe siècle pour dénoncer la croisade anticommuniste du sénateur McCarthy."

"1692. Salem, petite bourgade du Massachusetts, un dimanche matin. En ce jour de repos et de prières, les enfants ont l’interdiction de jouer et la petite Fancy éclate en sanglots lorsque sa mère, Elisabeth, lui confisque sa poupée. Après l’avoir consolée, son père, John, refusant le repos, se rend à l’étable où l’attend la jeune et ravissante servante Abigail. Se sentant coupable, il refuse ses avances. Mais son épouse le repoussant depuis des mois, John finit par retrouver Abigail dans sa chambre. Elisabeth surprend les deux amants, et décide de renvoyer la servante, qui, pour se venger, commence à se livrer à la sorcellerie. Dans cette communauté très puritaine, elle est vite pourchassée puis arrêtée."

"Pendant près de soixante ans, le film fut invisible en salles car Arthur Miller – auteur de la pièce dont il s’inspire –, qui en détenait une partie des droits, s’était opposé à son exploitation jusqu’à sa mort en 2005. Raison officieuse : il était toujours ulcéré de la brève idylle qu’Yves Montand avait entretenue avec son épouse Marilyn Monroe. En 2017, Pathé obtint enfin les droits du film et procéda à sa restauration. Sous l’apparente reconstitution d’un fait historique se cache une virulente charge contre la chasse aux sorcières du sénateur McCarthy à Hollywood. Signoret et Montand sont à l’origine de cette adaptation où les deux acteurs livrent une bouleversante interprétation face à une Mylène Demongeot émouvante en amoureuse éconduite".

"Après avoir proposé une adaptation théâtrale réussie, jouée au théâtre Sarah-Bernard pendant deux ans, Raymond Rouleau décide de la porter à l’écran. Deux changements majeurs : l’adaptation de Marcel Aymé pour le théâtre laisse la place à celle de Jean-Paul Sartre qui écrit scénario et dialogues du film. La nouvelle recrue, Mylène Demongeot, est une révélation, et l’Académie du Cinéma lui remet l’étoile de cristal pour le Grand prix de l’interprétation française féminine. La presse de l’époque dénonce un certain intellectualisme qui tient le spectateur à distance, indifférent au sort de personnages auxquels il ne peut s’attacher ; mais elle reste unanime au sujet des comédiens, talentueux, et de la photographie, majestueuse, signée Claude Renoir. André Bazin saluera l’audace du film qu’il estime être l’un « des plus « sérieux » de la production mondiale d’après-guerre ; des plus audacieux aussi », a analysé Florence Fourn.

Le film a été distingué au "Festival international du film de Karlovy Vary 1957 -  prix collectif meilleurs acteur et actrices à Yves Montand, Simone Signoret et Mylène Demongeot - et par le BAFTA 1958 : prix de la meilleure actrice étrangère à Simone Signoret."

View From The Bridge
Le dramaturge au style réaliste publie en 1955 « A View from the Bridge » (Vue du pont), pièce de théâtre partiellement en vers et en un acte. 

Elle est mise en scène par Martin Ritt avec Van Heflin et Eileen Heckart, et représentée avec « A Memory of Two Mondays » au Coronet Theatre, à Broadway. La première a lieu le 29 septembre 1955.

Devant l’accueil mitigé réservé à la deuxième pièce, Arthur Miller étoffe « A View from the Bridge » pour la transformer en pièce en deux actes et en prose. L'histoire ? *Un avocat âgé relate une histoire tragique marquée par le destin, dont il a été témoin : Eddie Carbone, docker pauvre travaillant sur les quais de Brooklyn, élève avec son épouse Béatrice leur nièce Catherine, orpheline. Il accueille deux jeunes cousins de Béatrice : Marco et Rodolpho, immigrés illégaux italiens aux Etats-Unis. Catherine et Rodopho s’éprennent l’un de l’autre... 

Le 21 juin 1956, Arthur Miller comparait devant le House Un-American Activities Committee (HUAC), comité de la Chambre des Représentants, et refuse de livrer les noms de personnes supposées être ou avoir été compagnons de route du Parti communiste. 

Le 11 octobre 1956, à Londres (Grande-Bretagne), c'est la version en deux actes qui est présentée au public dans une mise en scène signée par Peter Brook et avec pour interprètes principaux Richard Harris et Anthony Quayle. A la première mondaine, assistent notamment Arthur Miller accompagné de sa célèbre épouse, la star glamorous Marilyn Monroe. Cette version est universellement reprise. La traduction française est signée par Marcel Aymé.

En 1962, Sidney Lumet transpose la pièce de théâtre au cinéma avec Raf Vallone, Jean Sorel, Raymond Pellegrin, Maureen Stapleton et Carol Lawrence . 


« Arthur Miller à Brooklyn »
Sur Arte le 8 août 2018 à 16 h 30
Visuels : © Arte


Image : Claude Renoir, Louis Stein
Montage : Marguerite Renoir, Ruth Moegelin
Musique : Hanns Eissler
Production : Films Borderie, Compagnie Industrielle et Commerciale Cinématographique, Pathé Consortium Cinéma, DEFA
Producteur/-trice : Raymond Borderie
Scénario : Jean-Paul Sartre
Acteurs : Simone Signoret, Yves Montand, Mylène Demongeot, Jean Debucourt, Raymond Rouleau, Pascale Petit
Auteur : Arthur Miller
France, Allemagne, 1957
Visuels : © 1957 Pathé Production/DEFA

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Les citations proviennent d'Arte.

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