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mardi 15 décembre 2020

Franz Lehár (1870-1948)

Franz Lehár (1870-1948) était un compositeur autrichien d'origine hongroise, polyglotte, auteur d’opérettes : La Veuve joyeuse (Die lustige Witwe), créée à Vienne en 1905, Le Pays du sourire (Das Land des Lächeln). Le régime nazi instrumentalise la musique de Franz Lehár dans sa propagande. Arte diffusera le 23 décembre 2020 « Bal viennois avec l'Orchestre de Paris » (Wiener Abend mit dem Orchestre de Paris) de Julien Condemine, le 28 décembre 2020 « Franz Lehár - L'opérette est mon royaume » (Franz Lehár, der Operettenkönig) de Thomas Macho et « Franz Lehár : "Le pays du sourire"  (Franz Lehár: Das Land des Lächelns) de Michael Beyer.

Bertolt Brecht (1898-1956) 
Saleem Ashkar
Saleem Ashkar
Daniel Barenboim  
« Requiem pour la vie », de Doug Schulz
« Le Maestro. Pour que vive la musique des camps » de Alexandre Valenti 

Franz Lehár (1870-1948) nait dans une famille d'origine tchèque, à Komárom, alors dans l'empire austro-hongrois et aujourd'hui dénommée Komárno, ville située en Slovaquie.

Son père dirige la fanfare du 50e régiment d’infanterie de l’armée austro-hongroise. 

Enfant, Franz Lehár étudie le piano, puis en 1882, il étudie au conservatoire de Prague le violon avec Anton Bennewitz, la théorie musicale avec Josef Foerster et la composition avec Antonín Dvořák. Johannes Brahms l'oriente vers le professeur influent Mandyczewski.

Franz Lehár débute sa carrière professionnelle comme musicien d’orchestre à Wuppertal. Il est le plus jeune Kapellmeister (chef d’orchestre) militaire de l’armée austro-hongroise (La « KuK Armee »). À Vienne, Franz Lehár entre dans l’orchestre de son père et, progressivement, lui succède. Il voyage à Pula, Trieste, Budapest et se fixe à Vienne (1899-1902). Le succès lui permet de vivre de ses compositions, et de créer essentiellement des opérettes.

Ses deux premières oeuvres, Wiener Frauen et Der Rastelbinder, révèlent sa maîtrise de ce genre musical. La Veuve joyeuse (1905) - 
 sur un livret de Victor Léon et Leo Stein, d'après la comédie d'Henri Meilhac, L'Attaché d'ambassade (1861) -, puis Le Comte de Luxembourg, L’Amour tzigane et Eva amplifient son succès mondial.

Dans les années 1920, le public privilégie la revue (Lehár adapte en « revue » La Veuve joyeuse avec Fritzi Massary)  à l’opérette. Le style de Lehár se modifie. Depuis Paganini, il abandonne le « happy end » classique, et s'essaie à l’opéra. Les partitions du ténor des opérettes (Le Pays du sourire sur un livret de Ludwig Herzer et Fritz Löhner-Beda, Le Tsarévich) sont dédiées à Richard Tauber. Franz Lehár élabore sa dernière opérette, Giuditta, comme une « comédie musicale » qui est créée en 1934 à l’opéra national de Vienne.

Franz Lehár et son ami Giacomo Puccini exercent une influence réciproque sur leur art. 

Franz Lehár compose "deux poèmes symphoniques, deux concertos pour violon, de la musique de film, des chansons, des danses et des marches."

Avec l'argent procuré par ses oeuvres, Franz Lehár acquiert en 1931 le Schikaneder-Schlössl à Vienne-Nußdorf, anciennement détenue par Emanuel Schikaneder, une villa à Bad Ischl, une  importantes station thermale près du lac Saint Wolfgang, renommé pour son Auberge du Cheval blanc.

L'avènement du nazisme influe sur la vie et la carrière de Franz Lehár qui a collaboré avec des librettistes juifs pour ses opéras et a évolué dans le milieu culturel viennois, fréquentant de nombreux juifs. Si Franz Lehár est catholique, son épouse, Sophie (née Paschkis) (1878-1947) est d’origine juive et s'était convertie au catholicisme avant leur mariage. Le Führer Adolf Hitler aime la musique de Lehár, et Goebbels intervient en faveur du compositeur. En 1938, Sophie Lehár bénéficie du statut de Ehrenarierin (« aryenne d’honneur par le mariage »), mais n'est pas épargnée par des tentatives d’expulsion.

Le régime nazi instrumentalise la musique de Franz Lehár dans sa propagande : musique jouée durant des concerts dans Paris occupé (1941) et Lehár y dirige en janvier 1941 la version française du Pays du sourire. Le couple Lehár offre un cadeau à Hitler pour son anniversaire en 1938. Franz Lehár essaie vainement d’obtenir de Hitler qu'un de ses librettistes, Fritz Löhner-Beda, ait une garantie d’immunité : Fritz Löhner-Beda est déporté, et est tué, avec son épouse, à Auschwitz.

Après une tournée désastreuse à Budapest en 1943, Franz Lehár est autorisé à aller  avec sa femme en Suisse. Son état de santé s'avère graves : problèmes biliaires, rénaux, glandulaires et oculaires, pneumonie. Le couple Lehár reste durant les derniers mois de la Deuxième Guerre mondiale à Bad Ischl. Après la fin du conflit, Franz Lehár renie ses relations complexes avec le Troisième Reich.

Après le décès de son épouse en 1947 à Zurich, Franz Lehár, très éprouvé, revient en août 1948 à Bad Ischl qui lui réserve un accueil enthousiaste et lui décerne le titre de citoyen d’honneur. Il prépare la transformation de sa villa en musée. Il meurt le 24 octobre 1948. Il est inhumé dans le caveau familial, près de son épouse et de sa mère, vis-à-vis du tombeau de Richard Tauber, son ténor préféré, et à proximité de celui d’Oscar Straus, le compositeur de Rêve de valses.

Serge Gainsbourg a rendu hommage à ce compositeur dans sa chanson L'assassinat de Franz Lehár, qu'il a interprétée à la télévision avec Philippe Clay.

« Franz Lehár - L'opérette est mon royaume »
Arte diffusera le 28 décembre 2020 « Franz Lehár - L'opérette est mon royaume » (Franz Lehár, der Operettenkönig) de Thomas Macho
« Ce documentaire-fiction, émaillé des célèbres airs d’opérette de Franz Lehár (1870-1948), revient sur la carrière du compositeur autrichien dont la vie fut bouleversée par l’avènement du régime nazi ».

« En 1945, la journaliste viennoise Elsa Herz s’entretient avec le célèbre compositeur d’opérette Franz Lehár, alors âgé de 75 ans, pour évoquer sa carrière. Mais le musicien autrichien d’origine hongroise se montre rétif lorsqu’elle aborde les années sombres de l’Occupation. Elle parvient néanmoins à lui arracher quelques confessions sur ses liens avec le régime nazi, sa femme Sophie, juive, et l’assassinat de deux de ses librettistes… Si cette conversation entre la journaliste et le compositeur relève de la fiction, les réponses données par ce dernier sont des citations authentiques. »

« Alors que l’on célèbre en demi-teinte le 150e anniversaire de sa naissance, ce documentaire retrace le parcours de celui qui fut l’incarnation du compositeur d’opérette, mais dont la gloire fut entachée par la proximité avec le IIIe Reich ». 

« Ses grands succès, dont "La veuve joyeuse" et "Le pays du sourire", sont ici rejoués par l’Orchestre symphonique de Vienne. »

« Bal viennois avec l'Orchestre de Paris »
Arte diffusera le 23 décembre 2020 « Bal viennois avec l'Orchestre de Paris » (Wiener Abend mit dem Orchestre de Paris) de Julien Condemine.

« Sur des airs de Strauss ou d'Offenbach, la Philharmonie de Paris se transforme en prestigieuse piste de danse pour une soirée virevoltante. Sous la houlette de Thomas Hengelbrock, l’Orchestre de Paris y accompagne un couple de chanteurs pétillants, la soprano Annette Dasch et le ténor Cyrille Dubois. »

« Le 8 juin 2017, la Philharmonie de Paris accueille un concert au format exceptionnel, à la croisée de la fête et du bal de prestige ». 

« L’Orchestre de Paris y accompagne un couple de chanteurs pétillants, la soprano Annette Dasch et le ténor Cyrille Dubois, réunis autour d’un programme de valses parmi les plus populaires des répertoires français et allemand ». 

« L'originalité de la soirée tient à ce que Thomas Hengelbrock, avec les compositions de Johann Strauss, puis Annette Dasch et Cyrille Dubois, avec les airs d’opérette de Franz Lehár, Emmerich Kálmán et Jacques Offenbach, invitent le public à danser ». 

« Le parterre de la Philharmonie prend des airs de piste de bal et la soirée viennoise devient enjouée, franchement festive, avec des couples virevoltant et des spectateurs vibrant à l'unisson. Un ravissement. »

« Franz Lehár : "Le pays du sourire"
Arte diffusera le 28 décembre 2020 « Franz Lehár : "Le pays du sourire"  (Franz Lehár: Das Land des Lächelns) de Michael Beyer.
« Les déconvenues d'une jeune Autrichienne, qui a suivi par amour son mari, un prince chinois, à Pékin. Signée Franz Lehár, l’une des plus célèbres opérettes du XXe siècle magnifiée par un brillant casting : la soprano allemande Julia Kleiter et le ténor polonais Piotr Beczala. »

"Toujours sourire, le cœur douloureux, et sembler rire du sort malheureux", chante d’un air mélancolique le prince Sou-Chong dans le premier acte de cette opérette créée à Berlin en 1929. 

« Version remaniée de La tunique jaune, du même Franz Lehár, Le pays du sourire raconte l’histoire d’amour contrariée entre Lisa, une jeune Autrichienne, et Sou-Chong, un prince chinois. Les deux protagonistes se rencontrent à Vienne, où ce dernier est ambassadeur. Lorsqu’il annonce à Lisa qu’il est rappelé en Chine pour devenir Premier ministre, elle décide de le suivre à Pékin. Mais la jeune femme doit composer avec des différences culturelles inattendues, comme la polygamie de son mari… »

« Pour cette production de l’Opéra de Zurich, le metteur en scène allemand Andreas Homoki a raccourci les dialogues du livret d’origine afin de mettre l’accent sur le couple formé par Lisa et Sou-Chong, incarnés par deux excellents interprètes : la soprano allemande Julia Kleiter et le ténor polonais Piotr Beczala. »

Affiche
Franz Lehar. The Merry Widow, piano score, front page, Vienna 1906
Photo Ludwig Gutmann — collections Walter Anton. https://www.worldcat.org/title/es-waren-zwei-konigskinder-lied-aus-der-operette-die-lustige-witwe/oclc/181642836


France, Autriche, 2020
Direction musicale : Manfred Honeck
Orchestre : Wiener Philharmoniker
Avec Piotr Beczała (ténor), Aglaia Szyszkowitz (Elsa Herz), Wolfgang Hübsch (Franz Lehár), Camilla Nylund (soprano), Michael Schade (ténor)
Sur Arte le 28 décembre 2020 à 01 h 00
Disponible du 27/12/2020 au 02/01/2021
Visuels :
© FOR TV 2020
© Julia Wesely 2020

« Bal viennois avec l'Orchestre de Paris » de Julien Condemine 
France, 2017
Composition : Johann Strauss, Franz Léhar, Jacques Offenbach, Charles Lecocq, Emmerich Kálmán
Direction musicale : Thomas Hengelbrock
Orchestre : Orchestre de Paris
Avec Cyrille Dubois (ténor), Annette Dasch (soprano)
Sur Arte le 23 décembre 2020 à 22 h 35
Disponible du 16/12/2020 au 21/01/2021
Visuels :
Thomas Henglbrock, Annette Dasch et Cyrille Dubois saluent la foule
Annette Dasch et Cyrille Dubois s’enlacent
© Julien Philippy

Le chef d' orchestr Thomas Hengelbrock
© Gingerlemon

« Franz Lehár : "Le pays du sourire"  de Michael Beyer 
Allemagne, 2017
Mise en scène : Andreas Homoki
Direction musicale : Fabio Luisi
Orchestre : Philharmonia Zürich
Direction de chœur : Ernst Raffelsberger
Choeur : Chor der Oper Zürich
Chorégraphie : Arturo Gama
Scénographie : Wolfgang Gussmann
Costumes : Wolfgang Gussmann, Susana Mendoza
Lumière : Franck Evin
Avec Piotr Beczała (Prince Sou-Chong), Julia Kleiter (Lisa), Rebeca Olvera (Mi), Spencer Lang (Comte Gustav von Pottenstein), Cheyne Davidson (Tschang), Martin Zysset (Chef des eunuques)
Sur Arte le 28 décembre 2020 à 01 h 55
Disponible du 26/12/2020 au 25/01/2021

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