mercredi 7 octobre 2015

Saul Steinberg (1914-1999)


La Galerie Claude Bernard présente l'exposition collective Sculptures avec notamment des oeuvres de Saul Steinberg (1914-1999). Né dans une famille Juive en Roumanie, Saul Steinberg est un célèbre caricaturiste, graphiste, scénographe, dessinateur de mode, de publicité et presse et illustrateur américain, notamment pendant 60 ans pour The New Yorker. Un auteur au trait « élégant, incisif et inventif » et au style « entre humour, caricature et fable politique ».


« Dessiner est un dur plaisir », déclarait le photographe Henri-Cartier-Bresson.

Son ami Saul Steinberg renchérissait : « Il est difficile de reproduire la nature dans toute sa réalité substantielle, d'en saisir la vérité intrinsèque ; cela exige beaucoup d'efforts, un engagement auquel on se soustrait par paresse – il est tellement plus commode, moins fatiguant, d'inventer » (Ombres et reflets).

« Balkan Bazaar » (Charles Simic)
Saul Steinberg  naît dans une famille Juive d’origine russe de la petite bourgeoisie à Râmnicu Sărat, Buzău, (Roumanie) en 1914 : son père imprimeur fabriquait des boites cartonnées.

Il étudie pendant un an les lettres et la philosophie à l’université de Bucarest. 

Architecte formé à Milan (1933-1940) – son diplôme précise « Saul Steinberg, de race juive » -, il débute par des caricatures particulièrement incisives publiées dans un journal italien antifasciste, Bertoldo. 

Ses premiers dessins sont publiés en 1940 dans Life et Harper’s Bazaar, et au Brésil. 

Persécuté par les lois antisémites fascistes, Saul Steinberg  est interné six mois en 1941 dans un camp en Italie, et parvient à fuir ce pays.

Avant son arrivée aux Etats-Unis, alors qu'il attendait son visa à Saint-Domingue, il initie une collaboration de plus de 50 ans avec le réputé New Yorker  dont il illustre 90 couvertures et dont 1 200 dessins sont publiées en pages intérieures.


Pendant la Seconde Guerre mondiale, il crée en 1942 des dessins contre les forces de l’Axe pour le journal PM, et arrive à New York en juin 1942

Naturalisé américain en février 1943, il sert comme officier des services de renseignements de la Marine et du Bureau des affaires stratégiques (OSS). Affecté dans un centre d’entrainement en Chine en juillet 1943, il est affecté à Alger auprès des services de propagande (Morale Operations) du OSS.

La première exposition individuelle de Saul Steinberg a lieu à la Wekefield Gallery, à New York, en 1943.

En 1944, Saul Steinberg  sert à Naples, puis à Rome où il dessine des supports de propagande.

A l’automne 1944, il revient à Washington et épouse Hedda Sterne, artiste originaire de Roumanie.

Génie du dessin
En 1946, le Museum of Modern Art présente l’exposition Fourteen Americans, avec des œuvres de Steinberg, Arshile Gorky, Isamu Noguchi, et Robert Motherwell.

En 1947-1948, Saul Steinberg  conçoit "des œuvres murales pour le restaurant d’un hôtel moderne, le Terrace Place Hotel à Cincinnati (aujourd’hui conservée au Cincinnati Art Museum) et pour les bars de quatre bateaux de la compagnie maritime American Export Lines". Est publié son deuxième livre The Art of Living.

L’année suivante, son œuvre murale de la ville de Détroit est présentée à l’exposition phare de design intérieur « An Exhibition for Modern Living » au Detroit Institute of Arts.

Il s’impose comme dessinateur satirique, propagandiste, illustrateur, graphiste, muraliste, dessinateur de mode et de publicité, scénographe et créateur de livres d'images. L’un de ses dessins les plus célèbres est View of the World from 9th Avenue pour The New Yorker (29 mars 1976), carte représentant la géographie mentale des habitants de Manhattan.

Il dessine dans la section de l’Histoire de l’architecture du Children's Labyrinth  (Labyrinthe des enfants), œuvre murale pour la Xe Triennale de Milan en 1958 et un collage panoramique de 80 mètres de long The Americans  du pavillon américain pour la Foire mondiale de Bruxelles (1958).

En 1960, Saul Steinberg « se sépare de Hedda Sterne, avec laquelle il reste proche jusqu’à la fin de sa vie ». Il débute « sa relation avec Sigrid Spaeth, étudiante allemande en photographie et design. Il recentra désormais son travail autour de ses dessins et couvertures pour le New Yorker et de ses expositions pour les galeries américaines et européennes », et est influencé par sa lecture des comix underground en 1968.

Pour la galerie Maeght, il crée en 1966 Le Masque. Ce qui l’inspirera pour créer sa série Les Masques en papier marron découpé et décoré de visages. Une métaphore sur les personnages joués par tout un chacun dans la société. Des masques stylisés portés par des personnes, et photographiés  par Inge Morath.

Saul Steinberg se définissait comme « un écrivain qui dessine… Plus qu'un peintre peignant, je me sens chef d'orchestre », auteur de dessins comparables à des « leurres fascinants ».

Des rétrospectives de l’œuvre de Saul Steinberg ont été montrées aux Etats-Unis et en Europe, notamment au Whitney Museum of American Art (1978) et à l’IVAM (Institute for Modern Art in Valencia) en Espagne (2002).

En 2006, est inaugurée aux Etats-Unis la rétrospective itinérante Steinberg: Illuminations. En France, la Fondation Henri Cartier-Bresson la présente en 2008 en offrant aux visiteurs un aperçu global par une centaine de dessins, collages et assemblages réalisés des années 1930 aux années 1990.

En 2008, Quelques mois après la rétrospective Illuminations  à la Fondation Henri Cartier-Bresson, la galerie Claude Bernard  a présenté une vingtaine de collages, dessins et sculptures – techniques mixtes sur bois - de cet artiste américain populaire. Dans The American Corrida (1981), Saul Steinberg dessine ironiquement un Oncle Sam, aux allures du président Lincoln, qui tient dans une arène un fanion Stars and Stripes devant un immense paon faisant la roue. Une autre œuvre montre avec fantaisie des étiquettes surnageant entre les vagues d’un papier à musique. On retrouve ce goût des formes géométriques dans Easel (1988) composé d’une série de morceaux de bois semblant former un étrange oiseau. Préfacé par Philippe Dagen, un joli catalogue accompagnait l’exposition.

La Halle Saint Pierre a présenté l'exposition Les Cahiers dessinés (21 janvier-14 août 2015) réunissant plus de 500 œuvres de 67 artistes internationaux dont Anne GoroubenMarcel KatuchevskiRoland Topor et Saul Steinberg.

Originaire lui aussi de Roumanie, le dramaturge Ionesco disait de Saul Steinberg : « Je crois qu'aucun autre artiste n'a su comme lui ou n'a réussi comme lui à faire de la caricature un langage et une critique métaphysiques ».

A l'automne 2015, la Galerie Claude Bernard présente l'exposition collective Sculptures avec notamment des œuvres de Saul Steinberg (1914-1999). En 1957, Claude Bernard ouvrait sa galerie en présentant des sculptures qu'il affectionnait tant. En 2015, la galerie propose une exposition de sculptures en bois, en marbre, en pierre, d'artistes tels Picasso, Max Ernst...

Du 1er au 31 octobre 2015
A la galerie Claude Bernard
7-9, rue des Beaux Arts 75006 Paris
Tél. : 01 43 26 97 07
Du mardi au samedi de 9 h 30 à 12 h 30 et de 14 h 30 à 18 h 30 et exceptionnellement le 12 octobre de 14 h 30 à 18 h 30.


Du 21 janvier au 14 août 2015
la Halle Saint Pierre
2, rue Ronsard. 75018 Paris
Du lundi au vendredi de 11 h à 18 h. Le samedi de 11 h à 19 h, le dimanche de 12 h à 18 h.
Tél. : 33 (0) 1 42 58 72 89

Visuel :
SAUL STEINBERG - Révolution culturelle – Art news
1970 - Crayon - 58 x 74 cm
Coll. Isabelle Maeght, Paris © ADAGP, Paris 2015
Photo Galerie Maeght, Paris

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Articles in English

Cet article a été publié en une version concise dans L'Arche. Il a été publié sur ce blog les 23 janvier et 9 août 2015.

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