vendredi 23 décembre 2016

Vitraux de cathédrales en France


En 2004, le Panthéon avait accueilli l’exposition « Mémoire du verre, vitraux majeurs du Moyen Âge ». Le 24 décembre 2016, à 20 h 50, Arte diffusera Les cathédrales dévoilées (Kathedralen. Wunderwerke der Gotik), documentaire de Christine Le Goff et Gary Glassman (2010, 81 min). "Véritable révolution architecturale, les cathédrales, nées au milieu du XIIe siècle, ont profondément transformé le paysage français, et permis aux bâtisseurs de satisfaire leur quête de lumière et de gigantisme".


En 2004, pour la première fois avaient été présentés six relevés grandeur nature de vitraux illustrant la Bible dans six cathédrales françaises.

Mémoire du verre
Le Panthéon avait réuni six relevés d’œuvres importantes du XIe au XVIe siècles provenant du musée des Monuments français. C’est au conservateur Paul Deschamps que l’on doit ces copies grandeur nature d’œuvres importantes choisies parmi les plus emblématiques de l’art français dans les cathédrales de Bourges, Chartres, Châteauroux, Poitiers, Sens et du Mans.

Exécutées entre 1939 et 1950, elles étaient exposées « à hauteur d’homme » et témoignaient de l’évolution des techniques en architecture et en vitrail. Et elles témoignent de l’importance de l’héritage juif et chrétien en France, ainsi que de l’évolution des techniques utilisées, en architecture et en vitrail.

Les auteurs des vitraux établissaient « des concordances » entre la Bible hébraïque « et le Nouveau Testament ». 

La cathédrale Notre-Dame de Chartres (vers 1230) abrite plus de cent verrières, dont  « Les Rois David et Salomon ». Ces Rois « font davantage que préfigurer le Christ, ils en sont les ancêtres directs. Leurs figures occupent les fenêtres hautes situées au transept Nord et s’insèrent dans une série de cinq lancettes surmontées d’une rose consacrée au triomphe de la Vierge. Ces deux vitraux ont vraisemblablement été offerts vers 1230 par Louis VIII et Blanche de Castille, parents de Saint Louis. Ces grands personnages accompagnent les scènes légendaires situées dans les fenêtres basses. La gamme de ton de ces deux vitraux demeure encore relativement restreinte, les couleurs dominantes, le rouge et le bleu s’inscrivent encore fidèlement dans la tradition du XIIe siècle. La robe bleue que porte David symbolise la Justice et la Foi. « Chaque roi, la tête couronnée, est représenté sous une arcature formant un dais et porte son attribut distinctif. Ainsi David porte une harpe, allusion au roi musicien. Et Salomon tient dans la main droite un sceptre, symbole de sa qualité royale, et dans sa main gauche un compas, référence à sa fonction de roi bâtisseur du 1er temple de Jérusalem ». 

Quant au vitrail du prophète Joël de la cathédrale Saint-Etienne de Bourges, vers 1230-1240, « sont désignés comme prophètes des hommes dont le pouvoir s’exerce le plus souvent  « par la parole » qu’ils ont reçue de Dieu et qu’ils transmettent aux hommes. Les figures » de la Bible hébraïque « sont souvent évoquées par les apôtres puis, au début de l’ère chrétienne et au Moyen Âge, par les Pères de l’Eglise et les théologiens qui établissaient des concordances afin de démontrer que la venue et l’histoire du Christ avait déjà été annoncée dans » la Bible hébraïque par les Prophètes. Ainsi, « Joël est-il considéré comme le prophète annonciateur de la Pentecôte. Au XIIe siècle, les développements de l’architecture gothique, la création de la croisée d’ogives et le système de contrebutée opéré par les arcs boutants permettent d’évider les murs. Le mur porteur est remplacé par un mur écran. Les fenêtres, en s’agrandissant, supplantent alors la maçonnerie et se divisent en plusieurs lancettes. C’est ainsi qu’à Bourges, dans les fenêtres supérieures du chœur de la cathédrale, le prophète Joël occupe toute la hauteur d’une lancette. Il s’agit sur le plan formel d’une figure isolée dont la tête s’insère sous un dais d’architecture. Il est accompagné de l’assemblée des prophètes. L’inscription de son nom au bas du vitrail est visible depuis le chœur par les fidèles et signale son appartenance à la lignée des Prophètes ».

Cathédrale de Reims
L’artiste « allemand Imi Knoebel a conçu dix vitraux aux couleurs joyeuses pour la cathédrale de Reims. Certains d'entre eux ont été financés par le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, un siècle après les dommages subis par le sanctuaire durant la Première Guerre mondiale. Un cadeau de l'Allemagne ».

Dans ce monument en art et à la statuaire gothiques a été sacré le roi Louis le Pieux par le pape Etienne VI en 846. Cette cathédrale résulte de reconstructions consécutives à des incendies et à un ouragan.

En 1991, l'Unesco (Organisation des Nations unies pour l'Education la Science et la Culture) a inscrit sur sa la liste du Patrimoine mondiale de l'Unesco la cathédrale Notre-Dame, ancienne abbaye Saint-Rémi et palais du Tau, Reims : "L'utilisation exceptionnelle des nouvelles techniques architecturales du XIIIe siècle et l'harmonieux mariage de la décoration sculptée avec les éléments architecturaux ont fait de la cathédrale Notre-Dame de Reims un des chefs-d'œuvre de l'art gothique. L'ancienne abbaye, qui a conservé une très belle nef du XIe siècle, abrite les restes de l'archevêque saint Rémi (440-533), qui institua la sainte onction des rois de France. Le palais du Tau, ancien palais archiépiscopal, qui occupait une place importante dans la cérémonie du sacre, a été presque entièrement reconstruit au XVIIe siècle".

Après « six vitraux en sept couleurs créés en 2011 pour célébrer le 800e anniversaire de la cathédrale de Reims, l’artiste minimaliste Imi Knoebel en a réalisé trois autres, affichant vingt-sept nuances différentes. La première commande émanait de l’État français, celle-ci a été financée par l’artiste, le ministère fédéral des Affaires étrangères et une fondation publique ».

Arte diffusa le 8 novembre 2015 Les nouveaux vitraux de la cathédrale de Reims. Un cadeau de l'Allemagne à la France (Die Neuen Fenster Der Kathedrale Von Reims. Ein Geschenk Deutschlands an Frankreich), documentaire de Peter Braatz.

Les cathédrales
Le 24 décembre 2016, à 20 h 50, Arte diffusera Les cathédrales dévoilées (Kathedralen. Wunderwerke der Gotik), documentaire de Christine Le Goff et Gary Glassman (2010, 81 min). "Véritable révolution architecturale, les cathédrales, nées au milieu du XIIe siècle, ont profondément transformé le paysage français, et permis aux bâtisseurs de satisfaire leur quête de lumière et de gigantisme".

"On les résume souvent à l'arc brisé, à la voûte d'ogives et à l'arc-boutant. Or, des découvertes récentes ont dévoilé une réalité plus complexe. Si les arcs-boutants de Noyon ne furent ajoutés qu'après coup, en revanche, à Paris, ils apparurent plus tôt qu'on ne l'affirmait, dès le XIIe siècle. Scrutant la pierre, le vitrail et le fer, une nouvelle génération de chercheurs est sur le point de réécrire l'histoire des cathédrale".

"Peu de témoignages subsistent sur ces éblouissants édifices.Les spécialistes, géologues et archéologues, doivent donc les décrypter. Récemment, ils ont pu numériser des monuments au laser et les reconstituer en 3D, accédant ainsi à des données précises. Celles-ci ont révélé des éléments troublants : anomalies architecturales, arcs-boutants mal placés... Par ailleurs, les travaux de restauration entrepris à Chartres ont abouti à de surprenantes découvertes sur les matériaux et les techniques de construction. Scrutant la pierre, le vitrail et le fer, une nouvelle génération de chercheurs est sur le point de réécrire l'histoire" des cathédrales.

"À l'aide d'interviews de spécialistes et d'images de synthèse, ce documentaire fait le point sur ces avancées et retrace aussi le travail des artisans, longtemps restés dans l'ombre des maîtres d'œuvre et des commanditaires. Chemin faisant, on visite les hauteurs et les recoins les plus inaccessibles des grandes cathédrales de France, à Paris, Beauvais, Amiens, Noyon et Chartres, défiant les lois de la pesanteur".

WDR, 2015, 26 minutes
Sur Arte le 8 novembre 2015 à 12 h 30

Visuels :
Vitraux de la cathédrale de Chartres
H. Gaud / rectorat cath. Chartres

Cathédrale de Reims
© Editions Gelbart

Auteur : Jean-Jacques Gelbart


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Les citations proviennent du MONUM et d'Arte. Cet article a été en partie publié par Actualité juive. Il a été publié sur ce blog le 8 novembre 2015.

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