samedi 15 avril 2017

L'art et l’enfant. Chefs-d’œuvre de la peinture française : Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Monet, Matisse, Renoir, Picasso…


Le musée Marmottan Monet présente l’exposition « L’ Art et l’enfant. Chefs-d’oeuvre de la peinture française :  : Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Monet, Matisse, Renoir, Picasso… ». L’évolution de la représentation de l’enfant, devenu digne d'être portraituré, dans la peinture et la sculpture, de l’Ancien Régime à l’époque contemporaine. Le 16 avril 2017, Arte diffusera L'art et l'enfant, documentaire de Jérôme-Cécil Auffret.

Les enfants modèles de Claude Renoir à Pierre Arditi
L'art et l’enfant. Chefs-d’œuvre de la peinture française : Cézanne, Chardin, Corot, Manet, Monet, Matisse, Renoir, Picasso… 

Le Nain, Philippe de Champaigne, Chardin, Greuze, Corot, Daumier, Millet, Manet, Cézanne, Monet, Morisot, Renoir, Bastien-Lepage, Pelez, Bonnard, Vallotton, Maurice Denis, Matisse, Picasso, Chaissac, Dubuffet… Ces peintres ont représenté l’enfant dans leurs tableaux. Au musée Marmottan Monet, « près de soixante-quinze œuvres signées par ces illustres auteurs et provenant de collections particulières et de prestigieux musées français et étrangers sont réunies » sur cette thématique.

« Fruit de la collaboration d’historiens et d’historiens de l’art, cette exposition inédite retrace l’histoire du statut de l’enfant du XIVe au XXe siècle et permet de porter un regard nouveau sur ces œuvres en interrogeant différemment la peinture ». Curieusement, l’exposition reprend les thèses de l’historien Philippe Ariès, auteur d’un essai alors novateur, puis controversé « L'Enfant et la vie familiale sous l'Ancien Régime », mais sans le citer. Pour les commissaires de l’exposition - Jacques Gélis, Historien, Professeur émérite d’histoire moderne de l’Université de Paris VIII, Marianne Mathieu, Adjointe au directeur, Chargée des collections du musée Marmottan Monet, Dominique Lobstein, Historien de l’art, et pour sa contribution à la recherche iconographique, Anne Galloyer, conservateur du Musée-Fournaise -, les progrès scientifiques, notamment de la médecine, et induisant une baisse de la mortalité infantile, ont favorisé l’attachement affectif des parents à leurs enfants. Au fil des siècles, l’enfant devient un sujet distinct pour les peintres et digne d’être portraituré.

En 2010, le musée de l’Orangerie avait présenté l’exposition Les enfants modèles de Claude Renoir à Pierre Arditi.  Les enfants ou neveux d’artistes pris comme modèles par les artistes.

Le musée Marmottan élargit le corpus.

L’exposition s’ouvre par « une des pièces majeures du musée de Cluny, La présentation au temple attribuée à André Beauneveu et Jean de Liège ». Ce marbre représente la circoncision de Jésus, et « illustre la prépondérance de la représentation de l’enfant-Dieu dans l’iconographie jusqu’à la fin du moyen-âge ».

La « figure de l’enfant-Roi apparaît ensuite. Des portraits de souverains enfants, prêts du Palazzo Pitti de Florence, des musées de Hambourg, du Louvre et du Château de Versailles, composent un ensemble d’exception. Si les deux fils d’Anne d’Autriche, Louis XIV et son frère Philippe de France, portent dans le portrait qui les représente avec leur mère régente, la robe de l’enfance – vêtement dont on affuble indistinctement les garçons et les filles jusqu’à l’âge de cinq ans – ce sont les attributs du pouvoir qui se donnent généralement à voir. Dès le plus jeune âge, les portraits de Louis XIV s’inscrivent dans un cadre officiel et protocolaire. L’enfant disparaît sous le manteau d’hermine. Héritier de droit divin, il incarne la continuité dynastique. La pérennité familiale est également au cœur des préoccupations de l’aristocratie, comme l’illustre le trésor du château de Sully-sur-Loire représentant La famille de Habert de Montmor... Face à lui, une suite de tableaux des frères Le Nain montre des enfants humbles, petits paysans dont les activités sont le prétexte à des scènes de genre plus pittoresques que réalistes ».

Avec « les Lumières, s’ouvre un âge nouveau. L’enfant est au centre de préoccupations politiques, morales et sociales. Un écorché grandeur nature représentant une femme enceinte avec fœtus, œuvre spectaculaire de Jacques-Fabien Gautier Dagoty, illustre les progrès de la médecine à la fin du XVIIIe siècle et la volonté de lutter contre la mortalité infantile. Sous l’impulsion rousseauiste, l’allaitement maternel se répand et les aristocrates se font portraiturer donnant le sein. Un attachement nouveau s’exprime ».

C’est le « triomphe du sentiment familial » que symbolisent ces portraits où père et mère enlacent leurs enfants. Considéré comme un être à part entière, l’enfant est dorénavant un sujet de peinture. On le représente désormais seul, pour ce qu’il est. Chardin le fait jouer au toton, Girodet étudier, Greuze le montre rêveur… »


Au « XIXe siècle, la représentation de l’enfant gagne ses lettres de noblesse. Millet, le réaliste, consacre aux soins des plus jeunes des peintures qui telles La becquée, La précaution maternelle et La leçon de tricot deviennent des icônes de la France rurale. D’autres artistes témoignent de l’enfance urbaine et défavorisée ».

« Jeanron héroïse l’enfant des barricades, un insurgé comme Gavroche. Eva Gonzalès peint quant à elle Le clairon, un enfant de troupe enrôlé dans l’armée dès son plus jeune âge. Alors que le naturaliste, Jules Bastien-Lepage dénonce le travail des enfants, leur prostitution et que Pelez intitule son petit marchand de violettes Martyr, les impressionnistes se font les interprètes d’une enfance bourgeoise et préservée. Ils témoignent de l’émergence d’une certaine famille moderne ».

L’exposition « aborde enfin l’influence du dessin d’enfant sur l’art à l’aube du XXe siècle. Une sélection inédite de crayonnages dus aux rejetons de Monet et de Pissarro ainsi que les dessins d’enfant d’artistes reconnus comme Maurice Denis et Jean Lurçat sont présentés pour la première fois au public. Réalisés dans un cadre strictement familial, ces griffonnages suscitent à l’aube du XXe siècle un intérêt particulier. La création enfantine marque les avant-gardes en quête d’un vocabulaire nouveau ».

Le « portrait de Pierre Matisse par son père, Paul dessinant de Picasso et, du même auteur, Le peintre et l’enfant – image triomphante d’un enfant brandissant un pinceau quand le peintre qui l’accompagne tient une palette - attestent de cet intérêt ».

« Avec l’Art Brut, représenté par Dubuffet et Gaston Chaissac, l’infantilisme des formes est poussé à outrance et dénonce l’art codifié et classique, « l’asphyxiante culture ».


Du 10 mars au 3 juillet 2016
Au musée Marmottan Monet 
2, rue Louis-Boilly. 75016 Paris
Du mardi au dimanche de 10 h à 18 h. Nocturne le jeudi jusqu’à 21 h

Visuels 
Affiche
Pierre Auguste Renoir – L’Enfant à l’oiseau (Mlle Fleury en costume algérien) – 1882
Huile sur toile – 126,5 x 78 cm – Williamstown, Sterling and Francine Clark Art Institute, Massachusetts, États-Unis – Photo © Sterling and Francine Clark Art Institute, Williamstown, Massachusetts, USA (photo by Michael Agee)

Affiche Les enfants modèles
Maurice Denis – La Boxe 1918
Huile sur carton – 83,3 x 69 cm – Collection particulière – Catalogue raisonné Maurice Denis
Photo © Olivier Goulet

Anonyme – Portrait du futur Louis XIV, enfant XVIIe siècle – Huile sur toile – Versailles, musée national des châteaux de Versailles et de Trianon – Photo © RMN-Grand Palais (Château de Versailles) / Gérard Blot

Jean-Baptiste Siméon Chardin – L’Enfant au toton – 1738 – Huile sur toile – 67 x 76 cm
Paris, musée du Louvre, Département des Peintures – Acquis en 1907– Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Angèle Dequier

Félix Vallotton – Le Ballon, dit aussi Coin de parc avec enfant – 1899 – Huile sur carton marouflé sur bois – 48 x 61 cm – Paris,
musée d’Orsay, legs de Carle Dreyfus, 1953
Photo © RMN-Grand Palais (musée d’Orsay) / Hervé Lewandowski

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Les citations proviennent du dossier de presse. L'article a été publié le 30 juin 2016.

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