dimanche 25 septembre 2016

Entre terre et mer. L’extraordinaire bestiaire de la mosaïque romaine de Lod


Le Louvre a présenté l’exposition exceptionnelle Entre terre et mer. L’extraordinaire bestiaire de la mosaïque romaine de Lod. Réouverte au public pour cet événement culturel, la majestueuse cour du Sphinx accueille la grande mosaïque romaine de Lod d’une superficie de 33 m². En excellent état de conservation, datant d’environ 300 de l’ère commune, ce chef d’œuvre a été découvert à Lod en 1996 lors de fouilles archéologiques de sauvetage liées à la construction d’une autoroute entre Tel Aviv et Jérusalem. « Ce pavement d’envergure, ornant le sol d’une maison » romaine, « offre un décor foisonnant d’animaux insérés dans une trame géométrique ».  En septembre 2016, des archéologues ont révélé avoir découvert dans les ruines de cette synagogue datant du Ve siècle de l'ère commune du site de Huqoq une mosaïque représentant une scène mystérieuse : la rencontre entre deux chefs de très haut niveau, dont l'un est un général menant ses troupes, et une bataille impliquant des éléphants.


Après avoir été présentée dans divers musées américains (2010-2013), dont le Metropolitan Museum of Art de New York, la Mosaïque de Lod (33 m²) est exposée au musée du Louvre dans la Cour du Sphinx - en 1826, on y exposa le Sphinx de Tanis dans cette partie est de l’ancienne cour de la Reine créée par Louis Le Vau sous le règne de Louis XIV et lors de la Régence.

La Mosaïque de Lod est montrée « en continuité des salles d’antiquité romaine », « près des nouveaux espaces dédiés à l’Orient méditerranéen dans l’Empire romain ». Inaugurés en septembre 2012, ils « présentent un ensemble de mosaïques du Proche-Orient récemment restaurées »,  telles les mosaïques d’Antioche qui « témoignent du décor des propriétés privées, et plus exactement des pièces de réception qui recevaient dans l’Antiquité l’attention la plus grande. La Mosaïque de Lod « montre que ce type de décor ne se limite pas aux somptueuses demeures des capitales des provinces de l’Empire mais se répand, dans toutes les cités de l’Orient méditerranéen » (Cécile Giroire, conservateur au département des Antiquités grecques, étrusques et romaines, musée du Louvre).

Cette mosaïque de Lod sera ensuite présentée à Berlin et à Londres, puis elle rejoindra définitivement le musée et centre d’études des mosaïques (Shelby White and Leon Levy Lod Mosaic Center) de Lod spécialement construit pour l’accueillir sur le lieu où elle a été découverte. Un centre de restauration sera inclus dans cet établissement culturel qui devrait ouvrir ses portes au public à l’automne 2014.

Seules fausses notes : les nombreuses fautes de français émaillant le communiqué du service culturel de l'Ambassade d'Israël en France dans le dossier de presse de l’exposition. 

Une vaste mosaïque parfaitement conservée  
  Ce « pavement de mosaïque remarquablement conservé ornait le sol d’un édifice sans doute une demeure de l’antique Lydda » sur laquelle a été édifiée la ville moderne de Lod, près de Tel Aviv, en Israël.

L’antique Lydda est « une fondation ancienne qui passe sous domination romaine en 66 avant notre ère lors de la conquête de la Judée par Pompée. La ville est incendiée lors de la révolte juive (66 après Jésus-Christ). Rebaptisée Diospolis sous l’empereur Hadrien (117-138), elle devient une colonie romaine à l’époque de Septime-Sévère (193-211) ».

Lors de travaux visant à élargir une rue à Lod, entre Tel Aviv et Jérusalem, a été découvert en 1996 « un vaste pavement de mosaïque, dégagé à l’occasion de fouilles de sauvetage sous la direction de l’archéologue Miriam Avissar du Service des Antiquités d’Israël. Le contexte archéologique notamment de la céramique, dont des amphores importées, et des monnaies, permet de dater la mosaïque des alentours de 300 de l’ère commune ».

Sur une surface de 17 m de long sur 9 m de large, ce « décor de sol se composait de deux tapis rectangulaires, le tapis nord et le tapis sud, qu’un registre intermédiaire séparait.

La destination de la pièce qu’elle ornait tout et la nature du bâtiment et l’identité de ses occupants sont inconnus. Le lieu orné de ce pavement était vraisemblablement une pièce de réception d’une maison, comme c’était l’usage à Rome et dans les provinces de l’Empire. « Quelques restes d'enduits peints découverts au moment des fouilles et reproduisant des placages de faux marbres de couleurs » révèlent que « les parois avaient également reçu un décor. Cette mosaïque « appartenait à un pavement plus vaste dont elle constituait l’essentiel du décor ».

Le « tapis nord, qui constitue la partie la plus importante du pavement mis au jour, se compose presque exclusivement de tesselles (petits cubes) de pierres (marbre et calcaire), seules quelques tesselles de pâte de verre bleue rehaussent un paon dans le registre supérieur. Son état de conservation est excellent, une lacune dans le registre inférieur a été comblée lors de la restauration de l'ensemble ». 

Etude, dépose et conservation
Dès sa découverte en 1996, la Mosaïque de Lod a été étudiée avec attention – « couverture photo, constat d’état, relevés divers » - et suscité un « premier traitement de conservation-restauration in-situ (nettoyage, consolidation des bordures, refixage de tesselles désolidarisées, consolidation de certaines zones lacunaires ou endommagées), avant d’être ré-enfouie pour être protégée et se donner le temps d’établir un projet ».

Pendant près d’une décennie, les réflexions ont visé à « assurer la conservation de ce pavement exceptionnel et permettre sa valorisation patrimoniale ».

En 2009, le programme de conservation de la Mosaïque de Lod s’est passé en deux temps. Le « premier, sur site, a consisté à désolidariser le pavement de son sol antique pour pouvoir en faire une œuvre autonome. Après avoir protégé la surface de la mosaïque par un entoilage, le pavement, divisé en panneaux qui respectaient l’organisation du décor, a été détaché des couches de mortier sur lesquelles il reposait. Cette opération, très délicate et déterminante pour la conservation de la mosaïque, a été documentée, et notamment filmée. La dépose de la mosaïque a en outre révélé des témoins du travail des mosaïstes antiques. Des empreintes de pieds et de sandales ont été mises au jour sur la couche de mortier, ainsi que des traces de dessins préparatoires qui ont guidé les mosaïstes lors de la pose des tesselles. Dans un atelier, la seconde phase du travail de conservation a consisté à « fixer un support moderne, en aluminium alvéolé, au revers de chaque panneau. La surface de la mosaïque a été désentoilée puis nettoyée, et les lacunes ont été comblées ».

Ainsi, le tapis nord de la Mosaïque de Lod est composé de sept panneaux qui « suivent parfaitement l’organisation du décor et s’assemblent les uns aux autres ». Ce qui permet le transport aisé et prudent de la mosaïque.

Un bestiaire intrigant
Le « décor de la mosaïque s’organise en trois zones : une partie centrale, presque carrée, flanquée, en parties inférieure et supérieure, d’un panneau rectangulaire ».

Le « monde animal y est représenté dans toute sa diversité et avec une grande précision : poissons, quadrupèdes et oiseaux, dont on peut identifier les espèces, participent à des compositions d’ensemble – le plus souvent des scènes de lutte – ou sont représentés, isolés, dans une trame géométrique. Si l’on excepte le monstre marin dans le médaillon central et dans la partie inférieure, le répertoire animalier est traité ici avec un réalisme tout à fait courant dans le domaine de la mosaïque, particulièrement au Proche-Orient. La figure humaine n’est pas représentée mais l’activité humaine est évoquée par deux bateaux voguant au milieu de la faune marine ».

Le médaillon octogonal central présente le spectacle étonnant d’animaux exotiques – éléphant, girafe, tigre, rhinocéros ‒ semblant vivre en bonne entente, sous la protection de lions sereins, gardant un passage vers la mer où apparait un monstre marin. Cette scène pourrait évoquer la société de Lydda à l’ère romaine où les citoyens de différentes confessions coexistaient en paix. Parmi eux, à l’arrière-plan, se distingue le kétos, créature marine mythique, qui émerge des flots entre deux rochers. La figure humaine est, étrangement, complètement absente de ce décor. L'activité humaine est toutefois évoquée par deux bateaux qui évoluent au milieu de la faune marine du registre inférieur. Ces éléments du décor sont unifiés par des bordures de postes, de tresses à deux brins et de guillochis traités dans des dégradés d’ocre, de rouge ou de bleu-gris ».

Parmi les poissons, on reconnaît la daurade, le mulet, le bar, un barracuda, etc. La « faune marine est ainsi régulièrement représentée dans les décors de bassin ; les bêtes sauvages participent aux nombreuses scènes de chasse (venationes) et rappellent les spécimens occasionnellement montrés dans les jeux de l’amphithéâtre très prisés des Romains. Les demeures d’Antioche, capitale de la Syrie antique, en ont livré plusieurs exemples témoignant de la fibre naturaliste des mosaïstes d’Orient qui s’efforcent de distinguer minutieusement et selon une observation précise de la nature, les diverses espèces animales.

La singularité, et donc l’intérêt, de la Mosaïque de Lod résident dans le fait que le répertoire animalier est ici illustré pour lui-même, dans une conception unitaire, en dehors de toute narration, sur un fond uniformément blanc qui proscrit toute évocation du cadre naturel. Ce pavement remarquable constitue désormais un jalon majeur de l’évolution de la mosaïque en Orient ».

Dieu et roi du Pays de Canaan
De plus, l’Israel Antiquities Authority (Autorité des antiquités israéliennes) a prêté au Louvre deux exceptionnelles statuettes en bronze découvertes en 1996 lors de fouilles archéologiques dirigées par Amnon BenTor par la Selz Foundation Hazor Excavations in Memory of Yigael Yadin) à Tel Hazor en Haute Galilée.

Plus anciennes que la Mosaïque de Lod (Age du bronze moyen et récent, IIe millénaire av. J.-C), ces deux œuvres magnifiques concernent une civilisation distincte et sont montrées dans les salles du département des Antiquités orientales du musée du Louvre.

Hazor est « le site archéologique le plus important d’Israël, au moins à la période cananéenne (IIe millénaire avant J.-C.). Ces statuettes ont été mises au jour dans un bâtiment monumental édifié sur l’acropole à l’âge du Bronze récent, que le fouilleur identifie comme un palais. Elles avaient été enfouies au cours du XIIIe siècle avant J.-C. dans une tranchée sous le sol d’une pièce située au nord de la salle principale, à chaque angle du mur sud. Les deux statuettes étaient vraisemblablement des objets de culte, comme le prouve le soin avec lequel elles avaient été mises à l’abri d’un péril qui menaçait la ville. Hazor a en effet été violemment détruite par un gigantesque incendie sans doute attribuable à l’arrivée des tribus israélites. Cette précaution a permis que parviennent jusqu’à nous, presque complètes, des œuvres exceptionnelles prouvant l’existence localement d’un centre de production de haut niveau. Elles sont exceptionnelles par leurs dimensions - respectivement 35 et 30 cm de hauteur -, leur qualité et leur technique de fabrication. Elles représentent l’une et l’autre un personnage masculin assis sur un siège qui a disparu. L’étude iconographique a montré que l’un était un dieu, l’autre un roi ».

La plus grande statue représente un dieu, sans doute Baal, et date selon des détails vestimentaires du milieu ou la deuxième moitié du XIVe siècle avant notre ère. D’allure juvénile, ce dieu est dépourvu des « cornes bovines, insigne de la divinité dans l’Orient ancien ». Il « est coiffé d’une haute tiare conique, terminée par un disque en forme de rosette, rappelant la couronne blanche égyptienne que portent plusieurs divinités levantines. Le motif des deux caprins dressés de part et d’autre d’un arbre de palmettes qui se déroule sur le pourtour de la tiare est un symbole de fertilité. Le port de sandales tout comme la position assise indique un statut élevé. Le personnage fait un geste de bénédiction de sa main droite levée, paume tournée vers l’extérieur. Ce n’est pas le geste canonique des dieux assis bénissant car l’avant-bras droit est ramené sur la poitrine, parallèle au buste, au lieu d’être tendu en avant. Dans le panthéon cananéen connu par les textes d’Ougarit, le dieu bénissant est El, le père des dieux, représenté âgé et barbu. Le dieu de la fertilité est le dieu de l’Orage, Baal, représenté jeune dans l’attitude dynamique du dieu combattant. Cette statuette montrerait Baal dans la posture inhabituelle mais suprême du Baal trônant ».

Plus ancienne, l’autre statue, qui garde des traces de son placage d’or, « montre un roi trônant, d’un type bien connu au Levant à l’âge du bronze moyen (1750-1600 av. J-C). « Bien que n’ayant pas été retrouvée dans son contexte d’origine, il est permis de supposer que cette statue d’un des rois de Hazor de l’âge du Bronze moyen, installée à cette époque dans un temple, ait conservée une fonction cultuelle près de quatre siècles après sa création. Le costume composé d’un long manteau bordé d’un épais bourrelet et d’un haut bonnet ovoïde est caractéristique des rois amorites à la période du bronze moyen II, vers 1750-1600 avant J.-C. ; il se retrouve sur les statues de pierre, les reliefs et les sceaux-cylindres. Ici le roi est représenté assis, sur un trône qui a disparu, attestant de son haut rang. Cinq triangles gravés à la base de la coiffe peuvent être interprétés comme un diadème. Le monarque devait tenir dans son poing gauche serré un sceptre (?) et dans sa main droite un petit vase. Ce geste, symbolisant une demande d’offrandes, évoque le culte rendu aux rois défunts connu par les rituels ».

Ces « deux statuettes ont été fabriquées par la technique de la fonte pleine à la cire perdue. Elles ont été coulées la tête en bas. Le bras droit et l’avant-bras gauche du roi sont rapportés tandis que le bras du Baal trônant n’est pas tendu vers l’avant pour remédier à une difficulté technique. Les deux statues étaient à l’origine entièrement revêtues de feuilles d’or, dont quelques vestiges ont survécu sur le roi, fixées dans les rainures que l’on voit à l’arrière de la tête et des membres. Des incrustations d’argent et de pierres de couleurs bien conservées dans les yeux du roi rehaussaient la polychromie des effigies et accentuaient l’intensité du regard », écrit Elisabeth Fontan, conservateur en chef au département des Antiquités orientales, musée du Louvre.

En plus de la Mosaïque de Lod, diverses œuvres sont présentées dans la cour du Sphinx :

-            des éléments d'une frise de griffons (Rome, forum de Trajan, Premier quart du IIe siècle après J.-C., Marbre). La « frise figure des griffons, animaux d'Apollon qui tiennent de l'aigle, du lion et du cheval. Ils sont représentés affrontés de part et d'autre d'un canthare, vase d'où jaillit une acanthe. Les paires de griffons sont séparées par des candélabres d'où tombent des guirlandes. L'ensemble courait au-dessus des colonnes qui bordaient la cour d'entrée du vaste forum construit par Trajan (98-117) » ;

-            une statue en marbre de Carrare de la Muse Melpomène. Rome, Champ de Mars, théâtre de Pompée, découverte vers 1496, moitié du Ier siècle avant J.-C. Marbre de Carrare. Avec six autres statues semblables, aujourd'hui à Rome, au Vatican, à Naples et à Boston, cette Muse décorait le complexe du théâtre de Pompée, premier édifice de spectacle en pierre de Rome ;

-            la Mosaïque des Saisons. Daphné (Faubourg d’Antioche-sur-l’Oronte, Antakya, Turquie), vers 325 après J.-C. Cubes de marbre et calcaire. Ce « pavement ornait le sol d’une vaste pièce (cour ?) d’une maison et comportait une fontaine octogonale au centre. L’organisation du décor, conçu pour être vu des 4 côtés, s’inspire sans doute d’un décor de plafond. Les personnifications des saisons, sous les traits de figures féminines ailées, encadrent quatre scènes de chasse. Des scènes rurales et des oiseaux composent le registre de bordure ponctué aux angles par des personnifications d’idées abstraites. Par le choix des thèmes et leur traitement parfois classicisant, cette mosaïque s’inscrit dans la tradition hellénistique. Elle présente des sujets très appréciés à la fin de l’antiquité » ;

-            Torse de la déesse Rome ou d’une amazone. Marbre, fin du Ier siècle ap. J.-C. ;

-            Frise ionique d’entablement, et la frise ionique d’entablement, amazonomachie, ainsi que le bloc de l’angle est-nord, n° 45 et les blocs de chéneau à têtes de lion du Temple d’Artémis Leucophryène. Marbre, Ière moitié du IIe siècle av. J.-C., Magnésie du Méandre (Asie Mineure) ;

-            Façades est base de la troisième et de la quatrième colonnes, l’angle extérieur nord-ouest de l’adyton Chapiteau de pilastre d’angle orné de bustes de déesses ailés, la frise intérieure de l’adyton Bandeaux à décor de griffons, assise supérieure, les Chapiteaux de pilastre à décor de palmettes et rinceaux du Temple d’Apollon Delphinios, à Didymes. Marbre, début du IIe siècle av. J. -C. Didymes (Asie Mineure) ;

-            Muse, cariatide décorant le mur de scène du Théâtre de Milet. Une statue en marbre datant peut-être du IIe siècle ap. J.-C.

Ces six dernières œuvres sont des dons de G. et E. de Rothschild au musée du Louvre en 1873.

A l'été 2014, lors de fouilles archéologiques initiées en 2011 dans le site d'une ancienne synagogue du Ve siècle à Huqoq, village au nord-ouest de la mer de Galilée, l'équipe menée par le professeur Jodi Magness a découvert avec stupéfaction une mosaïque sur le sol représentant notamment un groupe d'éléphants. C'est "la première fois qu'elle révèle une synagogue décorée par une scène à l'histoire non biblique". Huqoq est mentionné "comme cité frontalière pour la tribu de Naphtali dans le Livre de Josué, mais était un village agricole Juif à la fin des ères romaine et byzantine, quand cette synagogue fonctionnait". Cette période est "associée avec le développement des livres de droit juif connus sous le nom de Guémara. Huqoq est cité dans des textes rabbiniques comme foyer d'importants rabbins et produisant de la moutarde". Dans ce site, avait été trouvée un sol en mosaïque avec des scènes illustrant Samson incendiant les champs des Philistins avec l'aide de renards et portant les portes de Gaza (Livre des Juges, 16). Un kibboutz est situé à Huqoq.

En 2015, une mosaïque relatant la rencontre entre Alexandre le Grand et un rabbin a été découverte dans une synagogue de Huqoq (Israël).
  
Le 16 novembre 2015, les autorités archéologiques israéliennes ont dévoilé « un des plus magnifiques vestiges trouvés en Israël » qui remonte à l'époque romaine ou byzantine, voici environ 1700 ans. Découverte à Neve Yarak, près de Lod (appelé à cette époque ancienne Diospolis), cette remarquable mosaïque "polychrome de 11 mètres sur 13" représente des scènes de chasse, des poissons et des fleurs dans des paniers et des oiseaux sur une vasque". Un de ses médaillons présente "un fauve bondissant et entaillant la chair d'une sorte de gazelle". « La qualité des images indique une grande habileté artistique», a affirmé Amir Gorzalczany, directeur des fouilles.

Selon les autorités archéologiques, cette mosaïque "a été découverte lors d'excavations conduites de juin à novembre 2014. Ces travaux préparaient la construction d'un bâtiment destiné à accueillir les visiteurs venant voir une autre mosaïque, mise au jour dans les années 90 lors de travaux de terrassement pour une autoroute. Décrite comme « l'une des plus magnifiques » jamais trouvées en Israël, cette mosaïque "représente des lions rugissants, des éléphants au combat, des girafes et des dauphins joyeux et pavait le sol de la salle à manger", ou le salon, "d'une grande villa qui se dressait aux époques romaine et byzantine, selon les autorités archéologiques. Depuis, elle a été présentée au musée du Louvre à Paris, au Metropolitan à New York, à l'Hermitage à Saint-Pétersbourg et est actuellement exposée" à la Cini Gallery de Venise (Italie).

La mosaïque mise au jour de juin à novembre 2014 et dévoilée le 16 novembre 20158 "couvrait le sol de la cour de la même villa. Elle sera accessible au public cette semaine avant la poursuite des travaux pour le centre des visiteurs, qui abritera la mosaïque retrouvée dans les années 1990".


National Geographic a révélé que des archéologues ont découvert récemment en Israël deux grandes mosaïques bibliques, cachées sous le sol d’une synagogue datant de l’ère romaine localisée sur le site de Huqoq, au nord de l’État israélien.


Ces mosaïques illustrent des passages majeurs de la Bible, tels que l’Arche de Noé et le passage de la Mer rouge par Moïse et les Hébreux poursuivis par les soldats de Pharaon.

Le 9 septembre 2016, National Geographic a publié l'article Explore This Mysterious Mosaic—It May Portray Alexander the Great. Des archéologues ont révélé avoir découvert dans les ruines de cette synagogue datant du Ve siècle de l'ère commune du site de Huqoq une mosaïque représentant une scène mystérieuse : la rencontre entre deux chefs de très haut niveau, dont l'un est un général menant ses troupes, et une bataille impliquant des éléphants. Aucune inscription ne permet d'identifier les personnages. Selon Jodi Magness, qui a dirigé les fouilles, le chef de l'armée serait Alexandre le Grand. Cette rencontre représentée entre Alexandre le Grand et le grand prêtre de Jérusalem n'a pas eu lieu, mais serait un élément d'une fiction historique familière aux habitants de Huqoq. Les Juifs auraient souhaité s'associer à lui et à sa grandeur, et de montrer que le célèbre roi grec s'est incliné devant leur Dieu et a reconnu sa grandeur. D'autres archéologues se fondent sur la présence d'éléphants pour évoquer les Maccabées, des chefs de Judée qui luttèrent contre la politique d'hellénisation imposée par les Séleucides, dynastie hellénistique issue de Séleucos Ier, un des diadoques d'Alexandre le Grand, au IIe siècle avant l'ère commune.

Le 9 septembre 2016, le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'est réjoui dans sa page Facebook de cette découverte archéologique qui prouvait l'ancienneté de l'enracinement juif en Eretz Israël : "Les historiens et les archéologues ont découvert des preuves en Israël qui démontrent le lien profond entre le peuple juif et sa terre. Nier ce fait, comme le font si bien l'Autorité palestinienne et l'UNESCO , déforme l'histoire et rend la paix plus difficile à atteindre. Le peuple juif était ici, est ici et continuera d'être ici".

Le 10 septembre 2016, dans son émission Concordance des temps sur France Culture, Jean-Noël Jeanneney a évoqué avec Maurice Sartre, professeur d’histoire ancienne à l’université François Rabelais de Tours. membre senior de l'Institut Universitaire de France sur la Syrie antique, Détruire la mémoire de l'autre : une arme de guerre : "Le saccage de Palmyre par Daech a glacé le sang. Il a incarné devant le monde entier, il a concentré la résurgence de pratiques qu’on avait pu, quelques temps, croire révolues, à savoir la destruction délibérée d’héritages culturels et religieux, destinés à frapper l’ennemi... Le saccage de Palmyre par Daech a glacé le sang. Il a incarné devant le monde entier, il a concentré la résurgence de pratiques qu’on avait pu, quelques temps, croire révolues, à savoir la destruction délibérée d’héritages culturels et religieux, destinés à frapper l’ennemi en effaçant les hauts lieux qui portent sa mémoire, son identité, sa foi. Il ne s’agit pas ici de dommages collatéraux inhérents à tout conflit armé mais du ravage volontaire d’un patrimoine. Mossoul, Ninive, Nimroud, Hatra, Alep, Tombouctou viennent, presqu’aussi cruellement que Palmyre, de s’en trouver martyrisées – dans l’impuissance de la malheureuse UNESCO. Or, il suffit de faire resurgir l’incendie des temples de l’Acropole à Athènes par les Perses en 480 avant J.C., pour donner aussitôt à ressentir que ce précédent éclatant signifie, parmi cent autres, au long des siècles, que de semblables barbaries ont scandé l’histoire des hommes. Certes, leurs mobiles ont pris des couleurs variées, mais il se peut qu’on soit à même de dégager une certaine unité dans les ressorts de ces crimes. Nul mieux que Maurice Sartre, invité familier de cette émission, pour s’y employer avec moi. Non seulement il a beaucoup travaillé et beaucoup écrit – avec Annie Sartre – sur Palmyre et sa reine Zénobie, mais sa pente naturelle le conduit à faire servir sa connaissance intime de l’antiquité à des réflexions qui sont propres à éclairer le présent et le possible combat des esprits et des âmes d’aujourd’hui contre tous les fléaux qui paraissent renaître indéfiniment". (Jean-Noël Jeanneney) 


Maurice Sartre a allégué, sans citer le moindre exemple, que les Israéliens détruisaient les "maisons des Palestiniens en Cisjordanie occupée" pour "faire comme si il n’y avait pas de présence des Palestiniens, ou comme si elle était marginale. En tout cas, la rendre la plus marginale possible". Maurice Sartre a ajouté que l'Etat d'Israël ne respectait pas la convention de La Haye de 1954. "cela n’empêche pas Israël de fouiller en Cisjordanie ou sur le Golan syrien occupé. Le Golan syrien occupé a été fouillé par des missions israéliennes depuis 30 ou 40 ans, et on a vu un livre qui a fait sourire beaucoup d’archéologues et d’historiens, où tous les bâtiments non identifiés dans les villages étaient assimilés à des synagogues. Comme la synagogue, c’est une salle carrée, cela peut être n’importe quelle pièce. Du moment où il n’y a pas de mangeoire, c’est pas une étable. Derrière, il y avait la volonté de montrer que dans l’Antiquité le Golan avait été peuplé par des Juifs. Ce qui est vrai en partie d’ailleurs. Il y a eu de grosses communautés juives sur le Golan dans l’Antiquité. Mais on sentait bien là la manœuvre récupératrice, politique pour s’approprier en quelque sorte par l’Histoire, un territoire qui est l’objet de conflits entre deux pays qui sont en guerre depuis 70 ans bientôt".

Jean-Noël Jeanneney n'a pas contesté cela. Aucun des deux historiens n'a évoqué la destruction de vestiges archéologiques juifs par l'Autorité palestinienne, notamment par le WAQF sur le mont du Temple, ni l'influence du nazisme sur la recherche archéologique en Allemagne et en France et le rôle de l'archéologie dans la diplomatie scientifique française.

Aucun des deux historiens n'a évoqué la destruction de vestiges archéologiques juifs par l'Autorité palestinienne, notamment par le WAQF sur le mont du Temple, l'islamisation de sites juifs, etc.

En outre, pour prouver l’ancienneté des Arabes palestiniens en Eretz Israël, certains ont enfoncé en 2010 des dizaines, voire des centaines de fausses pierres tombales dans des cimetières, notamment à Jérusalem (cimetière Mamilla), sans aucun mort au-dessous. Le but : fonder des revendications de terres du domaine public à placer sous autorité musulmane (Waqf), islamiser la capitale d’Israël. Un projet financé parfois par de riches musulmans du Golfe.


Au musée du Louvre
75058 Paris - France
Tél. : + 33 (0)1 40 20 53 17
Tous les jours de 9 h à 18 h sauf le mardi. Nocturnes jusqu’à 21 h 45 le mercredi et le vendredi

Jusqu’au 19 août 2013
Aile Denon, rez-de chaussée, cour du Sphinx (salle 31)

Et jusqu’au 2 septembre 2013
Dieu et roi du Pays de Canaan. Deux statuettes de bronze découvertes à Hazor
Aile Richelieu, rez-de-chaussée, salle 3bis

Visuels :
La Mosaïque de Lod
© Israel Antiquities Authority / Nicky Davidov
La Mosaïque de Lod (détails)
© Israel Antiquities Authority / Nicky Davidov

Dieu Baal, Hazor
© Gabi Laron, The Institute of Archaeology, The Hebrew University, Jerusalem.
Roi, Hazor
© Gabi Laron, The Institute of Archaeology, The Hebrew University, Jérusalem
Les  citations proviennent du dossier de presse.

A lire sur ce blog :
Articles in English

Cet article a été publié les 11 août 2013, 7 août 2014, 25 juillet et 17 novembre 2015, 19 juillet 2016.

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