mercredi 11 janvier 2017

« Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » par Lorenz Findensen


Arte rediffusera le 14 janvier 2017 dans la série « Les oubliés de l'Histoire » de Jacques Malaterre, « Sylvin Rubinstein, le danseur qui tuait les nazis » (Vergissmeinnicht. Sylvin Rubinstein, Tänzer des Lebens), documentaire par Lorenz Findensen. Sylvin Rubinstein, « chef de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, effectua ses missions, au sein de la résistance, travesti en femme... » Un danseur résistant juif.


La série documentaire « Les oubliés de l'Histoire » propose « une traversée haletante de l’histoire européenne du XXe siècle à travers les destins extraordinaires d’hommes et de femmes étonnamment peu connus du grand public ».

Sylvin Rubinstein (1914-2011) et sa sœur jumelle Maria sont nés à Moscou, alors dans l’empire tsariste. Ils sont les enfants illégitimes d’une danseuse juive polonaise et de Nikolai Pjetr Dodorow, prince russe et officier du tsar Nicolas II.

Lors de la Révolution russe, les bolcheviques tuent son père, aristocrate.

La famille Rubinstein fuit pour se réfugier à Riga (Lettonie) en 1924. Les enfants suivent des cours de danse classique auprès d’une danseuse étoile, puis apprennent le flamenco.

A Brody (maintenant en Ukraine), les jumeaux dansent sur les places de marché pour survivre.

Adolescents, ils dansent en couple, et avec succès, le flamenco sous le nom de Imperio y Dolores. Ils sont réclamés non seulement en Europe, mais aussi en Australie et aux Etats-Unis.

Danser sa vie
Lors de l’invasion de la Pologne par le IIIe Reich le 1er septembre 1939, Sylvin et Maria Rubinstein se produisent à l’Adria Théâtre de Varsovie.

Juifs, ils sont contraints de rejoindre le ghetto de la ville.

Selon Sylvin Rubinstein, il parvient à s’échapper du ghetto en s’emparant de l’arme d’un garde et en tuant plusieurs officiers de la Gestapo.

Sylvin Rubinstein et sa jumelle Maria « devinrent les chefs de file du flamenco dans l’Europe des années 1930, sous le nom de « Dolorès et Imperio ».

« Entré dans la résistance après l’invasion de la Pologne, par le biais de Kurt Werner, un major allemand » anti-nazi et admirateur du couple d’artistes, Sylvin obtient par Werner de faux papiers pour sa sœur et lui. Werner les exhorte à trouver un abri en Suisse. Mais Maria Rubinstein essaie de retrouver sa mère, qui était retournée à Brody.

Maria et sa mère sont tuées à Treblinka.

En 1943, Sylvin Rubinstein est caché notamment au monastère de Saint-Michel l’Archange de Miejsce Piastowe.

Sous le nom de Silwan Turski, Sylvin Rubinstein retourne à Berlin. Il « effectua ses missions travesti en femme après la mort de sa sœur, victime des nazis… »

Son travail dans la résistance polonaise est retracé dans « Dolores & Imperio: Die drei Leben des Sylvin Rubinstein » (Dolores & Imperio. Les trois vies de Sylvin Rubinstein). Sylvin Rubinstein effectue des missions de sabotage et de meurtres en se faisant passer pour une femme.

Après la Deuxième Guerre mondiale, Sylvin Rubinstein reprend son métier de danseur. Il incarne sur scène sa sœur Dolorès.

Il témoigne aussi, en Allemagne occupée par les Alliés, en faveur du Major Werner devant les Américains. Il obtient la libération de cet officier allemand avec lequel il reste en relation jusqu’à sa mort à l’âge de 93 ans.

Il poursuit sa carrière dans les années 1950 dans des music-halls – en 1951, le compositeur Michael Jary lui a dédié la chanson : Die Beine von Dolores-, puis dans des clubs de Hambourg.

Sylvin Rubinstein prend sa retraite vers 1970.

En 2003, Er tanzte das Leben (Dancing His Life), documentaire de Marian Czura et Kuno Kruse évoque son parcours. Lors des projections du film, Sylvin Rubinstein apparaissait aux yeux des spectateurs médusés en danseuse de flamenco, à la silhouette élancée, et avec une maîtrise de cette danse aux castagnettes non altérée par l’âge.

Sylvin Rubinstein décède à Hambourg en 2011. Il est enterré au cimetière juif d'Ohlsdorf à Hambourg-Ohlsdorf.


ARTE France, Les Films du Tambour de soie, Sara M, France, 2014, 27 min 
Sur Arte le 14 janvier 2017 à 17 h 40

Visuel : © Les Films du Tambour de la soie

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Les citations sont d'Arte.

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