vendredi 24 février 2017

« Si Mustapha Müller, le maître déserteur » par Lorenz Findeisen


Arte diffusera le 25 février 2017, dans le cadre de la série documentaire Les Oubliés de l'Histoire, « Si Mustapha Müller, le maître déserteur » (Mustapha Müller, Deserteur), par Lorenz Findeisen. L'itinéraire de Winfried Müller, ayant rejoint l'Union soviétique, puis les djihadistes en Algérie. Après avoir occupé des fonctions politiques dans l'Algérie indépendante au régime autoritaire, il protège l'environnement dans les parcs nationaux.



Winfried Müller « est né en 1926 dans un petit village des montagnes autrichiennes ».

Après la Deuxième Guerre mondiale, il « disparaît mystérieusement du côté de l’URSS où il est entraîné par le KGB ». 

En 1954, « sous l'alias Mustapha, il part soutenir les indépendantistes du FLN en Algérie », des djihadistes.

Il contribue à obtenir que des Allemands de la Légion étrangère française désertent.

Il semble avoir trouvé en Algérie une convivialité, une famille politique absentes de son enfance et de son adolescence.

Après l’indépendance de l’Algérie qui induisit l'exode d'environ un million de personnes - juives, chrétiennes, etc. -, en 1962, il « décide de rester dans ce pays et y occupe diverses fonctions » politiques dans un pays au régime autoritaire.

« Après avoir participé au rapatriement des personnes restées aux frontières, à partir de 1962, il chapeaute entre 1964 et 1966 le mouvement de la Jeunesse au niveau du ministère de la Jeunesse et des Sports, avant d’occuper plusieurs postes au ministère de l’Information jusqu’à 1971.

Parcs nationaux algériens
« Forestier de formation, il s’occupera jusqu’à 1979 des sports de montagne, avant d’être nommé inspecteur général des Parcs nationaux et des zones protégées. Il a beaucoup fait dans le domaine forestier, notamment avec la création du Parc national du Djurdjura ».

En 1986, à sa retraite, il a réalisé des « documentaires sur l’environnement, la nature et le paysage algérien ».

Il est décédé en septembre 1993. Son ultime documentaire a pour titre « Vivre et laisser vivre ? »

Son fils adoptif est Abdellah Sahki, protecteur de l’environnement algérien.

Des sites Internet berbères ou amazighs publient des articles reconnaissants à son égard.

La vie de Mustapha Müller est retracée dans « Si Mustapha Müller - kurze Zeit des Ruhms », documentaire de Erika Fehse.

Mustapha Müller semble avoir admiré l'islam, et n'avoir jamais contesté le pouvoir politique autoritaire algérien au sein duquel il a bénéficié de promotions. Et ne semble pas avoir été perturbé par l'exil massif, contraint et brutal des autochtones juifs, chrétiens...  

« Si Mustapha Müller, le maître déserteur » par Lorenz Findeisen
2016, 26 min
Sur Arte le 25 février 2017 à 17 h 40

Visuels :
Winfried Müller (alias Mustapha) est né dans un petit village des montagnes autrichiennes. Après la Seconde Guerre mondiale, il disparaît mystérieusement vers l’URSS et fut entraîné par le KGB. En 1954 il part soutenir le FLN en Algérie.
© Fritz Keller
© Films du Tambour de Soie/Frit

Articles sur ce blog concernant :
Les citations sont d'Arte.

6 commentaires:

  1. Bonjour, je ne m'attarderai pas sur votre présentation très orientée et si peu objective. Je vous ferai seulement remarquer que les combattant de l'Algérie indépendante étaient des moujahidins, et non des djihadistes. J'espère que cette confusion tient plus de l'ignorance que de l'amalgame voulu.

    Vous qui rédigez des descriptions de documents historiques, j'espère que la rigueur due à cette discipline ne vous fera plus défaut.

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  2. Il est regrettable que vous ayez préféré l'anonymat.

    En quoi ma présentation est-elle "très orientée" et "si peu objective" ?

    Sur le caractère djihadiste de cette guerre pour l'Algérie indépendante :
    "En Algérie, les manuels scolaires en arabe dépendent exclusivement du ministère de l'éducation nationale. Jusque dans les années 1990, la "guerre de libération nationale" magnifie "un seul héros, le peuple" et légitime le FLN au pouvoir. Dix-sept biographies de "martyrs" comme Mostefa Ben Boulaïd, commandant militaire dans les Aurès, tué en 1956, ou Mourad Didouche, disparu en 1955, qui ont donné leur nom aux grands boulevards d'Alger, figurent en bonne place. Rien sur les témoins encore vivants. "Les manuels relayaient ce qui tenait lieu d'histoire officielle et magnifiaient la dimension militaire au détriment du contenu politique, rapporte l'historien Abdelmajid Merdaci, professeur à l'université de Constantine. L'accent était mis sur le nationalisme islamique, le djihad, alors que les oulémas n'ont rejoint le FLN que sur le tard." La violence du colonisateur est détaillée, pas celle de son départ. "Cela ne concerne plus l'histoire algérienne, on tourne la page", note la chercheuse Lydia Aït Saadi-Bouras".
    http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/guerre-d-algerie-un-recit-deux-voix_1670676_3212.html

    A lire aussi :
    https://www.cairn.info/revue-guerres-mondiales-et-conflits-contemporains-2010-1-page-125.htm

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  3. Mourad AMAROUCHE17 mars 2017 à 21:38

    Je n'ai pas du tout préféré l'anonymat mais eu simplement du mal à signer car n'étant pas sur les réseaux sociaux de votre liste. Quoiqu'il en soit, j'ai cru dans un premier temps qu'il s'agissait de la description officielle d'ARTE et j'ai failli tomber de ma chaise. Votre site est le premier résultat affiché par Google! Mais je me rends compte à présent qu'il s'agit d'un blog, auquel cas vous pouvez écrire tout ce que vous souhaitez pour tromper vos lecteurs. J'ai grandi en Algérie, étudié l'histoire officielle à laquelle vous faites référence mais aussi lu Y.Courrières et M.Harbi ainsi que d'autres. Donc oui, votre description n'est pas seulement orientée elle est fallacieuse. Je vous mets au défi de trouver le mot Djihadistes dans un quelconque livre historique digne de ce nom. Vous aurez du mal car il s'agit d'un néologisme.

    Sauf votre respect je ne vois aucun intérêt à argumenter avec vous et ne viendrai de toute façon plus sur cette page.

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    1. Bonjour.

      1. Vous procédez toujours par allégations non argumentées.
      2. Je suis journaliste.
      J’ai avancé des arguments.
      Je vous ai cité deux articles, dont l’un publié dans une revue historique :
      « Pour faire accepter par la population un culte patriotique, le pouvoir algérien, notamment sur les monuments, a largement fait appel à la tradition musulmane du chahîd, une figure associée à la notion de djihâd susceptible de produire une reconnaissance nationale. Pour le pouvoir algérien, la guerre de libération est considérée comme une guerre sainte. Le culte patriotique des martyrs sert les intérêts du pouvoir et de ses satellites : l’Organisation nationale des moudjahidine et l’Organisation nationale des enfants de chouhada créée dans les années 1990. Il sert à encadrer la société et à marquer l’espace algérien par des repères symboliques ». (Emmanuel Alcaraz)
      3. Dans mon article, j’ai mis entre guillemets les citations provenant du communiqué de presse publié sur le site d’Arte ou d’autres sites. J’ai inséré des liens Internet renvoyant vers mes sources autres qu’Arte.
      4. Les recherches historiques sur la guerre d’indépendance algérienne sont multiples, variées en France. Et certaines renouvellent les approches anciennes sur ce conflit.
      5. Je vous ai cité l’article « Guerre d'Algérie. Un récit, deux voix » - chapô : « 50 ans de la guerre d'Algérie. En France et en Algérie, les manuels scolaires ne racontent pas la même guerre » - d’Isabelle Mandraud, publié par Le Monde (18 mars 2002) et intitulé http://www.lemonde.fr/afrique/article/2012/03/18/guerre-d-algerie-un-recit-deux-voix_1670676_3212.html.
      Cet article cite des historiens français et algériens :
      « En Algérie, les manuels scolaires en arabe dépendent exclusivement du ministère de l'éducation nationale. Jusque dans les années 1990, la "guerre de libération nationale" magnifie "un seul héros, le peuple" et légitime le FLN au pouvoir. Dix-sept biographies de "martyrs" comme Mostefa Ben Boulaïd, commandant militaire dans les Aurès, tué en 1956, ou Mourad Didouche, disparu en 1955, qui ont donné leur nom aux grands boulevards d'Alger, figurent en bonne place. Rien sur les témoins encore vivants. "Les manuels relayaient ce qui tenait lieu d'histoire officielle et magnifiaient la dimension militaire au détriment du contenu politique, rapporte l'historien Abdelmajid Merdaci, professeur à l'université de Constantine. L'accent était mis sur le nationalisme islamique, le djihad, alors que les oulémas n'ont rejoint le FLN que sur le tard." La violence du colonisateur est détaillée, pas celle de son départ. "Cela ne concerne plus l'histoire algérienne, on tourne la page", note la chercheuse Lydia Aït Saadi-Bouras. »
      6. Je vous invite à interroger le professeur Abdelmajihd Merdaci et la chercheuse Lydia Aït Saadi-Bouras.

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    2. 7. Autres sources :
      http://www.monde-diplomatique.fr/2005/05/HARBI/12191
      « Les dirigeants du PPA – et plus précisément les activistes, avec à leur tête le Dr Mohamed Lamine Debaghine – sont séduits par la perspective d’une insurrection, espérant que le réveil du millénarisme et l’appel au djihad favoriseront le succès de leur entreprise. Mais leur projet irréaliste avorte...
      La guerre a indéniablement suscité des espoirs dans le renversement de l’ordre colonial. L’évolution internationale les conforte. Les nationalistes, PPA en tête, cherchent à précipiter les événements. De la dénonciation de la misère et de la corruption à la défense de l’islam, tout est mis en œuvre pour mobiliser. « Le seul môle commun à toutes les couches sociales reste (...) le djihad, compris comme arme de guerre civile plus que religieuse. Ce cri provoque une terreur sacrée qui se mue en énergie guerrière », écrit l’historienne Annie Rey-Goldzeiguer (3). La maturité politique n’était pas au rendez-vous chez les ruraux, qui ne suivaient que leurs impulsions ».

      http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/07/11/gilles-kepel-trop-de-djihad-tue-le-djihad_3446502_3232.html
      Gilles Kepel : « Trop de djihad tue le djihad »
      « Jusqu'aux années 1980, jusqu'à l'invasion de l'Afghanistan par l'Armée rouge, le djihad avait perdu sa capacité d'entraînement dans son sens militaire. Pendant la guerre d'Algérie, par exemple, le vocabulaire du djihad est utilisé, le journal du FLN s'appelle El Moudjahid, mais, dans le même temps, des militants du FLN boivent du vin… »

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  4. Bonjour,

    Jeune adolescent j'ai rencontré cet homme. Il n'a pas donné de détails sur son passé militaire et d'agent de renseignement. Toutefois, je me souviens qu'il faisait état de séjour dans les maquis des montagnes de Kabylie (gorges de la Chifa) en compagnie de singes et d'indépendantistes algériens. J'avais interrogé mes parents à propos de ces allemands qui étaient venus combattre la France en Algérie....

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