mercredi 26 juillet 2017

Photos ensevelies du ghetto de Łódź – Henryk Ross

  
Le Museum of Fine Arts, Boston présente l’exposition Memory Unearthed. The Lodz Ghetto Photographs of Henryk Ross (Souvenirs déterrés : les photographies du ghetto de Łódź de Henryk Ross) réunissant des photographies d’Henryk Ross (1910-1991), « miraculeusement conservées », et qui « dévoilent la vie » du ghetto de Łódź (Pologne) « dans ses moments les plus intimes et les plus dramatiques ». Environ 95% des Juifs du ghetto seront assassinés lors de la Shoah (Holocaust), dans les camps d’Auschwitz et de Chelmno. Un site Internet montre ces témoignages bouleversants.

En 1939, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, Łódź est « la plus grande ville industrielle de Pologne ». Une activité qui se concentre essentiellement sur le textile.

160 000 Juifs dans le ghetto de Łódź
« Comme dans de nombreuses villes d’Europe centrale » occupée par le IIIe Reich allemand, les nazis créent un ghetto à Łódź dès février 1940 : c’est « le premier dans l’ordre chronologique et le second, après celui de Varsovie, par l’importance numérique », a rappelé Primo Levi (1919-1987), chimiste et écrivain italien survivant d’Auschwitz.

Dans le ghetto de Łódź, sont alors enfermés 160 000 Juifs.

Dissous à l’automne 1944 – 75 000 Juifs y survivaient alors -, ce ghetto a duré plus de quatre ans, soit « la plus longue existence ».

Cette longévité s’explique par « l’importance économique du lieu organisé en camp de travail - un réseau de 117 ateliers employaient 95% des adultes - et la personnalité de son président, le doyen Haïm Rumkovski », chef du Judenrat, et personnage critiqué, controversé, placé sous l’autorité du dirigeant nazi Hans Biebow.
Le 19 janvier 1945, le ghetto a été libéré par l'Armée Rouge. Moins de 800 Juifs y survivaient alors, en se cachant parmi les ruines.

Cette exceptionnelle durée a permis que nombre de Juifs témoignent, par des écrits - Chroniques quotidiennes du ghetto de Łódź (environ 6 000 pages) rédigées par des membres du Département des archives - ou par des photographies – « troublantes images » d’Henryk Ross, rare survivant du ghetto - de leur vie quotidienne difficile.

La quasi-totalité des Juifs du ghetto sera déportée vers les camps de Chelmno et d’Auschwitz. Rumkovski sera gazé à son arrivé au complexe concentrationnaire d’Auschwitz.

Témoignages d'Henryk Ross
Juif polonais, Henryk Ross est, avec Mendel Grossman, « à partir de 1940 le photographe officiel du ghetto, chargé de faire des photographies d’identité et de propagande pour le département des statistiques ».

Parallèlement, pendant quatre ans et de manière clandestine, il réalise aussi des milliers de photographies sur la vie quotidienne dans le ghetto.

Scènes saisies à la hâte ou posées. Photos « terribles des pendaisons », de la famine et des déportations, ainsi que moments de « joie ou de bonheur : couple d’amoureux, famille unie, mère embrassant son enfant, jeunes gens se jouant de la perspective pour le plaisir du photographe ».

La quarantaine de photographies présentées au CHRD « vibrent de stupeur et d’enseignement : elles nous dévoilent la géographie du ghetto, le fonctionnement d’une société recomposée au travail et sous contrôle ; elles nous renseignent sur les mécanismes de l’extermination et nous transmettent enfin une part de cet espoir, de ce souffle vital qui « malgré tout » permet d’entretenir l’idée que la lutte pour la survie peut avoir un sens ».

Ce sont des témoignages exceptionnels, surprenant – épouvantail portant l’étoile juive -, parfois troublants – des enfants Juifs jouent aux gardiens du ghetto, transposant les relations dures infligées par les Nazis -,

Une publication intégrale tardive
Apprenant la liquidation du ghetto de Łódź ordonnée par le Reichsführer et ministre de l’Intérieur Himmler, Henryk Ross enterre tous ses tirages, négatifs et documents.

Après la libération de Łódź par les troupes de l’Armée rouge, Henryk Ross « déterre ses images » et choisit « de n’en publier que quelques-unes parmi les plus dramatiques ».

Il fait son aliyah en Israël en 1950.

Certains de ses témoignages photographiques seront publiés et montrés, notamment lors du procès d’Adolf Eichmann ». Henryk Ross « redoutait en effet de livrer une vision inattendue de ce qui fut le « mouroir de l’Europe », selon l’expression d’Oskar Rosenfeld ».

Il meurt en 1991.

En 1997, son fils donne ces photographies à une fondation privée britannique, The Archive of Modern Conflict (Londres), afin que soient diffusées toutes les photographies d’Henryk Ross, soit 6 000 clichés et négatifs.

Cent vingt de ces photographies ont été publiées par l'éditeur Chris Boot avec un commentaire de Thomas Weber et Robert Jan van Pelt, et montrées en 2005 au Centre régional d’action culturelle (CRAC) de Valence lors de l’exposition Documents inédits du ghetto de Łódź.

Actuellement, ces tirages, notamment les plus heureux des habitants Juifs du ghetto avant leur assassinat lors de la Shoah, subissent l’érosion du temps. « Comme si l’état de conservation de ces clichés faisait partie intégrante de leur histoire »…

En 2011, le Centre d’Histoire de la Résistance et de la Déportation (CHRD) a présenté l'exposition Photos ensevelies du ghetto de Łódź – Henryk Ross conçue par l’agence Vu : 41 photographies d’Henryk Ross (1910-1991), « miraculeusement conservées », et qui « dévoilent la vie » du ghetto de Łódź (Pologne) « dans ses moments les plus intimes et les plus dramatiques ».

Le Museum of Fine Arts, Boston  présente l’exposition Memory Unearthed. The Lodz Ghetto Photographs of Henryk Ross (Souvenirs déterrés : les photographies du ghetto de Łódź de Henryk Ross) réunissant des photographies d’Henryk Ross (1910-1991).

Un site Internet montre ces témoignages bouleversants.

Du 25 mars au 30 juillet 2017
Au Museum of Fine Arts, Boston
Sites : Jeanne and Stokley Towles Gallery (Gallery 261), Catherine and Paul Buttenwieser Gallery (Gallery 262), Ives Family Gallery (Gallery 263), and Lizbeth and George Krupp Gallery (Gallery 264)
Avenue of the Arts
465 Huntington Avenue
Boston, Massachusetts 02115
Tel.: 617-267-9300
De samedi à mardi de 10 h à 17 h, de mercredi à vendredi de 10 h à 20 h

Jusqu’au 13 février 2011
Espace Berthelot
14, avenue Berthelot. 69007 Lyon
Tél. : 04 78 72 23 11
Du mercredi au vendredi de 9 h à 17 h 30
Du samedi au dimanche de 9 h 30 à 18 h
Visite commentée le 13 février 2011

Visuels de haut en bas © Exhibition Henryk Ross/ Courtesy Archive of Modern Conflict/Chris Boot Ltd/ Agence VU
Affiche : Mère embrassant son enfant, ghetto de Łódź (Pologne)
La ghettoïsation, dès le mois de mai 1940, s’accompagne de la mise au travail forcée, Łódź (Pologne)
Enfants du ghetto réunis à l’occasion d’une réception organisée par les parents des plus riches d’entre eux, Łódź (Pologne)
Scène de déportation, le « quota de Juifs du jour » est conduit à la voie de garage du chemin de fer de Marysin, ghetto de Łódź (Pologne)

A lire sur ce blog :

Les citations de l'article sont extraites du communiqué de presse.
Cet article a été publié le 11 février 2011, et republié le :
- 17 mai 2013 à l'approche de la diffusion, le 21 mai 2013, sur la chaine Histoire, d'un documentaire sur le ghetto de Łódź ;
- 17 janvier 2014. Le Mémorial de la Shoah évoqua, le 19 janvier 2014 à 124 h, deux photographes Juifs du ghetto de Łódź  : Henryk Ross et Mendel Grossmann ;
- 24 mars 2017. 

2 commentaires:

  1. bonjour avez vous une liste des noms des personnes qui étaient à Lodz merci

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  2. Bonjour,

    Je l'ignore. Peut-être Yad Vashem - http://www.yadvashem.org/ - pourra-t-il vous renseigner, ou du moins vous orienter vers une source qui disposerait de ces informations ?

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