Citations

« Le goût de la vérité n’empêche pas la prise de parti. » (Albert Camus)
« La lucidité est la blessure la plus rapprochée du Soleil. » (René Char).
« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 8 août 2023

Scarlett Johansson


Scarlett Johansson est une actrice et chanteuse américano-danoise, philanthrope et démocrate, née en 1984. Elle a manifesté son courage en résistant en 2014 aux pressions du BDS (Boycott Désinvestissement Sanction) visant une publicité dans laquelle elle vantait SodaStream. Arte rediffusera le 9 août 2023 à 13 h 35 "Deux sœurs pour un roi" de Justin Chadwick avec Eric Bana, Natalie Portman et Scarlett Johansson

Frank Sinatra (1915-1998)
Barbra Streisand
Scarlett Johansson est une actrice et chanteuse américano-danoise née en 1984 à New York, d’un père architecte danois et d’une mère américaine juive ashkénaze.

Elle célébrait Hanoucca et Noël.

Ses parents divorcent quand elle est âgée de 13 ans.

Enfant, Scarlett Johansson suit des cours de comédie et débute au cinéma dans la comédie « North » de Rob Reiner (1994).

Son interprétation d’une adolescente blessée dans The Horse Whisperer(L'Homme qui murmurait à l'oreille des chevaux, 1998) de Robert Redford d’après le roman éponyme de Nicholas Evans (1995) reçoit des critiques favorables de la presse.

Deux films - Lost in Translation et Girl with a Pearl Earring – marquent sa transition vers des rôles d’adultes.

Dans sa filmographie : trois films réalisés par Woody Allen - Match Point (2005), Scoop et Vicky Cristina Barcelona -, Le Dahlia noir (The Black Dahlia) de Brian De Palma (2006), Deux sœurs pour un roi (The Other Boleyn Girl) de Justin Chadwick (2008), Lucy de Luc Besson…

En octobre 2017, Scarlett Johansson a participé à l'émission télévisée américaine « Finding your roots » ( « Retrouver vos racines ») sur PBS. Cette émission effectue des recherches généalogiques sur leurs invités. Scarlett Johansson a découvert qu'une partie de sa famille maternelle avait péri dans le ghetto de Varsovie (Pologne) lors de la Deuxième Guerre mondiale. Elle a lu les certificats de décès de Saul, le frère de son grand-père, et d’autres membres de sa famille. Elle n'a pu retenir ses larmes. « Je m’étais promise de ne pas pleurer, mais c’est dur de ne pas le faire. C’est fou, on ne peut vraiment pas imaginer l’horreur, c’est trop surréaliste. Je comprends pourquoi un mouchoir en papier était posé sur la table !  », a-t-elle déclaré.  Et d'ajouter : "C'est fou d'imaginer que Saul serait de l'autre côté à vendre des bananes sur Ludlow Street. Et comme c'était différent d'être en Amérique à cette époque. Le destin d'un frère contre celui de l'autre." L'actrice a estimé que grâce à cette émission, elle se sentait plus "profondément liée à cette partie de moi, cette branche de ma famille. Je ne m'attendais pas à cela”. Son grand-père avait quitté la Pologne pour les Etats-Unis où il a gagné sa vie comme épicier à New York.

L'actrice est mère d'une fille prénommée Rose Dorothy Dauriac, née en 2014 de son mariage avec Romain Dauriac.

"Lost in Translation"
Arte diffusera le 9 décembre 2020 "Lost in Translation" (Lost in Translation - Zwischen den Welten) de Sofia Coppola (2003) avec Bill Murray et Scarlett Johansson. 

"Bob Harris, célèbre acteur américain sur le déclin, tourne à Tokyo un spot publicitaire pour un whisky japonais... Logé dans un palace de la ville, en proie au décalage horaire, il se sent radicalement étranger aux choses et aux gens qui l’entourent. Au bar de l’hôtel, il rencontre une jeune compatriote, livrée elle aussi à la solitude et à l’insomnie. Charlotte, fraîche émoulue de l’université, vient d’épouser un photographe de stars, qui ne cesse de courir d’un rendez-vous à un autre. Entre le blasé vieillissant et la femme-enfant délaissée se noue une étrange relation…" 

"Bill Murray et Scarlett Johansson unissent leurs décalages pour un pas de deux drolatique, émouvant et subtil. Un petit bijou de cinéma."

Lost in Translation "se dit d’une notion intraduisible, qui se "perd" dans le passage d’une langue à l’autre. Mais peut-être faut-il entendre ici l’expression littérale : "perdu dans la traduction" ? Parce qu’ils sont égarés dans un espace entre deux mondes, idéalement figuré par le cocon irréel d’un grand hôtel international, ces êtres en apesanteur se rencontrent et se touchent". 

"Sur un canevas léger, Sofia Coppola, épaulée par des comédiens en état de grâce, compose un petit bijou de cinéma, avec en toile de fond futuriste les lumières de Tokyo". 

"Dialogues ciselés, montage inspiré, acuité du regard : son deuxième long métrage après Virgin Suicides transpose avec subtilité dans le monde d’aujourd’hui l’élégance des sentiments et la drôlerie des grands classiques de la comédie américaine". 

"Aux côtés de Bill Murray, qui parvient d’un seul hilarant haussement de sourcil à exprimer la quintessence du dépaysement, de l’absurde ou de l’attendrissement, Scarlett Johansson ne se laisse pas intimider. Sa manière de suggérer la vulnérabilité, derrière son charme boudeur et son humour à froid, relève du grand art."

« La jeune fille à la perle  »
« La jeune fille à la perle » (Das Mädchen mit dem Perlenohrring ; Girl with a Pearl Earring) est un film réalisé par Peter Webber avec Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson et Cillian Murphy

« Adapté du livre de Tracy Chevalier, ce film livre sa propre vision de l'énigmatique "jeune fille à la perle", incarnée par Scarlett Johansson » qui est sélectionnée pour les Golden Globes en 2003.

« Delft, XVIIe siècle, à l’âge d’or de la peinture hollandaise. Pour aider ses parents, la jeune et ravissante Griet se fait engager comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Celui-ci vit et travaille presque en reclus dans son atelier tandis que sa femme et sa belle-mère se chargent de l’intendance et des finances. La jeune servante, très disciplinée, s’occupe du ménage et des six enfants". 

"Au fil du temps, les femmes de la maison développent envers elle une terrible jalousie. Mais la douceur et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. L’œil sûr, celle-ci prépare en cachette les pigments de ses peintures et le seconde en silence dans son atelier. Un jour, un mécène richissime commande un portrait d’elle à Vermeer. Le scandale éclate lorsque la maîtresse de maison apprend que Griet lui a emprunté une boucle d’oreille sans sa permission pour poser devant le peintre… »

« Adapté du succès littéraire éponyme de Tracy Chevalier, lui-même inspiré par le tableau de Johannes Vermeer, ce film somptueux livre sa propre vision de l’origine de l’énigmatique jeune femme représentée par le peintre ». 

« Ce portrait devenu célèbre dès sa redécouverte a souvent été qualifié de « Joconde du Nord » par les critiques ». 

« Dans son film, centré sur la relation entre le maître et sa servante, le réalisateur Peter Webber a apporté un soin particulier à la photographie et aux décors, cherchant à recréer l’ambiance et les tonalités présentes dans toutes les œuvres de Vermeer : une lumière ciselée et une obscurité diffuse au service des sentiments des personnages. Une belle réussite, toute de sensualité et de pudeur ».

"Deux sœurs pour un roi"
Arte rediffusera le 9 août 2023 à 13 h 35 "Deux sœurs pour un roi" (The Other Boleyn Girl) de Justin Chadwick.

"Au XVIe siècle, en Angleterre, les sœurs Boleyn se disputent le cœur du roi Henri VIII (Eric Bana)... Une fresque historique efficace, pimentée par un duel impérial entre Natalie Portman et Scarlett Johansson."

"Alors que le couple formé par Henri VIII et Catherine d'Aragon bat de l'aile, le duc de Norfolk convainc son beau-frère, sir Thomas Boleyn, d'orchestrer une rencontre entre le roi et sa fille Anne."

"Le rapprochement est en bonne voie, mais le souverain s'éprend finalement de Marie, la soeur de sa promise. Frustrée, Anne épouse en secret l'homme qu'elle aime, Henri Percy, pourtant fiancé à une autre. Lorsque sa famille l'apprend, elle est envoyée en exil en France." 

"De son côté, Marie porte l'enfant de son royal amant, dont elle ne peut plus partager la couche en raison de sa santé fragile. Anne est alors rappelée à la cour pour raviver le désir du monarque. Ambitieuse, la jeune femme refuse le statut de maîtresse : elle se donnera à Henri le jour où il lui offrira le trône..."

"De La vie privée d'Henri VIII d'Alexander Korda à la série sombre et sexy Les Tudors, le règne sanglant du roi d'Angleterre a inspiré une kyrielle d'oeuvres de fiction."

"Peter Morgan, qui poursuit ici son immersion dans l'intimité de la famille royale - il a signé le script de l'exquise fable politique de Stephen Frears The Queen -, s'est appuyé sur un roman de Philippa Gregory pour façonner un scénario au suspense prenant, centré sur la rivalité entre deux sœurs aux tempéraments aussi éloignés que la couleur de leurs cheveux : d'un côté Marie, douce et disciplinée, de l'autre, Anne, dont l'orgueil - et son incapacité à donner un héritier mâle à la couronne - la conduira à l'échafaud."

"Déployant des costumes et des décors flamboyants, fidèles à la palette de l'artiste Hans Holbein, Justin Chadwick (Mandela : un long chemin vers la liberté) compose une fresque élégante qui vaut surtout pour sa peinture de la condition féminine au XVIe siècle et son duo de reines : Scarlett Johansson et Natalie Portman, réunies pour la première fois à l'écran."

"#Chef"
"#Chef" (Kiss the Cook - So schmeckt das Leben!) est un film américain réalisé par Jon Favreau avec Jon Favreau (Carl Casper), Bobby Cannavale (Tony), John Leguizamo (Martin), Emjay Anthony (Percy), Scarlett Johansson (Molly), Dustin Hoffman (Riva), Sofía Vergara (Inez), Oliver Platt (Ramsey Michel),  Amy Sedaris (Jen), Robert Downey Jr. (Marvin).

"Un cuisinier en rupture de ban prend la route avec son fils à bord d’un "food truck"... Une comédie 100 % carnivore, interprétée, scénarisée et réalisée par un maître du divertissement hollywoodien, Jon Favreau (qui a signé les deux premiers "Iron Man")". 

"Le talentueux chef Carl Casper officie dans un resto branché de L. A., sous la surveillance pointilleuse du propriétaire du lieu, un homme aussi inflexible que conservateur. Quand un critique gastronomique réputé s’annonce pour le dîner, Carl se voit interdire toute fantaisie créative dans le menu préparé en conséquence et perd son sang-froid sur Twitter devant l’article dévastateur qui en résulte. Mis à pied, il embarque alors son fils de 10 ans, Percy, dans un road trip pour Miami, la ville de ses débuts. Le vieux minibus qu’ils croisent en chemin redonne un élan à sa fougue culinaire : il y voit le food truck de ses rêves, dans lequel, avec Percy et un copain recruté en renfort, ils vont proposer d'exceptionnels sandwichs cubains (spécialité qui, depuis la Floride, a conquis les États-Unis). "

"À moins d’avoir la foi végane chevillée au corps, ne pas s’aviser de regarder le ventre vide cette ode à l’amour filial, à l’amitié, à l’appétit, à l'Amérique et à l'aventure  – un quintuple A, comme pour l'andouillette. Démultiplié derrière ses fourneaux, Jon Favreau, à la fois scénariste, acteur principal et réalisateur, a l’art de faire saliver d’un simple plan sur une viande en train de rôtir. Abonné aux blockbusters de super-héros (il a signé notamment les Iron Man 1 et 2), il explore avec cette comédie bon enfant et 100 % carnivore les fondamentaux du divertissement comme de la cuisine : une échappée simple et roborative, ponctuée d’escales pleines de séductions (du beignet made in New Orleans au barbecue mitonné à Austin), et épicée d’un défilé de guest stars." 

SodaStream
L'actrice américaine Juive Scarlett Johansson est l'égérie de la publicité de SodaStream, firme israélienne leader mondial de la gazéification à domicile, destinée à être diffusée lors de la mi-temps de la finale  le 2 février 2014 du Super Bowl, match de football le plus suivi - environ 130 millions de téléspectateurs aux Etats-Unis - et au tarif de 3,5 millions de dollars en 2012 pour un spot publicitaire de trente secondes. 

SodaStream offre un "concept pratique, écologique, diététique et économique" de gazéification à domicile.

Cette actrice a affronté depuis la mi-janvier 2014 une campagne BDS contre son soutien à la société fabriquant des machines à  soda et des sodas notamment dans l'usine d'une zone industrielle à Mishor Adumim, en Judée, soit en zone C, "sous contrôle de l'administration israélienne", selon les accords d'Oslo (1993). Le 24 janvier 2014, Scarlett Johansson a expliqué dans le Huffington Post : "Je n'ai jamais eu l'intention d'être le visage d'un mouvement social ou politique. Cela n'a rien à voir avec mon affiliation à SodaStream... Je demeure une supportrice de la coopération économique, de  l'interaction sociale entre un Etat d'Israël démocratique et la Palestine. SodaStream est une compagnie qui n'est pas seulement engagée dans l'environnement, mais aussi dans la construction d'un pont pour la paix entre l'Etat d'Israël et la Palestine, en soutenant des voisins qui se soutiennent, et travaillent main dans la main, recevant le même salaire, des avantages égaux et des droits identiques. C'est ce qui arrive chaque jour dans l'usine Ma'ale Adumim... Je soutiens les produits de SodaStream et je suis fière du travail que j'ai accompli comme ambassadrice d'Oxfam pendant huit ans". Devant la critique d'Oxfam, l'actrice a mis un terme le 30 janvier 2014 à sa mission pour cette organisation en raison d'une "différence fondamentale d'opinion" à l'égard du mouvement BDS. Le 31 janvier 2014, Osfam a accepté la démission de Scarlett Johansson : "Oxfam estime que les entreprises qui, comme SodaStream, exercent leurs activités dans les colonies contribuent à y perpétuer la pauvreté et le non-respect des droits des communautés palestiniennes que nous nous attachons à soutenir. Oxfam s’oppose à toute forme de commerce avec les colonies israéliennes, lesquelles sont illégales au regard du droit international". 
Et pourtant les ouvriers "palestiniens" sont heureux de travailler dans cette usine à Mishor Adumim, en Judée : « SodaStream emploie 900 personnes, dont 500 Palestiniens qui ont les mêmes avantages que les Israéliens et reçoivent des salaires cinq fois supérieurs à ceux payés dans les territoires administrés par l'Autorité Palestinienne », a déclaré Philippe Chancellier, directeur général d'OPM France, société distribuant en France les produits SodaStream, le 29 janvier 2014. "
Le 1er février 2014, la chaine Fox a annoncé qu'elle ne diffusera pas le spot de SodaStream car Scarlett Johansson le concluait par : "Sorry, Coke and Pepsi" (Désolée, Coke et Pepsi). Deux annonceurs internationaux très importants... Mais ce spot a bénéficié d'une extraordinaire publicité via les articles et le buzz. Depuis le 27 janvier 2014, donc en moins d'une semaine, il a été visionné par près de neuf millions d'Internautes sur YouTube ! Sans compter les Internautes qui l'ont vu sur d'autres sites... 

SodaStream est un des partenaires du 41e festival international de la bande dessinée (31 janvier-2 février 2014).  Des dessinateurs ont demandé par une lettre-pétition à Franck Bondoux, délégué général de ce festival, de "couper tous les liens entre le festival et cette entreprise honteuse ». Parmi les signataires : les Américains Ben Katchor et Joe Sacco, le Français Siné, la tunisienne Willis From Tunis, le Brésilien Carlos Latuff, et l'Israélien Amitai Sandy. Franck Bondoux a déclaré au Monde (31 janvier 2014) qu'il était « particulièrement gêné par cette lettre ouverte qui ne repose sur rien de concret. Quand le festival s'engage avec un partenaire, il regarde naturellement qui il est. Concernant SodaStream, je ne vois pas en quoi cette entreprise est honteuse. Elle est implantée dans une colonie ancienne, en zone C, qui est née des accords d'Oslo entre Israël et l'OLP. Rien n'interdit à une entreprise de s'installer là dans l'attente d'un accord entre les deux parties, quand bien même celui-ci tarde particulièrement. SodaStream crée plutôt des passerelles. Elle emploie 500 travailleurs palestiniens qui travaillent dans de bonnes conditions. Cette entreprise n'a jamais été condamnée en France. Parler de “crime” à son encontre, comme le font ces auteurs, est une prise de position partisane. La rejeter reviendrait à la condamner : ce serait une injustice à l'envers ».

Ce n'était pas la première fois que SodaStream était visée par BDS : en janvier 2011, "sous la pression d'organisations pro-palestiniennes en France, France Télévisions avait d'abord retiré la publicité de SodaStream des écrans lors du jeu SLAM. Le BNVCA (Bureau national de vigilance contre l'antisémitisme) était alors intervenu auprès de directrice des relations de France Télévisions" et lui avait "signifié qu'en vertu des lois qui prévoient et punissent le délit de boycott en France, le BNVCA envisageait de poursuivre en justice cette instance. France Télévisions a immédiatement rétabli SodaStream dans son droit".

Le 29 octobre 2014, SodaStream a annoncé "la fermeture progressive, d'ici à fin 2015 de sa principale unité de production", située dans la localité de Mishor Adoumim, à l'est de Jérusalem, dans la zone industrielle de Maalé Adoumim, Eludant le boycott, elle a évoqué les difficultés actuelles et son souci de "rationalisation des coûts de production et de l'optimisation de la fabrication", d'« améliorer l'efficacité opérationnelle » du groupe coté sur le marché du Nasdaq à New York depuis 2010. Elle fermera aussi son autre usine dans le nord d'Israël, près de Nazareth. Ce qui représentera une réduction de neuf millions de dollars de ses coûts de production. Le chiffre d'affaires s'élève à 125,9 millions de dollars au troisième trimestre 2014 contre 144,6 millions à la même époque en 2013. Le chiffre d'affaires annuel devrait diminuer de 9 % par rapport à 2013. 
Directeur général d'OPM, importateur et distributeur exclusif de Sodastream en France, Philippe Chancellier, nie auprès de MYTF1News que la firme ait cédé au boycott : "L'usine qui est Newsnotre site de production historique, existe depuis plus de 30 ans. Il est impossible qu'elle ferme du jour au lendemain. En revanche, il est vrai que cette fermeture est envisagée", 
« Nous lançons aujourd'hui un plan global de croissance pour remettre l'entreprise sur la bonne voie », a expliqué le PDG de la firme. SodaStream emploie plus de 2 000 personnes sur une vingtaine de sites en Australie, en Chine, en Allemagne, en Afrique du Sud, en Israël et en Cisjordanie. Le groupe a annoncé en 2012 vouloir construire une nouvelle usine dans le désert du Néguev, dans le sud d'Israël. Et d'ajouter : "L'entreprise Sodastream est aujourd'hui un succès dans 45 pays et dispose de 20 sites de production dans le monde, dont deux en Israël. Un troisième, de plus grande envergure, devrait ouvrir prochainement dans le Néguev, à l'extrême sud du pays."  
"SodaStream présente sur Internet son usine de Mishor Adoumim comme un « modèle d'intégration » employant 1 300 personnes : 500 Palestiniens, 450 Arabes israéliens et 350 juifs israéliens jouissant des mêmes salaires et des mêmes conditions sociales. Les employés palestiniens y « perçoivent des salaires quatre à cinq fois supérieurs par rapport aux salaires moyens dans les territoires contrôlés par l'Autorité palestinienne ». Daniel Birnbaum, PDG de SodaStream, avait déclaré en janvier 2014 au magazine Juif new-yorkais Forwardque Mishor Adoumim, "ancienne usine de munitions reconvertie en 1996, était devenue « une épine dans le pied » pour l'entreprise. Selon son conseiller Maurice Silber, cité par Forward, « tout le monde est contre l'occupation » et le PDG était prêt à payer des impôts sur les sociétés dans un futur Etat palestinien".  

Le 29 février 2016, Daniel Birnbaum a annoncé le licenciement des 74 derniers salariés palestiniens travaillant dans son usine à Lehavim, site de la nouvelle implantation de l'usine après la fermeture de celle de Maalé Adoumim sous la pression du BDS. Le permis de travail de ces ouvriers n'aurait pas été prolongé par les autorités israéliennes. SodaStream a recruté des salariés israéliens à la place de ceux palestiniens.

Anas Abdul Wadud Ghaïth "essuyait les larmes derrière ses lunettes. «On formait une famille. Je suis triste parce que je quitte mes amis», a confié le jeune homme de 25 ans dont quatre années passées chez SodaStream. « Il n’y a pas d’espoir en Palestine, et pas beaucoup de travail», a-t-il ajouté. Quelques centaines de salariés de l’usine de Lehavim ont manifesté contre l’attitude du gouvernement israélien et formé un signe de paix en solidarité avec leurs anciens collègues".

Le COGAT," organe du ministère de la Défense chargé de coordonner les activités israéliennes dans les Territoires, n’a pas fourni d’explication sur le non-renouvellement des permis. « Le COGAT a pris de nombreuses mesures pour aider l’usine, il a fourni des permis provisoires à des centaines de travailleurs au cours de l’année et demie écoulée pour rendre le transfert possible », a expliqué cet organisme public. Selon le COGAT, "58 000 Palestiniens possèdent des permis pour travailler en Israël, et 27 000 autres pour des entreprises israéliennes dans les "localités de Judée et de Samarie. Ces "salariés gagnent en général mieux leur vie que dans des entreprises palestiniennes".

Maayan Nave, "le porte-parole de SodaStream, a dit ne pas croire que le gouvernement ait voulu sanctionner le fait que l’entreprise ait cédé aux pressions du BDS. Il a assuré que la compagnie continuerait à se battre pour obtenir des permis pour les Palestiniens. Le PDG de SodaStream, Daniel Birnbaum, a, lui, affirmé que « le BDS n’a rien à voir avec ça», martelant: «c’est la faute du gouvernement». Le gouvernement «est incapable de surmonter sa propre bureaucratie et son propre entêtement pour résoudre cette énorme difficulté: permettre à 74 gens bien de continuer à faire ce qu’ils faisaient jusqu’alors», a-t-il dit".

SodaStream avait cédé au BDS en changeant le lieu d'implantation de son usine. Il a contribué à la situation actuelle. Sans se soucier du sort de tous ceux, célèbres ou anonymes, qui avaient défendu la marque et son site dans une terre biblique.

"Deep fake"

"L'actrice la mieux payée d'Hollywood, Scarlett Johansson, vient d'ajouter son nom à la liste des personnalités qui s'engagent contre le phénomène des « deep fake » - ces vidéos ultraréalistes dans lesquelles les visages et les voix de ceux qui apparaissent à l'écran sont modifiés."

"Dans une interview accordée au quotidien The Washington Post, l'actrice dont la tête a été utilisée dans des dizaines de vidéos pornographiques s'inquiète de la montée en puissance de ces technologies : « Les personnes vulnérables comme les femmes, les enfants, et les personnes âgées doivent prendre des précautions supplémentaires pour protéger leur identité et leur contenu personnel », déclare-t-elle".


"Lost in Translation" de Sofia Coppola
 
Etats-Unis, Japon, 2003
Scénario : Sofia Coppola
Production : American Zoetrope, Elemental Films, Tohokushinsha Film Company
Producteurs : Ross Katz, Sofia Coppola
Image : Lance Acord
Montage : Sarah Flack
Musique : Kevin Shields
Avec Scarlett Johansson (Charlotte), Bill Murray (Bob Harris), Akiko Takeshita (Madame Kawasaki), Kazuyoshi Minamimagoe (attaché de presse), Kazuko Shibata (attaché de presse), Nancy Steiner (Lydia Harris), Giovanni Ribisi (John), Ryuichiro Baba (le concierge), Anna Faris (Kelly)
Sur Arte les 27 décembre 2011 à 20 h 40, 28 décembre 2011 à 14 h 45, 19 août 2015 à 20 h 50, 9 décembre 2020 à 20 h 55 et 12 décembre 2020 à 1 h 00
Disponible du 09/12/2020 au 15/12/2020
Visuels :
© ARD/Degeto Film
© Yoshio Shato
© DR

« La jeune fille à la perle » par Peter Webber
Royaume-Uni, Luxembourg, 2003
Image : Eduardo Serra
Montage : Kate Evans avec Alexandre Desplat
Production : Archer Street, Delux, Film Fund Luxembourg, Pathé, UK Film Council, Wild Bear
Producteur/-trice : Andy Paterson, Anand Tucker
Scénario : Olivia Hetreed
Avec Colin Firth, Scarlett Johansson, Tom Wilkinson, Cillian Murphy, Essie Davis, Judy Parfitt
Auteur : Tracy Chevalier
Sur Arte les 14 octobre 2018 à 20 h 50, 17 octobre 2018 à 13 h 35
Visuels :
Scarlett JOHANSSON
Tom WILKINSON, NON IDENTIFIE
Essie Davis, Scarlett JOHANSSON
NON IDENTIFIE, Tom WILKINSON, Scarlett JOHANSSON, NON IDENTIFIE
© PATHE

"Deux sœurs pour un roi" de Justin Chadwick 
Royaume-Uni, Etats-Unis, 2008, 1 h 48
Auteure : Philippa Gregory
Production : Ruby Films, Scott Rudin Productions
Productrice : Alison Owen
Scénario : Peter Morgan
Image : Kieran McGuigan
Montage : Paul Knight, Carol Littleton
Musique : Paul Cantelon
Avec Natalie Portman (Anne Boleyn), Scarlett Johansson (Mary Boleyn), Eric Bana (Henry Tudor), Ana Torrent (Catherine d'Aragon), Mark Rylance (Sir Thomas Boleyn), Kristin Scott Thomas (Lady Elizabeth Boleyn)
David Morrissey (Duc de Norfolk), Jim Sturgess (George Boleyn)
Sur Arte les 9 août 2023 à 13 h 35, 13 août 2023 à 13 h 30
Visuels : © 2008 Columbia Pictures Industries, Inc./Universal City Studios Productions LLLP./All rights reserved

"#Chef" de Jon Favreau
Etats-Unis, 2014, 111 min
Scénario : Jon Favreau
Production : Aldamisa Entertainment, Kilburn Media
Producteurs : Jon Favreau, Sergei Bespalov, Roy Choi, John Bartnicki
Image : Kramer Morgenthau
Montage : Robert Leighton
Musique : Stefan Karrer et Lyle Workman
Avec Jon Favreau (Carl Casper), Bobby Cannavale (Tony), John Leguizamo (Martin), Emjay Anthony (Percy), Scarlett Johansson (Molly), Dustin Hoffman (Riva), Sofía Vergara (Inez), Oliver Platt (Ramsey Michel),  Amy Sedaris (Jen), Robert Downey Jr. (Marvin)
Visuels
© TF1 Studios
© Merrick Morton

Articles sur ce blog concernant :
Articles in English
Les citations sur le film sont d'Arte. Cet article a été publié le 14 octobre 2018, puis le 9 décembre 2020.

dimanche 6 août 2023

« Majorque, années 1930 - La fin d'un refuge » de Christian Buckard et Daniel Guthmann

Arte diffusera le 9 août 2023 à 00 h 15 « Majorque, années 1930 - La fin d'un refuge » (Mallorca -  Tod im Paradiesde Christian Buckard et Daniel Guthmann. « L'histoire troublée de Majorque, terre d'exil éphémère à la veille de la Seconde Guerre mondiale. Portrait croisé d'Allemands, pacifistes ou opposants au régime nazi, partis au début des années 1930 trouver refuge sur l'île de Majorque et qui furent pourchassés en 1936 par les franquistes. »


Située dans la mer Méditerranéenne au large de Valence, Majorque est l'île la plus grande des îles Baléares (Espagne). 

Entre 873 000 et 923 610 habitants vivent à Majorque, dont près de la moitié dans sa capitale, Palma

"La présence juive dans l’île de Majorque remonte aux premiers siècles du Moyen Âge. Considérés comme un atout pour faciliter la transition après la Reconquête, les juifs se voient garantir des privilèges par le pouvoir royal. Une première inflexion de leur sort se produit lorsque l’Église accentue ses pressions pour convertir cette minorité religieuse. Entre le XVe et le XVIIe siècles, alors même qu’il n’existe plus de juifs à Majorque, leurs descendants convertis sont stigmatisés en tant que Xuetes."

Le terme Chuetas (en catalan xuetes ou xuetons « petits juifs ») désigne de manière péjorative, dédaigneuse, voire insultante, les descendants à Valence et à Majorque des Juifs convertis au christianisme, ou "nouveaux chrétiens". Soupçonnés de crypto-judaïsme, certains d'entre eux ont été persécutés par l'Inquisition à la fin du XVIIe siècle."

"Pratiquant l'endogamie, ils ont été marginalisés, ostracisés - vivant dans le Call Jueu (juiverie) - jusque vers 1950". 

"De 18 000 à 20 000 Majorquins portent un de leurs noms patronymiques." 

"Environ 300 familles de Chuetas, soit 2 000 personnes, vivent à Majorque". 

Les îles Baléares sont "déjà une destination touristique prisée, particulièrement des Anglais, des Américains, des Français. Le voyage est long, mais largement récompensé par la beauté des paysages et la douceur du climat méditerranéen". 

Les îles proposent des hôtels modernes, et les plages sont très fréquentées.

Palma est une capitale "dynamique et florissante qui possède son tramway électrique et un industrie moderne. Ses restaurants et café n'ont rien à envier à ceux de Barcelone, Paris ou Berlin". 

"Les paquebots en provenance de Barcelone se chargent d'amener vacanciers, hommes d'affaires et émigrants. Palma compte déjà une communauté allemande bien organisée, avec sa propre école, ses commerces et son journal en allemand".

« Au début des années 1930, de nombreux Allemands, pacifistes ou opposants au régime nazi, partent trouver refuge sur l'île de Majorque, pour tenter de commencer une nouvelle existence dans la douceur du climat méditerranéen. »

« Alors que le couple juif Ernst et Irene Heinemann élit domicile aux portes de Palma, la famille Kraschutzki installe son atelier dans le petit village de pêcheurs de Cala Ratjada. »

« Pour ces déracinés, le répit est, hélas, de courte durée. Le 18 juillet 1936, en l'espace de vingt-quatre heures à peine, l'île tombe entre les mains des franquistes. Une véritable chasse à l'homme à l'issue meurtrière s'engage. »

« Les réalisateurs Daniel Guthmann et Christian Buckard livrent un documentaire saisissant sur un épisode de l'histoire espagnole longtemps resté tabou ».
 
« Leurs images colorées des plages touristiques et des villages pittoresques de Majorque, en partie filmées par drone, contrastent avec les séquences glaçantes des défilés fascistes et des violences meurtrières. »

« Plusieurs années de recherche et d'enquête ont été nécessaires pour retracer le destin de ces exilés allemands, célèbres ou anonymes, venus se mettre en sécurité dès les balbutiements du nazisme. »

« Portrait croisé d'hommes et de femmes qui se sont peu à peu retrouvés pris au piège ».

En 2010, le quotidien espagnol El Pais a révélé que le général Francisco Franco avait livré en 1941 aux Nazis une "liste des 6 000 Juifs de son territoire et l'avait remise à l'architecte de la solution finale des nazis, Heinrich Himmler. À l'époque, l'Espagne et l'Allemagne négociaient l'entrée de l'Espagne dans l'alliance de l'Axe. Aucune alliance n'a été signée et l'Espagne est restée neutre tout au long de la Deuxième Guerre mondiale."

Après la défaite des forces de l'Axe en 1945, les dirigeants espagnols ont tenté de détruire toutes les preuves de leur collaboration avec les Allemands nazis. "Mais un document récemment retrouvé dans une archive de la ville de Saragosse, dans le nord-est de l'Espagne, met en lumière ce que Franco cherchait à cacher. Ce document est un ordre officiel, daté du 13 mai 1941, émis par le chef de la sécurité de Franco, Jose Maria Finat y Escriva de Romani, à tous les gouverneurs de province. Il leur demandait de dresser une liste de tous les Juifs de leur quartier, résidents locaux et étrangers, ainsi que des détails sur "leurs tendances personnelles et politiques, leurs moyens de subvenir à leurs besoins, leur activité commerciale, le niveau de menace qu'ils constituent et leur sécurité". Himmler a également demandé que la liste inclue les Juifs convertis au christianisme. Et les gouverneurs de province ont été invités à faire des efforts particuliers pour localiser les Juifs séfarades, descendants de ceux expulsés en 1492, car ils pouvaient se cacher aisément parmi la population locale en raison de leur capacité à parler le ladino, un dialecte juif basé sur l'espagnol. "Leur adaptation à notre environnement et leur tempérament similaire leur permettent de cacher plus facilement leur origine", explique l'ordre. "Ces gens ne se démarquent pas, et il est donc particulièrement difficile de déjouer leurs efforts de subversion." L'ordre fait référence aux Juifs comme "cette race infâme". Peu de temps avant la préparation de la liste, Romani et Himmler ont assisté ensemble à une corrida à Madrid. Après sa finalisation, Romani a été nommé ambassadeur d'Espagne en Allemagne, ce qui lui a permis de le remettre personnellement à Himmler... Franco a envoyé 18 000 volontaires espagnols pour combattre aux côtés des Allemands sur le front de l'Est de 1941 à 1943. En revanche, des diplomates espagnols en Europe ont sauvé des milliers de Juifs. Mais ils travaillaient seuls, au péril de leur vie, au mépris de la politique officielle de Franco. Ces diplomates ont accordé des visas de transit aux réfugiés juifs - la plupart d'entre eux d'origine espagnole - et ont également hébergé de nombreux Juifs dans les consulats et ambassades d'Espagne en Hongrie, en France, en Grèce, en Allemagne, en Bulgarie et en Roumanie".
 


Allemagne, 2022, 52 mn
Coproduction : ARTE/ZDF, Gruppe 5, Periferica
Sur Arte les 9 août 2023 à 00 h 15, 17 août 2023 à 3 h 00
Sur arte.tv du 08/08/2023 au 06/09/2023
Visuels :
In Cala Ratjada ließen sich Anfang der 1930er Jahre deutschsprachige antifaschistische Künstler und Schriftsteller nieder.
© Guthmann

Gäste in Käpt´n Bilbos Wikiki-Bar, Cala Ratjada 
© Regine Thümmler

© Jan Buckard/Gruppe 

Zu den Exilanten auf Mallorca zählten auch der Pazifist Heinz Kraschutzki und seine Frau Luise. 
© Carl von Gablenz 

Die Kinder der Familie Kraschutzki, frühe 1930er Jahre, Cala Ratjada 
© Carl von Gablenz 

Die mallorquinische Aufenthaltsgenehmigung des Malers Rudolf Levy (1875-1944, nach Auschwitz depotiert) 
© Bargheer-Museum


« 1952-1953 : guerre froide et renouveau en Europe » de Mathias Haentjes

Arte diffusa le 8 août 2023 à 22 h 40 « 1952-1953 : guerre froide et renouveau en Europe » de Mathias Haentjes. « Au début des années 1950, la construction européenne connaît des balbutiements, tandis que la guerre froide s'intensifie. Un retour en archives sur deux années cruciales, nourri de témoignages "de l'intérieur". 

« Sept ans après la fin de l'effroyable guerre, l'Europe meurtrie et affamée est divisée par le rideau de fer. »

« À l'est, l'orientation des pays satellites de l'URSS se décide à Moscou. »

« À l'ouest, sous la pression des Américains, six pays (France, Italie, Allemagne de l'Ouest, Belgique, Pays-Bas, Luxembourg) s'engagent dans une voie difficile : travailler ensemble et montrer leur unité face au bloc soviétique en posant les bases d'une Europe fédérale ». 


« Un projet dont la mise en place exacerbe les tensions et exige un profond changement des mentalités : en quelques années, la République fédérale allemande doit passer du statut de criminel à celui de partenaire. »

« L'aspiration au renouveau qui marque l'Europe du début des années 1950, à l'ouest comme à l'est de Berlin, grandit dans des pays qui souffrent encore des stigmates de la guerre. »

« Alors que la toile de fond se rigidifie sous l'influence des États-Unis et de l'Union soviétique, tout reste à construire. »

« Le documentaire de Mathias Haentjes retrace cette période complexe à travers un montage d'archives et d'extraits de films de propagande qui témoignent de l'emprise des idéologies sur les populations. »

« Des images commentées non par des spécialistes, mais par des voix "de l'intérieur" : celles, venues du passé, de l'écrivain berlinois Alfred Kantorowicz, à l'époque installé en RDA, et de la journaliste américaine Janet Flanner, correspondante à Paris ; et celles de Rudolf Dertinger, fils du ministre des Affaires étrangères de la RDA accusé d'espionnage par la Stasi, de Luciana Castellina, icône du communisme italien, de Rosemarie Ibach (décédée le 28 mars 2023) et de Jean Hamilius, qui furent aux premières loges des prémices de la construction européenne au Luxembourg, ou encore de Georges Berthoin, proche collaborateur de Jean Monnet. »

« Ces précieux témoins, encore vivants, nourrissent le récit de photographies personnelles et de souvenirs éclairés, mettant en lumière les ambiguïtés et les tâtonnements de l'histoire, absents des manuels scolaires. »



Allemagne, 2022, 1 h 29
Coproduction : WDR/ARTE, Tag/Traum
Sur Arte les 8 août 2023 à 22 h 40, 17 août 2023 à 9 h 25
Sur arte.tv du 01/08/2023 au 05/11/2023
Visuels :
© Phototek Luxemburg
© NATO Archives
© DR
© UB der HU Berlin
© Tag/Traum Filmproduktion
© THW Bonn

jeudi 3 août 2023

Les Sassoon

Les Sassoon sont une dynastie juive sépharade de commerçants, fondée par David Sassoon  (1792-1864), et originaire de Baghdâd, dans l'actuel Irak, alors dans l'Empire ottomanDès le XIXe siècle, les Sassoon s'imposent par leur richesse, leur empire économique - finance, commerce international du blé, du coton, des épices, de l'opium - développé en Asie, leur culture raffinée, leur engagement civique et leur philanthropie. Ils se fixent à Bombay (actuelle Mumbai en Inde), puis orientent leurs activités  vers la Chine, l'Angleterre... Le musée juif de New York présente l’exposition consacrée à cette famille philanthrope « The Sassoons ».
Les Sassoon
« La croix gammée et le turban, la tentation nazie du grand mufti » de Heinrich Billstein
Le monde d'Albert Kahn. La fin d'une époque
« Le monde d’Albert Kahn. Moyen-Orient : la naissance des nations » de David Okuefuna 
« Une élite parisienne. Les familles de la grande bourgeoisie juive (1870-1939) » par Cyril Grange

"L'argent et l'or, les soies, les gommes et les épices, l'opium et le coton, la laine et le blé - tout ce qui se déplace sur la mer ou sur la terre sent la main ou porte la marque de Sassoon & Co". C'est en ces termes qu'un rival évoquait cette dynastie de commerçants juifs sépharades polyglottes dont l'origine remonte à Baghdâd, dans l'actuel Irak, alors dans l'Empire ottoman.

Fondateur de la dynastie, David Sassoon (1792-1864) a quitté Baghdâd en 1828, et s'est installé en Inde.

Les Sassoon ont développé leur empire sur plusieurs continents, de l'Extrême-Orient à l'Europe, via le sous-continent indien, "des guerres de l'opium et de l'ouverture de la Chine à la guerre civile américaine, de l'établissement du Raj britannique à l'indépendance de l'Inde".  Ils ont joué un rôle majeur dans l'essor de la presse britannique, en particulier lors de l'affaire Dreyfus.

Une même génération de Sassoon réunissait "Flora, la première femme à diriger une grande entreprise mondiale, Siegfried, le poète, et Victor, le magnat qui a attiré les stars de l'ère muette d'Hollywood dans son gratte-ciel de Shanghai". Flora Sassoon manifestait un goût artistique sûr en faisant appel à de célèbres peintres britanniques tout en prisant des œuvres d'art judaïques.

Surnommés à la fin du XIXe siècle les « Rothschild de l'Est », les Sassoon ont gardé des liens profonds avec le Judaïsme - ketoubot (contrat de mariage juif), art judaïca - et le Moyen-Orient. 

Parmi ces œuvres, figure le "Codex Sassoon", Bible hébraïque datant du Xe siècle de l’ère commune, voire de la fin du IXe, selon Sotheby’s. Ce "manuscrit relié (codex) contient les 24 livres de la Bible hébraïque, ou « Tanakh », acronyme hébreu pour Torah (ou Pentateuque, les cinq premiers livres de la Bible), Prophètes (« Neviim » en hébreu), et autres écrits (« Ketouvim »). Seules 12 feuilles manquent". 

Estimé entre 30 et 50 millions de dollars, il a été acheté, lors d'une vente aux enchères par Sotheby’s, à New York,  pour 38,1 millions $ (35,3 millions €) le 17 mai 2023 à New York. Ancien ambassadeur des États-Unis en Roumanie (1994-1997) et Président de l’American Jewish Committee (AJC) de 1991 à 1995, Alfred H. Moses a acquis ce manuscrit qu'il a donné au musée du peuple Juif (ANU), à Tel-Aviv (Israël).

Le réseau transnational, commercial et communautaire des Sassoon leur a permis aussi de secourir des Juifs en péril.

« The Sassoons »
Le musée juif de New York présente l’exposition « The Sassoons ».

« À travers la saga de la famille Sassoon, l'exposition présente un récit mondial de plus de 100 ans de collection d'art, de commerce, de mécénat architectural, de philanthropie et d'engagement civique ».

« Une exposition qui révèle l'histoire fascinante d'une famille juive remarquable, soulignant son rôle de pionnier dans le commerce, la collection d'art, le mécénat architectural et l'engagement civique depuis le début du XIXe siècle à la Seconde Guerre mondiale. »

« L'exposition suit quatre générations de l'Irak à l'Inde, la Chine et l'Angleterre, avec une riche sélection d'œuvres collectées par les membres de la famille au fil du temps. »

« Plus de 120 œuvres - peintures, art chinois, manuscrits enluminés et Judaica - amassées par les membres de la famille Sassoon et empruntées à de nombreuses collections privées et publiques seront exposées. Les faits saillants incluent des manuscrits hébreux datant du XIIe siècle, dont beaucoup sont richement décorés ; Art chinois et sculptures en ivoire, art cérémoniel juif rare, et des chefs-d'œuvre occidentaux, notamment des peintures de Thomas Gainsborough et de Jean-Baptiste-Camille Corot, et de magnifiques portraits de John Singer Sargent de divers membres de la famille Sassoon. »

« The Sassoons explorent des thèmes tels que la discrimination, la diaspora, le colonialisme, le commerce mondial et la guerre qui ont non seulement façonné l'histoire de la famille, mais continuent de définir notre monde aujourd'hui. »

« Le récit de l'exposition commence au début des années 1830 lorsque David Sassoon, le patriarche de la famille, a été contraint de quitter son Bagdad natal en raison de la persécution croissante de la population juive de la ville. S'établissant à Mumbai (puis Bombay) et initialement impliqué dans le commerce du coton, sa vision a conduit la famille de l'Irak à l'Inde, la Chine et enfin l'Angleterre où ses descendants se sont progressivement installés au fil des décennies. »

« Ses activités se sont rapidement développées pour inclure le commerce de l'opium, qui s'était intensifié après l'effondrement de la Compagnie des Indes orientales au milieu du XIXe siècle, mettant fin à son monopole et permettant aux entreprises privées de s'engager dans cette entreprise rentable. »

« Il s'est aligné sur les intérêts coloniaux britanniques et en a profité pour étendre rapidement ses activités à la Chine et à l'Angleterre en déployant ses huit fils pour superviser de nouvelles succursales à Shanghai, Hong Kong et Londres. » 

« Bien que moins connues, les femmes Sassoon étaient des collectionneuses avisées. L'exposition accorde une attention particulière à ces mécènes méconnus de l'art. Rachel Sassoon Beer est devenue la première femme en Grande-Bretagne à éditer deux journaux, The Sunday Times et The Observer, et a joué un rôle crucial dans les reportages sur l'affaire Dreyfus en Grande-Bretagne. Sa collection de peintures, vendue aux enchères en 1927, comptait, entre autres grandes œuvres, un dessin et 15 peintures de Corot, un Connétable, et un Peter Paul Rubens. D'une jeune génération, Hannah Gubbay, une Sassoon du côté de son père et de sa mère, était une grande collectionneuse d'art, de meubles et de porcelaine du XVIIIe siècle, tout comme sa cousine, Mozelle Sassoon. »

Née en Inde puis émigrée en Angleterre, Flora (en arabe, Farha) Sassoon (1859-1936), a commandé de beaux tikim d'argent (étuis de la Torah) et un rouleau de haftarah (texte extrait des livres de Neviim [les Prophètes], lu à la synagogue après la lecture de la Paracha lors des offices de chabbat et des fêtes juives). Elle "était admirée pour son érudition et son sens des affaires, et ses commandes illustrent sa religiosité et son réseau mondial : l'argent pour les tikim a été forgé à Shanghai et décoré dans un motif du Moyen-Orient ; les rouleaux ont été écrits par un sofer, ou scribe, à Bagdad, et toute la Torah a été assemblée dans sa ville natale de Mumbai. Du vivant de Flora, Shanghai et Mumbai étaient des centres importants de l'empire commercial Sassoon et, avaient de petites, mais florissantes communautés juives de Bagdadi, au-delà de la famille Sassoon elle-même".

"De même, des manuscrits achetés par David Salomon Sassoon (1880-1942), fils de Flora, révèlent l'intérêt de la famille pour le multilinguisme et son héritage matériel juif. David a rassemblé plus de 1 000 manuscrits et bon nombre des pièces les plus rares de sa collection ont été acquises lors de ses voyages marquant son retour en Irak. Son lien étroit avec la communauté juive de Bagdad, malgré sa naissance à Mumbai et sa jeunesse en Grande-Bretagne, sa maîtrise du judéo-arabe (c'est-à-dire l'arabe écrit en hébreu et nourri d'emprunts hébreux et araméens) et sa maîtrise du judéo-arabe baghdadi (dialecte parlé des juifs irakiens) ont permis l'acquisition de ces manuscrits rares et variés.  

« L'exposition met également en lumière les propriétés distinguées des Sassoon au Royaume-Uni. Député du Parti conservateur, Sir Philip Sassoon a fait un usage actif de ses trois grandes résidences, Park Lane (aujourd'hui détruite) et Trent Park à Londres, et Port Lympne dans le Kent. Entourés de jardins paysagers (dans le cas de Trent Park et de Port Lympne) et remplis d'œuvres d'art inestimables, tous trois ont été utilisés par le gouvernement pour des réunions de cabinet de haut niveau et des réceptions de dignitaires et de célébrités étrangers. Des peintures de Port Lympne par Sir Winston Churchill, un visiteur fréquent, seront présentées. »

« La dernière section de l'exposition se concentre sur le service d'une jeune génération de Sassoon pendant la Première Guerre mondiale. Sir Victor Sassoon a servi dans le Royal Flying Corps, survivant à peine à un accident d'avion qui l'a rendu invalide de façon permanente. Sir Philip Sassoon, secrétaire privé du maréchal Douglas Haig, a recruté ses amis artistes, dont John Singer Sargent, pour couvrir la guerre, et plusieurs de ces œuvres seront exposées. Une guerre très différente est vécue à travers la poésie de Siegfried Sassoon. Bien qu'il s'agisse d'un soldat courageux et très décoré, sa représentation graphique et choquante des tranchées et ses critiques féroces de l'establishment étaient emblématiques d'une génération marquée par la brutalité de la guerre. Certains des journaux qu'il a écrits et illustrés pendant la bataille, y compris sa célèbre déclaration anti-guerre, seront exposés. »

« Pendant la Seconde Guerre mondiale, quelque 18 000 réfugiés juifs sont arrivés à Shanghai fuyant l'Europe nazie. Ils ont pu survivre à la guerre grâce à l'argent récolté par les membres de la communauté juive de Baghdadi qui résidaient dans la ville à l'époque. L'un d'entre eux était Sir Victor Sassoon qui a fait don de fonds considérables et mis plusieurs bâtiments à la disposition du Comité international pour les immigrants européens. »

Une photographie par Arthur Rothstein de réfugiés juifs lisant en 1946 une liste de rescapés de la Shoah révèle un autre rôle majeur des Sassoon en tant que philanthropes incontournables pour "les causes transnationales juives. En 1939, plus de 20 000 Juifs fuyant l'Europe avaient suivi un chemin vers un des rares endroits qui n'exigeaient pas de visa, Shanghai. Arrivés avec peu de moyens et peu ou pas de relations, ils ont été accueillis par une communauté juive de Bagdadi bien établie pour qui les Sassoon avaient été - tout au long des XIXe et XXe siècles - les principaux contributeurs à la vie juive, dotant des écoles, des synagogues et caritatives comme ils l'ont fait dans la diaspora bagdadienne et au Moyen-Orient lui-même."

« De nombreuses collections privées et publiques apportent des prêts à l'exposition, notamment Sa Majesté le roi Charles III, le British Museum, la National Gallery of London, le National Trust of Britain, la Tate, le Victoria & Albert Museum, la British Library, le Houghton Hall Collection, la Cambridge University Library, le Fitzwilliam Museum, la National Gallery of Ireland, le Israel Museum, le Metropolitan Museum of Art, le Museum of Fine Arts Boston, le Cleveland Museum of Art et le Yale Center for British Art. »

The Sassoons « est organisé par Claudia Nahson, Morris and Eva Feld Senior Curator au Jewish Museum de New York, et Esther da Costa Meyer, professeur émérite à l'Université de Princeton. La conception de l'exposition est de Leslie Gill et Adam Johnston, Leslie Gill Architect; conception graphique par Miko McGinty. »

Le catalogue est richement illustré et accompagné d'essais des commissaires de l'exposition, publié par le Jewish Museum et Yale University Press.

Les programmes en collaboration avec The Sassoons comprendront une série de conférences, de conversations, de performances et de cours virtuels inspirés de l'exposition.

L'exposition est accompagnée d'une visite audioguidée disponible dans le guide numérique du Musée juif sur Bloomberg Connects, l'application gratuite pour les arts et la culture. Bloomberg Connects est accessible pour les visites sur site ou hors site et peut être téléchargé sur n'importe quel appareil mobile.

The Sassoons est rendu possible par la Fondation Achelis et Bodman; un donneur anonyme ; La Fondation David Berg; La Fondation Starr ; la Fondation E. Rhodes et Leona B. Carpenter ; la dotation nationale pour les arts; Barbara Tober, Le Fonds Acronyme; La Fondation Gladys Krieble Delmas ; David Keidan; la Fondation Oded Halahmy pour les arts ; La Fondation Nancy Sidewater; Sharon Wolfe et Meir Rotenberg ; Dr Harriette Kaley; et Christopher Tsai et André Stockamp.

Un soutien supplémentaire est fourni par le fonds de dotation Horace W. Goldsmith Exhibitions, la dotation pour les expositions Joan Rosenbaum et le Fonds du centenaire.

La publication est rendue possible, en partie, par Denise Littlefield Sobel, la Arthur F. and Alice E. Adams Charitable Foundation, le Barr Ferree Publication Fund de l'Université de Princeton et la Dorot Foundation.


Du 3 mars au 13 août 2023
1109 5th Ave at 92nd St. New York, NY 10128  
Tel.: 212.423.3200
Du vendredi au lundi de 11 h à 18 h. Le jeudi de 11 h à 20 h