Citations

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« Il faut commencer par le commencement, et le commencement de tout est le courage. » (Vladimir Jankélévitch)
« Notre métier n’est pas de faire plaisir, non plus de faire du tort. Il est de porter la plume dans la plaie. » (Albert Londres)
« Le plus difficile n'est pas de dire ce que l'on voit, mais d'accepter de voir ce que l'on voit. » (Charles Péguy)

mardi 28 mai 2019

Une « école » juive française en mutations


L'école juive associe en France, dans un cursus particulier, des matières d'enseignement général et le kodech (étude juive). En 2006, le FSJU (Fonds social juif unifié), fédération d'associations juives françaises, une des principales organisations communautaires, a dressé un bilan et présenté des perspectives de la scolarisation en établissements juifs des élèves français juifs, soit du jardin d'enfants aux institutions d'enseignement supérieur et en alternance, via les écoles primaires, collèges et lycées. Et ce, dans un contexte marqué par un taux élevé d'actes antisémites - élèves et écoles ont été la cible d'agressions antisémites et d'attentats terroristes islamistes - et l'exode, intra-hexagonal et hors de France, de Français juifs. Ce qui réduit les effectifs scolaires. L'association Choisir l'Ecole Juive et les Ecoles juives de France invitent à la journée "Je teste l'école juive de mon choix !" le 30 mai 2019.

« La journée de la jupe » par Jean-Paul Lilienfeld

"Ecoute, mon fils, les recommandations de ton père, ne délaisse pas l'enseignement de ta mère" (Proverbes I, 8)

Qu'enseignent les écoles juives françaises ? L'histoire des Juifs, du judaïsme et d'Israël est-elle suffisamment bien enseignée ? Quels sont les enjeux et défis des décennies à venir ? L'école juive évite-t-elle certains écueils ? Quelles techniques pédagogiques élaborent-elles et utilisent-elles ? De quelles valeurs est-elle porteuse ? Quelles sont ses finalités dans une France qui change tant ? Quelles sont les demandes des parents d'élèves juifs ?

En France, les établissements scolaires juifs se distinguent par un cursus particulier associant des matières d'enseignement général et le kodech (étude juive). Soit Torah im Dere'h Erets ou "TIDE" (Torah avec la connaissance du monde) selon la formule dont l'inspirateur est le rabbin de Francfort-sur-le-Main, Samson Raphaël Hirsch (1808-1888) qui souhaitait contrer la tentative de nombre de juifs allemands de se convertir au christianisme en leur proposant d'allier judaïsme et citoyenneté : "C'est une obligation pour nous de nous associer à l'Etat qui nous a reçus, de le promouvoir et d'oeuvrer pour son bien-être, en même temps que  nous oeuvrons pour le nôtre" (Lettre XVI in "19 Lettres sur le judaïsme", 1836). 

En 1945, la France comptait trois groupes scolaires juifs. En 1950, les écoles juives scolarisaient environ 400 élèves d'une communauté décimée par la Shoah. En 1970, 30 groupes scolaires avaient 3 000 élèves. En 2017, la France comptait environ 300 établissements scolaires juifs qui scolarisaient à peu près 31 000 élèves, et leur enseignent le hol (enseignement général) ainsi que le kodesh (enseignement religieux), généralement sous contrat d'association avec l'Etat. Plus des deux tiers de ces établissements se trouvaient dans la région Ile-de-France.

Cet essor, surtout dans les années 1970-1980, s'explique par l'arrivée en France des Juifs contraints de quitter le monde Arabe ou/et musulman, un "sursaut identiaire" (Patrick Petit-Ohayon, Communauté nouvelle, n° 121), l'inquiétude liée à la guerre des Six-jours, l'insécurité et la baisse de niveau dans des écoles publiques... Le Fonds d'investissement pour l'éducation (FIPE), dans lequel le FSJU (Fonds social juif unifié) a joué un rôle majeur, pour "accompagner ce véritable "boom"... Il y avait en 1986, 88 groupes scolaires et 15 000 élèves scolarisés dans les écoles juives, à plein temps. En 16 ans, les effectifs avaient été multipliés par cinq" (ibid). En 2002, les écoles juives françaises comptent plus de 24 000 élèves dans celles sous contrat avec l'Etat, et 2 000 élèves dans celles hors contrat. "En 50 ans, on est passé de 400 à 26 000 élèves. Le nombre a été multiplié par 65, ce qui est considérable".

Après la crise financière des années 1990, nombre de ces établissements se sont restructurés : déplacement géographique d'Est en Ouest de la région francilienne - pour des raisons de sécurité, pour éviter l'antisémitisme, etc. -, mise aux normes, agrandissements, ouverture de nouveaux établissements, fermeture d'autres ou de certaines sections, contractualisation qui permet le recours à des enseignants diplômés d'Etat, formation continue des professeurs à l'Institut André Néher, proposition de pédagogies innovantes - bilinguisme -, étude optionnelle pendant une heure de la Guémara sous la direction du rav Berros à Ozar HaTorah (75013 Paris) après la journée de cours, disciplines artistiques, enseignement de la diététique... 

Ils se prévalent souvent de leurs résultats bons, voire excellents, aux brevets et au Baccalauréat (BAC) : groupe scolaire Maïmonide Rambam créé en 1935 à l’initiative du Consistoire Israélite à Boulogne Billancourt, Lycée Collège YABNE à Paris - fondée en 1948 à Paris par le grand-rabbin Jacob Kaplan avec l'aide de Suzanne Aron, du rabbin Élie Munk et du grand-rabbin Henri Schilli - et à MarseilleORT Daniel Mayer à Montreuil...

Crise des années 1990
A l'aube des années 1990, nombre d'établissements scolaires juifs français ont traversé une crise financière sérieuse. En partie due au contexte économique général, à de mauvais gestionnaires, à l'absence de plan concerté visant à mieux utiliser les initiatives individuelles. L'ACIP (Association du Consistoire israélite de Paris) avait aidé financièrement Etz Haïm à Saint-Maur (Val-de-Marne). Les établissements avaient rationalisé davantage leurs investissements : regroupement de structures du mouvement Loubavitch rue Petit à Paris (75019), programme d'économies (gel de la politique salariale), recours à des Contrats emplois solidarités (CES), etc. Certains avaient été contraints de fermer leurs portes. Beaucoup organisaient des diners de gala pour collecter des fonds destinés à résorber leur dette et assurer une gestion sécurisée.


L'Etat avait augmenté ses exigences avant d'accepter de contractualiser (contrat d'association) une relation avec eux. Un contrat aux termes duquel les professeurs de matières générales étaient rémunérés par l'Etat via l'Académie.

En 1996, l'établissement Kiryat Eden n'a plus pu accueillir ses 300 élèves - de la crèche à l'enseignement primaire - à l'issue de procédures judiciaires perdues : le 11 juillet 1996, le préfet de police de Paris a fait procéder à l'expulsion des élèves, enseignants et administratifs au 123 rue de Reuilly (75013). Soit quinze jours avant la date prévue du 26 juillet. Cette école proposait une pédagogie innovante : enseignement bi-, voire tri-lingue (français, hébreu, anglais) précoce, etc. La direction de l'établissement a été dupée par un bailleur qui avait inclus, dans le contrat de bail, un terrain qui de jure appartenait à des copropriétaires. Endettée, elle n'a pu obtenir une indemnisation par le bailleur insolvable. Nouvelle propriétaire des locaux, l'UCIM refuse de renouveler le contrat, et décide de vendre l'immeuble. La direction a trouvé un terrain, dans l'ex-gare de Reuilly, que la SNCF était disposée à lui louer pour 75 000 francs par mois.  Elle espérait alors une garantie d'emprunt de la Ville de Paris...

En 1998, près des deux tiers des écoles juives françaises avaient été créées dans les années 1970. Plus de 20 000 élèves juifs étaient scolarisés dans l'ensemble des établissements scolaires communautaires. 

Institut André et Rina Neher
Fondé en 1993 par Prosper Elkouby et le professeur Armand Lévy à l'initiative du Fonds Social Juif Unifié (FSJU), l'Institut André et Rina Neher assure la formation initiale et continue, en enseignements général et juif,  de (futurs) enseignants - instituteurs ou professeurs des écoles, professeurs du secondaire -, personnels de vie et directeurs en établissements scolaires juifs. Il est déclaré auprès des Ministères de l'Éducation Nationale et de l'Enseignement supérieur et de la recherche. 

Depuis 2014, il est l'un des organismes du CAMPUS-FSJU.

Concert pour l'école Lucien de Hirsch
"Si l’on s’en tient à l’époque moderne, on peut considérer que c’est à Bordeaux qu’a été ouverte la première école juive, en 1817. Quatre-vingt enfants pauvres pris en charge par des dames patronnesses charitables. Un an plus tard, en 1818, c’est au tour de Metz d’avoir son établissement scolaire juif. Un an plus tard, ce sera enfin Paris. Dix ans après, en 1829, il y a déjà 62 écoles juives en France", retrace Jean-Pierre Allali en recensant Une histoire de l'éducation juive moderne en France. L'Ecole Lucien de Hirsch, par Raphaël Elmaleh (2006).

Et de poursuivre : "A Paris, donc, c’est le 9 novembre 1819, rue des Billettes, chez un pasteur protestant, que voit le jour la première école consistoriale élémentaire d’enseignement mutuel. Elle se transporte rapidement dans le bâtiment de la synagogue portugaise de la rue Neuve-Saint-Laurent, aujourd’hui rue Notre-Dame-de-Nazareth avant de s’installer rue des Singes, non loin du Pletzl. Le 6 mai 1922, au 19 rue de la Croix, aujourd’hui rue Volta, c’est la première école juive de filles qui voit le jour. Parallèlement à cette extension remarquable du réseau scolaire juif, la population juive parisienne connaît un accroissement important : 12000 âmes en 1842. 40 000, trente ans plus tard. Les besoins scolaires sont immenses. Et Lucien de Hirsch ? On peut dire que c’est avec l’arrivée d’un couple, Benoît et Jeanne Lévy, chargés au tournant du siècle par le Comité des Ecoles du Consistoire Israélite de Paris de diriger l’une des trois écoles qui sont sous sa tutelle, que l’histoire de cet établissement prend corps. Nous sommes en 1901. Au 68-70, rue Secrétan, dans le 19ème arrondissement de Paris, se situe l’école Halphen du nom de son fondateur, créée en 1864 et devenue l’école Lucien de Hirsch, du nom du fils du baron Maurice, grand numismate prématurément disparu. Les Lévy vont se donner corps et âme à l’école qui leur est confiée. Entre 1914 et 1935, Lucien de Hirsch est la principale école consistoriale. 1935 constitue un tournant avec la création par Marcus Cohn du premier établissement secondaire juif, Maïmonide. Puis viennent les années de guerre tragique, finement analysées par Raphaël Elmaleh. En 1948, un nouvel établissement, Yabné, voit le jour. En 1950, après Alice et Nathan Schentowski, Marianne et Bernard Picard vont à leur tour, imprimer leur marque à Lucien de Hirsch. Chronologiquement, patiemment, agrémentant son études d’anecdotes et de portraits savoureux de tous ces dirigeants qui ont fait l’école juive, l’auteur évoque les « années de combat », 1950-1965, les « années Marianne » (Picard), 1965-1988 jusqu’à la période actuelle"

Le 27 novembre 2001, l’orchestre de Chambre d'Israël s’est produit à la salle Gaveau (Paris)  pour fêter le centenaire de l’Ecole Lucien de Hirsch, la plus ancienne école juive en France, et le projet de construction de bâtiments définitifs et agrandis de son lycée.

Dirigé par Philippe Entremont, l’orchestre a interprété Mozart - Symphonie Haffner, concert pour violon K.216 avec le soliste Jean-Pierre Wallez - et Bethoven - concerto en ut majeur Op. 56 avec le violoncelliste Gary Hoffman, le violoniste Jean-Pierre Wallez et son chef au piano.

Le dîner qui a suivi a notamment rassemblé Armand Stammer, président du conseil d’administration de l’Ecole, la baronne Alain de Rotshdchild, dont l’époux était président du Conseil d’administration de l’Ecole (1950-1983), et Béatrice Rosenberg, leur fille, présidente de Ganenou (notre jardin, en hébreu), et administrateur au CASIP (Comité d'action sociale israélite de Paris), Moïse Cohen, alors président du Consistoire de Paris, Benjamin Touati, directeur de l’Ecole, des représentants de la communauté ou de l’Ecole, et les musiciens.

Armand Stemmer, président du Conseil d’administration de Lucien de Hirsch, a rendu hommage « au courage, à l’abnégation et à la volonté » de Alain de Rothschild qui a rouvert l’Ecole en 1950 et a exercé des fonctions multiples de direction d’institutions juives.

Il a rappelé le rôle de cette école « religieuse, sioniste, communautaire, ouverte sur le monde » : avoir su intégrer des immigrants dans la société française et dans l’enseignement du judaïsme.

Au nom de son frère, Eric de Rothschild, vice-président du Conseil d’administration de l’Ecole depuis près de vingt ans, et en son nom, Béatrice Rosenberg a présenté le parcours de leur père, semé parfois de drames, et l’importance qu’il accordait à l’éducation juive.


Cette soirée a permis de collecter une partie des 25 millions de francs nécessaires pour construire le « lycée du XXIe siècle ».

FSJU
« Au sein du FSJU (Fonds social juif unifié), le GIC (Groupement d’intérêt communautaire) de l’Enseignement rassemble les associations adhérentes du FSJU intervenant dans ce domaine. Il constitue un levier de réflexion et une force de proposition qui détermine la politique de l’éducation du FSJU. Il peut déterminer des priorités ou des actions dans le cadre budgétaire », explique Patrick Petit-Ohayon, chef du Département Enseignement au FSJU.

Une Assemblée générale (AG), qui rassemblait professionnels et bénévoles, s’est tenue le 30 mai 2006 à Paris. A son ordre du jour : un bilan et les perspectives de l’école juive qui éduque près d’un enfant juif français sur trois et dont le statut de ses enseignants vient d’être modifié.

Un tableau nuancé
En France, selon une étude du FSJU rendue publique en 2010, 30 525 élèves juifs français sont scolarisés dans 102 groupes scolaires juifs (2008-2009), dont 27 000 dans des écoles sous contrat avec l’Etat. Un effectif en léger recul dans les établissements sous contrats (-141 élèves, soit -0,52%). Ce recul "ne tient pas compte de l'ouverture de deux structures récentes : l'Ecole juive moderne à Paris et l'Ecole juive d'Aix-en-Provence et du déplacement des élèves vers le hors contrat. Il convient de parler de stabilisation du réseau... La baisse la plus forte se situe en primaire... Dans le 2e degré, on constate une progression très modérée." Et ce, du gan (jardin d’enfants) à l’enseignement supérieur (BTS - Brevet de Technicien Supérieur -, soit Bac +2).

"En 2010, 71% des effectifs sont en Ile-de-France avec 34% à Paris et 11% en Seine-Saint-Denis... C'est dans les Bouches-du-Rhône, principalement à Marseille, que se trouve le nœud de l'école juive en province, à hauteur de 11,11%, soit 3 392 personnes sur les 30 525 élèves".

"On a 8% de très petites structures (- de 50 élèves), 23% de grandes structures (+ de 500 élèves), 69% de moyennes structures (entre 50 et 500 élèves). "On a pu remarquer que le seuil de 200 élèves était nécessaire pour atteindre l'équilibre". Il y a trois réseaux économiques existants  (Alliance israélite universelle, ORT, Ozar HaTorah et trois réseaux pédagogiques à développer (Fédération nationale des écoles juives autonomes-FNEJA, Mouvance Loubavitch et Indépendants", selon le FSJU.

Ces établissements scolaires représentent un patrimoine immobilier à rénover, à mettre aux normes. Un "travail commencé avec la Fondation Gordin qui a investi 11 millions d'euros".

Depuis 1996, on "assiste à un affaissement des "pleins tarifs". En 2010, 75% des 30525 élèves scolarisés bénéficient de réductions pour raisons économiques". En outre, ont été créés les Bourses Latalmid et le Dispositif Samekh.

Pourquoi choisir ces établissements ? D’abord pour des raisons identitaires, et depuis 2000, pour éviter les problèmes de l’école laïque (violence, antisémitisme). « En outre, le niveau d'écoles juives est supérieur au niveau national lors des examens », constate Patrick Petit-Ohayon. A noter que les familles qui font leur aliyah sont proches des écoles juives.

Plus ou moins libéraux ou orthodoxes, ces établissements scolaires sont présents dans 13 académies sur 26. L’Ile-de-France concentre 70% d’entre eux, les agglomérations importantes de province – Marseille, Strasbourg, Lyon, Toulouse, Nice - accueillant les 30% restants. Des agglomérations comme Nancy ou Dijon comptent des écoles aux effectifs moins importants.

Quels sont les critères d’ouverture de classe par niveau ? Les naissances. Ainsi, le cursus est plus complet dans les grandes villes, une cité comme Bordeaux offrant une école maternelle et primaire.

L’impact de la démographie en France se reflète : certaines académies sont en hausse régulière depuis des années, d’autres stagnent.

« Si ces dernières années, l’augmentation des effectifs a été sensible, on note un ralentissement de la courbe ascendante. La plupart des niveaux d’études sont affectés par ce ralentissement. Alors que dans le secteur public, les effectifs sont en baisse », commente Patrick  Petit-Ohayon en 2006.

Les projets doivent tenir compte du ralentissement de la progression des effectifs qui affecte la plupart des niveaux d’études de l’école juive, alors que le nombre des effectifs du public diminue.

Cette évolution nationale doit être pondérée selon les niveaux - au cours des cinq dernières années, les lycées juifs sous contrat ont connu une hausse de 27% de leurs effectifs, les écoles et collèges juifs une augmentation de 10% – et selon les régions : l’augmentation de la capacité de structures est envisageable essentiellement en Ile-de-France.

Au niveau national, et parfois au niveau régional, il reste encore des places dans les écoles juives, parfois excentrées ou de moindre renommée. Si certains établissements sont saturés, avec des listes d’attente, il faut relativiser la « saturation » des écoles juives. En effet, les parents prudents enregistrent leurs demandes dans plusieurs établissements afin d’accroître leurs chances. De plus, les situations régionales et nationales sont diverses. Enfin, les écoles juives excentrées ou de moindre renommée gardent une plus grande capacité d’accueil.

Un dialogue constructif
La loi Censi (5 janvier 2005) a redéfini le statut des enseignants de matières générales des établissements privés sous contrat avec l’Etat en le considérant comme des salariés de droit public. Ces pédagogues sont proposés par les services académiques, ce qui réduit la liberté de choix des chefs d’établissements. Claude Sabbah, directeur de l’ORT (Organisation Reconstruction Travail) Strasbourg, a présenté les implications de cette loi dans un contexte de raréfaction des enseignants.

Puis, les professionnels et bénévoles présents à cette AG informent Patrick Allal, sous-directeur de l’Enseignement privé au ministère de l’Education nationale, des difficultés d’application de cette loi.

Les problématiques de l’école juive : les aspects financiers (coût de la scolarité), l’élitisme des établissements, les projets d’école, la place des parents dans le développement de l’école juive, la qualité des enseignants, notamment dans les matières juives, renforcée par l’Institut André Neher qui assure leur formation initiale et continue.

Vers les Assises de l’école juive en France
« Des perspectives d’évolution peuvent être estimées jusqu’en 2013. Le premier degré devrait voir ses effectifs augmenter jusqu’en 2010, puis diminuer. Le second degré va enregistrer une baisse jusqu’en 2009, puis augmenter jusqu’en 2013 », précise M. Petit-Ohayon.

Il conviendrait de pondérer de manière régionale les grands projets, et d'augmenter la capacité de structures dans certaines régions, essentiellement l’Ile-de-France.

Prochain rendez-vous majeur : les Assises de l’école juive en France début 2007. Pour les préparer, le FSJU lance des consultations régionales avec les partenaires : directeurs d’écoles, membres des conseils d’administration, enseignants, associations de parents d’élèves. Elle les invite aussi à lui adresser des suggestions, notamment sur son site Internet afin d’instaurer un débat dénué d’invectives.

En 2016
Une "étude de 2007, réalisée par le Fonds social juif unifié (FSJU), montrait la prégnance de cette thématique sécuritaire dans le choix d’une école juive. Parmi les motivations, la transmission d’une culture juive arrivait largement en tête (citée par 77 % des sondés), devant la pratique religieuse (70 %). Mais près d’un tiers de parents (32 %) disait aussi considérer l’école juive « comme refuge face à l’antisémitisme ou à la violence ».

Selon le FSJU, les familles françaises se déclarant juives "scolarisent leurs enfants selon une règle des trois tiers : un tiers dans le public, un tiers dans le privé juif, un tiers dans le privé laïque ou catholique".


Dans "certaines banlieues, les familles juives désertent carrément le secteur public, notamment au début du secondaire. « À la rentrée, nous avons accueilli 51 élèves venant d’établissements publics, un phénomène en nette augmentation depuis deux ans. Parmi eux, quatre avaient subi – et je l’ai vérifié moi-même auprès de la direction de leurs établissements d’origine – des insultes ou agressions antisémites. Si ce n’était pas ce qui motivait exclusivement l’inscription dans notre école, les familles des autres nouveaux venus mentionnaient presque toutes la crainte de voir leur enfant être pris pour cible parce que juif », a indiqué la directrice d’une grande école juive sous contrat d’association avec l’État, en région parisienne à La Croix (11 mars 2016).

Un père de famille juive français habitant "dans l’est parisien a, dans sa jeunesse, effectué « sans problème » une part de sa scolarité dans le public. Mais il a choisi d’inscrire ses trois enfants dans une école confessionnelle. Avec pour volonté première de leur transmettre « des valeurs ». Mais la question de la sécurité n’est jamais bien loin, reconnaît-il. « Si demain je n’avais plus les moyens de payer une école privée, j’aurais des appréhensions à inscrire mes enfants dans le collège du quartier. Il est arrivé, à proximité, que de jeunes juifs soient pris à partie. Et je demande moi-même à mon fils d’éviter ce secteur quand il rentre à la maison. »


Cependant, l'antisémitisme perdurant ne constitue pas toujours un argument fort en faveur d'une scolarisation en établissements juifs. En effet, depuis l'attentat terroriste islamiste à l’école Ozar HaTorah de Toulouse, où, en mars 2012,  Mohamed Merah avait assassiné un rabbin-professeur et trois élèves, « certaines familles se disent aujourd’hui que leurs enfants sont peut-être plus en sécurité en se fondant dans la masse au sein d’établissements publics où sont déjà inscrits d’autres enfants juifs plutôt que dans des écoles gardées en permanence par des militaires », observe Jean-Pierre Obin, ancien inspecteur général de l'Education nationale, et auteur du rapport Les signes et manifestations d'appartenance religieuses dans les établissements scolaires (2004).

Un propos que nuance Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’action scolaire au FSJU. « Cette année, c’est vrai, sur 31 000 élèves, 1 600 ont quitté les écoles juives. Mais dans 72 %, il s’agissait de départs vers l’étranger, vers Israël ou d’autres pays. » Selon Patrick Petit-Ohayon, ces départs ont été partiellement compensés par la scolarisation en établissements juifs d'un millier d'élèves ayant fui le secteur public éducatif, « pas forcément à la suite d’insultes ou d’agressions vécues. Le plus souvent par crainte d’avoir à les vivre. »

Israël
En Israël, le 1er septembre 2016, 2,230 millions d'élèves ont repris le chemin de l'école.

Emmanuel Macron
Le 30 septembre 2016, interrogé, avec Jean-François Kahn, dans le numéro du 30 septembre de l’hebdomadaire Marianne, Emmanuel Macron, ancien ministre de l'Economie du gouvernement socialiste de Manuel Valls sous la Présidence de François Hollande, et fondateur-dirigeant du mouvement En Marche, s'est prononcé en faveur d'« arrangements » dans les établissements scolaires publics : « Si on supprime les menus sans porc, que va-t-il se passer ? Des enfants partiront hors de l’école publique. De même avec les contrôles clés que l’on a toujours évité de faire dans les lycées publics le samedi matin pour ne pas pénaliser les élèves juifs. Si on rompt avec cet arrangement, les enfants partiront dans des écoles catholiques ou dans des écoles privées sous contrat qui leur permettent de ne pas travailler le samedi matin ».

Emmanuel Macron a fustigé une « laïcité revancharde », et a regretté que « « peu de gens [ont été] émus lorsque les conséquences de ce débat envoient de plus en plus d’enfants dans des écoles confessionnelles qui leur enseignent la haine de la République, professent des enseignements essentiellement en arabe ou, ailleurs, enseignent la Torah plus que les savoirs fondamentaux ».

Le 6 octobre 2016, Ariel Goldmann, président du Fonds social juif unifié (FSJU) et son bureau, ont « fermement » condamné dans un communiqué, ces propos qui « sont profondément offensants, inexacts et caricaturaux. ces déclarations stigmatisent nos concitoyens ayant fait le choix de l'enseignement privé juif et témoignent d'une totale méconnaissance de la diversité des réalités éducatives de notre pays. Mr Emmanuel Macron aurait gagné à s’informer avant de s’exprimer de la sorte. L’accroissement du nombre d’élèves de confession juive dans les établissements confessionnels est principalement lié au choix de parents confrontés à l’augmentation de l’antisémitisme ces dernières années dans certaines écoles publiques. À l’instar de l’enseignement privé catholique dont Emmanuel Macron est issu, l’enseignement privé juif respecte scrupuleusement les programmes scolaires définis par le ministère de l’Éducation nationale ». Et d'ajouter que 90 % de ses élèves sont scolarisés dans des établissements sous contrat.

« Les établissements de l’enseignement privé juif et les élèves qui les fréquentent ne sauraient faire l’objet d’amalgames douteux et dangereux », a alerté le FSJU, qui a appelé « dans le climat préélectoral actuel, au maintien d’un débat public apaisé dans lequel les établissements de l’enseignement privé juif et les élèves qui les fréquentent ne sauraient faire l’objet d’amalgames douteux et dangereux ».


Le 7 octobre 2016, le mouvement En Marche a publié des précisions d'Emmanuel Macron indiquant "qu'il n'y avait évidemment dans ses propos aucune stigmatisation de la communauté juive ou en son sein de la communauté Loubavitch". Emmanuel Macron sait "que l'enseignement privé juif s'inscrit dans le cadre d'un engagement citoyen et dispense un enseignement de qualité, ce qui est reconnu par les taux de réussite exceptionnelle aux examens nationaux". Il "connait également le travail de l'Alliance israélite universelle, par exemple, dans la diffusion des valeurs de la République, conjuguées à celles du judaïsme, dans la même vocation. Il l'a constaté lui-même lors de sa visite d'une école de l'Alliance en Israël. Ce n'était pas d'eux dont il était question, mais de tous les établissements, même très minoritaires, dont le projet scolaire ne s'inscrit pas dans les valeurs de la République française, qu'ils soient juifs, musulmans ou catholiques".

Classes pour élèves atteints de troubles divers
A l'automne 2016, à Paris (75019), l’association « Suzy Loves Children » a ouvert son établissement scolaire spécialisé accueillant des enfants autistes et atteints de troubles apparentés. Les élèves ont de 3 ans à 16 ans.

A Villeurbanne, l'Ecole Hatikva accueille des enfants dits "différents". Elle utilise la méthode Feuerstein.

L'association Le Silence des Justes dirige une classe « unité d’enseignement spécialisée pour autistes » au sein du Lycée Daniel Mayer de Montreuil. Elle ouvrira une école en septembre 2019, dans le XIXe arrondissement de Paris, pour des enfants âgés d'au moins trois ans, souffrant de "troubles autistiques, neuro-développementaux et autres troubles apparentés".


A la rentrée scolaire 2019-2020, l'école des institutions Sinaï, dirigée par Raphaël Cohen, inaugurera une classe ULIS (Unité de localisation d'inclusion scolaire) dans son école primaire. Cette classe vise les enfants présentant des troubles spécifiques du langage et des apprentissages : dyslexie, dysorthographie, dyspraxie, etc. Destiné à éviter le "décrochage" de ces élèves sensible et intelligents, ce projet est dénommé "Nefesh 'Haya". Il offrira à ces élèves des modes d'apprentissage et d'enseignement adaptés et prodigués soit au sein des classes constituées soit parmi un groupe à l'effectif réduit pour maximiser ses chances d'apprendre. A terme, les élèves accueillis dans ce cadre poursuivront une scolarité normale parmi leurs condisciples.

Choisir l'école juive
Le 25 mai 2017, l'Association Choisir l'école juive et les écoles juives de France ont fait découvrir une journée de classe. "La dégradation du climat sécuritaire, la montée des actes antisémites et la baisse de niveau dans les établissements publics pousse les parents à réfléchir. Notre association Choisir l'Ecole Juive a pour objectif de rendre l'école juive accessible au plus grand nombre. Pour se faire, nous levons tous les freins à la scolarisation en école juive ( frein financier, géographique et psychologique) Nous souhaitons redorer l'image de l'école juive qui a beaucoup changé depuis 20 ans, l'école juive s'est professionnalisée et ouverte sur la cité. A travers notre ligne d'écoute et notre site internet riche en informations, nous conseillons et orientons les familles vers la structure éducative juive la plus adaptée à leur enfant et en conformité avec leurs convictions et leur niveau de pratique religieuse".

GIC 2017
Le 10 juillet 2017, "s’est tenue la traditionnelle Assemblée Générale du GIC de l’Enseignement réunissant les directeurs des Écoles juives en France. La thématique de cette rencontre était celle du développement des Nouvelles Technologies au sein de notre enseignement. Différentes approches et outils pédagogiques ont été présentés à cette occasion, notamment, ceux produits par la Société Tralalere qui est créatrice de contenus numériques éducatifs. C’est avec eux qu’à la rentrée prochaine sera lancé, une expérimentation d’un programme pour aider les enfants souffrant de troubles Dys dans leurs apprentissages. Cette rencontre fut également l’occasion de revenir sur le Site Melamed, créé par l’équipe d’Akadem Multimédias de Laurent Munnich, destiné aux enseignants de Kodesh, avec de nombreux dossiers pédagogiques, des fiches de cours et des propositions d’exercices. Dès la rentrée, des offres de formations seront faites en direction des établissements scolaires pour aider les éducateurs dans cette avancée technologique".

Transmission et éducation
Le 11 mars 2018, de 9 h à 12 h 30, l'école Ganenou a accueilli, dans le cadre de l'Université des parents, la table-ronde "Transmission et éducation à l’école juive".

La table ronde a été suivie d’un débat dans le cadre de l’université des parents. Intervenants : Jean-Jacques Wahl, professeur de matière juive, ancien directeur de l’A.I.U., Claudine Levy, fondatrice du C.N.P.J, ancienne directrice de l’école Henri Schilli, Olivier Kaufmann, rabbin de la synagogue Place des Vosges (Paris).

Journée de test 2018
Le 10 mai 2018, l'association Choisir l'Ecole Juive et Les écoles juives de France invitent à la grande journée nationale "Je teste l'école juive de mon choix".

Les "enfants pourront apprécier le temps d'une journée de classe : les cours, l'ambiance, la pédagogie, l'hébreu et partager un repas avec leurs nouveaux camarades".

Service Solidaire Universel
Le 18 décembre 2018 a été signée la convention par laquelle le groupe scolaire Yavné Marseille participe au Service Solidaire Universel. "Mickael Szerman en sa qualité de Président de l’Association Team-Events a co-signé avec Paul Fitoussi, chef d’établissement du Groupe Scolaire Yavné Marseille ce Projet Pilote, en présence de Haïm Korsia, Grand Rabbin de France, membre de l’Institut de France au sein de l'Académie des sciences morales, politiques et parrain de cette initiative citoyenne." Mickael Szerman est aussi conseiller national au FSJU et conseiller régional Jeunes d'Ile-de-France. Il a été élève au lycée français de Jérusalem.

"Le Groupe scolaire Yavné Marseille est la première école sur le territoire français à participer à ce projet d’envergure. Le Service Solidaire Universel a pour vocation première de créer des ponts entre éducation et associatif en sensibilisant au don de soi et à l’esprit bénévole. Le but de la démarche est d’intégrer durant les temps de classe des écoliers, collégiens et lycéens français des visites bénévoles en associations caritatives et reconnues d’intérêts publics. Cette signature permettra d’organiser durant les temps scolaires des visites solidaires et bénévoles des classes de seconde en maison de retraite et associations caritatives de la ville de Marseille en sensibilisant les élèves à l’engagement avec une présentation du service civique et de grandes figures vivantes engagées dans la Communauté nationale." Et ce, à raison d'une heure par semaine et par élève. Ce Service s'inspire du Chérout Leoumi, service civil israélien

Audit sur la fuite d'élèves juifs du secteur public
Le 20 février 2019, lors du 34e diner du CRIF, le Président de la République Emmanuel Macron a annoncé avoir "demandé au ministre [de l'Education nationale] de mettre en place des actions spécifiques et de procéder à un audit de tous les établissements marqués par le phénomène de déscolarisation des enfants de confession juive",

"Une enquête réalisée il y a dix ans par Erik Cohen, docteur en sociologie en Israël, avait évalué à 100.000 le nombre d’enfants juifs scolarisés en France, indique Patrick Petit-Ohayon, directeur de l’enseignement au Fonds social juif unifié (FSJU). Un tiers serait dans l’enseignement juif, un tiers dans l’enseignement public et le dernier tiers dans des établissements privés sous contrat, laïques et catholiques." (20 minutes, 21 février 2019)

« En 2015, l’enseignement juif a accusé pour la première fois une perte nette de 600 élèves », indique Patrick Petit-Ohayon en 2019. Mais « depuis 2016, sans doute à la faveur d’une libération récente de la parole antisémite, l’enseignement juif a regagné des élèves venus du public : +1.100 à la rentrée 2017, ce qui peut sembler beaucoup, mais reste contenu. Il n’y a pas de flot du public vers les écoles juives. »


Le 23 février 2019, le Journal télévisé (JT) de 20 h de TF1 présenté par Anne-Claire Coudray a diffusé, dans sa rubrique Factuel en collaboration avec l'AFP (Agence France Presse), le reportage "Les élèves de confession juive ont-ils déserté les écoles publiques de Seine-Saint-Denis ?" visant à vérifier la réalité des propos tenus par le député Eric Ciotti (Les Républicains) et le journaliste Eric Zemmour en février 2019, ainsi que le réalisateur Alexandre Arcady en 2014 dans Le Journal du dimanche (JDD) : « Il n’y a plus d’élèves juifs dans les écoles publiques de Seine-Saint-Denis ».


"Nous avons enquêté, mais ce n'est pas si simple car il n'existe pas de statistiques ethniques ou religieuses en France. C'est interdit", a déclaré d'emblée le journaliste Antoine de Précigout.

Le reportage a montré des signes symbolisant chacune des principales religions des élèves des établissements scolaires publics. Or, il les a alignés de gauche à droite dans un curieux ordre : le croissant islamique, la croix chrétienne puis l'étoile de David.

Puis Antoine de Précigout a déclaré avoir "appelé des associations de parents d'élèves de Seine-Saint-Denis", puis a donné la parole à Myriam Menez, vice-présidente de la Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public (PEEP) de l'Académie de Créteil qui a asséné : « Il y a bien des élèves juifs de tous niveaux confondus » dans les établissements scolaires publics du département de Seine-Saint-Denis.

Le reportage a enchaîné en évoquant une élève juive française "qui a souhaité rester anonyme", Hannah, et est scolarisée dans un lycée public. Selon Hannah, "il y aurait au moins quatre adolescents juifs sur 400 élèves dans son lycée public. Son petit-frère et trois de ses cousins seraient scolarisés dans le public. "Bref, les élèves de confession juive n'ont pas disparu des écoles publiques de Seine-Saint-Denis", conclut le journaliste.

Fonder un reportage sur le témoignage d'une seule personne, anonyme, dont on n'entend même pas la voix, cela suscite des interrogations journalistiques. En outre, si tout se passait bien pour les élèves juifs dans ce département, pourquoi cette  volonté d'anonymat ? Qu'avait "Hannah" à craindre ? Etre repérée comme juive dans son lycée ? Etre agressée comme juive et être obligée de quitter son lycée en cours d'année scolaire ? Curieusement, aucun des deux journalistes n'a semblé surpris par cette séquence inquiétante et ces procédés inhabituels. Ils semblaient satisfaits d'avoir prouvé que tous ceux affirmant l'impossibilité du "vivre ensemble" en Seine-Saint-Denis avaient tout faux.

Selon ce JT, les élèves juifs de ce département "ont tendance à quitter le public pour le privé". Dans le "93","il y a cinq groupes scolaires juifs ; l'un des plus importants est Chné-Or (715 élèves) dont la direction a noté depuis plusieurs années un afflux d'élèves juifs venant du public : 45 à la rentrée dernière, et en cinq ans", l'effectif scolaire a enregistré une hausse de 30%. Le groupe envisage la construction d'un nouveau bâtiment. C'est "un phénomène national : le nombre d'élèves juifs scolarisés dans des établissements juifs est passé de 31 081 élèves en 2015 à 32 137 élèves en 2018.

Les motivations des parents français juifs scolarisant leurs enfants en établissements juifs selon l'enquête de TF1 et l'AFP : "la sécurité, la nourriture cacher à la cantine et le niveau scolaire".

Ecole Yaguel Yaacov menacée
Le 22 février 2019, dans un contexte de hausse du nombre d'actes antisémites, le directeur de l'école juive Yaguel Yaacov à Montrouge a reçu une lettre de menaces.

Il a déposé plainte pour menaces de mort. Il en a informé les parents d'élèves par un courrier. Il y indique : « Des mesures ont d'ores et déjà été prises pour renforcer la sécurité de l'établissement » mais appelle toutefois à « la vigilance de chacun. »

"La lettre, contenant des propos antisémites, est désormais entre les mains de la police technique et scientifique pour des relevés d'empreintes."

"La semaine dernière, toujours dans les Hauts-de-Seine, c'est un habitant de La Garenne-Colombes qui a porté plainte pour avoir reçu lui aussi un courrier à caractère antisémite. Et pour avoir vu la porte de son logement recouverte d'une croix gammée".

Allées inaugurées à Paris
Le 19 mai 2019, ont été inaugurées dans le square Saint-Odile, situé dans le XVIIe arrondissement de Paris, deux allées aux noms de Myriam Monsonégo ainsi que d’Arié et Gabriel Sandler – assassinés le 19 mars 2012 avec leur père, Jonathan Sandler – et âgés respectivement de huit ans, six ans et trois ans, devant et dans l’école Ozar Hatorah à Toulouse en 2012 par le terroriste islamiste Mohamed Merah. Les deux plaques indiquent qu'ils ont été « victimes du terrorisme et de la haine antisémite ».

Étaient présents Anne Hidalgo, maire de Paris, Nicolas Sarkozy, ancien Président de la République lors des attentats de Toulouse et Montauban en mars 2012, Laurence Arribagé, représentant la ville de Toulouse et Samuel Sandler, père de Jonathan au comportement héroïque, et grand-père des deux petits garçons.

Peu de médias nationaux ont couvert cet événement. Le mot "islamiste" est omis sur ces deux plaques. Comment vaincre une idéologie qu'on ne désigne pas ?

Laurence Arribagé a déclaré à La Dépêche : « Les familles ont souhaité que ces plaques se situent dans un square, un lieu de vie avec des rires et des balançoires, pour rendre hommage à leurs enfants ». Le 14 juin 2019, le conseil municipal de Toulouse devrait statuer sur la pose de plaques similaires dans la "ville rose" dont le maire Jean-Luc Moudenc (Les Républicains). "En revanche, la décision a déjà été prise de nommer prochainement deux rues à Toulouse des noms d'autres victimes du terrorisme : celui du colonel Beltrame, tué lors des attentats de Trèbes en mars 2018, et celui du Père Hamel, tué dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray en 2016".

Tester l'école juive en 2019
Fondée par Elodie Marciano, l'association Choisir l'Ecole Juive et les Ecoles juives de France invitent à la journée "Je teste l'école juive de mon choix !" le 30 mai 2019. Une journée gratuite. "Prise en charge de vos enfants toute la journée repas à la cantine".

"Le 30 mai, mon école est fermée, je teste l'école juive"
L'idée est simple. Le 30 mai, jour férié, les écoles publiques sont fermées. Profitez de cette journée fériée pour tester l'école Juive de votre choix.
Pour les enfants : Cours, ambiance, judaïsme, méthode hébreu, les enfants pourront tout découvrir à travers une journée de classe et partager un repas avec leurs nouveaux camarades.
Pour les parents : Découvrir les locaux, rencontrer la direction et l'équipe pédagogique
Tous les réseaux participent :
• Ecoles Ozar Hatorah
• Ecoles Loubavitch
• Ecoles de l'Alliance
• Ort Montreuil et Villiers le Bel
• Ecoles Sinaï
• Etc."

Fraude au Baccalauréat 2019
"Des fuites concernant les épreuves de mathématiques des séries générales avaient été relayées "par messagerie privée Whatsapp ou par SMS", avait indiqué le 21 juin 2019 le ministère de l'Education nationale Jean-Michel Blanquer, qui avait déposé plainte. Une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris dans la foulée et les investigations confiées à la brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne".

Le 5 juillet 2019, deux lycéens "candidats au baccalauréat et un couple de trentenaires, interpellés dans l'enquête sur des soupçons de fraude concernant des épreuves de mathématiques, ont été mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Les deux candidats ont été mis en examen pour "fraude aux examens et recel d'abus de confiance". Concernant le couple, l'homme, un surveillant dans un établissement privé sous contrat, a été mis en examen pour "abus de confiance et complicité de fraude aux examens". Sa compagne l'a, pour sa part, été pour "complicité de fraude aux examens et recel d'abus de confiance".

Une "information judiciaire avait été ouverte par le parquet, des chefs de "fraude dans un examen", "abus de confiance" et "recel" de ce délit. Au total, 21 personnes avaient été placées en garde à vue dans cette affaire et 17 d'entre elles ont été remises en liberté".

"F.  né en 1982 tout comme sa compagne, serait un surveillant du lycée Ozar-Hatorah de Créteil (Val-de-Marne). Selon Le Parisien, il aurait  "reconnu avoir confié l'intitulé d'un sujet de géographie à un élève"." Quelques jours plus tard, il a photographié l'épreuve de mathématique avant de la transmettre à un ou deux élèves du lycée Ozar-Hatorah. Le cliché, largement diffusé ensuite, avait été pris au sein du lycée Ozar-Hatorah – qui accueillait des épreuves du bac – où les sujets étaient censés être gardés dans un coffre jusqu'au jour J, précisent nos confrères. On ignorait ce samedi comment F. avait pu accéder aux sujets. A-t il pu ouvrir le coffre ou les sujets avaient-ils été déplacés en amont? On l'ignorerait encore ce samedi. Concernant le mobile, selon le quotidien, "F. a en effet nié toute velléité commerciale. Il a juste admis avoir reçu un peu d'argent en guise de remerciements".

"Mon client a été pris en tenaille entre la situation d’un établissement privé qui a besoin de résultats, et des élèves avec qui il cultive une proximité au quotidien et qu’il peut contacter facilement ", a indiqué Me Samuel Habib, avocat du suspect. 


STATISTIQUES
(Extraits de La Croix du 11 mars 2016)

Histoire. En 1945, environ 400 élèves étaient répartis dans quatre établissements privés juifs. En 1970, ils étaient 3000, dans 30 groupes scolaires. Le réseau a en effet évolué rapidement après l’arrivée en France des populations juives d’Afrique du nord.

Les élèves. En 2014, on recense 32 045 élèves dont 16 711 en premier degré et 15 334 en second degré. Les trois académies de Paris, Créteil et Versailles représentent 68 % des effectifs. Viennent ensuite les académies de Marseille (11 %), Lyon (7 %) et Strasbourg (6 %).

Les structures. 104 groupes scolaires, 292 établissements, dont 35 % sont autonomes et 21 % sont rattachés au réseau Loubavitch. Parmi ceux-ci, 28 507 élèves sont scolarisés dans des établissements sous contrats. Environ 32 000 élèves dans les établissements privés juifs.


A lire sur ce blog :
Cet article a été publié par L'Arche en 2006, et sur ce blog le 1er septembre 2016, puis les 25 mai 2017, 10 mars et 9 mai 2018, 28 mai 2019.

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