samedi 13 mai 2017

La synagogue de la Ghriba


La synagogue de Djerba (Tunisie) est la plus ancienne du continent africain. Chaque année, pèlerins et touristes s'y rendent. Le 2 juillet 2002, lors d’un repas-conférence, l’association Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie (ATPJT) a relevé les certitudes et contradictions relatives à cet attentat terroriste islamiste - 21 morts et 30 blessés - commis par l'islamikaze franco-tunisien âgé de 25 ans, Nizar Nawar d'al-Qaïda, avec l'aide de son oncle Belgacem Naouar. Le pèlerinage à La Ghriba se déroule du 12 au 14 mai 2017. Près de 3 000 touristes sont attendus.


L'île de Djerba, au sud de la Tunisie, compte une vingtaine de synagogues, dont l'une d'elles est la plus ancienne en Afrique.

Chaque année, pèlerins et touristes s'y rendent.

Attentat d'al-Qaïda
Le 2 juillet 2002, un repas-conférence a été organisé par l’association Arts et Traditions Populaires des Juifs de Tunisie (ATPJT). 

Grâce à une recherche documentaire scrupuleuse, Bernard Allali, président de ATPJT, a retracé l’historique des événements liés à l’attentat islamiste du 11 avril 2002 contre cette synagogue de Djerba, le plus ancien lieu de culte d'Afrique. Sur un panneau, un montage d’articles et de photos appuyait ses propos.

Ce matin-là, juste « après l’explosion, les autorités tunisiennes bouclent l’accès à la zone et les journalistes sont tenus à l’écart ».

Allié à la peur des Tunisiens, ce black-out favorise la circulation de rumeurs.

En fonction de leurs intérêts et de leurs sources, les autorités tunisienne, française, allemande et israélienne, ainsi que la communauté Juive locale ont adopté des thèses opposées - accident ou acte terroriste - répondent diversement à six questions : « S’agit-il d’un accident ou d’un attentat ? Quel est le nombre réel de morts et leurs origines ? La camionnette était-elle remplie de bonbonnes de gaz ou était-ce un camionciterne ? La camionnette était-elle garée devant la Ghriba ou était-elle en mouvement ? De quelle façon s’est fourni le chauffeur en gaz liquide ? Le terroriste présumé est-il encore vivant ? ».

Force est de constater que cet attentat antisémite qui a fait 21 morts, dont 14 touristes allemands et deux Français - Paul Sauvage et Mohamed Fatmi - et cinq Tunisiens, et 30 blessés, a été revendiqué par Al-Qaïda.

Conduite par l'islamikaze Nizar Nawar, la camionnette à l’origine de l’explosion était vraisemblablement garée devant la Ghriba, édifiée voici plus de 2 500 ans dans cette île du sud tunisien. L’enquête continue...

En mai 2002, le « voyage de solidarité » de personnalités françaises à la Ghriba est étonnant d’indifférence aux victimes.

« Lors de l’explosion, ma mère, mon fils et ma nièce se trouvaient dans la grande salle de la synagogue. Dans la salle mitoyenne, mon père a pris plus de temps pour se déchausser : il boitait et portait des prothèses aux hanches », confie Etienne Sauvage, fils de la victime française, Paul Sauvage, un modeste commerçant retraité.

Le parallèle entre l’attitude de la France et celle de l’Allemagne, dont le ministre de l’Intérieur, Otto Schily, s’est rendu le 21 avril 2002 à Djerba, est à l’avantage de cette dernière.

La plainte contre X déposée par M. Sauvage a été reçue avant que la France ne qualifie enfin cet acte d’attentat.

Invité par l’ATPJT, l’intéressé déplore le comportement de son pays qui contraste avec celui manifesté lors de l’attentat de Karachi : « consulat peu au fait de la situation et incrédule, absence de représentant de l’Etat à l’enterrement », refus du Quai d’Orsay de transmettre l’éventuel certificat d’autopsie, etc.

De plus, ce ministère a déclaré une seule victime au Fonds de garantie - le mort -, en omettant son épouse et ses petits-enfants traumatisés.

« C’est odieux et très éprouvant. Nous sommes pris dans un jeu politique et diplomatique qui nous dépasse. On vit mal cet abandon », conclut M. Sauvage, meurtri par certains articles de presse.

La famille Sauvage a relevé le contraste avec le traitement accordé aux familles des victimes de l’attentat de Karachi (Pakistan).


L'ATPJT a aussi remis un chèque de 3 550 euros à l’American Jewish Joint Distribution Committee (JDC), dont le directeur des programmes est Yechiel Bar-Chaim, pour aider les Juifs tunisiens nécessiteux. 

Procès
En Tunisie, Belgacem Naouar, oncle de l’islamikaze antisémite franco-tunisien Nizar Nawar, qui avait commis cet attentat et s’était entraîné en Afghanistan, a été condamné à 20 ans de prison pour complicité. Une peine confirmée en 2007. En France, Christian Ganczarski, Allemand converti à l'islam, a été condamné en 2009 à 18 ans de réclusion pour complicité dans cet attentat, et Walid Nawar, frère de cet islamikaze qui vivait alors en France, à 12 ans de réclusion. Selon le site Tunisie-secretBelgacem Naouar aurait "été libéré de prison en février 2011, dans la foulée" du « printemps arabe ».

Pèlerinages sous tensions
En 2011, le pèlerinage de la Ghriba a été annulé pour des raisons de sécurité, après le "printemps arabe".

Ce 11 avril 2012, pour la première fois, le président tunisien, en l’occurrence Moncef Marzouki, s’est déplacé pour commémorer cette tragédie.

Au nombre d’environ 1 500 âmes – 100 000 vers 1956 -, les Juifs tunisiens sont éprouvés par une recrudescence d’actes antisémites depuis le « printemps arabe » : slogans antisémites dans une manifestation à Tunis en février 2011, slogans anti-Juifs à Zarzis (août 2011), saccage et pillage de la synagogue Beth El à Sfax (août 2011), chants antisémites – « Il faut tuer les Juifs, c'est notre devoir », « Khaybar Khaybar ya Yahūd, jaysh Muḥammad saya’ūd » ("Khaybar, Khaybar ô Juifs, l’armée de Mahomet reviendra") - à l’aéroport de Tunis le 12 janvier 2012 lors de la visite du chef du Hamas Ismaïl Haniyeh, menaces - « Mort aux Juifs », « Massacrez les Juifs ! », « L’armée du messie est en marche » - le 13 février 2012 par des manifestants écoutant le cheikh égyptienWajdi Ghonim à Tunis, menaces et slogans antisémites (« Mort aux Juifs ») lors d'une manifestation de salafistes favorables à l’introduction de la charia dans la constitution (25 mars 2012), etc.

Le pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) s'est déroulé les 9 et 10 mai 2012. Ce qui correspondait à la fête juive de Lag Baomer. L'Etat d'Israël a déconseillé à ses ressortissants de s'y rendre en raison d'un risque considérable. Mark Zuckerberg, PDG de Facebook, a annulé sa visite prévue les 9 et 10 mai 2012, dans la plus ancienne synagogue d’Afrique sur l’île de Djerba, en raison de l'antisémitisme en Tunisie. Environ 500 pélerins se sont rendus à la Ghriba.

Le 2 octobre 2013, Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement » : lors d’un déjeuner festif, des policiers ont confisqué une « moto volée sans même vérifier les papiers du propriétaire. Ils ont tirés des gaz lacrymogènes et ne sont repartis qu'à l'approche d'un bus de touristes. En outre, un individu qui se présente « comme le nouveau Hitler » est entré par effraction dans la salle de prière d'une école juive, agressant devant des enfants un adulte présent. Il est accusé d'avoir agressé deux jeunes filles ». Malgré des plaintes et un emprisonnement durant 24 heures, cet agresseur n'est poursuivi que pour « atteinte aux biens d'autrui », sans que soit mentionné le caractère antisémite présumé des agressions. Yamina Thabet a ajouté que les Tunisiens Juifs « en ont marre d'être utilisés lors de visites officielles de responsables politiques comme un argument de l'existence d'une coexistence pacifique (avec les musulmans) alors que lorsqu'il y a des violations de la loi, ils sont les premières victimes de négligences ». Par ailleurs, « malgré une plainte judiciaire, aucune mesure n'a été prise contre un imam de la banlieue de Tunis qui lors d'un prêche diffusé à la télévision, avait appelé Dieu à éradiquer les juifs. Un appel à la haine raciale passible de un à trois ans de prison ». Le grand rabbin de Tunisie, Haïm Bitan, a affirmé  à Africanmanager, que « des citoyens de la communauté israélite de Djerba, ont été visés, dernièrement, par des agressions de la part d'inconnus, et ce à deux reprises. La première a été commise par deux individus qui s'en sont pris à la salle des prières d'une école israélite, alors que la seconde a visé trois citoyens juifs circulant dans une rue de l'île. Les forces de sécurité ont été informées de ces deux agressions et sont intervenues immédiatement ».

Le 9 mars 2014, les passagers israéliens d'un navire de croisière de la Norwegian Cruise Line (NCL), ancré au port de Tunis, ont été interdits de débarquer. La veille, le chef de la police de La Goulette a téléphoné à l'agence Tunisie Maritime, qui collabore avec diverses compagnies de croisière, dont la NCL, pour annoncer, sans l'expliquer, cette interdiction.

Le 14 avril 2014, Maurice Bchiri a été agressé à Djerba.

Des centaines, 1 500 ou 2 500 Juifs ont fait le pèlerinage à la Ghriba le week-end (16-18 mai 2014).

Le 22 mai 2014, Gabriel Uzon a été poignardé au cœur sur un marché de l’île de Djerba. L'agresseur a évoqué "la vengeance de la nation de Mahomet".


Le 29 mars 2015, jour de la marche à Tunis contre le terrorisme, René Trabelsi, directeur général de Royal First Travel (RFT), agence de voyage organisant des séjours lors du pèlerinage à la synagogue de la Ghriba, et un des dirigeants de la communauté Juive tunisienne, s'est fait photographié, portant l'affiche # TunisieMoiJYVais, à la droite de Mahmoud Abbas, lui-même au côté de Selma Elloumi, ministre du Tourisme.

En avril 2015, une campagne d'affichage dans les abribus de Paris a encouragé les touristes à se rendre en Tunisie. Les affiches représentent des personnalités - Bertrand Delanoë, ancien Maire de Paris, Michel Boujenah, comédien, Frédéric Mitterrand, ancien ministre de la Culture, Juliette Gréco et Hugues Aufray, chanteurs - tenant un panneau rouge sur lequel est écrit en blanc "#TUNISIEMOIJYVAIS".

Le 2 mai 2015, le Premier ministre israélien a mis en garde les Juifs et les Israéliens désireux de se rendre au pèlerinage de La Ghriba en raison des menaces d'attentats terroristes les visant dans ce pays. Alors que le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a alerté sur les risques d'attentats terroristes en Tunisie, le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) aura lieu les 6 et 7 mai 2015, lors de la fête juive de Lag Baomer.

Le 9 mai 2016, le bureau du contre-terrorisme israélien a publié un communiqué déconseillant de se rendre à La Ghriba en raison de menaces terroristes : « Des éléments terroristes continuent à opérer en Tunisie et à commettre des attaques, il y a donc un haut niveau d’alerte contre les cibles juives ». Le 18 mai 2016, le Président de la République, Beji Caid Essebsi, a dialogué au Palais de Carthage avec le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi, sur ce pèlerinage. Le pèlerinage à la synagogue de La Ghriba, dans l’île de Djerba (Tunisie) a eu lieu les 25 et 26  mai 2016. De 1 500 à 2 000 pèlerins étaient attendusLes festivités se déroulèrent du 20 au 28 mai, selon le président de l’Association de la Ghriba, Perez Trabelsi. Peu avant ce pèlerinage, Mohamed Khelil, ministre des Affaires religieuses, a annoncé l'octroi de 15 000 dinars pour l'entretien de la synagogue de la Ghriba. Le ministre de l'Intérieur a pris des mesures de sécurité exceptionnelles en vue du pèlerinage.

Le 25 mai 2016, était prévue une rencontre pour envisager la création d'un musée juif. La table-ronde est organisée sous le patronage du ministère du Tourisme et de l’Artisanat en partenariat avec la direction de Promotion des musées de l’INP, avec la collaboration du Comité la communauté juive en Tunisie, le Laboratoire du patrimoine et la Faculté des Lettres de La Manouba. Y assisteront la ministre du Tourisme Salma Rekik, le ministre des Affaires religieuses Mohamed Khelil, René Trabelsi, Président du Comité d’organisation du pèlerinage de la Ghriba, ainsi que Roger Bismuth, Président de la communauté juive en Tunisie. "Des discussions de haut niveau réuniront, entre autres, Habib Kazdaghli, historien et doyen de la faculté de La Manouba, Souad Toumi, conservatrice au musée du Bardo, Zhor Rehihil, conservatrice au musée du Judaïsme marocain à Casablanca, Hélène Hoog, conservatrice au musée d’Art et du Judaïsme à Paris, et Nisya Allovi, Directrice du musée juif d’Istanbul".

 Le pèlerinage à La Ghriba s'est déroulé du 12 au 14 mai 2017. Près de 3 000 touristes étaient attendus.

UNESCO
"Alors que le nombre de citoyens de confession juive en Tunisie est passé de près de 100.000 avant l'indépendance (1956) à seulement 1.500 de nos jours, les pèlerins se rendant à la Ghriba chaque année viennent aussi d'Europe, des États-Unis et d'Israël.


"La sécurité est revenue en Tunisie". Le dimanche 14 mai 2017, "le Premier ministre tunisien Youssef Chahed s'est lui-même rendu à la Ghriba afin de "passer un double message". "Le premier est de dire que la Tunisie est un pays plusieurs fois millénaire, avec une histoire marquée par l'ouverture à toutes les religions", a tout d'abord fait valoir Youssef Chahed".

"Mais il s'agit aussi de souligner "que la sécurité est revenue en Tunisie", a poursuivi Youssef Chahed, en allusion aux attaques djihadistes ayant fait des dizaines de morts -dont 59 touristes étrangers- en 2015 et début 2016. Après en avoir gravement souffert, le tourisme tunisien, secteur vital de l'économie, enregistre une reprise sensible de la fréquentation, en particulier en provenance de France, son marché historique".

Ministre tunisien de la Culture, Mohamed Zine El Abidine, a déclaré que la Tunisie va demander l'inscription de l'île de Djerba sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO (Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture), en invoquant sa "richesse religieuse".

La Tunisie "compte à ce jour huit sites classés, dont les médinas de Tunis et Sousse, l'amphithéâtre romain d'El Jem (est) ou encore les sites archéologiques de Carthage et de Dougga (nord), dernier en date inscrit, il y a 20 ans déjà".

"Nous allons essayer de classer Djerba parmi le patrimoine universel. (...) C'est une île importante sur le plan de la singularité culturelle, religieuse. Il y a quatre structures très importantes,[dont l'Institut national du patrimoine (INP)], qui travaillent de pair pour préparer un bon dossier. [Djerba est] un monde précieux, et c'est pourquoi nous sommes tous autour de lui. Nous, mais l'Unesco aussi, qui se prépare, j'espère bientôt, à classer Djerba au patrimoine de l'humanité", a indiqué M. Zine El Abidine.

Des experts de l'UNESCO ont visité récemment Djerba.

Les "autorités tunisiennes entendent s'appuyer en particulier sur l'héritage religieux de Djerba qui, outre des mosquées, compte églises et synagogues. L'île est "un étalon de valeurs qui montre à quel point les espaces de confluences religieuses sont des espaces de vie", a insisté le ministre de la Culture.


ATPJT. BP 116. 75562 Paris Cedex 12. atpjt@wanadoo.fr


repères historiques de la tunisie du XVIIIe siècle a nos jours


Les Juifs vivent en Tunisie depuis plus de deux mille ans – leur présence est attestée dès le IIe siècle.  

1705
La monarchie beylicale est établie. On distingue les Juifs tunisiens (Touansa) et Granas, originaires de la ville toscane Livourne (Leghorn en hébreu) et plus généralement de l’ensemble de la péninsule italienne.


1857
Le bey Mohamed proclame le Pacte Fondamental qui accorde à tous ses sujets l’égalité des droits, supprimant ainsi le statut de dhimmis.


1881
12 mai. Signature du traité du Bardo qui place la Régence de Tunis sous protectorat français. La France assume la responsabilité de la défense et des relations extérieures soumises à l’autorité du résident général de France.


1883
8 juin. La convention de La Marsa complète le traité du Bardo.


1940




1941
Juin. Appel du général de Gaulle à Londres. Le gouvernement dirigé par le maréchal Pétain signe la convention d’armistice avec le représentant du IIIe Reich.
Novembre. statut des Juifs de Tunisie à l’instar de celui édicté en France en octobre 1940. Il est compété le 26 juin 1941.

20 mai. Pogrom  contre les Juifs à Gabès - sept Juifs assassinés et vingt Juifs blessés, maisons saccagées, magasins pillés - commis par des Arabes tunisiens.


1942
8 décembre. les armées de l’Axe occupent la Tunisie. Persécutions contre les Juifs : amendes collectives, prise d’otages, camps de travail forcé, rafle, amendes collectives, déportations, etc.
9 décembre. Rafle des Juifs de Tunis par les SS.


1943
7 mai. Les troupes Alliées libèrent Tunis.


1948
Lors de l’indépendance d’Israël, environ 105 000 Juifs vivent en Tunisie.
A la suite de l'application du plan Arabe visant l'exil forcé des Juifs de pays arabes, et d'émeutes antisémites dans le quartier Juif de la Hara (Tunis), la plupart d'entre eux quitte ce pays essentiellement de 1948 (recréation de l'Etat d'Israël) aux années 1960.


1954
31 juillet. Le président du Conseil Pierre Mendès France annonce à Carthage l'octroi de l'autonomie interne à la Tunisie et la formation d'un gouvernement tunisien chargé de négocier l’autonomie interne de la Tunisie.


1955
Septembre. Les conventions d’autonomie interne sont appliquées. Albert Bessis est ministre de l’Urbanisme du gouvernement de Tahar Ben Ammar.


1956
20 mars. La Tunisie obtient son indépendance.
8 avril. L’Assemblée constituante élit Habib Bourguiba à sa présidence.
L'administration est "tunisifiée".
L’économie tunisienne est mise en coopérative. Les entrepreneurs Juifs sont contraints de se doter d'un associé musulman.
Les relations postales avec l'Etat d'Israël sont rompues.


1957




1958
25 juillet. L'Assemblée constituante, élue le 25 mars, vote l'abolition de la monarchie beylicale et proclame la république. Elle élit Habib Bourguiba, Premier ministre sortant, président de la république.
La communauté Juive est expropriée du vieux cimetière de Tunis.

11 juillet 1958. "Loi spécifique au judaïsme : Remplacement des communautés juives par des commissions provisoires du culte israélite et suppression du statut personnel des Juifs".


1961



1961-      1962
Après des mois de crise, et des combats (entre 600 et 2 000 morts côté tunisien), la France évacue sa base militaire dans le port de Bizerte, près de Tunis. Violences.

 Les Juifs fuyant la Tunisie ne peuvent emporter "qu’un dinar (2 euros)".


1967



1982
Juin. Lors de la guerre des Six-jours (5-10 juin), des exactions antisémites ont lieu à Tunis le 5 juin : grande synagogue profanée, magasins pillés, etc. Le président Bourguiba condamne ces actes. Nouvel exode des Juifs.

Tunis accueille Arafat et le QG de l'OLP.


1987
Fin de la présidence de Bourguiba. Zine Ben Ali est élu président.


2002
11 avril. Un camion-citerne de gaz naturel bourré d'explosifs saute devant de la synagogue de la Ghriba (île de Djerba), tue 21 personnes et en blesse 30.


2003
Environ 1 500 Juifs demeurent en Tunisie.


2010
17 décembre. Mohamed Bouazizi, jeune vendeur de fruits et légumes, s’immole à Sidi Bouzid. Des manifestations et des émeutes se multiplient ; c’est le début de la « révolution du jasmin » émaillée d’actes antisémites et du « printemps arabe ».

2011
14 janvier. Le président Ben Ali et sa famille fuient en Arabie saoudite.
17 janvier. Le Premier ministre Mohamed Ghannouchi nomme un gouvernement d'union.
1er février. Des responsables de la communauté juive de Gabès informent que la synagogue d'el Hamma, récemment restaurée et sise à 15 km de cette ville, a été incendiée, des rouleaux de la Torah brûlés et des tombes saccagées le 31 janvier 2011.
3 mars. Annonce de l'élection d'une Assemblée constituante de 217 membres.
23 octobre. Le mouvement islamiste Ennahdha est vainqueur de ces élections.
Hamadi Jebali, secrétaire général d'Ennahda, est nommé Premier ministre du gouvernement de coalition réunissant le Congrès pour la République (ou Al Mottamar) et Forum démocratique pour le travail et les libertés (Ettakatol).
12 décembre. Moncef Marzouki élu président par l’Assemblée constituante.

2012
5 janvier. Ismaïl Haniyeh, chef du gouvernement du mouvement terroriste islamiste palestinien Hamas, dont la charte vise à la destruction d'Israël, est reçu à Tunis par Hamadi Jebali et le chef du parti Ennahda, Rached Ghannouchi. Une foule l’accueille en brandissant des drapeaux tunisiens et palestiniens et en scandant : « Mort aux Juifs », « Avec notre esprit et notre sang nous libérerons la Palestine ».
Mars-avril. Manifestations violentes d’islamistes.
3 mai. Le Tribunal de première instance de Tunis a condamné Nabil Karoui, patron de la chaîne de télévision Nessma, à une amende de 2 400 dinars (environ 1 200 euros) « pour la diffusion au public [en octobre 2011] d'un film troublant l'ordre public et portant atteinte aux bonnes mœurs », en l'occurrence Persepolis, film d’animation de Marjane Satrapi. Une scène de ce film représente Allah. Elle n’avait suscité aucun trouble lors de la diffusion du film dans les salles de cinéma, mais des islamistes s’en étaient indignés.

2013


2014

2015






































2016

25 juillet. Rached Ghannouchi, chef du mouvement islamiste Ennahdah, annonce l'avènement du califat et d'une "constitution islamique".
2 octobre. Yamina Thabet, présidente de l’Association tunisienne de soutien aux minorités (ATSM), a alerté  sur des agressions commises impunément contre des Tunisiens Juifs sur l'île de Djerba et « a accusé la police de harcèlement », tout en déplorant le laxisme.

26 janvier. Elue le 23 octobre 2011 après la révolution ayant renversé le président Zine el-Abidine Ben Ali, l'Assemblée constituante adopte la Constitution par 200 voix pour, douze contre et quatre abstentions 
27 janvier. Ce texte fondamental "est signé par le président de la République, Moncef Marzouki, le président de l'Assemblée constituante, Mustapha Ben Jaafar, et le chef du gouvernement, Ali Larayedh, au cours d'une cérémonie au siège de l'Assemblée".
Le préambule de cette Constitution "affirme l'attachement du peuple aux droits de l'homme et à son identité arabo-musulmane". Il souligne notamment "que la Tunisie doit participer à l'unification du monde arabe et appuyer les mouvements de libération, dont le mouvement palestinien". L'article 1 de la Constitution précise : « La Tunisie est un État libre, indépendant et souverain, l'islam est sa religion, l'arabe sa langue et la République son régime ».

18 mars. Attentat islamiste au musée du Bardo (Tunis), ayant causé la mort de 24 personnes, dont 21 touristes.
26 juin. Attentat islamiste revendiqué par l'Etat islamique dans la station balnéaire de Port El-Kantaoui près de Sousse, et ayant fait 39 morts et 39 blessés.
24 novembre. Attentat contre un bus de la garde présidentielle qui a fait au moins 13 morts et 20 blessés, dont trois grièvement, au centre de Tunis. Levé en octobre 2015, l’état d’urgence a été décrété et un couvre-feu mis en place de 21 heures à 5 heures du matin.
10 décembre. Lors de la cérémonie de remise du Prix Nobel de la Paix 2015 au Quarter du dialogue national tunisien "pour sa contribution décisive à l'édification d'une démocratie pluraliste en Tunisie à la suite de la Révolution de Jasmin en 2011", ce Quartet, constitué de l'Union générale tunisienne du travail (UGTT), de l'Union tunisienne de l'industrie, du commerce et de l'artisanat, du Conseil de l'Ordre national des avocats de Tunisie et de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, a exprimé sa "douleur et son indignation à propos de ce qui s'est passé dans de nombreux lieux dans le monde. Voici quelques jours, notre capitale Tunis, et avant cela, Sousse, le musée du Bardo, Beyrouth, Paris, Sharm el-Sheikh et Bamako ont témoigné des incidents barbares et atroces dans lesquels des centaines de gens innocents ont été tués. Les sentiments de compassion et sympathie ne peuvent pas empêcher le chagrin et la souffrance des familles de victimes et autres qui sont tombées dans d'autres villes du monde... Aujourd'hui, nous avons un urgent besoin de dialogue entre civilisations, et de coexistence pacifique dans le contexte de diversité et de variation. Aujourd'hui nous avons un urgent besoin de faire du combat contre le terrorisme une priorité absolue, ce qui signifie la coordination constante et la coopération parmi toutes les nations pour assécher ses ressources et les détacher de leur environnement incubateur. Aujourd'hui, nous avons besoin d'accélérer l'élimination des zones sensibles dans le monde, et particulièrement afin de trouver une solution à la cause palestinienne et permettre au peuple palestinien l’exercice de son autodétermination sur sa propre terre et construire leur Etat indépendant". Il est significatif que ce Quarter n'ait pas évoqué Jérusalem parmi les villes ciblées par le terrorisme, et n'ait pas dénoncé le terrorisme palestinien. L'UGTT, la Ligue tunisienne des droits de l'Homme et l'Ordre des avocats tunisiens sont particulièrement virulents dans leur anti-israélisme.


7 marsAttentat islamiste de  l'État islamique (EI) à Ben Gardane contre les forces de sécurité tunisiennes.


Articles sur ce blog concernant :

Cet article avait été publié par Actualité Juive hebdo en 2002. Il a été republié :
- le 11 avril 2012, à l'occasion du 10e anniversaire de l'attentat d'al-Qaïda contre la synagogue de la Ghriba (Tunisie) ;
- 9 mai 2012 et 24 avril 2013 à l'approche du pèlerinage (Hiloula) à la synagogue de la Ghriba (Tunisie) du 26 au 28 avril 2013 ;
- 12 juillet 2013 à l'approche de la diffusion par France 5, les 13 juillet à 20 h 39 et 21 juillet 2013 à 10 h 30, du numéro d'Echappées belles intitulé Tunisie, les jasmins de l'espoir qui évoqua les Juifs de Djerba ;
- 4 octobre 2013 et 19 mai 2014, 6 mai 2015, 25 mai 2016.
Il a été modifié le 15 mai 2017.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire